AUX TEMPS DES RAMESSIDES
iDdépeudamment des pièces de caractère esseDtieUement judiciaire, telles que celles qui fout Fobjet du Mémoire précédent, on trouve dans les débris des écritures de rÉgypte des documents qui se rapportent aux conventions particulières, aux transactions, au commerce , à la vie publique, etc. Les écrits de cette classe ne sont pas non plus sans intérêt pour la connaissance des usages et des mœurs du pays dont nous reconstruisons peu à peu rbistoire, jusqu'à présent encore bien confuse.
Celui dont je vais donner la traduction est de la nature la plus simple. On s'était imaginé dans l'origine que l'écriture hiéroglyphique n'avait été employée que pour les mystères de la doctrine, et tout au plus pour les images ampoulées du panégyrique des rois ; on a même exprimé naguère l'idée que , si les Égyptiens s'en sont servis pour les sciences , c'est que chez ce peuple les sciences avaient une corrélation intime avec la religion ; ces opinions sont absolument inexactes. Dans la réalité récriture hiéroglyphique et ses abréviations cursives, l'hiératique et le démotique, ont été des systèmes gra-
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pbiqaes applicables et appliqués à tous les besoins d'uu peuple civilisé , aux moindres détails de la comptabilité , du ménage et des relations quotidiennes des hommes entre eux.
Le document qui fait l'objet de cette dissertation est un des exemples , qu'on pourrait du reste citer par centaines , de l'emploi des hiéroglyphes pour un objet très-vulgaire. Il fait partie du papyrus Ânastasi Y , qui contient» comme on le sait généralement, une collection de lettres sur divers sujets ^ J'ignore s'il a attiré Tattention de quelques-uns de mes confrères en égyptologie. En voici la traduction:
c Autre affaire.
c A la citoyenne Katuti :
• Tu connais la citoyenne Takertou ; on a envoyé chez f elle pour dire : Prends le plus bel animal du bétail.
• J'étais chez elle.
• N'est-ce pas toi qui es allée avec les §cribes du
• gouverneur à la demeure de cette femme ' ? Je le sais ;
• j'étais entré chez elle de nouveau » et j'ai avec moi des t précautions de vérité.
• Ne suis-je pas allé avec elle ? Nous nous sommes « tenus devant le gouverneur et nous avons agréé de
• rester à notre convention (qui est): Je donne mon c bœuf, et tu mets l'ànesse du roi à son écurie avec sa t portée.
< Tu garderas ma lettre ; elle fait titre. >
1 Voir Pop. Anoikai V, pi. 13, lig. 7 , à pi. 14, lig. 6. Seket Papyri, pi. CVII et CVIII.
< Uttér. : h $a demeure.