‹ Mélanges de teratologie végétalesChapitre 3 sur 51 · FASCIES OBSERVÉES SUR DES PLANTES DICOTYLÉDONES · texte numérisé non relu

FASCIES OBSERVÉES SUR DES PLANTES DICOTYLÉDONES

Les fascies de cette section, bien qu’elles ne différent pas entre elles par leur organisation, varient néanmoins dans leur forme, suivant la partie du système axile-ascendant qui est le siége de l'anomalie, suivant que celle-ci comprend ou n’affecte pas Finflorescence, suivant que l'axe fascié appartient à une plante ligneuse ou à une plante herbacée. Ces diverses variétés sont classées dans les sections suivantes :

(1) Moquin-Tandon, Eléments de Tératologie végétale, Paris, 1841, in-6o, p. 147.

S 1. Fascies à inflorescence en créle., — L'inflorescence est raccourcie et élargie ; les fleurs extrémement nombreuses sont serrées les unes contre lés autres et forment par leur ensemble un groupe qui rappelle une crête de coq. Chacun connaît le Celosia cristata L. et le Sedum cristatum Schrad., qui n’est qu'une variété du Sedum reflexum , cultivés dans nos jardins et qui se propagent plus ou moins réguliérement de graines ; ces deux fascies appartiennent à cette section.

Picris hieracioides L. — La fascie, que m'a présentée cette espèce, est une des plus remarquables, parmi celles qui ont été soumises à mon observation, par son développement considérable.

La racimeest longue de 0"27, pivotante, peu rameuse. Au-dessus d'elle et sur une hauteur de 0"02, on remarque les cicatrices d’un très-grand nombre de feuilles radicales qui sont tombées. Immédiatement au-dessus de ce point, la fascie commence et s’étend sur une longueur de 071 et s’élargit insensiblement de bas en haut. Elle est creusée dès sa base de deux larges gouttières disposées en sens inverse, l’une sur la moitié d’une face, l’autre sur la moitié opposée de l’autre face; ces gouttières s’évasent beaucoup vers le milieu de la tige fasciée, qui là éprouve un mouvement de torsion d’un demi-cercle, puis la fascie est pliée en deux longitudinalement vers le haut et, dans sa plus ‘grande largeur, elle mesure 0"34. Je ne pense pas qu'on en ait observé Jusqu'ici de plus large. Elle est mince, mais S’épaissit un peu à son sommet où des fleurs extrêèmement nombreuses, portées sur des pédoncules simples ou rameux, sont accumulées et forment une crête épaisse, décurrente sur les bords de la fascie et dont le développement en largeur est de 037. Des feuilles nombreuses sont disséminées sur les faces ; elles sont toutes

peu développées et çà et là elles offrent une disposition en arc oblique, trace sans doute de la spirale normale.

Cette plante étant en fruits, lorsqu'on l’a recueillie, j'en ai semé les graines, et les pieds, que j'ai obtenus, n’ont pas reproduit la monstruosité.

Cette fascie curieuse a été déposée au Muséum d'histoire naturelle de Nancy par M. Dilscheider, ingénieur des ponts et chaussées ; elle a été trouvée à Foug (Meurthe), en 1863,

sur les berges du chemin de fer.

M. Friant, mon préparateur à la faculté, m’a apporté, la même année, une seconde fascie de la même espèce, recueillie sur le côteau de Malzéville, près de Nancy. Elle offre aussi à la base de la tige un nombre très-considérable de feuilles desséchées ; elle est plus régulière que la précédente, plane dans toute sa largeur, mais elle ne mesure, au maximum, en largeur que 0"028. Elle porte, outre les fleurs en crête, quatre rameaux florifères, tous insérés sur l'un ou l’autre bord de la fascie.

Carduus nutans L. — Cette espèce nous a fourni un second exemple d’une fascie présentant un développement ‘peu ordinaire. Ce monstre mesure 0" 60 de longueur et 0"115 dans sa plus grande largeur; la tige fasciée est droite, presque plane (à l’état frais) sur les faces élargies ; elle est couverte de feuilles excessivement nombreuses et parcourue de côtes longitudinales saillantes. La crête, large de 0" 20, est formée de 29 capitules plus ou moins développés et portés sur des pédoncules simples ou rameux de 0"02à0%10 de longueur.

Cette plante a été rencontrée sur les côteaux calcaires de Boudonville, près de Nancy, ;

Delphinium elatum L. — J'ai vu plusieurs fois la fascie de la tige de cette espèce dans les cultures de M. Rendatler et elle m'a aussi été envoyée de Dieuze par M. le docteur

Ancelon. Chez toutes, les fleurs sont accumulées an sommet et forment une crête dense et décurrente sur les bords ; vers le sommet des faces les fleurs sont plus disséminées. L'une de ces fascies, conservée au musée d'histoire naturelle de Nancy, s'étant accrue rapidement, est fistuleuse dans toute sa longueur. Une autre porte au sommet de la crête une fleur dressée, péloriée, à cinq éperons. Les côtes de la surface sont assez espacées et saillantes. Une troisième enfin, trouvée récemment, mesure 1"22 sur 003. |

Echium vulqgare L. — Cette fascie a 0" 49 de longueur; elle commence un peu au-dessus de la base de la tige couverte des cicatrices d’un grand nombre de feuilles radicales; elle s’élargit régulièrement de bas en haut et, vers le sommet, elle atteint 0 " 08 de largeur; elle est mince et plane. De petites cymes scorpioides fleuries forment au sommet une crête large de 0 » 15, très-dense, qui se prolonge sur l’un et l’autre bord de la fascie presque jusqu’à la base, en devenant de plus en plus lâche. Je l'ai rencontrée sur les côteaux calcaires des environs de Nancy.

Bunias orientalis L. — La fascie occupe toute la longueur de la tige qui a plus d’un mêtre; sa plus grande largeur est de 0"045. Vers son milieu, elle se courbe dans le sens de ses bords et décrit deux tours de spire accolés et parallèles, dont le diamètre est de 0"13 à 01%; puis elle se redresse, et son sommet est une crête de fleurs accumulées et serrées les unes contre les autres et qui se prolonge sur les bords ; au-dessous de la crête et sur les faces sont des fleurs disséminées dans une étendue de 0 "15. Plus bas on observe des rameaux floriféres qui tous partent d’un seul des bords de la fascie. Les côtes des faces sonttrès-prononcées et l’on y voit des séries interrompues de la spire que décrivent les feuilles. Je l'ai recueillie dans les cultures du jardin des plantes de Nancy.

Campanula linifolia Lam. — T'en possède deux échantillons recueillis sur la même plante au jardin de Nancy. Dans l’un et l’autre la fascie occupe toute la longueur de la tige ; elle est large de 0"01 ; elle a éprouvé un mouvement de torsion sur son axe. Desfleurs nombreuses sont disposées en crête au sommet; des rameaux grèles, florifères, qu’elle porte dans sa moitié supérieure, prennent leur origine sur ses bords ou à proximité des bords.

Antirrhinum majus L. — La fascie affecte tout un rameau ; elle est large de 0,008, se courbe au sommet, où les fleurs rapprochées sur une même ligne forment une crête simple. Dans les cultures de M. Rendatler.

Dans un autre échantillon, la longueur de la fascie est de 0 " 32; sa plus grande largeur est de 0 " 012; ses faces sont finement striées ; leurs fleurs sont en crête et les feuilles très-nombreuses à chaque nœud, de façon à constituer un véritable état de phyllomanie. Cultures de M. Berter.

Barkhausia fœtida D.C. — La fascie s'étend à la tige entière qui est haute de 0 " 20. Elle se bifurque à son quart inférieure et là elle est large de 0" 028. La branche principale porte au sommet une crête de 0" 04, formée de calathides sessiles, confondues et soudées les unes avec les autres; par l’un de ses bords cette même branche émet cinq rameaux floriféres normaux. La branche secondaire se divise en quatre rameaux, tous placés dans le même plan et dont deux étroitement fasciés portent chacun au sommet deux calathides encore distinctes. Les côtes des faces sont fines, mais bien distinctes. Côteaux calcaires des environs de Nancy.

Fragaria magna Thull. — La déformation occupe toute la tige florifère sur une longueur d'environ 0 " 20; dans sa plus grande largeur elle atteint un peu plus de 0 ® 04.

Elle émet de ses bords cinq ou six rameaux fleuris réguliers et au sommet elle porte une accumulation de fruits pressés les uns contre les autres, plus ou moins soudés par leurs calices et qui forment une véritable crête de 0 ® 05 de longueur. Cultures de M. Rendatler.

$ 2. Fascies à inflorescence bifurquée. — Ces fascies, comme les précédentes, atteignent l’inflorescence, mais le développement en longueur n’est pas entravé par l’accroissement en largeur, toujours modéré dans cette variété de fascies. Les fleurs, à peine plus nombreuses qu’à l’état normal, ne sont jamais accumulées au sommet, mais sont disposées sur les deux axes comme elles le sont habituellement sur un seul. La bifurcation de l’inflorescence est évidemment due à un phénomène de partition.

Echium vulgare L. — La partie supérieure de la tige se fascie et la déformation s'étend à l’inflorescence. Celle-ci se bifurque un peu au-dessus de Ja base et les deux branches, à peu près de même longueur, sont toutes les deux fasciées jusqu’à leur sommet, sans dépasser la largeur de 0 ® 01. Les petits rameaux scorpioïdes de la grappe sont insérés sur les bords de la fascie. Je l'ai recueilli au vallon de Soultzbach dans la chaîne des Vosges.

Digitalis hybrida. — J'ai observé cet exemple sur un pied d’une Digitale hybride née spontanément au Jardin des plantes de Nancy et dont un des parents est le D. lutea L.; je n’ai pu déterminer le second parent (4). La fascie commence au-dessous de l’inflorescence et acquiert sa plus grande largeur (5 millimêtres) vers le milieu de Ja grappe; celle-ci est bifurquée à son sommet et les branches de la bifurcation sont fasciées et d’égale longueur. Les fleurs unilatérales sont dans le même plan que la fascie.

(1) J'ai parlé de cet hybride dans mes Nouvelles expériences sur l'hybridité dans Le règre végétal, Nancy, 1866, p. 34.

Un autre hybride du même genre, le Digitalis luteograndiflora, obtenu par la fécondation artificielle, a aussi la partie supérieure de la grappe fasciée et bifurquée.

Lobelia syphilitica L. — La fascie commence à la base de la tige et règne sur une longueur de 0" 75, y compris l'inflorescence ; elle atteint dans sa plus grande largeur un peu plus de 0 "03. L’inflorescence principale, longue de 0 " 30, assez largement fasciée, se divise au sommet en deux branches égales et fasciées. Dans le quart inférieur de la tige, cinq rameaux grêles, florifères, non fasciés, partent de l’un des bord de la tige ; un peu au-dessus, et du bord opposé, s'élève un rameau robuste, fascié dans toute sa longueur, y compris sa grappe; celle-ci divisée au sommet en deux branches égales et fasciées. Les côtes des faces sont inégales, assez saillantes. Dans les cultures de M. Rendat- IE:

Thlaspi alpestre L. — La tige est fasciée dès la base et un peu au-dessus elle produit deux rameaux fleuris eylindriques qui s’insérent à l’un et à l’autre bord de la fascie. Celle-ci s'étend à toute la grappe principale qui, dans son tiers supérieur, se divise en deux branches également fasciées. Recueillie au jardin des plantes de Naney.

Cœlestina ageratoides Cass. — La fascie commence au milieu de la tige et s'étend Jusqu'au sommet de l’axe primaire de l’infiorescence, sur une longueur de 0"30 ; la largeur est de 004 ou un peu plus. A part la fascie de son axe primaire, le corymbe est normal, mais très-rameux et ses rayons partent indifféremment des bords et des faces de la fascie. Vers le milieu de la hauteur du corymbe, la fascie de l’axe primaire se bifurque en deux branches un peu inégales, èt terminées chacune par un petit corymbe particulier. Les stries des faces sont fines, mais três-visibles. Dans les cultures du Jardin des plantes de Nancy.

Aster recurvatus Nees. — Tige fasciée dans toute sa moitié supérieure et atteignant au-dessous du sommet 0% 01 de largeur; là elle se bifurque en deux branches courtes, et étroitement fasciées. De nombreux rameaux floriféres naissent dans toute l’étendue de la fascie; dans sa moitié inférieure ils sortent des bords et, dans sa moitié supérieure, à la fois des bords et des faces. Dans les cultures du jardin des plantes de Nancy.

S 3. Fascies terminées par un bouquet de feuilles en crête. — Elles affectent seulement les tiges et les rameaux ; elles s’élargissent au sommet comme les fascies à inflorescences en crête, mais au lieu de fleurs, elles portent des feuilles.

Pentstemum gentianoïdes Poir. — Tige longue de 0"40, fasciée dès la base, s’élargissant peu à peu vers le sommet où elle atteint 0" 055 de largeur. Les feuilles sont d'autant plus nombreuses qu’elles s’insérent plus haut et forment une crête dense au sommet. Sur les faces de la fascie les feuilles présentent dans leur insertion des fragments de spirale interrompue. Deux longs rameaux partent des bords de la fascie vers son tiers inférieur. Ils sont normaux, si ce n’est que leurs feuilles sont régulièrement verticillées par trois, au lieu d’être opposées en croix. Dans les cultures de M. Rendatler.

Chelone barbata Cav. — Tige raccourcie, longue de 0 "45, fasciée dès la base; la fascie atteint au sommet 0 " 03 de largeur et se termine, comme dans le cas précédent, par une crête de feuilles; sur les faces les feuilles sont nombreuses et par leur insertion forment des portions de spirale interrompue. Cultures de M. Rendatler.

Leptandra sibirica Nutt. — Deux longues tiges sont fasciées dans toute leur longueur et la fascie atteint sous le sommet 0 “01 ou un peu plus. Les feuilles sont plus

nombreuses que de coutume aux verticilles de là partie moyenne et surtout de la partie supérieure de la tige. Ces verticilles sont un peu irréguliers et les feuilles commencent à prendre une direction spirale. Plusieurs de ces feuilles sont bilobées au sommet, soit qu'il sorte de la base du limbe deux nervures dorsales, soit que la nervure unique d’abord se divise plus haut en deux nervures égales. Recueillie au jardin des plantes de Nancy.

Carlina vulgaris L, — La fascie affecte toute la longueur de la tige, qui présente 0" 41 de hauteur ; sa plus grande largeur est de 0 " 07. Les feuilles qui couvrent les faces sont nombreuses, disposées en fragments de spirale ; elles sont assez courtes et étroites, plus petites et plus condensées au sommet. Un rameau fascié, long de 017, sort de l’un des bords vers le milieu de la fascie. Les côtes sont fines, rapprochées, très-visibles. Recueillie aux environs de Nancy.

Œnothera biennis L. — De la base au sommet de la tige cette fascie mesure 0 " 85 et sa plus grande largeur est de 0 * 03. Ses côtes sont peunombreuses, écartées, saillantes. Quatre rameaux cylindriques naissent de l’un et de l'autre bord au-dessus de la base. Vers son milieu la fascie se partage en deux branches également fasciées ; l’une d'elles est trifurquée au sommet. Une crête de feuilles termine chacune de ses divisions. Cultures du jardin des plantes de Nancy.

$. 4. Faseies contournées en crosse au sommet. — Je ne connais cette forme de fascie que sur les rameaux des plantes ligneuses ; l'extrémité de la courbure en crosse, tronquée et lobulée, est bordée de petits bourgeons.

Alnus glutinosa L. — J'ai sous les yeux trois exemplures de cette fascie. Le plus grand mesure 0"46 de lonsueur; il est courbé en gouttière et un peu tordu en tire-

bouchon sur son axe. Il s’élargit peu à peu de bas en haut jusqu'à égaler, à proximité du sommet, 0075; là 1] se bifurque en deux branches qui se courbent en arc de cercle et s'enroulent chacune à leur extrémité et en sens inverse. Les courbures sont dans le même plan que la fascie générale. Les côtes des faces sont assez fortes et saillantes. Trois rameaux naissent des bords de la fascie et sont normaux. Les deux autres exemplaires présentent moins de développement; ils sont plans, non divisés et également courbés en crosse à leur sommet. Celui-ci dans les trois échantillons est tronqué-lobulé et garni d’un rang serré de bourgeons. Recueillie à Nancy.

Syringa vulgaris L. — Cette fascie s’est développée à l'extrémité d’un rameau normal de l’année précédente ; elle est longue de 0"30 et, dans sa plus grande largeur, elle égale 0"015. Elle est plane, courbée en crosse au sommet ; celui-ci est tronqué et bordé d’une crête de petits bourgeons. Quatre rameaux à l’état normal naissent de ses bords ;-un cinquième sort d’une des faces. Jardin du docteur Demange.

Fraxinus excelsior L. — Elle est plane, longue de 0"60, s’élargit insensiblement jusqu’au sommet où l’on observe une crête de bourgeons large de 0"06. La courbe en crosse est assez régulière. Trouvée à Draguignan ; elle fait partie des collections de l'Ecole forestière de Nancy.

Hibiscus syriacus L. — Branche fasciée presque dès son origine en une expansion qui égale 002 dans sa plus grande largeur. Elle se courbe dans le plan de la fascie de façon à décrire deux cercles et se termine en crosse. Sur le bord de la plus grande courbure du second cercle, elle émet quatre rameaux cylindriques, inégaux. Recueillie au jardin des plantes de Nancy.

$. 5. l'ascies étagées. — Elles se montrent séparées en

deux ou trois étages par des bourrelets épais et transversaux.

Picea‘excelsa Link.— La fascie de l’Epicea paraît être très-rare; elle a été cependant observée en Allemagne par Rossmässler (4) qui a donné la figure d’une portion de cettemonstruosité remarquable.

Les collections de l'Ecole forestière de Nancy possèdent deux échantillons de cette fascie, l’un et l’autre très-curieux et méritant d’être décrits.

Dans le premier la fascie est ramifiée et trés-compliquée. Elle mesure 055 en longueur, mais la fasciation partait de plus bas et la pièce a été tronquée par le bas, Ce qui reste de sa parte inférieure mesure 0"10 de longueur sur 0"05 de largeur ; l'épaisseur est là plus prononcée que d'ordinaire. Cette portion de la fascie se divise à sa partio supérieure en trois branches principales, bien différentes lesunes des autres, quoique toutes les trois soient atteintes par la fasciation.

La première branche, la plus longue, atteint 030 sur 0"06 de largeur; elle est un peu courbée et se termine par un bourrelet large de 0"10. Sur ce bourrelet s'élèvent 10 rameaux inégaux, longs de 0"08 à 6"12, rangés sur une même ligne onduleuse et terminés aussi chacun par un bourrelet secondaire. Celui-ci devient la base sur laquelle repose un troisième étage de rameaux courts, les uns fasciés étroitement et portant au sommet un bourrelet transversal de troisième ordre, les autres grêles, cylindriques, épaissis en une petite boule au sommet.

Cette première branche émet, en outre, à son tiers inférieur et de l’un des bords, un rameau fascié assez long, s’élargissant au sommet en un bourrelet transversal de

{1} Rossmässler, Der Wald, Leipzig, 1863, p. 315, fig. XLVI.

0"05. Celui-ci porte une expansion mince, carrée, de 005 de côté et de plus un rameau d’abord cylindrique, puis fascié, long de 0"10, terminé par un bourrelet surmonté d’une ligne de ramuscules cylindriques.

La seconde branche est droite, longue de 0"25, large de 0"03, épaissie au sommet en un bourrelet transversal de 0"06 de largeur. Celui-ci est bordé d’une ligne de rameaux courts, dont cinq fasciés et épaissis en bourrelet au sommet, de ramuscules cylindriques épaissis en boule à leur extrémité et de quelques bourgeons.

La troisième branche se divise presque dès la base en trois parties, dont la plus importante consiste en une fascie large de 0"05, haute de 6"10, munie d’un bourrelet à son bord supérieur et de quelques ramuscules. Les deux autres parties, plus étroites, bizarres par leur forme, sont fasciées et portent un bourrelet.

La moëlle de cette fascie est allongée et applatie.

ille a été trouvée dans les forêts de Pontarlier (Doubs).

La seconde fascie du Picea excelsa a beaucoup moins de développement, mais offre des particularités qui méritent d'être signalées. Branche cylindrique, portant à son nœud supérieur un verticille un peu irrégulier de 18 rameaux grèles, inégaux, cylindriques. Au centre de ces rameaux on distingue de nombreuses écailles, débris d’un gros bourgeon terminal, d'où sont sortis trois rameaux fasciés. Le plus fort à 0"07 de hauteur, 1l est courbé en tube un peu tordu sur lui-même et dont le diamètre est de 0®02; son bord supérieur est épaissi en un bourrelet ondulé qui porte un bourgeon bien reconnaissable. De petites aiguilles de 2 millimètres de longueur, très-fines, tapissent encore lintérieur du tube, bien que les feuilles extérieures soient tombées. Un second rameau plus court est également enroulé en tube et porte aussi un bourrelet. Le troisième

rameau, plus étroit que les deux autres, haut de Om10, est courbé en gouttière et produit de ses bords deux ramusculss.

Les faces et surtout les bourrelets de ces deux fascies étaient couvertes de feuilles, mais les limbes s'étaient partout détachés et comme désarticulés par la dessiccation ; les pétioles longs de un millimètre persistent et se prolongent par leur base en côte assez saillante.

$. 6. Fascies simples, sans caractères spéciaux. — Elles affectent les tiges, sans modifier les inflorescences.

Petunia hybrides. — J'ai observé assez souvent la fascie de ces plantes et elle s’est montrée toujours semblable à elle-même. Elle commence à la base des tiges et s’élargit insensiblement jasqu’à mesurer en largeur 6703, 0706, 0"09 etse termine carrément au sommet par un bord transversal, d’où s’élévent sur une seule ligne des rameaux parallèles florifères qui n’ont rien d’anormal.

Echeveria macrophylla. — La tige à partir de Ia racine s'élargit, s’applatit et forme une expansion charnue assez épaisse, s'étendant en largeur et formant une crête irréguliérement lobée et ondulée, qui atteint jusqu'à 0"30 à 0"%0 de largeur, la hauteur étant moitié moindre; cette crête ou bord supérieur porte des rameaux courts, cylindriques, feuillés au sommet, rapprochés sur une même ligne onduleuse. Les faces de cette fascie sont munies de beaucoup de feuilles qui tombent de bonne heure. La moëlle de cette fascie est allongée et comprimée, tandis qu'elle est réguliérement cylindrique dans les courts rameaux qu'elle produit. Dans les cultures de M. Rendatler, qui la reproduit par boutures.

Echeveria metallica H. Kew.— Sa longueur est de 074 ; sa plus grande largeur est, au tiers de la hauteur, de 005 où elle se divise en trois branches fasciées dans le même

plan. La plus grande de ces branches se divise en trois rameaux fasciés, subdivisés de même au sommet et qui émettent de leurs bords, à différentes hauteurs, des pédoncules cylindriques plus ou moins longs et portant de petites inflorescences normales. La seconde branche se bifurque au tiers de sa hauteur et les deux rameaux sont fasciés et fleuris au sommet. La troisième branche se trifurque supérieurement et porte de très-nombreuses inflorescences régulières. Cultures de M. Rendatler.

Melaleuca paludosa R: Brown.— La tige de cette plante s’élargit légèrementets’applatitsur une longueur de 0015, puis s’épanouit brusquement, après avoir produit de chacun de ses bords un rameau normal vigoureux, en une expansion mince, ligneuse, absolument couverte de petites feuilles Imbriquées, large de 0"045 et haute de 0045, lobée à son bord supérieur, d’où s'élèvent de trés-courts rameaux feuillés. Serres du jardin des plantes de Nancy.

Crepis virens L. — Tige fasciée depuis sa base jusqu’à l'origine de l’inflorescence, qui n’est pas modifiée. Elle mesure 044 en longueur et un peu plus de 001 en largeur. Les côtes sont rapprochées et très-visibles.

Ranunculus sylvaticus Thuill. — Toute la tige est fasciée sur une longueur de 032; la plus grande largeur est de 0®013. Elle porte sur ses bords et au sommet des rameaux florifères.

Verbena Aubletia L. — La fascie occupe toute la longueur de la tige jusqu'au dessous de l'inflorescence qui reste normale ; elle ne dépasse pas en largeur 0006. Ses feuilles inférieures sont opposées, puis un verticille de trois feuilles avec trois rameaux axillaires leur succède ; le verticille suivant montre quatre feuilles et quatre rameaux et le verticille supérieur cinq de ces deux organes. Cultures de M. Rendatler.

Linaria genistæfolia Mill. — La déformation commence à la base de la tige, s'élargit insensiblement jusqu’à 0014, puis serétrécit, meurt au sommet et produit au-dessous de la partie mortiliée des rameaux fleuris. Jardin des plantes de Nancy.

Capparis spinosa L. — Tronçon de 022 d'une tige fas-

ciée de cette espèce, large de 0"013, munie de feuilles nombreuses. Côtes des faces assez saillantes. M’a été donné à Montpellier.

Ailanthus glandulosa Desf. — Cette fascie mesure 1"32 de longueur; elle s’élargit peu à peu jusqu'à atteindre Ov9, un peu au-dessus des deux tiers de sa longueur; là elle se trifurque en trois branches fasciées et inégales. La premiére est longue de 0"34 et large de 004, elle est fendue au sommet en quatre lobes aigus et très-inégaux. La seconde est intermédiaire, longue de 042 et large de 0"05, trifide, à lobes inégaux. La troisième est la plus courte; elle est étroite, simple, aiguë. De larges côtes longitudinales se montrent sur les faces. Cette pièce fait partie des collections de l'Ecole forestière de Nancy.

Cucumis sativus L. — J'ai observé plusieurs fois sa fascie. Le Musée d'histoire naturelle de Nancy en possède un exemplaire long de 155 sur une largeur moyenne de 003. Les Côtes des faces sont assez grosses, inégales. Cultures de M. Rendatler.

Convolvulus arvensis L. — La fascie est longue de 1m24. Etroite de 0002 à sa base, elle s’élargit insensiblement et atteint 0"007 dans sa plus grande largeur, c’est-à-dire à 085 de sa base; là elle se bifurque en deux branches fasciées et à peu prés égales. Elle est contournée en spirale lâche dans toute sa longueur et porte deux rameaux courts, non fasciés, naissant l’un et l’autre des bords. Les faces sont striées en long. Jardin des plantes de Nancy.

Wisteria chinensis D.C. — J'en ai recueilli deux échanüllons remarquables, affectant des rameaux. L'un mesure 1"70 en longueur et 003 en largeur ; il se divise au sommet en quatre rameaux fasciés, parallèles, longs de 0742. L'autre fascie est longuede 2m15, large de 0"03 et se divise au sommet en deux lanières. Les côtes des faces sont saillantes. Jardin de M. Friant.

Pelargonium zonale Willd. — Tige fasciée à la base assez largement, se divisant profondément, un peu au-dessus d’elle, sur l’un de ses bords, en six branches fasciées elles-mêmes, mais redevenant cylindriques à leur sommet où elles se préparent à fleurir. Cultures de M. Rendatler.

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