D'UN TOMBEAU ROYAL A THÈBES
AU nombre des richesses accumulées dans le Musée égyptien de Turin on compte un certain nombre de plans tracés sur papyrus. Le plus considérable et le plus complet d'entre eux a été publié par M. le docteur Lepsius dans son Choix de Monuments égyptiens'. C'est une espèce de carte représentant une contrée où les Égyptiens exploitaient des mines Tl'or, a?ec indication des chemins, ies réservoirs et des bâtiments à l'usage de cette colonie industrielle. J'ai republié ce même plan avec les couleurs de l'original dans mon travail sur les Inscriptions des Mines d'or \ auquel le lecteur pourra recourir pour en avoir une explication plus complète.
Divers autres fragments de cartes du même genre ont été depuis lors mis au jour par M. Lieblein , égyptologue
^ Au9wahl von Urkunden des œgypt. AUertk. , Taf. XXfl. « Chalon-sur-Saône , ln-4'> , 1862.
i76 MÉLANGES É6TPT0L0G1QUES.
Dorwégien *. Ces fragments sont malheureusement fort petits et leur groupement sur là planche de M. Lieblein presque entièrement arbitraire. Cependant on y distingue, et ce point est très-important ^'indication d'une localité à laquelle les plans se réfèrent, circonstance qui ne se rencontre pas dans le plan publié par M. Lepsius.
Cette localité , nommée Boukhen dans les légendes conservées , correspond à la vallée d'Hammamat située entre le Nil et la Mer-Rouge ; cet endroit est bien connu pour les belles pierres qu'on y a exploitées aux temps pharaoniques et dont on y retrouve aujourd'hui les carrières. Toutefois ce n'était pas pour des carrières de cette espèce qu'avaient été dressés les plans qui nous occupent, mais pour des mines d'or dont les traces n'ont pas encore été signalées ; je crois qu'on peut les chercher en toute assurance , car il est peu probable que les filons aurifères aient complètement disparu.
Le plan de M. Lepsius portait l'indication d'habitations à l'usage du travail ou des travailleurs de Tor*, situées à proximité des deux réservoirs d'eau. D'après les inscriptions de Kouban et celle de Radesieh , qui mentionnent le lavage du minerai , on peut croire qu'indépendamment de l'exploitation de la roche aurifère on bocardaitet lavait le minerai sur place.
Selon les termes d'une inscription suffisamment complète pour être intelligible , qui se trouve en tète de
i Dewc papyrus] hiératiques du Musée de Turin- Cbristiania, 8''. 1868, pi. V.
2 Le groupe hiératique est très-indistinct.
l'an des fragments rassemblés en B sur la planche de M. Lieblein, il semble qu'aux mines d'Hammamat le travail de l'or était poussé jusqu'à la confection des lingots , ou du moins à Tétat dans lequel il était livré aux orfèvres de l'époque*.
Voici le texte de cette inscription, qui est répétée trois fois consécutivement :