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ET LE PROCÈS SOCIAL

ce ne sera que l'égalité de la servitude , sous le joug du pouvoir en qui l'association se résume.

Cette conception est la négation absolue de la vérité sociale catholique. L'Église a toujours enseigné que les hommes doivent être libres, puisque c'est par la liberté qu'ils accomplissent leur destinée. Elle a toujours enseigné qu'ils sont égaux devant Dieu, qui ne fait point acception de personnes; qu'ayant tous devant Dieu les mêmes droits et les mêmes devoirs, il est naturel qu'ils soient égaux dans la vie sociale, et qu'il est nécessaire qu'ils soient libres en tous les actes par lesquels ils accomplissent leur fin. Mais l'Église ne conçoit pas la liberté sans la charité, ni l'égalité sans la hiérarchie.

Tout, dans la vie humaine , est disposé de façon que chaque individu ne puisse développer ses facultés et atteindre son but, que par l'assistance de tous ; et de façon que la société ne puisse se maintenir dans sa nécessaire unité, et atteindre le but assigné à son activité, que par le concours libre et dévoué de tous ses membres. Et cette assistance de tous à chacun, ce concours de chacun au bien commun, se donnent des grands aux petits, des riches aux pauvres, des puissants aux faibles, sous la loi d'une hiérarchie qui harmonise et discipline toutes les forces, sans nuire en rien à la véritable liberté et à la véritable égalité» Tous restent égaux, parce que tous viennent de Dieu et vont à Dieu, et que, dans l'éclat des plus hauts rangs, comme dans l'obscurité des plus humbles, on retrouve toujours le même devoir de soumission envers l'autorité suprême de Dieu, la même loi de travail pénible, la même obligation d'assistance charitable et d'abnégation personnelle.

Dans Tassociation catholique, celui qui commande n'est point sous Fempire de ces illusions de la démocratie rationaliste, qui rendent inévitable et toute naturelle l'absorption de l'œuvre sociale dans la personne et dans les intérêts de ses chefs ; il ne croit pas que la société soit faite pour une idée qui n'aura aucune réalité si elle n'est concentrée dans la direction sociale, de façon que le pouvoir social deviendrait le tout de la société, et pourrait lui imposer^ comme des lois toujours justes, ses volontés absolues. Ceux qui régissent l'association catholique savent bien que la société existe en vue du bien de chacun des associés, et que ce bien ne peut être atteint que si la société reste fidèle à une loi qu'elle ne s'est point donnée à elle-même, mais que Dieu lui a imposée en lui assignant sa fin, et qui constitue un ordre de droits et de devoirs supérieurs^ à toute volonté humaine. Ils savent qu'ils sont obligés de respecter cette loi, qu'ils n'apportent pas dans l'association plus de droits personnels que ceux qui leur sont subordonnés, puisque des deux cotés c'est la même nature libre avec la même fin, et qu'au fond les titres sont égaux. De leur côté, ceux qui obéissent savent que c'est en définitive à l'ordre de Dieu qu'ils sont soumis, et que, si la charité ne suffit pas à contenir ceux qui leur commandent dans les limites de la justice et du bien commun, il leur reste toujours, à eux qui souff^rent de l'oppression, le droit d'en appeler à cette loi suprême, que la conscience de tous reconnaît, et dont aucun pouvoir ne saurait s'écarter longtemps sans perdre ce qui donne à l'autorité toute son efficacité, la force morale. En outre, il y a dansl'Église une autorité infaillible, chargée de rappeler les hommes à cette loi toutes les fois qu'ils la méconnaissent^

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