tome I. p. 178, note
raser.
* o^^H'I a?> îïA»*or, copie î>OKe , ecoK ,
Deux barbiers rasant sont représentés dans les Monuments de Champdlion, pi. 365: le métier de barbier ambulant est décrit dans le papyrus Sailier (T. Le signe hiératique du rasoir correspond à la
forme de l'instrument môme chez les Égyptiens
( Voir S. Birch : ZeUseh de BerUn, 1873, 98 ; Pleyte : Ibid. , 1871 , 16. )
' -â2>. n C^»^*"^' n "fi" ' ^^^^^^ • P^'^^* ^^^^ ou couffe
pour remballage et le transport des légumes. C'est encore une Industrie
de l'Egypte -, les nattes et les couffes sont fabriqués avec les feuilles
du dattier et les roseaux de la région des laes de Natron et de Tor
u Siual.
138 MÉLANGES É6TPT0L0GIQUES.
pas le chef des exécuteurs, mais le boucher en chef,
r. ^3 de notre texte.
2o "^7D D^pWar IW, le chef de ceux qui donnent à boire au roi. Ses fonctions , d'après la Genèse , consistaient à placer la coupe dans la main du pharaon. Notre texte désigne certainement le même office dans le couducteur ou chef de file des contrôleurs qui goûtent le vin.
30 Le C^BWn nu? , le chef des cuiseurs ; il apporUit pour le repas du roi des corbeilles de pains et de mets cuits au four : HBH rwrVD nyiS SdKO Ss ; c'est le cuiseur de ♦w^^* (;;^P^(1 °^(1(1 '')de notre texte, plutôt que le boulanger dont le métier était plus modeste.
4* Chez Putiphar, Joseph avait toute autorité sur les choses de la maison ; son maître ne s'informait plus de rien , si ce n'est de sa propre nourriture ; nul n'était plus grand que lui dans la maison. Il était conséquem-
ment le ^^ '"'^^ ^1 n ' • 9^^^ ^ appartements , oa
le <=> ^^^^ . , grand supérieur de la maison , que
mentionne notre texte.
Investi du pouvoir suprême sur toute l'Egypte, Joseph dut être revêtu de la plupart des titres correspondant aux fonctions diverses dont il avait la direction supérieure ; il serait dès-lors inutile de rechercher dans la nomenclature des hauts emplois égyptiens un titre unique pour une situation exceptionnelle ; mais sa qualité de préposé à la maison du Pharaon (HO Sy)
COKRBSPONDANCË DES SGBIBES. 139
correspondaii exactement à celle de<^ i
qu'on trouve indiquée sur une stèle de Turin.
Le rédacteur hébreu de Thistoire de Joseph était certainement bien exactement informé des choses de TÉgypte.
Dans le Mémoire intitaté: une Lettre missive du XIV^' siècle avant notre ère \ j'ai appelé Tattention de mes confrères en*égyptologie sur la belle collection égyptienne de la ville de Bologne. Cette collection qui , lorsque je Tai visitée , était déposée dans un corridor exposé aux intempéries et dans un grenier sans air et sans lumière, vient d'être très-convenablement installée dans le local de la Bibliothèque ; elle forme une section importante du Musée civique. Le catalogue en a été rédigé avec soin par M. F. Rossi , égyptologue attaché à la conservation du Musée égyptien de Turin *.
i.e papyrus le plus important de cette collection est un recueil de lettres du même genre que ceux qui se trouvent au papyrus Sallier I et sur plusieurs des papy-
1 Ci-devant, tome I , p. 926. La lettre hiératique en question porte aujourd hui le n« 1086 du catalogue.
s Le travail de M. Rossi a été imprimé en 1871 , à Bologne , dans : CaUUoghi del Museo civico éi Bologna; petit in-folio ; typographie royale.
ms Ânastasi publiés par le Musée britannique ; il porte aujourd'hui le n^ 1094 du catalogue.
Ses dimensions sont de 2 mètres 26 de longueur sur 0 mètre 19 de hauteur; il se compose de douze pages, dont neuf de dix lignes , deux de onze , et une dernière de six , qui est écrite au revers , soit en totalité cent huit lignes. Mais il est utile de noter que le papyrus n'est pas entier; la première page débute au milieu d'une lettre ; il en a conséquemment été enlevé une portion dont nous n'avons aucun moyen d'évaluer l'étendue.
Il serait à désirer que la municipalité de Bologne fit publier cet important spécimen de la littérature pharaonique , dont je n'ai pris qu'une copie cursive. Je ne reproduirai d'après cette copie que les parties du texte présentant un intérêt particulier.
Au-dessous de la dernière ligne de la douzième page se trouve écrite la mention suivante :
loi o I n I I I <=> I' ïl s's ^^
99 j sous la majesté du roi de la haute et de la basse Egypte f Baïenra-Mériamon , vie-santé-ferce.
Plus bas , la l^ende de ce même prince est encore répétée , mais sans la date.
Notre manuscrit appartient donc à la huitième année du r^ne de Méneptah I *, fils et successeur de Ramsès II.
^ J'ai passé en revue les principaux événements du règne de ce pbaraoD {ttikdes 9wrV Antiquité, etc., p. 199 et suivantes).
142 MÉLANGES ÉGTPTOLOGIQUES.
Celte date aurait pu être déduite très-approximativement des mentions contenues dans ie texte du papyrus. Pour apprécier Tàge des documents du même ordre qui appartiennent aux Musées de Londres et de Leide , on a dû se contenter d'un ensemble de vraisemblances qui n'ont au surplus laissé aucun doute dans l'esprit des ëgyptologues exercés. Ces mêmes vraisemblances nous auraient suffi à l'égard du papyrus de Bologne. Mais » s'il était nécessaire d'aller au-devant de toute objection de la part des personnes étrangères à l'égyptologie , la date clairement inscrite à la fin du document qui nous occupe en ce moment fournirait une preuve irréfragable de l'exactitude de nos déductions , non-seulement par rapport au papyrus de Bologne , mais encore à l'^rd de tous les autres papyrus du même ordre attribués avec raison à l'âge des Ramessides.
La correspondance rassemblée sur le papyrus de Bologne s'est échangée entre des fonctionnaires et d'antres personnages habitant la basse Egypte, et en particulier Memphis, à une époque où le pharaon , encore occupé à maintenir la suprématie de l'Egypte sur les peuples syriens , avait transféré sa résidence habituelle à la ville d^ Ramsès , sur la frontière nord-est de l'Egypte. Nous rencontrerons dans une des lettres de cette collection une mention qui montre que la présence du roi à Memphis était seulement accidentelle. Nous ferons au surplus ressortir les faits intéressants que le texte nous révèle. Notre copie des textes rend superflues de longues dis* eussions philologiques. Le papyrus est usé et abonde eo
lacQoes ; les restitutions de texte seront placées entre parenthèses.
Ceci expliqué , nous donnons la traduction de l'intégralité da manuscrit.
Traduction.
Lettre l»®. —
Le serviteur Pa est parti avec 50 couvertures de
crin * et 40 de , total 90. Tu les feras compter (par
les vérificateurs ) du temple de Phra-Harmakhou.
Sois en santé! porte-toi bien.
Lettre 2*. — Le scribe royal, intendant de maison*, Ptahembeb , de la demeure de Ramsés-Mériamon ' à Memphis , parle à l'intendant des ouvriers en métaux et en bois*, scribe Hui , de Patelier royal *.
On t'apporte cet écrit de correspondance.
Fais attention au local de Sa Majesté duquel tu es
i's:\^\ifHii-
3 Les édifices soDt encore nommés du nom de Ramsés II. On voit qae noas ne sommes pas loin de l'époque où ce pharaon régnait
encore
l 71 m ^^^^"^^ m ri' ^'<^t^^r royal ( voyei Voyage d'un Égyptien, p. 269). Une stèle du Louvre cite un ^^-^{j! (*<»'') ^^ l'atelier. ( Stèle C. , 91.)
Autre objet * :
Fais prendre les choses du lieutenaDt... , convenablement, parfaitement, entièrement, excellemment; n'en laisse rien voler. Donne ton attention aux approvisionnements des offrandes du temple de Phra-Harmakbou. Tu les amèneras à Héliopolis ^ et tu me manderas tout ce que tu auras fait, afin de me rendre compte de toutes les missions que tu as à exécuter.
Dans le fait , tu y mets de la négligence comme si ta t'arrangeais pour ne point y aller. Sache cela.
Lettre 3. — Le scribe Mahou de Tatelier royal parle au scribe Pinem :
On te porte cet écrit de correspondance.
Donne ton attention à exécuter tous les ordres qui t'ont été donnés, convenablement, entièrement, excellemment. Ne te relâche pas I
i La série ordinaire de ces adverbes d'approbation est
Bologne le dernier terme est y (1 1 i ^ y littéral,: comme frroiue; c'est évidemment la même cbose que J . Gesingalier idiotisme
trouverait des analogues dans toutes les langues. Nous disons rubis sur l'ongle, pour exactement, complètement.
« \ ^ ^/J signifle : parole avec parole , et semble
indiquer une série d'ordres, de recommandations, etc.jf '^'^'^^ ,^^ J
seul, forme le titre d'un paragraphe considéré isolément, un avi», une communication spéciale.
Autre objet :
Page 2.
Donne ton attention au local du roi qui t'est (confié) ; envoie-moi rapport de tout ce que tu feras.
Fais amener les sistres de cristal ' (qui font) été envoyés par des hommes , ainsi que les ustensiles sacrés '. Avise à n'être pas réprimandé.
Sache cela !
Lettre 4. — 0 Ammon-Ra! toi qui le premier as régûé ; dieu de la première fois ; protecteur du misérable ; toi qui ne te laisses pas prendre par les présents du coupable ; toi qui ne parles pas à qui fait incliner la justice; toi qui ne considère pas les promesses pour décider. Ammon-Ra ! il dit ( ce qu'il y a dans le fond ) du cœur. Il désigne le coupable, et celui-là est pour la demeure de feu ; le juste , et celui-là est pour la droite *.
Lettre 5. — Le scribe Pinem pour satisfaire son maître. Envoi fait pour l'information de mon maître.
* P^S]îo ^^,,^^rne^^iahei^'i(^t. Études sur V Antiquité, p. 43; Dûmichen : ResuUate, 88, légende de la Reine tenant deux sistres. )
^ jj8 ^ ^ •• ^® premier groupe désigne une
série d'ustensiles du culte » quelquefois réunis dans une corbeille. La stèle d'Alexandre ÎI cite ces objets parmi ceux dont les Perses avaient dépouiUé les4e]Bples de TÉgypte en outre deseffigies divines et des livres sacrés. Maciette : Mon. div. , pi. u. — Brugscb : Zeitsch, de Berlin , 1871 , 8. Le deuxième groupe ne m'est connu par aucun autre texte.
3 nous ferons ressortir l'intérêt de ce texte , dont la copie hiératique est reproduite pi. VU , lig. 3 à 7.
446 MÉLANGES ÉGTPT0L0GIQUE8.
Autre objet pour satisfaire mon maître.
Je mande à mon maître concernant les..«.. et les
chevaux de la grande intendance de Ramsès-MériamoR...
(Ils sont) avec les chevaux de la grande intendance de
Baïenra-Mériamon ' , du Khen.
Page 3.
Autre objet pour satisfaire mon maître:
Il est arrivé que des cultivateurs de la métairie royale qui est sous l'autorité de mon maître se sont enfuis devant le chef d'atelier Neferhotepou. Je l'ai fait châtier. Vois ! les terres de la métairie royale qui est sous Taotorité de mon maître restent sans personne pour les labourer.
Envoi fait pour l'information de mon maître*.
Lettre 6. — Le scribe Mahou , de l'atelier royal , dit au scribe Pinem :
On t'apporte cet écrit de correspondance. Ne sois pas un homme sans cœur^ N'ayant pas de discipline ; Couché , on t'examine ;
i Ce texte est eriblé de lacunes. Ma traduction supplée un grand noml>re de mots et reste conjecturale.
« Le texte de cette lettre se trouve pi. VIII, llg. i à 5. Le chef d'atelier^ f==ï (1 2 ^j Neferhotepou avait mécontenté les ouvrien, et ceux-ci prirent la fuite devant lui (<»-S> ; voir Pap. d'Orbi.
ney , 5, 9). Pour ce motif cet employé subalterne fut puni par le scribe Pinem , qui rend compte de l'affaire au cbef supérieur de la métairie royale.
Veillant , on f instruit ;
Et tn n'obéis pas au jugement.
Cœur dégoûlé ! tu fais ta propre volonté.
Le chameau entend la parole ;
Il est amené de Coush.
On fait réducation du lion ;
On dompte le cheval ;
Excepté toi seul !
On ne connaît pas
Page 4.
ton pareil parmi les hommes.
Sache cela * !
Lettre 7. — Le scribe Mabou, de l'atelier royal, dit au scribe Pinem :
Donne ton attention à exécuter tous les ordres qui t'ont été donnés, convenablement, entièrement, excellemment.
Avis. Donne ton attention à faire exécuter les ordres du rapporteur des panégyries \ convenablement, parfaitement , entièrement, excellemment, en faisant fabriquer les chars du rapporteur des panégyries.
Comme l'on me fait aller à la ville de Ramsés-
i La transcription et la traduction interliné&lre de cette lettre importante sont données dans mes Éiudes historiques . p. 405.
* ^^^^I^Ol II r ^'^^'^' 3clon toute vraisemblance, le fonctionnaire chargé de veiller à l'entretien des objets employés dans les fêtes. Je n'ai trouvé la mention dé cette fonction sur aucun autre texte.
MériamoD , qui est la grande personnification de Pbra- Harmakhon , qu'ils soient prêts ! Quant à toi , avise à ce que tu es tenu de faire ; fais-le, et ne te repose pas ; les eaux fraîches (nécessaires) pour les panégyries, ?a pour elles.
Tu dois donner ton attention aux affaires des oblations du temple de Phra-Harmakhou , convenablement, parfaitement , entièrement , excellemment ; tu exécuteras tous les commandements qui ont été dits. Ne fais pas (de telle sorte) que ton maître t'envoie quereller. Fais comme ceux qui sont chefs d'hommes: ce que chacun d'eux a à faire , qu'il le fasse ! Sache cela ' !
Lettre 8. — Le scribe Pinem pour satisfaire son
Page 5.
maître le scribe Mahou, de l'atelier royal.
Envoi fait pour l'information de mon maître. Pour le bonheur !
Autre objet pour satisfaire mon maître : Il est arrivé que le gouverneur (^^T) a amené trois
jeunes gens *, en disant: qu'ils soient (employés) au nettoyage du temple de Méneptah-Hotephima à Memphis
( I qI^JJ)- On s'est acquitté de cet ordre par leur moyen ; puis on les a réprimandés sur , c'est-à-dire
i Ce texte, intéressant au point de vue des formides épistolâires. est reproduit sur la planche VII , lig. i à 10.
-^^Hài-
qu'ils doivent être châtiés \ Pourquoi ? Va ! tu t'arrêteras à ; lu me donneras de leurs nouvelles.
De même, tu chercheras des marchands"; et tu feras aussi attention au retour du (>haraoQ (revenant) de Syrie ; que si en passaul il refstait à Memphis, et si son cœur se dégoûtait, il ne saurait pas que je t'ai prévenu.
Expédie le confiseur ' Taennana.
Mande-moi de tes nouvelles par la main de tous ceux qui partiront , étant restés avec toi.
Porte- toi bien *.
Lettre 9. — Le prophète Phraemheb, du temple de
t-il-
8 fj v\ An ^ j^ w^ I , :îjoyi-t. Ce mot pourrait se re
trouver dans le copte jyiUT , negotiari , ^OT , mercatores. Dans la grande inscription d'Abydo» il est question de navires arrivant
d'Arabie,etdes [j^(](l^^-aP[ {marchands) qui font le commerce ( u v(]l] ^ r jij. et offrent leurs marcbandises (Mariette: Abydoe, 8). Dans notre texte il s'agit de se procurer les objets nécessaires pour recevoir convenablement le pharaon.
Sft^* V®»*' ci-devant, p. 134, note 4.
^ Cette lettre présente quelques mots douteux. Le texte en est reproduit pi. VIII , lig. 10, et lig. i à 10.
de Set ' , pour rendre hommage à Tin tendant ' Séti :
Pour le bonheur! avec les faveurs d^Ammon-Ra, roi des dieux.
Je dis à Phra-Harmakhou , à Set , à Nephtbys, à tous les dieux et à toutes les déesses du territoire
Page 6.
de : Puisses-tu être fort, puisses-tu vivre,
puisses-tu paraître fortifié!
J'ai de nouveau le sein plein de toi. Communication: J'ai appris les bienfaits nombreux que tu as faits à
mon frère. Tu l'as fait venir pour la récompense, et il
a été récompensé par l'ordre de ton royal et excellent
maître.
Dès que ma lettre te sera parvenue , tu partiras avec
le porte-enseigne Ptahemheb; tu rendras compte au
I I 1^ ^^* ^^"^ ^^^^ '^ papyrus le nom de Set est écrit sous cette forme ampUflée qui pourrait se prononcer SouUkh. J'ai expUqué longuement les motifs qui me portent à m'en tenir à U lecture Set , représentant le nom de ce dieu tel qu'il a été connu de l'antiquité classique et conservé chez les Gnostiques ( voir Mékmçei égypM. II , p. 188). Au tableau que j'ai donné des variantes orthographiques du groupe, Il convient d'ajouter la forme 1^ ^j
qui se lirait Soukhet si l'on voulait tenir compte de l'ordre et de U valeur absolue des éléments phonétiques. (Mmicben: BUt, Inschr. I. pi. 6, lig. 69.) C'est une preuve de plus qu'il ne faut pas admettre d'autre lecture que Set.
gouverneur d» l'affaire de la grande quantité d'argent dont le serviteur Aaï a parlé à son (compagnon ). Est-ce que Dda perception n'est pas authentique?
Tu emmèneras pareillement Tun des supérieurs du
revenu, ainsi que , et tu les placeras devaut le
gouverneur * : Tu diras : Ma perception n'était pas l'affaire de ces hommes ; puis, voyons ! ces hommes n'ont point agi pour moi; car le navire m'était réservé, et le temple de Nephthys m'était réservé de même , aussi l'inspection de tous les temples qui sont dans le territoire. Or, n'est-ce pas tout?
Je suis accablé à l'extrême ; ce qu'on fait contre moi fiiïit par m'accabler.
Mais, vois ce que sont les hommes d'aujourd'hui ! tu parleras aux uns et aux autres à propos des nombreuses affaires dont j'ai été chargé, depuis (celle) du temple de Set et (celle des) terres de S. M. qui sont sous mon autorité ; vois! ce sera de même.
N'ajoute pas ta main à (celle du) porte-enseigne. Porte- toi bien \
^ C*e8t-àdire : tu les feras comparaître devant le Dja ou juge.
' Cette lettre est très-intéressante , mais ia traduction présente trop d'incertitudes dans les détails pour permettre des discussions philologiques. Le texte que je donne d'après ma copie (pl. IX et X) montrera suffisamment les motifs de mes interprétations. Il s'agit d'un fonctionnaire ^oi redoute une accusation de concussion; la voix publique l'accuse ; il est accablé (^^J^x) ^^"^ ^^ accusation. Il invoque la protection de l'intendant Séti , et lui donne des instructions pour agir auprès du magistrat supérieur Les deux
Lettre 10. — La chanteuse d'ÂmmQn Sherau-Ra pour reudre hommage au supérieur purificateur de^ graisses ' du roi, Piaï.
Pour le bonheur ! Pour le bonheur ! avec les faveurs d'Ammon-Ra, roi des dieux.
Je dis à Phra-Harmakhou , à Ammon , à Ptah, aux dieux et aux déesses de la zone occidentale : Puisses-tu être fort! Puisses-tu vivre! Puîsses-tu vivre! Puisses-ta être dans les faveurs de S. M. le roi , ton seigneur excellent , continuellement.
Communication : Je suis en bonne situation ; je vis. Ne t'inquiète pas de mot; mais c'est de toi que mon cœur voudrait avoir des nouvelles sur ton état chaqne jour* Et j'ajoute ceci» à savoir:
Je vais partir pour te rejoindre à la ville de Ramsès- Mériamon, la grande personnification dePhra-Harmakhou.
Dix kanerkas* nous sont arrivés aujourd'hui.
scribes parlent de choses qui leur sont familières , mais trop sommairement pour qu'il nous soit possible de les comprendre clairement. Il paratt que Pbraemheb était suspecté de percctpUons
(8 ^^(J j ) exagérées, à propos d'un navire i d'un temple
de Nepbthys et de son service d'inspection générale des temples du district. Il se défend contre les entraînements accusateurs du public, en disant que si on interrogeait les gens à propos des affaires du temple de Set dont il est prophète, et des terres du roi qu'il gère, on entendrait dire la même chose.
^ ^ OÛP. ^ défaut de déterminatif on ne peut distinguer s il
8'agit ici de jf^ijlj O » 9^^^^^^ ^" ^® jf^l -^^ » ^^ « Je ne puis former aucune conjecture raisonnable sur la signiflGition
de ce mot, dont la forme égyptienne est ^^ i ^ | ^J^gJ*
De même , Técnyer de S. M. Setemoua est en bon état ; il vit ; ne t'inqaiète pas de lai ; il demeure atec nous à Tamakhirpe.
Et rintendant de chevaux (chef supérieur de la cavalerie ou des chars ) est emmené à Paarisbeps avec ses compagnons '.
Lettre H. — Le scribe Mahou, de l'atelier royal ,
dit au
Page 8.
prêtre Sbaemtir :
Pour le bonheur! avec les faveurs d'Âmmon*Ra, roi des dieu}(.
Je dis à Phra-Harmakbou , à son lever et à son coucher et à tou& les dieux de la ville de Ramsès-Mériamon, la grande personnification de Phra-Harmakhou : Puisses-tu être daos les faveurs d'Ammon*Ra» roi des dieux et de la personne divine du roi de la haute et de la basse Egjpte Baïenra-MériaQion , ton royal maître excellent, continuellement !
Communication:
Ta maisoq est en état convenable ; tes serviteurs en état convenable. Ne l'inquiète pas d'eux.
Autre sujet :
(A) ta chanteuse de Phra, Kaéa.
Pour le bonheur ! avec les faveurs d'Ammon-Ra, roi des dieux.
f €«tte lettre est traduite et oommeotée d^rne mes Études historiques , p. 219 et saivantes. J'en reproduis le texte sor la plaocbe î,
Je dis à Phra-Harmakhoa , à Set, et à tous les djeox de la ville de Ramsès-Mériamon , la grande persoDoification de Phra-Harmakhou : Puisses-to être forte! Poisses-tu vivre! Puisses-tu rajeuDÎr! Pnisses-to paraître fortifiée! J'ai le seiu plein de toi.
Ta maison est en bon état et tes serviteurs (aussi)*. Ne t'inquiète pas d'eux.
Il est arrivé que le supérieur du magasin AtefenamoD a donné dix coffrets de joyaux*.
Page 9.
Lettre 12. — Le prêtre Khar de la demeure d'Horus, pour satisfaire son maître le scribe royal, intendant Ptabembebs.
Pour le bonbeur! avec les faveurs d'Ammon-Ra, roi des dieux.
Je dis à Pbra-Harmakbou, à tous les dieux et à toutes les déesses: Puisses-tu être fort! Puisses-tu vivre continuellement! Puisses-tu être dans les faveurs du roi ton excellent maître , cbaque jour.
Communication :
Fais attention au cbef d'atelier Pesar, ton serviteur;
i Ici le scribe a oublié le groupe ^j^ ,
« Cette lettre se compose ée deux parties distindes adressées , l'une au prêtre Sbaemtir , l'autre à la prêtresse Kaéa ; œs deux persaftnages étaient absents , et probablement en Syrie ; le scribe Mabou leur rend compté de l'état de leur maison et de' leurs serviteurs, n n'y a rien d'intéressant que la mention des dix coffrets de joyaux
( n I I 11 Jf II I ,)^^"^p*'^**'^'**"*^' «"•****
à rintenfion de la prêtresse.
il revient de Syrie à cette heure ; pendant cinq ans de séjour il a été là comne voitorierdn convoyear Oaaou , ton voitnrier, dont ta servante est arec toi à Memphis, à sa place ; la maison étant mise en réorganisation , prends le jenne frère do soribe pour valet*.
Lettre 13. — La chanteuse de Thoth, scribe Ket*, pour rendre hommage au ministre ' Amensha.
Pour le bonheur! avec les faveurs d'Âmmon-Ra, roi des dieux.
Je dis à Ptah, à tous les dieux et à toutes les déesses de Memphis : Puisses-tu être fort! Puisses-tu vivre! Puisses-tu paraître fortifié I J'ai le sein plein de toi.
Communication : Comme tu m'as envoyé dire : Pourquoi as-tu mis dehors Phomme qui m'était utile? Tu D'as donc pas fait ce qu'il a dit?
Page 10.
Ne sois-je point une femme? Mais je tiendrai ta parole. Lorsque tu as fait la démarche de le faire venir
1 Le texte de cette lettre est reproduit pi. XI, l à 6. Od y remar-
quec .a Phrase ^^^^ ^ I^ V t J^^ c.\ ^»' paraît fort simple, et qui n*éclaircit pas cependant la signification
du groupe T V^lAt D'après lee expllcaliona données ci-devant
p. 97 et 38, ce mot signifierait dresser, exercer, exciter , tremper, retremper, échauffer.
< Il y avait des femmes scribes. Gonf. DetUcm, III , 371 et 272. 3 y \y^ A >r ^^^°^^^ serviteur et aussi ministre du cuite. C'est exactement le latin fnmistrare, en copte :^6U^6.
156 MÉLANGES ÉGTPTOLOGIQUES.
avec toi pour comniâncer le service familier', tu étais ici avec lui. Mais to ne l'as pas meoé au tribunal*. Tuas fait différer son serment. Lorsque ma lettre t'arrivera , tu partiras avec le marchand Apershaa; tu lui feras donner son serment; tu l'amèneras, et tu feras faire des pains pour lui , car il vient pour commencer son service familier; il m'a fait de belles promesses 'en disant: Je ne me ferai pas réprimander.
Autre objet :
A la chanteuse de Thoth, Neithemheb, de même.
Comment es- tu? Commentes-tu^? Je dis à Ptah et à tous les dieux de Memphis: Puisses-tu être forte t Puisses-tu vivre! Puisses-tu paraître fortifiée! J'ai le sein plein de toi.
Pourquoi m'as- tu fait réprimander par mon père?
t 11(1 "^SQ» UAtJA. Ce mot semble indiquer ia familUmté,
l'action de vwre en commun , la ponté. Au papyrus Anastasi V (26, 6)» on reproche à un scribe son origine obscure: Tu es im enfant de manoBuvre; tu n'es pas un chef: je t'ai amené d:un autre
Ueu pour ^\\ ^«f • ^^ '****^ ^^^^ ^" ^^ "**
FAMILIERS. Le copte uiue , uiMi , semble dériver de ce groupe.
< Les maîtres étaient tenus de faire enregistrer tous leurs serviteurs. Voyez ci-devant , tome 1 , 242 , et Mélanges égyptol. , l» série, p. U.
3Littér.: Il m'a cajolée.
* Ma copie <^o°»e ^^^ 0(1^^^^ J il faudrait
^. • Je n'ose pas affirmer que l'erreur n'est pas de mon fait.
LE GRAND PAPYRUS HIÉRATIQUE DE BOLOGNE. i&7
Hormis mes paiûs, le confiseur n'a pas fait ce qu'il avait dit. Il y a avec lui uoe autre femme eu sus de *
Lettre 14. — Le scribe Pinem pour Satisfaire son maître le scribe Anhourrekb.
Pour le bonheur t
Envoi fait pour Tinformation de mon maître.
Autre objet pour satisfaire mon maître :
Je dis à Ammon ,
AMau,
AKhons,
A la Splendeur , qui est le cèdre aimé de la Thébaïde sur le chemin du fourneau
Page 11.
d'Amenhotepou ;
A la terrasse d'Amenhotepou ;
Au d'Hathor;
Au perséa d'Ammon d' Apet ;
Aux huit singes qui sont à la terrasse d'Hathor résidant dans Thèbes;
A la grande porte du Serviteur;
A tous les dieux et à toutes les déesses de la ville ;
Puisses-tu être fort! Puisses-tu vivre! Puisses-tu paraître fortifié !
J'ai le sein plein de toi.
f De même qoe la onzième , cette lettre forme deux lettres distinctes, adressées à deux personnes différentes, sans doute en relations intimes. EUe contient quelques particularités intéressantes. J'en* donne le texte sur la pi . XI , 7 à 10 et l à 5.
158 MâLANOES ÉGYPTOUKHQUES.
Sois dans lafarenr des dieux et des hommes I Porte-toi bien dans la demeure d'Ammoo , roi des dieux.
Lettre 15. — Le scribe Pinem pour satisfaire son maitre le scribe Anhourreckh.
Pour le bonheur !
Envoi fait pour l'information de mon maitre.
Autre objet pour satisfaire mon maitre.
Ne plaisante pas M Garde-toi de parler; observe le silence avec la gardienne de barque * qui reste dans la cabine; qu'on la laisse fréquenter l'ouvrier qui a travaillé pour toi'.
Pour le profit du scribe Anhourrekh.
Lettre 16. — Le supérieur gardien des écritures Hui, de l'infanterie, au colonel de cavalerie Pinahsi.
Pour le bonheur! avec les faveurs d'Ammon-Ra, roi des dieux.
Je dis à Phra-Harmakhou , à tous les dieux et à toutes les déesses de la ville de Ramsès-Mériamon ,
Page 12.
(qui est la grande personnification d'Harmakhou:)
m. pi. 13.
3 Cette pbrase est incertaine ; deux mots en sont illisibles. Le scribe Pinem met son correspondant en garde contre la fréquentatiOB d'une femme. Mais les choses sont trop laconiquement rapportées. Le texte des deux lettres adressées à Anbourrekb est reproduit pi. XII.
LE GRAND PAPTRfJS HIÉRATIQUE DE BOLOGNE. 159
Poisses-tQ êtrefori! Poisses-tu vivre! Poisses-tu paraître fortifié !
Cette dernière lettre se compose de six lignes écrites au revers do papyrus , à cbacune desquelles il manque Tespace représenté par les mots placés entre parenthèses ,
plus le groupe ylD qui était inscrit à la suite du cartouche royal , c'est-à-dire un tiers de toute l'écriture. Cette lacune considérable ne nous permet pas de tenter une traduction. Mais nous voyons , dans les mentions conservées » qu'il est question de faire partir un ouaou * âgé pour les provinces du midi à la suite du prince
héritier (^^^j^P,,^)- C'est tout ce que nous Saurons jamais du contenu de la dernière lettre.
En résumant les renseignements épars dans cette correspondance familière nous nous apercevons qu'ils ne sont pas sans intérêt pour l'histoire. La lettre 5, qui nous parle des chevaux de la grande intendance de Ramsès II en même temps que de ceux de la grande intendance de MéneptabI , nous montre que, lors de l'échange de ces lettres , les institutions du règne du premier de ces pharaons n'étaient point encore fondues dans celles de son successeur ; cette persistance du nom et des possessions d'un roi pendant un certain temps après sa mort a déjà été signalée dans la lettre d'affaires précédemment traduite. Nous en tirerions la conséquence que notre papyrus ne peut dater que des premières années du règne de Méneptah 1 , si ce fait n'élait déjà parfaite-
^ Bas-officier.
160 MÉLANGES ÉGTPTOLOGIQUES.
ment établi par la date de l'an 8 de ce monarque inscrite à la fin du manuscrit.
L'activité politique se trouvait alors concentrée dans la basse Egypte. Memphis , Héliopolis et Ramsès sont les villes citées par nos lettres , Ramsès surtout, où» selon la lettre 7 , le scribe Mahou a dû se rendre avec des chars fabriqués tout exprès. Cette ville , que j'ai identifiée avec Péluse\ possédait un temple principal dédié à Phra-Harmakhorf ( le Soleil Horus des deux horizons ) ; les dieux adorés dans ce temple sont fréquemment invoqués par nos scribes % ce qui indique généralement que leurs correspondants sont domiciliés ou de passage à Ramsès.
La ville de Ramsès était située sur l'extrême limite de l'Egypte et de la Syrie. C'est là que la prêtresse d'Ammon, Sherau-Ra, qui était en Syrie, se propose d'aller rejoindre le prêtre supérieur Piaï, attaché an service royal *.
La lettre 8 nous parle d'un voyage que Méneptah 1 fit en Syrie, et au retour duquel il devait s'arrêter à Memphis ; ce voyage , qui tombe dans les premières années de ce règne , ne semble pas avoir été motivé par une guerre ; la Syrie n'avait pas encore essayé de secouer le joug que lui avait imposé Ramsès II. Des aventuriers égyptiens , tels que le Mohar du papyrus Anastasi I »
1 Études sur V Antiquité, p. 395.
S Voyez lettre 11 (deux exemples) et lettre 16.
3 Voir lettre 10. Un papyrus grec de la collection du Louvre contient une lettre familfère dans laquelle régyptlen Ammonios donne rendez-vous à Péluse, à sa sœur Tachnoumi. ( Notices et extraits des Manuscrits de la Bib. ml. , tome 18, p. 333. )
pouvaient la traverser dans toute son étendue sans courir de trop grands dangers.
Méneptab parait avoir aimé les voyages et les réceptions brillantes ; c'est de lui que parle Tune des lettres du papyrus Salliar I (pi. 8, lig. 7), dans laquelle le scribe Ameneman invite toute i'Égypte à se réjouir à propos do retour du pharaon. Au papyrus Anastasi III , une lettre, qui parait être datée de l'an III , annonce aussi en termes pompeux une arrivée de Méneptab I au lieu de sa naissance dans Héliopolis '. C'est conséquemment à juste titre que les fonctionnaires se préoccupaient des préparatifs à faire pour recevoir dignement le monarque voyageur; il fallait disposer le cortège, orner les édifices , préparer les rafraicbissements , etc. , et, comme le dit le papyrus de Bologne , recourir aux marchands et s'entendre avec les confectionneurs de friandises.
Méneptab avait à Memphis un palais auquel notre huitième lettre donne le nom de ^^fjri
Son père Ramsès H y avait aussi élevé des édifices, entre autres un temple de Thoth :
?^Prr.^^l4' q"'<^nn« manquait pas de visiter en passant à Memphis*.
^ Pcep. ÀnaiUm IH , p. 7 , lig. 3 à 11.
« Fap. hier. Turin, 160 . rev. ; Pleyle et Rossi , pi. XXI , lig. s et 6.
Un autre édifice de Memphis nous est connu par les textes ; c'est le palais construit par Thoihmès I :
^r o I ^ U V que Séti I occupa momentanément
en l'an II de son régne *. Sans les renseignements écrits nous saurions peu de chose de cette ville jadis splendide, dont aujourd'hui les ruines sont à peine visibles sur le soi nivelé par les sables. Ptah était le dieu principal do nome , et la triade au temps des Ramessides était composée
de : X ^^ iy , Ptah , le grand de son Mor
méridional , f IBl ^ o^' Sekhet, la très-aimée de Ptah ,
et T^ai^^,-^ ^^, Nofretoum , le soulagement des
mondes.
Ce sont ces divinités qui sont invoquées dans la lettre 13.
Les premiers Ramsés avaient mis en honneur le coite de Set, dieu de la force, qui est, d'après la mythologie , l'adversaire et le meurtrier d'Osiris. Le nom de Séti que portèrent deux rois de la XIX© dynastie n'est autre qoe le nom même de ce dieu funeste , augmenté de la finale i qui en fait un adjectif. Ce nom est presque toujours graphiquement exprimé par la figure même de Set à face
bestiale (^)« Set avait au surplus toujours occupé
une place dans le panthéon égyptien ; mais les honneurs particuliers qu'il reçut de la part des Ramsës constituent
^ Pleyle : Les papyrus RoUin , c. 1886.
Le grand PAPYBUS HIÉBATIQUE DE BOLOGNE. 163
uo fait caractéristique qui u'est pas encore suffisammeot expliqué, et dont il faudra tenir compte. Notre neuvième lettre cite un temple de Set dont un personnage du nom de Phraemheb était prophète. Malheureusement il n'est pas question de la ville dans laquelle ce temple était situé. On voit seulement par les mentions du texte que les dieux principaux associés dans ce même temple étaient Phra-Harmakhou , Set et Nephthys ; le surplus des Oeoi (nmaoe est désigné en bloc comme :
dieux et déesses tous du district Netjem. Le dernier groupe est incomplet dans ma copie ; tel que je le restitue , il ne répond à aucune désignation à moi connue de la géographie égyptienne. Peut-être ce dernier groupe est-il pris dans son sens propre notou, suavis. Dans ce cas, le doux, Fagréable district ou r^rrirotr^ • nous ferait songer à la ville de Ramsès- MériamoD , dont les papyrus de l'époque donnent des descriptions enthousiastes. D'après d'autres lettres', les dieux de la ville de Ramsès sont :
Phra-Harmakhou à son lever et à son coucher , et tous les dieux , etc.
Phra-Harmakhou^ Set et tous les dieux , etc. Phra-Harmakhou , tous les dieux et toutes les déesses.
Le texte de la lettre 13 ajoute seulement le nom de la déesse Nephthys , l'associée habituelle de Set. A l'époque de nos lettres , les rapports de l'Egypte
I Lettre 8 , deux exeniples -, lettre 16.
avec la Syrie étaient multipliés ; le pharaon faisait des voyages dans ce dernier pays , et des fonctionnaires de divers ordres y étaient employés à poste fixe ; c'est ce que démontre la lettre 10 de la prétresse Sheran-Ra, et la lettre 12 relatant le retour d'un employé inférieur
^p=q(|8^^, qui y avait séjourné pendant cinq ans,
au service d'un entrepreneur de transports.
Ces communications intimes nous montrent un état de paix du côté de l'Asie aux époques correspondantes. Mais les prévisions de la guerre avec les peuples de l'occident se manifestent par le dégarnissement des stations militaires sur le territoire de la Syrie pour renforcer la frontière à Paarisheps, endroit par lequel l'Egypte fut envahie par les Libyens et leurs confédérés*.
Il n'est guère question de Thébes dans le papyrus de Bologne. La dernière lettre, dans laquelle sont invoqués les dieux de la ville de Ramsès, nous parle cependant d'un personnage qui se rendit dans le midi à la suite du Repa Sheps ou prince héritier. Il est très-regrettable que le nom de ce prince ne soit pas donné par le texte ; il nous aurait peut-être servi à éclaircir l'ordre de succession, si embrouillé après le règne de Méneptah I.
Mais Thébes et ses dieux sont mentionnés dans la lettre 14, dont l'objet est une simple communication de politesse; la liste des dieux et des objets divins invoqués dans cette missive est d'un grand intérêt pour la topographie de Thébes au XIV® siècle avant notre ère.
f J'ai traité cette question dans *. Études sur V Antiquité historique, p 214 et suiv.
tre la triade thébaine : AmmoD , iMau et Kb les dieox parèdres : ^=fn|j ']^i\i\ ^ ^J
Entre la triade thébaine : Ammoo , iMau et Khons » et
1(2 iiiûiJ sont mentionnés :
La splendeur, c'est le cèdre aimé. deThèbes sur le sentier du fourneau d'Amenhotepou.
La terrasse d' Amenhotepou.
Le d' Hathor.
Le perséa d' Amman d^ Apet.
Les huit singes qui sont à la
terrasse d'Hathor dans Thiibes.
La grande porte du Serviteur.
1 Ce mot ne paraît pas être complet ; il ressemble à »>^3«i»oç, fomax.
Le temple de Denderah possédait huit arbres sacrés'; chacun des autres temples de i'Égypte eu avait sans doute aussi un certain nombre. A Hermopolis-Magna le dieu Thoth était représenté par un cocotier haut de 60 coudées. Nous ne possédons pas de listes des arbres sacrés de Thèbes, mais notre texte cite probablement ici les deux plus vénérés , savoir : celui qu'on appelait la Splendeur ; c'était un cèdre planté sur un sentier connu sous le nom de chemin du Fourneau d'Aménophis; Tautre était un perséa, et se trouvait dans les dépendances de l'un des temples de la rive droite du Nil , probableinent celui de Karnak. Le perséa, qu'on croit être la Batanites œgyptiaca , était aussi l'un des arbres sacrés de Dende* rah, mais non le cèdre, qu'il devait être fort difficile de faire croître sur le sol de l'Egypte.
Vouba (fj^^r— -n) é^^*^ ^^ '*6" ouvert dans lequel on exposait quelquefois à la vue du public les symboles des divinités adorées dans les temples. On y faisait aussi certaines cérémonies publiques \ ce qui suppose un espace sulTisamment vaste. Le papyrns Abbott cite un temple d'Aménophis ou Amenophium dit de Vouba ' ; c'est probablement de Vouba ou terrasse de cet Amenophium* qu'il s'agit dans le papyAs de Bologne. Plusieurs 'autres textes parlent de l'ouba d'Ammon à Thèbes, nommé aussi le grand ouba d'Ammon \ Chacun
* Dumicben : Bauurk. , Taf. VIII, 3 et 4.
« Dumichen : Il H. I., pi. 42, 3 — Brugsch : MatérUmx pour le Calendrier, pi. X . llg. 4. 3 Voir ci-devani, t. I, p. 61.
* Lepsius: Denkm. Ifl, 318.
des temples possédait sans doute un lieu de ce genre. Notre papyrus cite, en effet, Vouba d'Hathor, où étaient logés les cynocéphales sacrés ; c'est sur Vouba du Ramesseum que le voleur Ousoremha s'empara d'un
taureau qui y était soumis à l'opération de f J%IA'- Ce fait me remet en mémoire le passage de Slrabon parlant des taureaux qu'on faisait combattre à Memphis dans le dromos du temple de Ptah. Ces taureaux subissaient un dressage comme les chevaux * ; Vouba pourrait conséquemment être la même chose que le dromos. Le bœuf Apis, qu'il était permis de voir dans le sécos, était quelquefois mis en liberté et montré aux étrangers dans une «ûXrf (cour^ espace découvert)*, ce qui pourrait aussi correspondre à Vouba.
Quant au troisième objet sacré de la liste , qui était consacré à la déesse Hathor , je ne puis même former une conjecture sur ce qu'il pouvait être ; il faut attendre qu'un texte analogue nous montre ce que représente le
groupe transcrit par ^^^^ ,^-
Les huit dieux ou Sesennou sont les dieux de l'adoration perpétuelle d'Ammon-Soleil ; ils sont cités au papyrus magique Barris \ et figurés au Rituel funéraire \ On ignorait jusqu'à présent qu'ils eussent eu des symboles vivants entretenus dans le temple d'Hathor à Thèbes.
• Voir ci-devant, p. 37.
« Géogr. , Uv. 17.
S Ibid.
«Pages 3, 11; 4, 8.
^ Lepsius , Todtenb., ch. 16, lableau central. Voyez aussi mon ouvrage: Le Pap. Mag, Harm , p. ai.
Godele
168 MÉLANGES ÉGVPTOLOGIQUES.
Le dernier des objets sacrés est la grande porte du Serviteur ou de Beka, sans donte une porte de Tan des nombreux temples de la capitale de la Tbébaïde ; nous en sommes réduits quant à présent à nous contenter de ce vague renseignement. Une autre porte, nommée porte de l'adoration des Rekhis ou Intelligents , est quelquefois citée par les textes '. C'était aussi un lieu vénéré. Il est est question dans une stèle du Musée de Turin.
Dans la dissertation intitulée Prière contre là partialité des juges ' , nous avons traduit un hymne à AmmoD considéré comme le dieu de la justice et le type divin du magistrat intègre. Notre papyrus contient un teite fort analogue, qui forme la quatrième section de la correspondance '. C'est encore une prière à Ammon , protecteur de l'infortune et juge incorruptible , n'ayant égard ni aux présents ni aux promesses.
Mais les phrases finales de ce nouveau texte sont d'un intérêt tout particulier. Je les reproduis ici en hiéroglyphes, en m'aidant d'un duplicata qui se trouve au papyrus Anastasi n** 2 , page 6 , lig. 4 :
// indique le œupable , lui ( est pour
la chaudière ; le juste , pour la droite. Ce texte nous donne un exemple nouveau et très-
* Voyez ci-devant, tome ï, page 131.
« Ci-devant, p. 59.
3 Ibid. , p. 37.
remarquable des analogies qui existaient entre les lois morales des Égyptiens et celles de la Bible et de PÉvangile. J'en ai déjà signalé quelques-unes, qui présentent quelquefois la circonstance infiniment remarquable d'une presque identité d'expression ; de telle sorte que l'explication du fait ne saurait être demandée uniquement aux inspirations naturelles de la coDScieoce ; on voit que les deux peuples ont dû puiser aux mêmes sources ou se faire des emprunts mutuels.
L'enfer égyptien avait des zones brûlantes , des abîmes de feu , des eaux de flamme , seul breuvage offert à la soif des pervers. Les démons , bourreaux des damnés, habitaient des salles dont le plancher était d'eau , le plafond de feu et les parois d'aspics vivants ; il y avait là des grils et des chaudières pour le supplice des pécheurs. Du reste . tous les genres de tourments étaient mis en œuvre dans ces lieux redoutables, mais le feu était le principal agent des vengeances divines.
La tradition hébraïque ne nous parle pas des peines éternelles ; mais c'est avec le feu et le soufre que Jéhovah détruisit les villes infâmes * ; les deux cent cinquante complices de la révolte de Coré furent aussi consumés par un feu sorti de dieu *. Jéhovah juge parle fm, s'écrie Isaîe\ et , en parlant des cadavres des prévaricateurs , il dit que leur ver ne meurt pas et que leur feu ne s'éteint pas *.
* Genèse , cb. 19, v. 24.
5 Nombres, cb 26, v. 10.
3 Isaie, cb. 66. v. 16. .
♦ Ibid., V. 24.
Mais c'est dans les Ëvaogiles que Tidée d'an enfer de feu est le plus nettement établie : caminum ignis * , yehenna ignis * , gehenna ignis inextinguibilis * ; discedite a me in ignem œternum qui paratus est diabolo et angelis suis\
Dans Tenfer, le mauvais riche est tourmenté par la
flamme ( ôJww/«at cv nî fkoyi Tavmj * ).
Toutefois les souffrances occasionnées par l'action du feu sont tellement vives et tellement familières à Teipérience de tous les hommes , que l'idée d'y voir un instrument des vengeances célestes a pu se former chez différents peuples , indépendamment de toute traditioa commune. Nous ne serions donc que médiocrement surpris de voir le pécheur égyptien condamné par Ammon au supplice de la flamme si notre texte ne nous disait pas en même temps que le juste est placé à droite par ce suprême jugement ; ce sont les termes mêmes de notre hymne des morts : Statttens in parte dextra. Au jugement dernier» le Fils de l'homme séparera les humains ; il placera les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche ; puis il dira à ceux qui sont à sa droite : Venez , les bénis de mon père ; possédez le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde ; car foi eu faim , et vous m'avez donné à manger; fai eu soif, et vous m'avez donné
« Si-Matthieu, cb. 13. 50.
< Ibid. , cb. 5 , 2S ; cb. 18 , 9.
3 Str-Marc, cb. 9, 44. etc.
^Si'Maiikieu, cb. 25, 41.
5 St-Luc, eh. 16, 24.
à boire ;fai été errant , et vous m'avez accueilli ; j'ai été nu, et vous m^avez vêtu, etc. \
Or, d'après la doctrine égyptieDoe, ceux qui échappent au feu éternel et qui sont placés à la droite d'Âmmon doiYent mériter exactement le même témoignage qu'ils ont donné du pain à qui avait faim , de Veau à qui avait soif, des vêtements au nu , une retraite à Ferrant » etc.
On voit qu'il y a ici quelque chose de plus qu'une communauté accidentelle d'idées. Dieu a évidemment inspiré les législateurs religieux des deux peuples, mais la simplicité des dogmes primitifs ne s'est conservée que chez les Hébreux et chez les Chrétiens ; les Égyptiens les ont déformés et voilés dans les complications de leur mythologie. Grâce aux progrés incessants de la science du déchiffrement, nous réussirons à porter dans ces ténèbres une lumière plus grande et à élucider de nouveaux chapitres de cet important sujet.
Les Égyptiens étaient d'ailleurs d'accord avec les Hébreux sur la prééminence du côté droit ; chez les premiers , le soleil et le jour étaient Vœil droit ; la lune et la nuit, V(Bil gauche ; c'est de la main droite que les rois
portaient le f , ou sceptre de la royauté. Chez les
Hébreux la priorité appartenait à la main droite. Joseph, voulant faire bénir ses deux enfants par son père, prétente Ménasché , son aine , du côté de la main droite de Jacob; mais celui-ci plaça cette main sur la tête d'Éphraïm, le plus jeune; Joseph, croyant à une méprise
< St-MaUhieu, cb. 25, 31 et sqq.
172 MÉLANGES ÉGYPTOLOGIQUBS.
de son père aveugle, veut déplacer la main droite poor la porter sur la tète de Méoasché ; mais Jacob s'y refuse en déclarant qu'Éphraïm sera plus grand que son frère aine *.
Ainsi que nous l'avons expliqué , le texte auquel nous empruntons cet intéressant détail est une prière contre la partialité des juges, analogue à celle qui fait Tobjet de Tune de nos précédentes dissertations *. Les craintes concernant la faillibilité des magistrats , leur partialité ou leur vénalité sont de tous les temps et de tons les lieux. C'est la préoccupation de tous les plaideurs mal soutenus par leur crédit personnel et dépourvus de protecteurs puissants. La lettre du prophète Phraemheb' montre qu'en Egypte les hauts fonctionnaires n'étaient pas toujours exempts de cette inquiétude ; ce personnage se déclare complètement affaissé; les propos colportés contre lui finissent par l'accabler.
Ici, le texte emploie le groupe n^^J^-^? duquel paraît dériver le copte kcob , debilis , infimus. C'est ce même verbe qui exprime, dans le premier texte de ce genre par nous étudié , l'effet produit sur l'infortuné par le déni de justice d'un tribunal corrompu *.
Au point de vue philologique il est très-utile de cataloguer tous les exemples des emplois spéciaux des mêmes groupes ; on simplifiera ainsi de plus en plus la tâche de l'interprétation des textes difiiciles.
1 Gmèse , cb. 48 , 8 et sqq.
« Voir ci-devant, p. 87.
3 Voir ci-devant , p. 43.
« Voir ci-devant, p. 60, dernière ligne.
Rappelons encore que c'est au grand papyrus de Bologne que nous devons principalement la preuve décisive que le chameau était connu des anciens Égyptiens '.
Il n'est pas de texte égyptien dont Tétude ne soit profitable à la science du déchiffrement ; l'inspection des textes dont ce Mémoire est accompagné montre suffisamment que le grand papyrus de Bologne ne fait pas sous ce rapport exception à la règle. On y remarquera , comme dans d'autres recueils de correspondance privée, le signe de la femme employé indistinctement comme pronom personnel et pronom possessif de la première et de la deuxième personne du féminin, et remplaçant par conséquent tantôt H , a , tantôt ^ , ^ Le signe hiératique de la femme, )^, ne diffère du signe hiératique de l'homme,^ , que par le point détaché, qui n'est qu'une marque conventionnelle et non une imitation d'un détail du signe hiéroglyphique j^- Aussi les scribes négligent-ils assez fréquemment cette marque ; c'est ce qui est arrivé dans le grand papyrus de Bologne où le signe (^ se trouve représenter les deux genres an personnel comme au possessif, et répond par conséquent à troiS ou quatre articulations différentes de la langue. Si l'on rencontrait isolée cette phrase, qui exprime un tendre intérêt et qui est plusieurs fois répétée dans nos
1 J'ai traité spéciaiement ce sujet dans mes tiu^i hizionqu^t , p. 405. Je ne donne aujourd'hui que la traduction du texte (cidevant, p. 146).
74 MÉLANGES ÉGTPTOLOGIQUES.
^rait beaucoup de difficulté à la comprendre; mais rsqu'on sait qu'elle fait partie d'une lettre écrite à uue mme , et que ^ hiératique remplace ^ , le sens Bvient évident : moi (homme) je suis plein-sein de toi femme). Cette élasticité du système graphique égyptien >t un grave écueil , une véritable pierre d'achoppement our les traducteurs ; sans doute la langue ^yptienne Dssédait des règles de syntaxe comme toute autre tngue ; mais il faut reconnaître que les scribes n'étaient as tenus d'observer l'orthographe complète des mots. l'est un fait qu'il ne faut pas perdre de vue.