‹ Mélanges de politique et d'économieChapitre 15 sur 44 · MÉL ANGES · texte numérisé non relu

MÉL ANGES

naulé est la loi de toute société domestique. De la famille elle passe à la tribu , et elle dure encore, alors que, depuis longtemps déjà, les sociétés sont soumises à la loi de la vie publique. Or, la communauté amène, par la force des choses, la dépendance des travailleurs d'ordre inférieur. L'engagement permanent est la loi naturelle de la communauté domestique. La famille, en effet, assure à tous ses membres la subsistance. Ne faut-il point, dès lors, qu'elle puisse compter sur le concours de tous les bras à l'œuvre du travail qui la nourrit? D'ailleurs l'isolement de la famille primitive, et de la tribu qui la continue; la nécessité d'efforts énergiques et longtemps soutenus, pour mettre en valeur les forces productives dont disposent les sociétés naissantes; puis encore l'impossibilité pour l'homme de vivre indépendant, dans ce monde où il n'y a pas d'ordre général qui puisse le protéger; toutes ces causes contribuent à retenir attachés à la tribu , par le lien d'un engagement permanent, les hommes qui n'ont d'autre ressource que leur travail. Cette dépendance n'est pas exclusive de toute liberté ; elle se rapproche de l'association plus que de la servitude. C'est l'association à laquelle les circonstances imposent le caractère obligatoire et héréditaire.

Les marches , qui furent le mode de constitution primitive des peuples germains, nous présentent le mélange de communauté et d'appropriation privée qui répond à un état de société où la transition entre la vie domestique et la vie publique est déjà fort avancée. La colonge et la villa, qui dérivent de la marche, sont également organisées sur le principe de l'association. Entre les hommes qui occupent les terres groupées autour du chef-

Page 1