ANOMALIES DE COLORATION
1° Sur un vieux pied de Corylus tubulosa Willd. var. purpurea, que possède le Jardin des plantes de Nancy, et dont les feuilles sont d’un pourpre foncé, j'ai rencontré, en mai 4871, un jeune rameau muni de cinq feuilles entièrement vertes et tranchant ainsi sur le reste du feuillage du même buisson. C’est donc avec beaucoup de raison que les botanistes considèrent le Corylus purpurea de nos horticulteurs, comme une simple variété du Corylus tubulosa Willd.
2° En 1847, j'ai rencontré, dans les champs calcaires des environs de Nancy, un pied de Melampyrum arvense L., dont un des rameaux, au lieu de porter comme les autres des bractées purpurines et munies en dessous de deux rangs de petites verrues noires et de corolles à lèvres purpurines, présentait au contraire des bractées d’un jaune verdâtre, sans verrues, et des fleurs d’un blanc jaunâtre. Le Melampyrum barbatum Waldst. et Kit. n’est donc pas une espèce distincte du Melampyrum arvense L. et c’est ainsi que j'ai considéré les choses dans la seconde édition de ma Flore de Lorraine.
3° On a déjà indiqué la présence de quelques baies de raisin noir sur une grappe de raisin blanc et la réciproque a été également observée. Je l’ai rencontrée plusieurs
fois, mais j'ai constaté, en outre, que ces baies autrement colorées que les autres, appartenaient toutes à un seul rameau de la grappe, ou à plusieurs rapprochés les uns des autres. J'ai observé aussi une grappe de raisin présentant trois zônes transversales de couleur différente; l'inférieure était formée de baies noires, la supérieure de baies blanches et l'intermédiaire de baies de couleur mordorée pâle (ce qu’on appelle raisin gris de Lorraine) et chaque zône était formée d’axes secondaires rameux distincts les uns des autres. Enfin, sur une même branche de vigne, j'ai constaté l'existence de deux raisins blancs et d’un raisin gris.