‹ Mélanges égyptologiques (volume 2)Chapitre 48 sur 64 · Le roi tannou la chapelle de Sato · texte numérisé non relu

Le roi tannou la chapelle de Sato

9. Un monument élevé par Philométor 1 est couvert d'inscriptions , gravé avec le fer, orné d'or sur sa muraille, avec abondance de peintures ? avec tan ses portes, et modelées ( rwl ^ ^ ) ses images divines \

On pourrait beaucoup multiplier ces citations ; nous nous contenterons d'y ajouter les exemples qui mettent le mot tan en rapport avec Tor.

Harsiési construisit un édifice:

garni d' or , ouvré et tan-out d* or.

L'une des barques sacrées d'Edfou était ornée d'or et de toute espèce de pierreries ; elle était dans un local

TAN avec or enchâssant pierreries.

La reine Hashepsou avait fait entièrement dorer les deux grands obélisques élevés par elle à Karnak. Dans

i Mariette: Abydos, pi. 50, 9. Cet exemple donne le parallélisme:

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S Dûmichen : Kal. Inschr. , 68, c, 1.

8 Le même : Alt. temp, I , pi 95 , 30.

♦ Navllle : Mythe d'Horus , ir, 6.

5 Dûmicben : AU, temp. Inschr. I , pi. 90» 14.

les inscriptions qui décorent la base de l'un d'eux , elle dit : « J^ai donné pour cela de

for de TAN ; je ( T) ai mesuré au boisseau comme pierres \

Quoique cette étude soit loin d'être complète, nous ne la pousserons pas plus loin ; elle nous a déjà montré que l'or était employé pour tan, c'est-à-dire pour perfectionner, pour achever les monuments de pierre ou de bois » et que Tor dont on se servait pour cela était appelé or pour tan ou or de tan. C'est de l'or de cette espèce qu'on amenait des ateliers de la vallée d'Hammamat, c'est-à-dire de l'or métallique pur, et non du minerai ou de l'or en poudre. Cette longue digression ne sera pas inutile à nos études ultérieures.

Revenons maintenant à la série des plans sur papyrus du Musée de Turin. C'est encore à M. le docteur Lepsius qu'on doit la publication du troisième document de cet ordre , qui est sans contredit le plus intéressant de tous. Le savant égyptologue allemand en a fait l'objet d'une dissertation présentée à l'Académie des sciences de Berlin en 1867 \ accompagnée d'un calque soigné du papyrus , avec ses légendes et ses couleurs originales.

Ce papyrus représente le ptan horizontal de l'un des' hypogées royaux de la vallée des Rois à Thébes ; il n'a malheureusement pas échappé aux mutilations qui ne

« Denkm. 111,34, d, o.

s Imprimée à partin-4», 1867i Berlin , Imprimerie de rAcadémic.

i82 MÉLANGBS ÉGYPTOLOGIQUES.

nous ODt laissé intacts qu'oD si petit nombre de ces monuments fragiles ; sur la laideur il en manque environ la moitié, que M. Lepsius a pu rétablir en symétrisant le tracé. Ainsi restitué , le plan présente la forme reproduite dans notre planche XIII « qui réduit des deux tiers les dimensions de colle de M. Lepsius.

Les portions du plan conservées dans le papyrus sont encadrées d'une lisière du terrain dans lequel les galeries sont creusées, circonscrite par une ligne rouge légèrement ondulée qui suit les saillies du tracé et n'est évidemment pas destinée à montrer ni le relief, ni uoe limitation quelconque de ce terrain. Le terrain est figuré en couleur jaune-brique et strié de lignes alternatives de points noirs et de points rouges ; on y reconnaîtrait plutôt la configuration de roches granitiques que celles des calcaires de Biban-el-Molouk ; mais on n'y doit voir qu'une indication conventionnelle du terrain sans intention d'en signaler la nature particulière.

La fin de l'excavation est en A , c'est-à-dire à l'extrémité gauche du plan, qui se termine évidemment avec la salle E. C'est conséquemment du côté opposé qu'il faut chercher l'entrée ; mais cette partie du plan a disparu ; nous en serions donc réduits aux conjectures relativement à la disposition des premières salles de l'hypogée, si M. Lepsius n'avait pas reconnu un plan du même tombeau de trois mille ans plus moderne. Ce plan , que je reproduis sur ma planche avec celui que Tégyptologue allemand a dressé d'après les données do papyrus , a été fait par l'un des savants de la Commission d'Egypte, M. Costaz, et publié dans le grand ouvrage

de cette Commission \ Oo s' aperçoit au premier coupd'œil que dans son tracé l'artiste égyptien n'a pas tenu compte des baies des portes qui correspondent à des rétrécissements des galeries ; sauf cette différence qui s'explique aisément , les deux tracés sont presque semblables ; aussi l'identification proposée par M. Lepsius me parait incontestable ; elle devrait fournir à la science un puissant moyen de contrôle pour les valeurs attribuées à la coudée égyptienne , puisque les données du plan peuvent encore être véritiées sur place dans le deuxième hypogée de l'ouest , à la vallée des Rois ( Biban-el- Molouk). L'objet de ce travail est d'apprécier les résultats probables d'une telle vérification.

M. Lepsius a fait dans son Mémoire, auquel je renvoie, les comparaisons que rendent possibles les cotes do plan de M. Costaz, et il a trouvé que la coudée dont on s'est servi pour l'échelle du plan égyptien doit être , noD pas la coudée royale , mais la petite coudée estimée à G*" 445. Cependant les mesures de hauteur supposeraient une coudée plus longue. Mais il est peu vraisemblable qu'on se soit servi de deux coudées différentes pour les cotes d'un même plan. Il suit de là qu'un nouvel examen des lieux et une dismensuration exacte doivent être opérés le plan égyptien à la main.

Pour faciliter cette opération , j'ai voulu étudier avec soin les légendes hiératiques qui donnent les noms et les dimensions de chacun des compartiments de l'hypogée. C'est en hiératique que les architectes marquaient

« itiltgmt^sll, pi. 79,lig. 7.

184 MÉLANGES ËGTPTOLOGIQUES.

d'abord le nom des salles sur les jambages on sur les traverses des portes ; les sculpteurs les taillaient eusuile eo hiéroglyphes *.

Étaut définitivement admise l'identité de Thypogée mesuré par M. Costaz avec celui que représente le plan égyptien, nous avons d'abord à rappeler ici ce qu'on sait de ce tombeau.

Les renseignements contenus dans le grajid ouvrage de la Commission d'Egypte ne consistent que dans les figures données sur la planche 79 du deuxième volume d'Antiquités. On y trouve une vue de la grande porte d'entrée, le plan par terre (reproduit par moi), une coupe en travers et les détails du sarcophage. M. Costaz n'a pas décrit le tombeau dans son Mémoire sur.Bibanel-Molouk *.

Champollion , qui se logea dans ce tombeau lors de son second séjour à Thèbes, nous en parle en ces termes :

« Nous occupons le meilleur logement et le plus i magnifique qu'il soit possible de trouver en Egypte, c C'est le roi Ramsès IV qui nous donne l'hospitalité, « car nous habitons tous son magnifique tombeau , le « second que l'on rencontre à droite en entrant dans la • vallée de Biban-el-Molouk. Cet hypogée . d'une admi- « rable conservation , reçoit assez d'air et assez de t lumière pour que nous y soyons logés à merveille ;

i Champollion a reproduit dans ses Notices manuscrites , p. 404 et suivantes, quelques-unes des légendes hiératiques restées Inscrites dans l'hypogée de Ramsés II.

^ Description générale de Thèbes , section XI , dans Antiquités- Descriptions, tome I.

SUR m PLAN ÉGYPTIEN. 185

c nous occupons les trois premières salles , qui forment

€ une longueur de soixante-cinq pas; les parois, de

c quinze à vingt pieds de hauteur, et les plafonds sont

< tous couverts de sculptures peintes , dont les couleurs

« conservent presque tout leur éclat ; c'est une véritable

• habitation de prince , à Tinconvénient près de Tenfi-

• lade des pièces '. >

Dans rédition abrégée des Notices de Champollion^ on trouve l'indication des sujets qui décorent les corridors et les salles ; il suffit à notre but de constater que parois et plafonds étaient décorés de la même manière. Un point qu'il peut être utile de noter^ c'est qu'avant la grande porte d'entrée se trouve une avenue d'environ 7 mètres , à ciel ouvert, taillée dans la roche , à parois dressées mais non polies ; vers le haut des parois , le terrain avait été retenu au moyen d'un mur de pierres sèches.

Les Notices donnent du tombeau de Ramsès IV la distribution suivante :

Avenue à ciel ouvert ;

Grande porte d'entrée ;

Trois corridors :

Couloir ;

Salle sépulcrale ,

Et pièce du fond , percée de trois cabinets et de deux niches à offrandes.

Cette distribution ne tient pas compte de la salle qui

< Cbampollion-le-Jeune : Douzième lettre écrite d'Egypte. —Notices manuscrites, p. 473.

vient après la porte d'entrée , et donne le nom de couloir à une salie de 8 coudées de large faisant suite à un corridor de 6 coudées. On voit qu'il ne faut pas se montrer trop difficile sur la précision , même à l'égard des meilleurs observateurs modernes.

Dans ses dimensions réduites , mon plan n'a pu recevoir les inscriptions de l'original ; je me suis contenté d'en indiquer la place au moyen des lettres de l'alphabet. Je vais les reproduire en hiéroglyphes et les expliquer l'une après l'autre.

Le plan montre cinq compartiments principaux , dont le premier est incomplet ; je les ai notés des mêmes lettres que M. Lepsius : W , X , Y , Z et E. W contient 4 inscriptions. . . . a, b, c, d.

En tout 14 inscriptions.

Je vais les traduire et les commenter dans leur ordre * :

L Légende des portes.

Les salles et les corridors communiquent entre eux au moyen de portes formant enfilade , selon l'expression

1 En R, à l'extérieur du' plan et en sens inverse des autres légendes , se trouvent les commencements de quatre lignes d'hiératique qui se continuaient sur la partie perdue du papyrus ; il y est question des divins corridors et de l'orientation de certains endroits dont l'Indication a disparu. Mais il n'y a aucun renseignement précis à tirer de ce texte entrecoupé.

de Cbampoltion ; formées de montants de pierre avec lioteanx de même substance, ces ouvertures sont fermées an moyen de deux battants de bois munis de deux verrous. Il ne reste aucune trace de ces battants , à part un peu de rouille de bronze dans les trous où tournaient les pivots. Les portes des cabinets de la salle Z et celle de la salle E n'ont qu'un seul battant, et les verrous n'y sont pas figurés. Sur toutes les autres, en d, g, j et I , on lit la même légende , que nous traduisons ici une fois pour toutes :

Installation de porte.

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