î, ., , supérieur de sa ville, poliarque
**• >3v ^^ ' gi'^'ïd supérieur du nome
d'Oun (Hermopolite); c'est le nomarque.
Nos deux personnages étaient au service des pharaons
Amenemha II et Osortasen II, et leur fils Nehera, revêtu
de la dignité d'intendant des prophètes, fut attaché au
sacerdoce de la pyramide d'Osortasen II , nommée sha ,
mttùi^' ou V élevée.
Au surplus , la plupart de ces fonctions , les plus importantes surtout, qui étaient celles de nomarque et de poliarque s s'étaient transmises du père au fils , et ensuite au petit-fils, non pas en vertu d'un droit héréditaire, mais par la bienveillance du pharaon, que les inscriptions du tombeau appellent toujours le dieu.*
mais nullement des eunuques attachés au prétendu harem des pharaons. Le siège de la reine avait aussi un jB^'*=>«
Le monument qne je me propose d'expliquer est composé d'uue inscription hiéroglyphique de douze colonnes, que je reproduis sur la planche \ , et d'un grand basrelier représentant le transport d'un colosse. Quatre rangs de 43 hommes chacun tirent à la corde le monolithe chargé sur un épais traîneau de bois Le colosse , fortement cordée avec bourrelets interposés pour éviter l'usure du calcaire par les câbles, est fixée sur le traîneau au moyen de deux crampons latéraux retenant un cable passant par-dessus les genoux de la statue. Les cordes de traction sont fixées par des nœuds à une boucle placée à l'avant du traîneau ; un individu debout sur l'avant du socle verse un liquide sur le chemin devant le traîneau pour faciliter le glissement, tandis qu'un autre personnage , monté sur les genoux du colosse , commande la traction en battant des mains de manière à assurer l'harmonie des efforts. À terre et en face se trouve un troisième personnage frappant l'un sur l'autre deux espèces de battoirs ou pilons à surface plate , sans doute pour répéter avec plus de force et de sonorité le signal régulateur.
Derrière la statue douze individus suivent le mouvement , prêts à porter assistance en cas de besoin : trois autres tiennent le bâton de la fustigation ; c'est la force de police. D'autres enfin sont chargés d'une pièce de bois ayant d'un côté des crans irréguliers , dont l'usage* se devine mal , et devant eux marchent les porteurs d'eau.
Au-dessus de la scène défilent en bon ordre les jeunes recrues militaires qui ont préparé le chemin.
Ces préliminaires exposés , nous donnons la traduction suivie de Tinscription : des notes explicatives, signalées par des lettres dans Tordre alphabétique , justifieront ou commenteront les passages intéressants ou difiiciles.
Traduction :
« Transport d'une statue de treize coudées en pierre 4( de Ha-Noub (Â). Or(B), le chemin sur lequel elle « devait aller était plus difficile (C) que toute autre « chose (D), et (il était) difficile d'amener des hommes « de traction assez nombreux ( E ) pour cela , à cause « de la pierre, difficile à Tinstar d'une pierre de taille (F).
« Je fis partir des compagnies (G) déjeunes recrues « (H) pour faire le chemin, ainsi que des corporations « d'ouvriers sacrés ( I ) et d'ouvriers tailleurs de pierres « (J), leurs maîtres avec eux. (Je)* dis: Que des a hommes au bras fort aillent pour l'amener ! Mon m cœur se dilatait ; tous mes concitoyens étaient dans « l'allégresse ; c'était plus beau à voir que tonte autre « chose. Le vieillard parmi eux s'appuyait sur le jeune, « et les forts s'opposaient à ceux dont le cœur faiblis- « sait*; leurs bras ' devinrent puissants: l'un d'entre « eux faisait l'efTort de mille (R).
a Alors cette statue à socle carré (L) se mit à sortir .« de la montagne > spectacle grandiose plus que tonte « autre chose.
i Lacune.
.i.....ciJ^^lj?fl,T..
3 Le groupe manque ; il y avait peut-être : leur cctur.
« Des barqaes de transport, équipées, remplies de € richesses, évacoërent mes troupes de recrues; les € corporations de rameurs évacuèrent la statue (M). « Leurs paroles concernaient ma glorification et les « récompenses qui me furent accordées de la part du roi.
€ Mes enfants , bien parés , étaient auprès de moi ; « mes concitoyens poussaient des cris de glorification.
€ J'arrivai dans cette ville (N) ; les femmes s'assem- « blërent joyeuses ; c'était beau à voir plus que toute « autre chose.
« Les Ham ( .^|) furent faits Ha-sheta- « khamer ' ; je fus fait chef^ dans cette ville. J'établis « des bassins sur le Nil (0).
« On ne porta point envie à ce qui m'a été fait.
« Je me suis fait (une tombe) * avec un soin religieux « pour le corps éternel (P), lorsque je me coucherai « dans cette sépulture aux œuvres de corps éternel (Q). »
Ce petit texte est d'un grand intérêt philologique , en ce qu'il nous présente un excellent exemple des difficultés contre lesquelles nous avons encore à lutter malgré les progrès de la science: texte incomplet, style un peu difiërent de celui des beaux temps du nouvel empire , mots inconnus ou complètement nouveaux , et acceptions particulières de mots doi^t certains sens ont déjà été
« Voir ci-devant » p. 107, l'explication de ce titre.
t Mot emporté par un éclat de la pierre.
> Lacune ; le mot tombe eet suppléé d'après les vraiiemblancet.
114 MÉLANGES ÉGYPT0L061QUËS.
coDstatés,. Les notes philologiques qui suivent feront ressortir quelques«uns de ces points de difficulté.
B. llP*==*> copte eic, voici que, ecce , en. Cette particule séparative peut être rendue , suivant les cas, par toutes les particules du même ordre de la langue française. Les répétitions fréquentes n'étaient pas fatigantes pour les oreilles égyptiennes comme elles le sont pour les oreilles françaises.
A. y r^ *. Ce groupe désigne quelquefois une localité située à Memphis ou près de Memphis , dont il ne peut être question ici ; par sa composition : demeure d'or, Ha-noub , il a dû servir à nommer des palais ou des localités diverses '. Dans notre texte il désigne le lieu d'où a été retiré le bloc de pierre dont on a fait la statue. Il y a plusieurs carrières anciennement exploitées à peu de distance de la petite vallée de Berscbeb, sur la rive droite du Nil ; mais , de ce que le tombeau est creusé dans cette vallée, il ne s'ensuit pas nécessairement que le colosse en ait été extrait. Ce qui donne de la probabilité à l'identification de Ha-noub avec les carrières de cette localité , c'est le proche voisinage d'Hermopolis , ville où nos personnages ont exercé leurs hautes fonctions. Cette question est de celles qu'une rencontre heureuse peut résoudre positivement.
1 Dans le texte le signe or est dans l'intérieur du signe demeure. i Je rai rencontré comme équivalent <lo i (J « DiospolU ou
Tkèbes ; mais c'était selon toute vraisemblance le nom d'un édifice pris pour celui de la ville.
NOTE SUR LE TRANSPORT D'uN COLOSSE. 145
3^^!^^ , sheta oer-t. J'ai le premier
signalé et démontré la valeur secret, mystère y qui appar* tient au groupe sheta. Après avoir été contestée , cette valeur est aujourd'hui reconnue par tous les égyptologues ; elle est prouvée par des textes sans nombre. Sheta œr ou grand mystère est une expression très-commune pour caractériser les mythes secrets, les cérémonies mystérieuses, les formules magiques , etc.
Dans notre texte , le sens secret , mystère , n'est pas admissible ; le mot sheta y revient trois fois et qualifie le chemin à établir, les hommes employés à la traction , et la pierre elle-même ; tout cela est patent , visible , manifeste ; mais il est aisé de voir que l'idée de difficulté, chose ardue , épineuse , qu'on ne sait comment accomplir , remplit parfaitement toutes les conditions du texte. Cette idée est du reste connexe de l'idée mystère, chose impénétrable , inconcevable.
Il est donc bien certain que sheta signifie aussi difficile^ et probablement c'est là le sens primitif du mot. La constatation de cette nouvelle valeur aidera puissamment à l'interprétation de certains textes jusqu'à présent inexplicables.
D. ^, •^ , plus que toute chose. Cette forme du comparatif de supériorité revient plusieurs fois dans le texte.
Amener des hommes tirant , grands pour cela. Cet emploi du mot grand est digne de remarque ; il
116 MÉLANGES ÉGTPTOLOGIQÛES.
est du reste analogue à des formes déjà connues : grands de mort pour dignes de mort; grands plus qu^on ne pour-
raU le dire. ^^, comme ^g, se dit de la grandeur, de la quantité et du nombre. La difficulté de la traction était grande ; le texte fait plus loin ressortir cette circonstance lorsqu'il dit que chaque homme fort faisait l'effort de mille.
Û n J^^ Il AfWMM I a C=3 .S^ 1 mO «MMM <=>-2r ŒO
J'ai assimilé PI û à ^^^^^^^ ^. comi, similis,
quoique , après ce mot , on trouve généralement la préposition <=> et non ^J^. C'est une différence qui peut tenir au style de Tépoque. Toutefois il existe un groupe MvyAA^^ déterminé par la pierre , et Ton pourrait peutêtre traduire : à cause deja pierre difficile senen (étant) en pierre de taille. Mais cette phrase est embrouillée et ne rend probablement pas bien Tégyptien ; la première traduction est plus sûre.
G. 1^^^!^^ * > XAu-oT , des familleSn des associations d'individus. Ce mot se dit aussi de la famille proprement dite , et surtout des descendants ; dans ce sens le copte l'a conservé dans xcuu , generationes.
H. §^*«*Q^ I^ [ , jeunes bons. Ce sont les recrues de Tarmée égyptienne. On les voit , à la rangée supérieure du tableau qui précède notre texte , défilant par files de onze hommes bien alignés ; les dernières files portent des rameaux en signe de réjouissance; leur
tâche , qai consistait à faire le chemiD pour la tractioo da colosse , était accomplie.
I. ofiH^^i- La partie grecque de Tinscriplion de Canope nous a donné pour ce groupe la traduction r»^ , tribu, section, famille, classe. Mais j'ai montré, dans une dissertation spéciale ' , que nous n'avions pas besoin de cette assistance pour arriver à la constatation de ce sens. Ce passage de notre texte est une preuve de plus à l'appui de l'exemple que j'ai cité dans la dissertation rappelée.
J. t| 5-:?,^^ 1- Ces ouvriers sont cités avec les tailleurs de pierre * et avec les sculpteurs * ; ils étaient commandés comme les autres corporations par un mer \ Deux curieuses variantes de leur nom(| >^ ) 1^ .„ ^'^^^ suggéré Vidée vétérans , anciens ouvriers. Mais le déterminatif du vieillard n'est probablement qu'un caprice graphique , faisant allusion à un sens secondaire du mot.
^' l;1kÎTD{-S>UJ.riî- Phrase trés-simple donnant un sens précis pour le groupe ne , forcer, faire effort.
L. Ij^BDo » d® ^^'^9 quatre, pierre à quatre faces, cube de pierre. Je crois que cela signifie que la statue n'étant pas évidée , formait en quelque sorte un
1 ZeiUeh. de Berlm, 1870, lU.
s Denkm, III , 229.
' Reinisb : Monum. de Jtftramar, p. 39. — Denkm. II . 149 , e.
4 Denkm. II , 138 , c. ; ibid. , 149, e.
cobe, et cooséquemment était d'un poids énorme. C'est probablement pour le même motif qu'un peu plus haut elle est comparée à une pierre de taille.
M. Toute la phrase > depuis la mention des barques, est traduite conjecturalement On y rencontre deux fois
le groupe ® S^ "î^, qui ne se trouve pas ailleurs , et
qui ne me fournit aucun sens satisfaisant. Aussi je crois hors de propos de donner des explications sur les vraisemblances qui m'ont guidé. La difficulté peut être levée par la rencontre du même groupe dans un texte clair.
N. J'arrivai dans cette ville. Il s'agit évidemment delà ville dont notre personnage fut nommé gouverneur; c'està-dire d'Hermopolis. L'expression <=>c=> y (|^ ^ ^ mérite d'être remarquée.
duit le mot makhatou d'après son déterminatif que je crois être un bassin avec rigole fermée. Des bassins de cette sorte, qu'on ouvrait pour recevoir l'eau du Nil et qui la conservaient pendant les basses eaux, répondaient aux besoins d'irrigation de l'Egypte. Mais tout cela n'est qu'une conjecture. Il est seulement certain que l'objet fondé par notre personnage était d'une certaine importance et de nature à lui mériter les sympathies de ses concitoyens.
P. Q. *^ X^, corps étemel ; cette phraséologie
signifie Y éternité y la durée sans fin; le corps étemel est évidemment la momie, qu'on a appelée plus tard sahou.
xNOTE SUB LE TRANSPORT D'UN COLOSSE. H9
La rareté des papyrus datant de l'aDcien empire donne an prix tout particulier à rinscription que nous venons d'analyser. Relativement à l'époque du nouvel empire, les rapports des fonctionnaires sur l'exécution des missions dont ils étaient chargés sont parvenus jusqu'à nous en nombre assez considérable. Mais pour les temps antérieurs nous ne possédons encore que quelques inscriptions funéraires, dans lesquelles les défunts étalent complaisamment leurs services , leurs mérites et les récompenses que le roi leur a conférées. Le texte qui a fait l'objet de la présente dissertation est de cet ordre. De même que la grande et belle inscription de Nehera-si-Numhotep, il nous montre, entre le style de la fin de l'ancien empire et celui du commencement du nouvel empire, des différences assez sensibles pour témoigner de changements notables survenus en Egypte pendant l'époque intermédiaire, qui correspond à la domination des Pasteurs. Relier monumentalement l'histoire d'Àhmés I et de ses prédécesseurs les Seke* nenra avec celle des dernières dynasties de l'ancien empire • c'est toujours le problème le plus important et le plus ardu que la science égyptologique ait à résoudre. Il faut noter avec soin les moindres circonstances qui peuvent en faciliter la solution.
DES SCRI
La belle coller contient des doc fait connaître la jointes à la publi
aperçus n étaient '^|«.w |#«w-aww«B>^w « •■%# «>^|/^-v->w« «.^.^ ^w.-^. plus approfondie. A mesure que progresse la science do déchiffrement il est bon de re?oir avec soin tous les textes importants dont l'explication n'a eu lieu qu'à Taide de ressources plus limitées. C'est un excellent moyen de constater la réalité du progrès» et l'on recueille ainsi, dans des textes qu'on avait pu croire épuisés , une récolte souvent abondante de notions intéressantes.
Les compositions magiques abondent dans les papyrus hiératiques de Leide ; souvent des écrits de nature beaucoup plus intéressante pour nous n'y ont trouvé place
« Leemins: Monuments égyptiens du Musée de Leide, quatonièiue livraison.
que par manière de remplissage, lorsqu'il était resté quelque espace libre à côté des mystiques formules. C'est dans ces conditions que se trouve inscrit le texte qui nous parle des vivres distribués aux Hébreux employés à la construction de la ville de Ramsès , texte dont j'ai donné la traduction dans ma deuxième série de Mélanges égyptologiques'.
Ce texte important fait partie de la correspondance des scribes Kaouisar et Bekenptah , laquelle consiste en cinq pages inscrites sur le papyrus magique I. 348 V La dernière page n'est pas complète ; de ses deux dernières lignes quelques mots subsistent seuls , de telle so.rte qu'il n'est pas possible de résoudre la question de savoir si la dernière lettre était intégralement reproduite sur le même papyrus. Le contraire semble probable , car les derniers groupes lisibles font encore partie d'une longue énumération de métiers , et il ne reste après eux qu'un espace insuffisant pour lès formules finales usitées dans la correspondance officielle des scribes.
il est par conséquent vraisemblable que la série de lettres dont il s'agit se continuait sur quelque autre papyrus.
Mais chacune des lettres de ces sortes de correspondances forme un tout distinct, indépendant, susceptible d'être étudié à part , ce qui n'est pas le cas des textes
i Page 143. Un autre texte , pubUé et analysé dans la même disser- Utlon, cite le même fait et parait être une pièce originale (ibid.. p. 146).
t l.6em>ns : loc. laud » pi. 148 et 149.
122 MÉLANGES ÉGYPTOLOGIQUBS.
étendus , historiques ou religieux , qu'il est souvent indispensable d'analyser dans leur entier pour en bien posséder Pintention.
Parmi ces lettres il en est de presque insignifiantes , ne contenant que des formules de politesse ou d'obséquiosité et des protestations de zèle de la part des subordonnés à regard de leurs supérieurs. D'autres, au contraire , contiennent des mentions intéressantes pour l'histoire » et surtout pour la connaissance des mœurs et des usages de la vie privée. Ce mélange de pièces sans intérêt et de documents importants ne se présente nulle part plus caractérisé que dans la correspondance des scribes Kaouisar et Bekhenptah. Pour ce motif j'ai cra devoir en donner ici la traduction aussi complète que le permettent les lacunes du papyrus qui nous en a conservé la copie.
Ce papyrus est, comme nous venons de le dire, couvert de textes magiques dont le plus important remplit entièrement l'un de ses côtés , plus une page do second côté. À ce deuxième .côté appartiennent aussi des formules destinées à préserver des terreurs noctunies et à combattre l'effet destructeur du feu. Ces formules occupent les deux pages numérotées II et III de la publication de M. Leemans (pi. 147).
La page IV et la page V contiennent chacune, dans le plus beau type hiératique connu , la légende royale de Ramsés II , dont voici la traduction :
c L'Horus, taureau puissant, aimant la vérité, seic gneur des fêtes trentenaires comme son père Ptab
COHhËSPONDANCE; DES SCRIBES. 123
c Totounen , seigneur des diadèmes , qui soigne TËgypte
• et châtie les nations, Ramessou, enfant des dieux,
• qui possède les deux inondes, Horus divin, toutet vie, tout-salut, toute-force; maitre des années; le « très-victorieux , le roi de la haute et de la basse « Égypie , seigneur des deux mondes , Ousormarai Sotepenra , fils du Soleil , seigneur des diadèmes ,
• maitre des deux couronnes , semblable à Toum , « Ramessou - Mériamon , vie - santé - force , seigneur
• d'Hermonthis. »»
Ces légendes semblent n'être que des essais calligraphiques proposés à un jeune scribe comme leçon d'écriture. Le mattre ne s'est préoccupé que de la forme et n'a pas visé à la correction, ainsi qu'on peut le voir dans le groupe désignant les panégyries ou fêtes trentenaires , lequel est incomplet, ou du moins privé de sondéterminatif, ce qui est un cas très-exceptionnel et même unique. A la fin de l'une des légendes « le scribe-professeur a inscrit deux mentions consécutives de la grande
intendance de Ramsès II ( ^^Q§ï=^^"^^ )> ce qui nous prouve que nous avons bien affaire ici à de simples exercices de plume, et non au préambule d'une pièce officielle quelconque.
Mais ces exercices calligraphiques ne nous montrent pas moins l'état d'esprit des scribes ; s'ils tracent plusieurs fois la légende de Ramsès II , c'est par le motif que ce glorieux pharaon est alors le maitre de l'Egypte. C'est pour une raison du même genre qu'ils répèteni la men-
124 MÉLANGES ÉGTPTOLOGIQDES.
tion de la grande intendaDce de ce monarque, à laquelle ils élaient certainement attachés.
Cette grande intendance comprenait un grand nombre de services administratifs ; des établissements d'instruction publique en dépendaient , ainsi que la gestion des domaines royaux *. Ces observations nous livrent en quelque sorte la date du document.
Après ces légendes royales , nous arrivons à la page VII du papyrus > où commence la correspondance que nous allons traduire :
Page VI.
Le scribe Kaouisar' pour satisfaire son maître le scribe Bekenptah ^ Pour le bonheur * !
t Conf. Voyage d'un Égyptien , p. S3.
* ^^^^"^^^ I 1^* LedétermioaUrj^ ne prouve pas que Kaouisar fût d'origine étrangère. C'est seulement un signe aliaclié à la syllabe ear, signifiant Seigneur dans les langues araméennes. En hébreu le radical est ^"^VT » princepe fuit. Le titre bono- Tïûque de $ar appartenait aussi à la langne égyptienne et se trouve même sous l'ancien empire.
3 Ce nom signifie serviteur de Ptak.
^ m^ I A ' ^'^^* * ^^^ vie-santé-force. Les deux derniers termes ont été traduits dans le décret grec de Canope par la formule AyaBi ru;^. C'est l'état parfait de santé et de bonheur. Tous les peuples orientaux se servent de ces formules de bon augure , dont
l'oubli est pour eux de mauvais présage. {T A ' se dit parfois des objets matériels , et indique leur parfait eut ( voir aussi : Voyage d'un Égyptien, p. 33).
EoToi fait poor rioformatioD de mon maître. Autre objet pour satisfaire mon maître.
La maison de mon maître est en bon état * ; Ses bestiaux , qui sont dans la maison de mon maître» sont en bon état ; Ses serviteurs sont en bon état ; Ses bestiaux , qui sont aux champs , sont en bon état. Ne t'inquiète pas d'eux.
Pour le bonbeur !
Envoi fait pour l'information de mon maître.
Autre objet pour satisfaire mon maître.
J'ai obéi à la mission que m'a donnée mon maître en disant:
Donne des vivres aux hommes de guerre , ainsi qu'aux Aperiou (Hébreux) qui traînent la pierre pour le grand pavillon d'habitation de la demeure de Ramsës-Biériamon, le seigneur aimant la vérité, sous l'autorité du général des Madjaîou Amenemam.
Je leur donne leurs vivres chaque mois selon la régie excellente que m'a dite mon maître *.
Page VIL
Antre objet pour satisfaire mon maître. Le scribe Kaouisar pour satisfaire son maître.
i La fornnile <=>' a. w* ^^ ^^^ 9^ » ^ existe que , qui commence toujours ces lettres, donne plus de force affirmative à la phrase ; mais eOe se prêta mal à une traduction correcte en français. Je l'ai supprimée partout.
s Ce teaUe est transcrit en hiéroglyphes , avec traducUon InterH* néaire dans Mélanges égypt. II , p. 143.
126 MÉLANGES É6TPT0L0GIQUES.
J'ai eu soin d'exécuter tous les ordres dout mon maître m'a chargé*, parfaitement, entièrement*, complètement.
Je n'aurai pas donné lieu à mpn maître de me réprimander.
Autre objet pour satisfaire mon maître.
La demeure du dieu ' qui est sons Tautorité de mon maître est en état parfait , entièrement , complètement.
Ses offrandes divines entrent devant lui chaque jour*, pour ses vêpres de chaque jour % en pains, bière, taureaux , canards , vin , préparations végétales * , encens , légumes frais ' et toute espèce de bonnes choses , d'une
1 Littér. : que mon maître a placés sur ma face.
*«>') jc=d^aU-û" Cet adverbe est orthographié généralement d'une manière fort capricieuse. Voir ci-devant, p. 19, et tome I,p. 88.
8 li s'agit ici d'un palais ou d'un temple , dans lequel était établi un culte du roi lui-même.
4 Le tempie recevait les approvisionnements nécessaires pour les oblations . et le culte y était régulièrement célébré.
exemple du mot moti déterminé par le signe de la nuit. Le mot vêpres, qui éveille l'idée d'une cérémonie ayant lieu le soir, doit rendre à peu près le sens de l'égypUen.
* ^^1^ «V ^^** ^" ^^^®* d'olTrande le plus souvent déterminé par le signe des substances pulvérulentes , par celui des fruits ou par celui des végétaux. On en faisait avec du froment. On pourrait y voir une espèce de pâtisserie ; comparez le copte TUKre , cuire, y ^
^^llû^jt peni-T; on trouve aussi l'orttiograplie ;^d11û^!> peMni-T. Le radical est l'égyptien ^pj^ , peune , jeune.
manière vraiment convenable ; son divin symbole est tenu pur.
Pour le bonheur !
Envoi fait pour Tinformation de mon maître.
Autre objet pour satisfaire mon maître.
L'officier d'infanterie Netjem est venu à Pa-Ptah * ; il a fait amener une statue du pharaon et Ta fait entrer au temple de Pa-Ptah nefer-ho-neb-ankh-to *.
Je fais savoir à mon maître que l'Horus Ramsès- Mériamon est dans Pa-Ptah '.
Page VIII.
Pour le bonheur.
Envoi fait pour l'information de mon maître.
Autre objet pour satisfaire mon maître.
Le scribe Kaouisar pour satisfaire son maître le scribe Bekenptah.
Pour le bonheur !
Envoi fait pour l'information de mon maître.
Autre objet pour satisfaire mon maître.
J'ai eu soin d'exécuter tous les ordres dont mon maître m'a chargé , convenablement , parfaitement , entièrement, complètement.
Je n'aurai pas donné lieu à mon maître de me réprimander.
^ La demeure de Plah. C'est le nom sacré de Memphis. "^
3 La demewre de Pk^h h la belle face, seigneur de A'^kh-to. Ankh-
\Xï{laviedu monde ) est le nom d'an quartier de Memphis. 3 Cette dernière phrase est incomplète ; le sens en est rétabli con-
jecturalement.
Autre objet poor satisfaire mon maftre.
Je suis venu de Parétou * avec les deux barques ' de pêche portant le poisson qui est pour la bari % dans l'endroit ou se trouve l'intendant des travaux Hornakht, et je suis retourné par le district le Tatan \ Je Pai trouvée {la bari) au port d'Ousormara-Sotepenra ' , sous l'autorité du porte -enseigne Rekhi Kherpiromaon *.
Alors je fis ' convenablement. Je partirai pour
le lieu on sont les barques de transport du *,
i ^ ^^ '^•' *^**'^® inconnue placée sur le bord d'un cours d'eau ou d'un lac ; la syllabe initiale ^ est effacée , mais le trait I se distlpgue encore.
s Karo, barque de pêche, ci-devant, p. 76.
JV
1 ^^. copte BApi . seapha.
♦ /5^iLji, ,. Vaat Pi-tatm. C'est la iectare la plus
£i I t^m A^/wvA 3^=1
probable. Cependant , si l'on considérait comme un trait de plume accidentel le crochet supérieur du groupe déterminé par l'eau , on serait tenté de lire : Vaat de Veau. Ce nom désigne un lieu où l'écrivain de la lettre a pu revenir en barque depuis Pa-Rétou. Nous sommes vraisemblablement dans les lagunes de la basse Egypte. ^, H-f-H^^ is » -^^'^ s , (wt . signifie çuarUer, ioeatité;
Vaat d'Àker est Toccident. Vaat ou quartier de l'occident à Tbèbes était aussi nommé Kheft-neb-es , la face de eon seigneur. ( Voyez ci-devant, tome I . p. 105. )
5 Port nommé d'après le prénom de Ramsés IL
6 II n'est pas certain que les groupes Kherpiromaou soient un nom propre ; mais ils ne me suggèrent aucune autre idée.
t Lacune.
8 Lacune.
Page IX.
et lorsque je serai deTant ces barques je ferai em- JMtrquer ia moisson du temple de Plah qui est sous Pautorité de mon maître , afin de débarrasser les objets qui sont au port en les y plaçant selon la règle que m'a dite mon maître.
Autre objet pour satisfaire mon mattre.
Le scribe Raouisar pour satisfaire son maître le scribe Bekenptab.
Pour le bonheur 1
En?oi fait pour l'information de mon maître.
J'ai obéi à tout ce que m'a mandé mon maître , à savoir : donne ia nourriture des gazelles * et des oryz % ainsi que des bestiaux qui sont à la métairie ' , d'une manière convenable \
Ne t'en inquiète pas.
Pour le bonheur !
Envoi fait pour Tinformation de mon maître.
Ici finissent les lettres adressées par le scribe subor-
• £^^xl \Niii* ^^^ «"Azce, dorcoê, U gazeUe et le dorcas étaient deux animaux de sacrifice.
^A\ui\* KOT , root qui ne se rencontre pas ailleurs ; l'écurie
est souvent désignée par le signe ^U ou jK
4 Les mots Swnê numièrê convenable se rapportent au commencement de la phrase : foi obéi.
130 BfÉLANGES ÉGTPTOLOGIQUES.
donné à son sapérieur ; ii ne noas reste à traduire que la dernière pièce du papyrus ; c'est un ordre adressé par Bekenptab à son subordonné , et en même temps le document le plus intéressant de la collection, en ce qu'il nous donne un tableau des emplois publics et des professions diverses cbez les Égyptiens à l'époque des Ramessides. Il est fort regrettable que ce texte soit mutilé à son commencement et à sa fin , qui correspondent aux dernières lignes des pages IX et X du papyrus. Les lacunes nous font perdre l'indication de la localité à laquelle s'applique ce dénombrement , et rendent incomplète la liste des professions ; mais ce document n'en est pas moins d'un grand intérêt. Les vastes palais on temples de la ville de Thèbes formaient des agglomérations particulières , ayant une population souvent considérable et formant comme des villes distinctes. Ramsès III affecta au service du temple de Toum-Harmakbou , à Héliopolis, 12364 personnes. Il est probable que le recensement que nous allons traduire se rapporte au temple auquel était préposé Bekenptab, et ce pourrait être le grand temple de Plah à Memphis.
Page IX , lig, 6.
Le scribe Bekenptab pour parler au scribe Kaouisar ' : On te porte cet écrit de correspondance. Lorsque ma lettre t'arrivera, tu feras le partage ' de la ville.
1 On voit que le supérieur se dispense des formules de poUtesse que le subordonné répète à satiété.
«fl I 0 |c2?^ ' '®' groupes suivants sont
GORfi&SPOKDÂNCB DES SCBIBES. 131
Acquiite-toi de tout ce que tn auras à faire eomplèfe* ment , entièrement ; avise à exécnter convenablement ce qae tu as à faire pour la culture \
Vois le nombre des domestiques ruraux \ ayant grande attention de me faire connaître chaque homme par son nom :
Celui qui fait le dénombrement des travaux ;
Les lettrés ' ;
Les ouvriers en bois et en métal * ;
Les corporations ' faisant toute espèce d'ouvrage de culture •.
eCBMés dans l'original ; qaelques-uns ont été rétablis par le dessinateur, mais ces restitutions me paraissent au moins incertaines.
* Cette phrase est incomplète. J'y rétablis le groupe 2aiiijoti dont il va être question ci-après.
* l'^k OTW î » *** SemM. J'ai donné ci-devant, tome I , p. 84, la véritable explication de ce titre dans lequel on a vu d'abord les Sémitêê, puis en dernier lieu les phylaciUs, Ce sont les fiHifMmipres, les ouvriers chargés des ouvrages les plus grossiers. La magnifique publication de M. Mariette sur Abydos (tome 1 , 8, 88) , parle de SemM employés sur les domaines territoriaux du temple et chargés d'y emmagasiner les produits.
Rekhis sont la partie éclairée de la populaUon ; mais les Rekhis •avanti désignent sans doute spécialement les individus ayant reçu uoe instruction supérieure, comme par exemple les lettrés en Chine.
* XAUOTy famUles, etc ; voir ci-devant , p. 116, 6.
* X.^0 Ji^^^l* ^^"^^'^■- ^ «Mîineeij correspond à un grand nombre de radicaux qui ont laissé des traces dans
132 MÉLANGES É6TPT0L06IQUBS.
Les artistes ' faisant des ouvrages de précision * ;
Les messagers pour les travaux ;
Les chefs qui président à la culture (2ammoti) ;
Le grand majordome ;
Le commandant des militaires ' ;
le copte : eeu , movere se ; ZHM , 2coiJ , accedere ; eoM, jubere-, 2MAAT, vas, crater, instrumentwn , res qucms; eue , cohmUu,
etc. En égyptien zx%i ( X /«...«^ '^'^^X. ) est le nom de la pioche do culUvateur. et le verbe e au MOT peut signifier fdocher, euUimr.
S '^>^ et 8 "^^^ signifient trancher, couper, immoler.
Le sens cultiver, culture , cultivateur, est le seul vraisemblable quant à présent. Mais il n'est pas clairement démontré ; Il existe un
groupe '^Y^^'^KVr^^, 2AM0TTI, qui a cette signification,
et ne parait pas être une variante de eAMUori. Ce dernier mot revient plusieurs fois dans le texte, où il n'en existe pas d'âotrs pouvant se rapporter au détail important de la culture.
LJ ^ ^ ****** /Uf? ^ «Je lis ^^Diiif <>^fages de justesse, d'exaeti-
tude ; mais les signes rétablis par le dessinateur à la place de '^
laisseraient lire l'hiératique de ^, ce qui ferait songer à une autre
fonction, les j^ - "S^u ^ • On lirait dans ce cas: te* artistes
qui font des ouvrages; les porte-vérité , messagers pour Us trav0»s. Mais ce dernier sens est moins naturel.
3—*— r fl^f [• <^ô groupe se trouve avec le détermlnatif du
soldat d'infanterie dans l'inscription de Plankhl (Mariette: Jfoiiiim> dw.,I,8).
Les horoscopes rapportant à la coDDaissance du puissant * ; Le grand des appartements ' ; Le scribe de la table ; Les vérificateurs ; Le conducteur ' du service ; Le conducteur des messagers de la culture ' ;
de l'heure dont il est ici question ne me paraissent pas devoir être confondus avec les prêtres nommés Horoscopes , et qui sont cités après les prophètes , les pères divins et les Kbar-heb (Dttmicben : Il HisL Insehr, , 55 , c. ). D'après l'explication donnée par le texte , qa'ils rapportent à la connaissance de i'Oii«or (le puissant, le dommateuT ) , je suis incliné à supposer que ce sont des surveillants et surveUlantes se remplaçant d'heure en heure et rendant compte au pharaon ou au maître.
i. Dans l'inscription de Piankhi (Mariette: loc.
L V , 103 ) , l'orthographe «*^ "^ iJll i^» C'est le lieu ou sont entreposés les objets les plus précieux de la maison : on trouve aussi
ce mot désignant l'endroit où un tribunal s'assemble {pap, SalHerll, 11.2).
^^, abréviation de^^^^nljj , Ce mot signifie porter,
tenir, prendre, et aussi conduire , mener. Les dorps d'état avaient tous un porte-bannière qui marchait à leur tête dans les cérémonies publiques et qui remplissait dans la corporation certaines fonctions» celle de conducteur , par exemple.
Le scribe Kaonisar doit inspecter tous les membres de certaines corporations ; mais pour quelques autres corporations il n'aura à s'occuper que de leur porte-bannière.
ordres aux cultivateurs.
Le GODducteur de la pharmacie * ; Le boulanger * ; Le boucher ' ; Le confiseur ' ;
' â i^L Ji* ^^ ^^^ ^^ rencontre au papyrus médical de Berlin un grand nombre de fois ; il désigne une opéraUon qu'on pratiquait sur des substances de diverse nature, broyées, mélangées oo cbauiTées ensemble ; c'est quelque cbose comme fiUrer, clarilier 00 diluer. J'ai traduit par le sens général pharmacie, préparation de remèdes.
^ 1 ^Ï^^C Ti^felj ^ saiffneur de bœufs.
* Le texte donne ^ SA yO*.^y ^^^^ ^;mais on voit qu€ le signe 0 est restitué sur une éraillure du papyrus. Il faat certainement Ure ^^i^ an ) coreuoT. Ce titre se rencontre dans
les papyrus hiératiques de Leide (pi. 171, m, 174 )« où je l'ai d'abord considéré comme une qualification bienveillante dérivée du
radical ^ij^^j ) ccoreu , entendre , écouter , comiprefndn ,
obéir. Mais notre passage prouve que c'est une profession en rapport avec les firnits doux, et spécialement avec les produits du palmier.
Le groupe VU ^m^ ysignifle palme , copte seuMO ; en égyptien
il comportait un r final et se prononçait baina/r ; au figuré bamf
signifie dottx, absolument comme \^^j* ueyeu^ copte uotu,
euams, dulds, mitis, jueundui ; le premier signe de ce dernier groupe est aussi une gousse vegéUle , qui peut l'exprimer à elle
seule ; ainsi ^ signifie II62C6U , doux, et y , BAMAp , doux. etc.
GORBESPONDANCE DES SCRIBES. 135
Le cuisÎDier ' ;
Le conducteur des contrôleurs qui goûtent le vin ' ;
Le supérieur des travaux ;
L'intendant des ouvrages sur bois et sur métal ;
Les ouvriers en métal et en bois ;
celte identité de sens est démontrée par la phrase :
I *^^^ »( ' *A"*^P'P® uexeu-XT, suave
de bouche , doux de parole ( Greene : FouiUee à Thèbes , Il , 1 ).
Le palmier-dattier était bien choisi comme symbole jde la douceur du goât et des préparations de confiserie : indépendamment de son frnit, qui exige des soins particuliers et se présente sous plus de Tingt variétés , on en utilise les feuilles et la substance médullaire ; on en extrait le vin de palmier. Avec les dattes on fabri(iue le délicieux fniel de dattes, très-employé dans la pâtisserie des Arabes , et la farine de dattes , si facile à transporter et si utile dans les voyages lointains. Les anciens faisaient fermenter les dattes et en retiraient une liqueur pétillante , encore aujourd'hui en usage dans la Natolie.
La profession de banar ou de confiseur est citée dans une liste d'emplois donnée par les papyrus de Turin (Pleyteet Rossi, pi. 36, 15):
I 'U Jl**^ (1 ft • Nous avons déjà parlé (ci-devant . p. 89) de
moût liquoreux ou poer produit par les Sotemiou ou experts (ceux qui s'entendent h la confiserie h Notre texte nous montre le maître confiseur entre le doi»c*er et le cuisinier. 1 Littér. : le cmseur de mets.
t T jj \^0 j^. Ce passage est décisif, d'abord pour la
prononciation abou déjà signalée (ci-devant , 1. 1 , p. 167 ), puis pour la nature de la fonction. Dans la dissertation à laquelle nous venons de renvoyer, nous avons montré que les Abou sont des inspecteurs, des contrôleurs ; leur action porUit principalement sur les objets destinés à la table royale ; notre texte parie ici de ceux qui sont chargés de goûter le tin.
136 MÉLANGES ËGTPT0L0GiQUE8.
Le grand officier * ;
Le scribe de la fabrication ' ;
Le conducteur de ceux qui manient les métaux ' ;
Les sculpteurs * ;
Le conducteur des tailleurs de pierre ' ;
Les démolisseurs ' ;
Le conducteur des conducteurs ' ;
* Lé grand des Smnau. /yS Lji3f ®*' ^^^ variante de
^ I . Il y avait des Sennou d'infanterie et de cavalerie
( Voyage d'un Égyptien , p. ^11 , 331 ) et des Sennon de localités. Le mot officier, chef d'office ^ convient bien pour rendre compte do groupe égyptien.
t M u .Le déterminatif est quelquefois ^^. Le seos
fondamental de M ^ est former, modeler, fabriquer. On trouve
ce mot employé pour indiquer certains travaux décoratifs des édifices autres que la peinture. On pourrait traduire eeribe du décor ; mais le sens scrtde de la fabricaHon est plus général.
' ^^lldr^l 1 1 .-, • "»'«'»'«"«'°» = " conducteur oa porte-bannière de la main de bronze , c'esi-à-dire des ouvriers en métaux, qui sont ici mentionnés avant les sculpteurs et les tailleurs de pierre.
i Les akou. Voir ci-devant, p. 117.
s Les hherU, Voir ci-devant, tome I , p. 199.
* ^^wt^ Vt J\ ^ I » î>*"AOr. Voir ci-devant, p. 10. Ceux-ci paraissent être les aides des maçons , les mancBuvres, les goujats.
^ W-J ^^-^ 1 1 U- o' ^^ conducteurs (voir ce que j'en ai dit page 133, note 3 ) , formaient eux-mêmes une corporation ayant son porte-lNuinière.
COBRESPOiNDANCE DES SCRIBES. 137
Les puisatiers ' ;
Les barbiers ' ;
Les côrdoDDiers;
Les fabricants de corbeilles '
Eu interrogeant de nouveaux textes on pourra peutêtre rectifier quelques-unes des interprétations que j'ai données des titres de fonctions et de professions , et obtenir des renseignements plus détaillés sur les attributions et les occupations y afférentes.
L'histoire de Joseph nous fait connaître un certain nombre de professions égyptiennes :
!• taTDtSn "W, le sar des tueurs ; c'était , non
• J|^>fe^ ^fe^ • BiUV , creuser, foviller. Voyez ci-devant ,