‹ Mélanges économiquesChapitre 3 sur 19 · AVANT-PROPOS. IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. IX

bien des questioDS. Mais une même question domine toutes les sciences et prime toutes les questions; car, de quelque point que Thomme parte et dans quelque direction qu'il marche, il ne trouve jamais de choix possible qu'entre deux voies toujours divergentes et toujours les mêmes ; et au fond de toute interrogation il rencontre inévitablement la même alternative : Ou une fatalité aveugle, inconsciente, ingouvernable, la nuit et le désordre ; ou une Providence libre, sage, équitable, l'ordre et la lumière : — ou le matérialisme, ou le spiritualisme. De la solution que Ton donne à cette question primordiale découle lasolu*tion de toutes les autres; et il n'y a pas d'étude qui lui échappe. Les sciences purement physiques subis^ sent ouvertement la nécessité commune, et l'on connaît l'antagonisme de la physiologie matérialiste et de la physiologie spiritualiste. Mais c'est surtout dans les sciences morales, dont l'homme est lui-même l'objet, que l'importance de cette question est suprême et qu'il n'est donné à aucune subtilité de l'es* quiver ni de l'amoindrir. Quel contraste, en effet ! Si l'homme est un produit passager de forces incohérentes, un accident sans cause et sans lendemain; c'est une substance livrée à l'empirisme : toutes les entreprises sont permises à son égard, mais toutes sont impuissantes ; car il n'y a point de prise sur le hasard : et ni la pensée, ni la force, n'ont, l'une plus

X AYANT-FROPOa.

que rautre, ni frein ni emploi. Si l'hoirime est le chefd'œuvre immortel d'une pensée souveraine, rexécuteur et le ooopérateur d'un plan, le dépositaire et l'a^ gent d'une loi, s'il a une destinée ; — il a le devoir d'étudier pour reconnaître cette destinée, le droit d'agir pour s'y conformer. Toute la nature, et la na^ ture humaine en particulier, témoignent, avec une force à mon avis irrésistible, en faveur de cette conclusion désirable, et protestent par mille côtés contre la triste hypothèse d'une irrémédiable et stérile passivité. L'homme a PintelJigenoe pour connaître, la volonté pour choisir ; et, selon qu'il a bien ou mal usé de l'intelligence ou de la volonté, la récompense ou le châtiment des conséquences et l'approbation ou le reproche de sa conscience. La responsabilité l'enveloppe de toutes parts» et il la porte en lui-même. Mais la responsabilité est un non-sens sans la liberté. Ne restons donc pas à mi-chemin dans la voie du spiritualisme ; et, si nous déclarons que l'homme est un être moral, reconnaissons que c'est un être libre et cessons de nous alarmer de ce qu'il le soit. Constatons plutôt, et admirons, dans cette liberté responsable, la plus sublime merveille et la plus surprenante harmonie de la création. Avouons qu'une même sagesse respire dans la constitution du monde extérieur et dans celle de l'homme, et que l'un, comme Tautre, a- reçu d'en haut des lois faites pour être obéies, La

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