TEXTE ÉCRIT AU VERSO DU PAPYRUS. — LISTES DE VOLEURS
Ce texte se divise en trois paragraphes, séparés les uns des autres par un espace laissé«vide.
Le premier paragraphe a douze lignes ; le deuxième six ; le dernier occupe tout le reste du texte , c'est-à-dire les neuf lignes inférieures de la première colonne et les vingt- deux lignes de la seconde > soit en tout trente-une lignes pour ce paragraphe.
Voici la traduction de l'ensemble :
[•4 MÉLANGES ÉGYl
• L'an I, Tholh 2«jour, co » Copie du libelle des voleur des maisons , déférés au ph dant-seigneur Shooub :
• 1 . Le scribe Toouïsherau Trésor, de Diospolis ;
i 2. Le nommé Shanebouaou
fils de aa, de Die
i 3. Le Supérieur des porl Perpenifouemap , de Diospol
• 4. Le Ouaou? Num , fils ( était Âonh ;
> 5. Le Num Pekamen , fils thèque d'Âmmon ;
» 6. Son frère, id. -
» 7. Le scribe Skhaha-t-hir Âaemab ; lui , de la ville de I » 8. Le prêtre Peiriskher, d i 9. Le gardien Bukhaef, fil polis ; lui de la ville d'Apap
• 10. Le Num Khonsmès , qui était grand Gou^rneur ; Diospolis.
• Voleurs des maisons des a
1 Les lignes horizontales sont ainsi diquent que les mentions de la 1 pétées.
ribe Pebeka^ fils de Nasa )Ie d'Ousorma-Ra Meri-Ai rêtre Djapenefer , fils de
b Peamou , qui était prop
Pikaraen , qui demeure
henti ? Sebakaru , fils (
3 Paopbi 24® jour, corre
ibelle des voleurs du Kber -Neb-Ra par le Comma
mmé Em-SbeDDabi-Amen- . . fils de Peripenifamen ^rpesherau , fils de la femi être de renceus Shetisouk deux frères ;
iou , de la ville de Sesen Qedj ;
)h Pekaromaou , qui est se la demeure de Ra ; kha , qui est au Command ) à Ombos ;
viteur OuDOuamen , du Kbaou Djetsbau \
bef de la demeure d'Ammon ;
laou Djetsbau , fils de Kauakbt^ de Dios-
rdien Bukbaef^ deDiospolis; irdieD Pias , fils de Neban ;
ribe Toouisberau , fils de , du
ospolis ;
'ibe Piaasetau . , ., fils de Piaasetau . . ;
ib Kbememab , qui était majordome. . . ;
ib Numenaniou de. . . . ;
ib Pekamen , fils de Ouaamen ;
ib Amenapetou , — id. — ;
ih Skbabatbiramen , serviteur de Sbouaï ,
être Peiriskber, de Kbonspeiriskber ;
. , fils de Mebi , de Diôspolis ; itre des libations Kar, du temple funéraire
'être Piounsbau , fils d'Amenbotep , du
-Bai ;
m Pekbar, qui était avec le cbef d'auxiliai-
h Peamou , qui était propbète de Sebak à
ique que je rends par 4ft a probablement une enoQi n'est pas certain.
» 39. -Le supérieur des portiers Thothothep , fils de * Peripenifouemap ;
» 40. Le scribe du matériel* Onkhef, fils de Ptahem- > heb , de DiospoUs ;
» 41. Le scribe du matériel Aufenamen , — id. — ;
» 42. Le Solem Pekharnakht ? , de Diospolis ;
» 43. L'Alekhou Djetouemtol , du chef d'auxiliaires » Âufeuamen ; » Le Tidjab , de Pa-Mont. »
Les deux dates inscrites dans ces listes sont le point le plus intéressant qu'elles nous présentent.
Dans la première , les signes hiératiques qui désignent l'année et le mois sont confus. En y regardant de près , on s'aperçoit que le chiffre I, qui suivait le mot année, a été joint par son extrémité supérieure au groupe hiératique représentant ^^ ; on est donc conduit à lire : . r^ /"^^ © ro III
loi iMo»»"^ 1on;i!
L'an I , de Thoth le 2 , correspondant à Van 19.
S'il subsistait quelque doute sur cette lecture *, ils seraient levés par la comparaison de la deuxième date , qui est clairement exprimée par les groupes suivants :
i Ici encore le signe douteux signalé à la note précédente.
2 Od pourrait supposer cependant que le chiffre de l'année a été omis par le scribe et qu'il faut laisser le premier trait vertical à l'indication du mois.
MÉLANGES ÉGTPTOLOGIQUES.
r û /"^^ Ci \\ 9 C ex III
loi M m on I' "^ Ion!!!
an I y de Paophi le S4 , correspondant à Van i9. Xe datation du même jour et du même mois d'une portant une double indication n'est pas absolument ans les textes. Évidemment il ne peut être question une seule et même année , qui s'est trouvée à la fois, le cas de notre papyrus , la première et la dix-neu-
I inscription d'Assouan rend la chose manifeste , en \ les deux pharaons régnant ensemble y sont nomon y lit :
^ait en Van 3 sous la Sainteté de VHorus , guide des r mondes ( Osortasen II) , correspondant à Vnn 55 \ la Sainteté de VHorus invoqué en vérité ( Amenlall). • M. Lepsius a conclu de cette inscription )rtasen II avait été associé au trône en la 32® année i prédécesseur Amenemhâ U\
particule ^e»^ ou signifie en face, devant,
it de la présence simultanée , de la correspondance, :oexistence, de la conformité, etc.
lit par exemple : Parler en FACEdw roi, du chef\
'evétirde ses armures a l'instar de Mont*.
roi frappe les rois des nations qui Vapprochent
iMÉMENT à ce qu£ lui a ordonné Ra *.
er die zwolfte Mgypi. Dynastie, pL II , 5 i ibid. , page 23. e de Kouban , lig. 13 ; Denkm III y 39. RPB II , pi. 52,2.
lisqoe d'Alexandrie.
Dans une scène militaire > Ramsès III est représenté criblant de ses flèches un groupe d'ennemis fuyant en désordre; on lit dans la légende qui accompagne ce tableau :
x-^c3anM) renver-
> sant les ennemis'. >
Lorsqu'il s'agit du temps , *^-=— s'emploie non-seulement à propos de la conformité des années, mais encore pour celle des jours. C'est ainsi qu'on trouve les formules suivantes, qui donnent une double désignation pour les mêmes jours :
Mésari , jour épagomène de la naissance d'IsiSy correspondant à la panégyrie d^Ammon.
Uan 21 , Épiphi 29, correspondant à la panégyrie (TÀmmon'Ra , roi des dieux *.
Il est donc hors de doute que nos listes de voleurs sont datées dans une année qui était à la fois la première d'un pharaon et la 19® d'un autre pharaon. Malheureusement, le scribe n'a pas pris la peine d'introduire dans ces notes hâtives les légendes royales qui nous auraient fourni un fait très-utile à retenir pour la chronologie et pour le classement des règnes. Mais il y a la plus grande probabilité qu'il s'agit encore ici de Ramsès IX , prince qui se faisail gloire du soin avec lequel il surveillait la conservation des sépultures de ses prédécesseurs '. Sous
« Cbampollion , Mon. , pi. 2*20. Dans toutes ces citations le mot
écrit en petites capitales représente ^^^ • s BRU6SCH , Matériaux pour le Calendrier, p. 94 et 95. 3 Voir ci-devant p. 118 et 119.
j hypogées étaient inspectés régnlièrerus Abbott relate une inspection en l'an DUS la direction du poliarque Neb-ma-Rainspection de l'an 14, sous celle du nab. Les listes de voleurs dressées en l'an Te une inspection à laquelle présida un [)é Neb-ma-Ra , qui pourrait bien être de [)-ma-Ra-Nakht de l'an 14 , si même ce ne individu. Quelle que soit la négligence ns ces listes , on y reconnaît aisément , nt la même main , tout au moins un type nalogue à celui du texte principal du palégitimement conclure à la presque conis deux écritures.
iquemment d'opinion qu'on peut définiti- 3r à Ramsès IX dix-huit ans de règne pharaon , et admettre qu'au commenceneuvième année il a associé au pouvoir uccesseur Ramsès X.
îmière date vient le titre du document: des voleurs du Kher et des voleurs des mtours , placé devant S. M. par le Comur Shoouh\ ^ons ici dans son rôle de dénonciateur le
Ij^ ^. Il exerçait une police distincte ommandant en chef des Madjaious. Ses
ce nom n'est pas bien certaine.
rapports sont habituellement adressés au roi ; mais la troisième liste nous montre qu'il en adressait également au Poliarque-gouverneur. Ces dénonciations n'entraînaient jamais le châtiment immédiat des individus dénoncés , mais seulement la réunion d'un tribunal pour les juger*
Dans les rapports de l'an 16, le nom du Commandant, seigneur de la ville , alors en fonctions , n'est pas donné ; celui de Tan 19, qui a dressé les listes du verso, porte
on nom qui paraît se lire U^^§^» Shoouh. Il est peu probable que ce soit le même personnage, car, convaincu de fausseté dans ses accusations, le fonctionnaire de Tan 16 dut être révoqué.
La liste comprend deux catégories de voleurs; d'abord ceux du Kher ou des hypogées , puis ceux des maisons des alentours , c'est-à-dire des demeures éparses dans le quartier de la Nécropole'. Les groupes que je traduis:
Maisons des alentours, sont : "^ ■ [ ^ •
Les noms des voleurs du Kher sont inscrits dans les lignes 3 à 10 de la première section. Ceux des voleurs des maisons forment la seconde section qui a pour titre spécial: voleurs des maisons des alentours. Ces voleurs sont au nombre de cinq.
Le titre de la troisième section se lit comme suit: » L^an I , Paophi êd"" jour , correspondant à Van 19 ; • Copie du libelle des voleurs du Kher donné au gouver^
* Voyez ci-devant , p. 90.
r Neb-ma^Ra par le commandant -seigneur ouh. »
a lieu de remarquer que plusieurs individus comans la liste soumise au pharaon se retrouvent de au dans celle qui fut adressée au Poliarque. Voici oas de ceux qui eurent l'avantage de cette double ciation.
Le Num Pekamen , fils de Peouamen , de la bloque d'Ammon.
st le cinquième sur la liste du roi et le quinzième Ile du Poliarque ; dans cette dernière , au lieu du le Num , il porte celui à^Amh, Le supérieur des portiers Thothhotep , fils de Pefouemap.
st le troisième sur la liste du roi et le vingt-quai sur celle du Poliarque ;
Le scribe Skhahathiramen, fils de Shouaï, dit ab.
st le septième sur la liste du roi et le dix-septième lie du Poliarque. Dans cette dernière liste, il est ié de serviteur ( bok ) , et non de fils de Shouaï. iénonciations étaient faites un peu à la légère. Il pas vraisemblable que deux individus portant ie nom si 'compliqué se rencontrassent dans lamai- 8 Shouaï.
Le prêtre Peiriskher, de Khons peiriskher \
ons qui fait ce qu'il veut ; c'est une forme bien connue du thébain,
Il est inscrit le huitième sur la liste du roi et le dixboitième sur celle du Poliarque.
5. Le gardien Bukhaef , fils de Ouaoudjau. C'est le neuvième dans l'une et l'autre liste.
6. Peamou, qui était prophète de Sébak à Pa-onkh, se trouve le troisième de la seconde liste remise au roi et le vingt-troisième sur celle du Poliarque.
La lecture des groupes hiératiques qui représentent les noms des voleurs offre d'assez grandes difficultés. Mes transcriptions ne sont pas sûres pour quelques uns d'entre eux , mais le plus grand nombre est déchiffré avec certitude; ces listes formeront un appoint de quelque valeur pour l'onomasticon égyptien.
Presque tous les noms ont une signification qu'il peut être curieux d'étudier. Je signalerai seulement les suivants.
indique un étal de la vue ou de l'apparence qu'il n'est pas aisé de déterminer, le mot n'ayant encore été rencontré que dans des noms propres : c'est quelque chose I comme le louche, le borgne , le clair , etc.
1 M^^. C30 H^ I^ ^ , Pe ounshou , le loup ;
I 3^^IZPn^^T^> Peaastau, la grande
queue*.
I Le délerroinatif montre le sens attaché à ce nom.