‹ Mélanges égyptologiques (volume 2)Chapitre 13 sur 64 · SUR LES EMPLOIS PUBLICS · texte numérisé non relu

SUR LES EMPLOIS PUBLICS

La traduction exacte des noms par lesquels les anciens Égyptiens désignaient les fonctions de leur administration civile, militaire et religieuse , est à peu près impossible , car elle supposerait entre les fonctions antiques et les fonctions modernes dont on emprunterait le nom, une analogie qui n*existe certainement que dans des Gas fort rares.

Il suit de là que les mots dont je me suis servi pour désigner les emplois occupés par les différents personnages cités au Papyrus Abbott ne doivent en aucune manière être pris à la lettre. J'ai été guidé, dans le choix de ces dénominations parla nature des occupations que les textes m'ont paru attribuer à ces officiers.

Mais , pour arriver à des résultats solides, ce genre de

i Je D'ai pas reproduit le texte des listes, qui n'est pas important.

MÉLANGES ÉGYPTOLOGIQl

doit être étendu au plus ; possible. C'est là un travai bservations multipliées. Je )ts insuffisants. Cependant ici quelques-uns des re 3 à adopter les litres de Ci trôleur. Vérificateur, Gauve ulté qui nous arrête aujourd opres embarrassait déjà les égyptiennes , à Tépoque di possible d'avoir des rensei par exemple , que la partie ne traduit pas les dénomina

cr^ , Pb b'r»oT, les s

)rès les hiérogrammates.

! des savants fournissait le$ iharaons pour les cas difficil

' I , iJTp»TC|»oT, les Pères

3ur du Sacerdoce. Le décret j gnation générale oè aX>ol lepeU

w^i ( phonétique incertain ]

^ ^ I , MXp OTAB.OT, les dît

dernières catégories de prêi î nom en grec ; elles sont jns : Cetix qui entrent dans l es dieux et les ptérophores.

fonctions dont les correspoi t connus :

fj^y OTHB, iepe^ç, prêtre en général ;

Il HTp«2M, npofimç, prophète. C'était un grad élevé du Sacerdoce; mais la fonction n'avait aucu rapport avec celle des prophètes hébreux ;

^^o[î, ^ ^ , up iiAfOT.uA, âpxtepi^ç, archi prêtre. C'était sans doute le chef du culte ;

l] I ^^ , AM6T»i)T*or , hricrràmç , épistate , pro bablement V ordonnateur y Véconome ;

1^, cijA, ypafAinxrt^iç, scrîbe , çrammate ;

I û I ^ ' ' ^^^ MTp.jyA^oT , stribe des livre divins ; tepoypofzpcreuç , hiérogrammate , scribe sacré. 6oî tn ' ^^'^^^'^px^^ ' archonte. Au papyrus Rhin

Jo] j^'l^ ^ ^ P^""* variante en démotique g ^[^ n-AA, le grand. Malgré la traduction •Apxwv donnée pa la momie de Soter , j'incline à penser qu'il s'agit plutô d'un titre honorifique, tel que Véminent , le merveilletu) Nous allons passer succinctement en revue les officier mentionnés au Papyrus Abbott;

p^ ^ , CAJ) , scribe.

Ce mot correspondait exactement , en tant qu'indi cation de fonction, à notre expression secr^mir^; ce pendant il désigne d'une manière générale tous les indivi dus ayant reçu l'instruction requise et obtenu régulière ment le titre de cAh| ou grammate, qui seul ouvrait l< porte des emplois publics.

[60 MÉLANGES ÉGTPTOLOGIQUES.

Il y avait des scribes de particuliers^ de foDctionnai- 'es , de temples , d'administration , de troupes , etc.

Le Papyrus Abbott mentionne le Scribe du Poliarque, |ui assiste aux investigations judiciaires ;

Le Scribe de l'Intendant du Trésor royal , qui y assiste lussi. Il était en même temps grand Scribe du magasin;

Le Scribe du Commandant-seigneur de la ville ; nous 'avons vu agir comme secrétaire de son maître et mettre în écrit les dépositions faites contre les voleurs. Un autre

Ail ) d® '^ ^ille, prend également note des mêmes dépositions ;

Les Scribes du Kher, c'est-à-dire de la Nécropole , qui rivaient au milieu de la population spéciale de ce quarjer et faisaient des rapports aux magistrats.

/j W^ et V I OTHB, MTp"2M.

Parmi les fonctionnaires de l'ordre sacerdotal deux seulement interviennent dans les faits de procédure relatés par le Papyrus Abbott. L'un est le premier prophète i'Ammon-Ra , et l'autre un des prophètes de son collège. Ils figurent tous les deux comme juges aux grandes aissises de la ville. Le premier prophète d'Ammon est encore cité comme gouverneur du temple de Ramsés II.

Mais sept prêtres sont énumérés dans la liste des voleurs ; parmi eux on remarque :

Un prêtre de Khons ;

Un prêtre de l'encens ( f^^ ^ P^flfl, ] i)j Un prêtre des libations ( .Jjv ^^)î Un prophète de Sébak ;

EtuoSotein(^|^^^).

Le signe oep a pour correspondant phonétique c'est un synonyme constant de , aa, grand,

considérable , dans toutes les acceptions de ces expressions , tant au propre qu'au figuré.

Ce mol comporte naturellement une idée de supériorité; il se dit notamment de la supériorité d'âge; c'est pour ce motif qu'on l'a trouvé parfois remplacé par

fl^^ra, AA, vieux'. Notre mot Seigneur, du latin

senior (senex) , rend parfaitement toutes ces nuances. Je l'ai adopté dans ma traduction pour ce motif.

Au Papyrus Abbott, oep entre dans le titre du général en chef des Madjaious et dans celui du commandant de la ville. Le premier est nommé oep-AA , grand Oer du Kher très-auguste , et le second omp-m-mo , Oer de la ville, souvent aussi eA-w-Mo, Ha de la ville. Par conséquent, le Ha de la ville et le Oer de la ville sont un seul et même personnage , et ces deux expressions différentes désignent une fonction unique.

Malgré leur titre de grand Oer et de Oer, le Général de la milice de police et le Ha de la ville étaient les subordonnés du u6p«Mo ou Poliarque.

Au pluriel, le mot o6p»oT désigne les juges en

1 s. BiRCH , Zeitschrift de Berlin , 1866 , p. 86.

it MagistraU ion égyptieoD quefois nomi 3St purement ianière une fc }bolt nous E ivestigations •ites, et ren

d'autres vale

, cp, Sar. L

importants c Igypte, surtc i mot Sar ava }gues araméi ns document 'ts de l'Égypl tre distinctei 3mprunts de sur des prés( saurait suflir s les cas la p îs mots Sar € t bien pour

Impire, il y a^ ?; des n<=>

■i MMWM L J

d'uD uep'uo (Poliarque) , un texte le désigne par Texpression P^^^l^ ' , ce Sar; nous avons vu que le Poliarque était aussi un Oer.

Dans son sens littéral , le groupe zx signifie le commencement. Le copte ne l'a pas conservé sous cette acception , mais bien dans son emploi accessoire de chef, maître d'un office ou d'un métier.

De même que les titres de orne, prêtre, et de cfyA y scribe, celui de z\ n'a qu'une valeur très-générale d'autorité , qui demande à être spécialisée par des mentions additionnelles.

Dans le Papyrus Abbott , le général en chef des Madjaious est appelé Ha de l'occident, et quelquefois ffa Oer (grand Ha) de l'occident. Son compétiteur en influence est le Ha de la ville , qui est en même temps Oer de la ville.

Mais nous savons que , malgré Tidée de préséance attachée à chacun des mots Ha et Oer, les deux fonctionnaires que nous trouvons revêtus de Tun et de l'autre de ces titres ne sont que les subordonnés du Poliarque

(uep'Mo'xA).

La qualification de lj , noble chef, noble

commandant , a été usitée pendant toute la durée de la

monarchie égyptienne, depuis l'Âncien-Empire jusqu^aux

temps romains. Elle ne désignait pas un office spécial ,

mais constituait un titre honorifique très-élevé dont étaient

revêtus des fonctionnaires d'ordres divers. Le titre de

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aussi bien que celui de ""^^ , appa-

isolé de tolis autres titres , et , dans % occupe ordiDairement le premier rang ;

^ n soDt des déDominations habituelles

les princes de la famille royale ; le groupe

quelquefois remplacé par "^ , grand.

i Ha dans Tordre sacerdotal comme dans ;e titre se donnait également à des chefs it pour ce motif que je l'ai rendu dans ma Papyrus Abbott par le mot Commandant ; ? , de 'Apxw , marcher devant, être à la tête ilus littéralement l'expression égyptienne tementles mêmes valeurs ; mais il laisseme analogie de fonctions qui n'existe nnl-

e les /fa mentionnés avec d^autres officiers; cas, ils sont cités les premiers; dans erniers. Il y a^ait aussi des Ha attachés à

^ciaux, tels que le u ^ "^^^^

t du grand fleuve , que j'ai trouvé cité dans Bologne, et le Ha supérieur desMadjaions^ ibott , qui est le général en chef de la milice itre de Ha indique la supériorité hiérarchiier, qui est ^^^ ^ , tandis que les olfi-

ordres sont seulement p=^.

concerne spécialement le Ha de la ville , rons qu'il se donne lui-même comme un

Ha chargé de faire des rapports au roi ; qu'il exerce eu effet cette fonction ; qu'il adresse aussi des rapports au Poliarque , et qu'il semble ainsi remplir les fonctions d'un accusateur public.

J'ai rendu par Poliarque le titre uep'uo , qui signifie littéralement le préposé de la ville. C'était la magistrature la plus élevée de la cité; elle existait dès l'époque des pyramides, et s'est continuée pendant les temps pharaoniques. Un des auteurs du beau papyrus de sentences et maximes donné par M. Prisse à la Bibliothèque Impériale en avait été investi. Un second officier du même titre est encore cité dans ce document.

Nous avons vu que le Poliarque était le supérieur hiérarchique du général en chef de la force de police ^ et que le Ha ou commandant de la ville lui adressait des rapports aussi bien qu'au pharaon lui-même.

Il ne m'est point encore arrivé de rencontrer dans les textes l'indication de cette fonction , sans que celle de

^ ou ^f7' ^^' * y ^^* associée, il me paraît cependant impossible que, ne fût-ce que par abréîiation , les scribes n'aient pas quelquefois cité isolément le titre de u6p*Mo.

Quant au titre de ^f^' ^caJI se trouve au contraire fréquemment seul. Dans ce cas , il peut arriver qu'il ne soit qu'une abréviation du titre entier uep«Mo«x<3i , comme cela se voit dans le Papyrus Abbott et dans plu-

^U cï est une marque facultative.

S autres textes, ou qu'il s'agisse d'une fonction icte.

^ groupe ^f f possède en effet une valeur proqui semble emporter une idée de direction , protec- L'exemple le plus significatif que j'en connaisse îent d'un beau papyrus hiératique de Bologne ; il se }ntre dans les titres d'Ammon-Ra :

Qui a commencé à exercer la royauté , le dieu de la emière fois

le XA> du malheureux.

ménophis I , dans le culte qu'il recevait à l'époque Ramsès , est aussi invoqué comme xa^ :

Tu es le xx révélateur.

n papyrus décrit d'une manière poétique une résie que se fit construire Ramsès II sur les confins de fpte et de la Syrie ; l'écrivain dit que le roi y réside ne un dieu , un second Mont dans le monde, et un

Soleil des rois comme xa.

B sens gouverneur, directeur ^ semble acceptable dans ;rois exemples '• Cependant on voit des 2^a attachés s missions qui ne paraissent pas exiger des fonction-

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