‹ Mélanges égyptologiques (volume 2)Chapitre 55 sur 64 · ORIGINE ET EFFETS DE LA SORTIE DES ÉLUS · texte numérisé non relu

ORIGINE ET EFFETS DE LA SORTIE DES ÉLUS

Il parait maintenant hors de doute que le per m hrou avait le caractère d'une sortie , généralement quotidienne, hors du monde souterrain, ce qui combat les interprétations de MM. Lepsius etDevéria, voyant dans l'expression étudiée, l'un la sortie à un jour spécial , l'autre la sortie du jour, c'est-à-dire l'entrée dans l'enfer, malgré la vignette du papyrus de Neb-Khet où le défunt figure sortant à mi-corps de la tombe en face du soleil rayonnant , avec l'explication : sortie m hrou du scribe Neb-Ket. Les autres traductions , sortir au jour ou comme le jour, bien que plus vraisemblables, ont aussi contre elles que hrou, comme MM. Lepsius et Devéria l'ont fait observer, signifie durée du jour et non lumière du jour ; le mot vrai dans ce dernier sens serait shou. La clarté solaire que Thoth avait fait briller sur le

corps d'Osiris (ch. 101 , 8): ^^^^'(Denkmaeler

VI, pi. 123, passage correspondant à la ligne 6 du chapitre 64) était l'éclat de chaque soleil, et

232 MÉLANGES KGYPTOLOGIQUES.

^ \^^^^^ ^""^^ ^" ^^^^^'''^^^ (anciens Textes , pi. 7, 46 et 2, 18 ), la journée de chaque soleil, La seule interprétation à laquelle il i)e parait pas qu'on puisse objecter quelque chose , est celle que j'avais proposée en 1868, et que M. Brugsch adonnée de son côté dans la Zeitschrift (1872. juillet et août). Elle fait sortir l'élu pendant le jour , et s'accorde avec les passages où le contexte contredit les autres traductions , par exemple avec per m hrou neb ( ch. 1 , 23 ), remplaçant per m hrou, variante où M. Lepsius vent voir une faute reproduite par tous les textes , et qui se retrouve implicitement dans le souhait exprimé par le dédicateur d'un petit monument (Musée du Louvre, a, 110), d'entrer et de sortir dans la Kher - mier pour voir chaque soleil ,

^ A. £= ^J^ <=> ^^ l^. La fille de Mycérinus , peu confiante dans la protection divine , avait demandé qu'on la sortit de son tombeau pour voir le soleil une fois chaque année (Hérodote, II, 132). Le Shaî n sîNsiN exprime d'une façon moins triste Tidée que les Égyptiens se faisaient de l'autre vie dans un passage qui est l'explication la plus claire du per m hrou: Tu t'éveilles chaque jour, tu vois les rayons du soleil; Ammon vient à toi avec les souffles de la vie et te fait respirer dans ton cercueil; tu sors vers la terre chaque

jour ^^"^=^^^9^%^ (éd. Brugsch , p, 17).

Celle dernière phrase montre dans la sortie vers la terre une des faces du p^ m hrou, dont l'autre mode était , comme on l'a vu , la sortie vers le ciel : Tu n'es repoussé ni du ciel ni de là terre , dit encore le Shaï n

LE PER M HBOU. 233

siNsiN (éd. Brugsch, p. 45). Toute là doctrine sar les effets du per m hrou est contenue là , et il ne reste plus , avant de préciser ces effets par quelques exemples , qu'à dégager le principe de l'expression pour là connaître complètement.

Oo sait que la sortie le jour accompagnait la résiirrection; mais avant tout il fallait évidemment que Télu reprit ses jaml>es , et par conséquent tous ses organes » qu'il fût rétabli comme il était sur terre (ch. 1 , fin ) > que son corps ne se corrompit point (ch. 45), mais redevint vigoureux dans la Kher-neter {oh. 101, 8), que ses chairs et ses os fussent préservés des vers {ch. 163, titre ) , et sains comme ceux de quelqu'un qui n'est pas mort (ch. 164 , 15); que sa tête , son cœur , ses bras, ses yeux, ses oreilles, sa bouche, son éloculion et sa force lui fussent rendues (Todt. passim), bref qu'il ressuscitât dam la Kher^neter (ch. 140, 13). Son retour à la vie ramenait pour lui toutes les conséquences du jeu des organes reconstitués : il recevait donc des pains, des breuvages et beaucoup de viandes sur Vautel de Ra (ch. 1 , 23), des pains shenes, des boissons, des pains persen, dês grains, etc. (ch. 99, 32 et 33), du lait (ch. 125 , 68 ) , du W^' avec de Forge dans la campagne d'Aarou (ch. 156, 4), et des approvisionnements dans la Kher-neter (ch. 448, 49); il buvait Veau à la source du fleuve {ch. 436, 44; ch. 464, 45; ch. 465, 45), et mangeait auprès d'Osiris (ch. 435 , 3). Ces avantages imphqnent une existence pareille à celle que les Grecs doonaieot aux mânes dans la prairie des asphodèles , remplacée ici par le champ d'aârou ou des fleurs, si

AAROu est une variante , avec chute de l'aspiration initiale, de ^^ I ijj, ou ^^^^^ (Denkmaeler III, pi. 106, ou;^^ ^ j (anciens Textes, pi. 14, 45), fleurs, mot représenté dans aarou par le premier déterminatif de son mi, se rapportant au serpent ,8 <=> , ou à Turœus, arar, et par le second déterminalif de sens, ^.

Mais relu ne restait pas enfermé dans la région occidentale , qui rappelait trop la nuit et la mort : il revenait sur la terre, et c'était là proprement le per m hrou. Il marchait sur terre comme un vivant (ch. 31 , 12), oa était dans le lieu des vivants (ch. 136, 12), dont il pouvait

prendre toutes les formes, 0^^-^ U } (ch. 64 , 30). Il avait alors atteint la plénitude de la puissance ; il était devenu un khou parfait, [l<^; accompli, a/^ V j

ou muni (de ses avantages) Q , et formé par la réunion du corps avec son âme, qui ne l'abandonnait plus (ch. 89 , 7). Le chapitre 110 appelle en effet une des divisions de TËlysée la demeure des Khou de sept coudées de haut, où les épis ont trois coudées pour k$ momies parfaites qui les moissonnent ( ch. 110, vignette). Le khou , opposé ailleurs à l'ombre (ch. 149, 40), varie ici avec la momie , et on trouve partout le cœur ( ch. 148, 2);lec(Mi(ch. 155,156, 159, 160) ; lal(!le(ch. 162, titre); la bouche, le ventre {ch, 90, 1); les membres (ch. 130, 28) du khou, ainsi que Vombre (ch. 64, 18 et 101, 7); Vâme{ch. 100, titre, 127, 9, etc.)> et

LE PER M HROU. 235

même le ka du khou ( Denkmseler III , pi. 114 ). Le ka parait être le type de Findivida , car il varie avec ce qui représente rhomme de la façou la plus abstraite, le nom ; le défaut, au Todtenbuch, lui dit : Salut à toi, mon ka pour ma durée ( ch. 105 , 1 ), et les monuments montrent souvent derrière le pharaon son ka personnifié qui le protège et que les légendes appellent le ka royal qui est dans la tombe (Denkmaeler, passim); c'est le genius des Latins. Quant au khou, le mot qui le désigne se rattache étymologiquement au radical khou, lumière, et par suite honneur , avantages, etc. Les scribes se plaisaient à rapprocher du khou, par assonance , ses avantages, ou khou. ( Ch. 148, 12, 149, 20, 26, etc.)

f^a faculté de faire tout ce qu'on voulait (ch. 163 , titre), et de prendre, en sortant le jour, toutes les formes qu'on voulait (ch. 18, 39 et 40, ch. 72, 10, etc. ), entraînait la divinisation des élus, qui faisaient tout ce qu'ils voulaient comme les dieux ( ch. 72, 11 ) , et qui pouvaient se métamorphoser soit en dieux , comme en Ptah et en Osiris , soit en symboles divins , comme en bennou, en hirondelle , en shenti , en lotus, en épervier, etc. (Tod. , ch. 76 à 88). On disait donc du mort : Ses membres à lui sont comme ceux des dieux (ch. 99,

34 ) ; il est comme les neuf dieux , il est un dieu à

jamais ( ch. 101 , 6 et 8 ) ; il est comme un dieu et adoré par les vivants comme le Soleil ( ch. 1 36 , 1 5 ) ; t7 est avec tes dieux (ch. 141 , litre ); i7 6S( divin dans la Kher-neter (cb. 162, 10) ; il se réunit aux dieux qui sont à la suite deRa{c\ï. 100, 7, etc.)

Cette divinisation parait avoir eu Tâme pour principe :

236 MÉLANGItô ËGVPTOLOGIQUES.

le corps, membres divins (du Soleil, ch. 133, fO), était divinisé par son âme , "^^ ^^^^^1 "^ { TOi.TÏ^*^^^^ (Shaï n sinsin, éd. Brogsch, p. 18). L'àme, qui sortait après la mort (ch. 154 , 5), rendait en effet la vie ao cadavre quand elle revenait se poser sur lui , ce que les scènes funéraires symbolisaient par Toiseau apportant à la momie l'hiéroglyphe ankh ( ch. 89 , vignette ). L'attention extrême que l'on mettait à conserver le corps par l'embaumement prouve qu'on le croyait dans le principe nécessaire à la vie d'oulre-tombe; mais on fut bien vite convaincu qu'il ne quittait pas l'hypogée, et son rôle actif passa à l'âme : c'était à l'âme qu'on ouvrait la chapelle funéraire pour sortir le jour et être maître de m jambes (ch. 92, titre). Le Todtenbuch dit : Uàme (du khou) sort le jour avec les vivants (ch. 148, 4) , m ombre est un dieu avec les hommes (cfe. 101 , 7) ; son âme vit à jamais et ne meurt pas de nouveau dans la Kher-neter (ch. 130, 29), et le Shaï n siusin, dont cette doctrine fait le fond : Ton âme sort au ciel chaque jour (éd. Brugscb, p. 19) , et marche où elle veut (id., p. 24). Le serpent à deux jambes humaines qui illustre le chapitre 74 pour ouvrir les jambes et sortir de terre y est figuré au chapitre 163 avec le disque solaire, et avec les cornes de bélier qui désignaient l'âme: c'était l'emblème de la sortie du soleil" nocturne , dont la marche avait sur les sarcophages le serpent pour type.

Ce fut sans doute cette indépendance de Tâme vis-àvis du corps qui , en s'accentuant, fut cause de l'extension prise par les textes se rapportant au passage do défunt dans ta bari solaire; il y esl introduit sous le Bom

LE P£R M HROU. 337

de khoUy mais le sens du mot khou dot iocliner vers celai à^dme, car il n'est pas probable qu'on se soit, par exemple, représenté comme une momie ce khou qui hantait la fille du roi de Bakhten. C'était en effet l'âme et non le corps qui accompagnait le Soleil ; le chapitre 130 ( titre ) faisait vivre l'âme à jamais , et la faisait entrer dans la barque de Ra. Inscris, dit aillenrs Ra à Tbotb, son âme pour sortir et pour entrer dans la barque de Ra; son corps restera dans sa demeure (ch. 129, 9). Si la terre est le lieu des corps , le ciel semble au contraire celui des âmes, et c'est évidemment pour cette raison qu'on attribuait quelquefois à chacun des élus un astre au ciel (cb. 101 , 7 et 164, 16).

Une théorie finit même par s'établir sur la séparation de l'âme et du corps» et sur l'assimilation du mort au Soleil et à Osiris ; elle avait pour formule la phrase souvent répétée et appliquée à l'homme comme aui dieux : Son âme est au ciel, son corps est dans la terre. L'âme céleste ou Ra revenait chaque soir se coucher dans le corps terrestre ou Osiris (fj-œ>-, le séjour de Vœil d'Horus ou du ciel)» et de même l'âme du défunt, s'élevant au ciel avec l'astre, quittait et rejoignait son corps tour à tour. Cette doctrine n'apparaît bien nettement qu'après l'expulsion des Pasteurs , mais sur les sarcophages et non dans les compositions, généralement antérieures , du Livre des Morts, où elle ne pénétra qu'à peine. Un texte important^ qui lui est consacré en tête d'un exemplaire de la bonne époque (le papyrus sans nom de la salle funéraire au Louvre ) , n'a pas pris place dans le recueil , et , à part le chapitre 163 qui appartient

238 MÉLÀiNGES ÉGTPTOLOGIQUES.

à un supplément peu aucien, on la retrouve seulement dans quelques chapitres, surtout dans ceux qui paraissent avoir été retouchés ou composés à une date assez récente ; ce sont les chapitres 83 et 127. Le premier, où figure le dieu thébain Khons, intitule le bennou cesqtMre hiers (sans doute les quatre âmes divines), les sept urœus , et le grand qui brille dans le lieu de son corps (I. 2); le second , d'un style redondant, et qui joint an mot anr, vallée, l'article ta (1.5), fait dire à Télu: Je m'élève en âme vivante de Ra au ciel (I. H ), 'et l'ôw^ d'Osiris se repose en lui {l. 12). Osiris, le khou par excellence (Asar Khou neb ankh, ch. 149, 20) , était appelé Vâme du Soleil et son corps même ( Cbabas : Un Hymne à Osiris), et le nom de gabbaras donné aux momies (Parthey, Vocabulaire copte, p. 581) pourrait trouver là son explication: Kha-ba-ra, le corps et l'âme du Soleil.

L'ensemble des textes, en effet, montre une certaine tendance à l'absorption des mânes dans la divinité sous sa double Torme. Les momies, dans le sein destructeur

de la terre , souvent alors appelée Sel , ^^^, s'identifiaient avec le dieu mort ou Osiris au point de prendre son nom et de recevoir comme lui le Soleil au -dedans d'elles , ce qui fut sans doute le motif pour lequel on disait assez fréquemment, en parlant d'Osiris , les corps mystérieux. D'un autre côté, les âmes qui accompagnaient le Soleil diurne pouvaient également se confondre d'une manière plus on moins métaphorique avec l'astre lui-même, ce qui ressort de plusieurs passages do

LE PER M HROU. 239

Todlenbuch cités plus haut. L'espèce de fusion indiquée

là était surtout affirmée des pharaons , qui occupaient

une place d'honneur dans la barque divine et dans la

mythologie égyptienne, ainsi qu'on peut le voir sur les

sarcophages et au Todtenbuch (ch. 17, vignette, et

ch. 425 , fin). A la grande époque de leurs conquêtes

notamment , les rois d'Egypte passaient pour couronner

leur destinée en s'unissant à la divinité, comme plus

tard les empereurs romains, et l'expression la plus

claire de cette croyance qui a laissé sa trace jusque dans

les livres hermétiques (dernier fragment), se rencontre

dans la remarquable inscription de Qournah publiée par

M. Ebers. M. Chabas a eu l'obligeance de me signaler

le passage qui s'y rapporte, et le traduit ainsi : //

(Thothmès III) s'éleva au ciel et s'unit à Aten, suivant

le dieu et se répandant pour se faire l'illumination de la

terre ; devenu Aten , brillant au ciel fécondé. La curieuse

apothéose du nom d'un Ramsès dans le disque solaire ,

copiée à Biban-eUmolouk par Champollion (Notices

manuscrites), illustre en quelque sorte l'orgueilleuse

prétention des fils du Soleil. Aménophis IV, sorti des

rayons du disque, avait été fabriqué ( par le dieu ) avec

ses propres rayons pour accomplir la durée du disque

qui navigue au ciel ( Denkmaeler , III, pi. 107).

Ramsés II, dans la stèle des Mines d'or, est appelé

Vimage vivante de Ra , surnom du reste très-commun ,

et le sens de cette désignation , qui faisait du roi le dieu

manifesté temporairement ici-bas, apparaît tout entier

dans le culte qu'institua de son vivant à son image

vivante sur la terre Aménophis III, dont un monument

240 MÉLAMOfiS É6TPT0L0GIQUES.

du Louyre (c 54) montre le cartouche ailé remplaçait le Soleil qui figura presque toujoors en b^ut des stèles. L'analyse du per m hrou et de tooles les eaipressions qui l'accompagnent d'ordinaire permet d'entrev^r maintenant la marche qu'a dû suivre la cooceptioi) égyptienne de l'autre vie. D'abord le défunt , grâce à l'efficacité des cérémonies accomplies par lui ou en sa faveur, des textes sacrés qu'il possède et du jugemeot qui le fait véridique^ ressuscite, reprend sùb orgaaes, et, devenu immortel, jouit de la béatitude dans le monde souterrain , où il se construit une demeure. Mais THadès, séjour des mânes pour toutes les mythologies primitives, était aussi le royaume désolé des ténèbres, et l'on finit par ramener les morts sur la terre {per m hrou ) pour y recommencer la vie diurne avec plus de liberté et de puissance, et même avec la faculté de prendre toutes les formes possibles. Si ce n'était pas la métempsycose , comme l'ont cru les Grecs , c'était da moins le passage de la personne humaine dans plusieurs corps en quelque sorte éphémères , et par conséquent l'abandon fait momentanément par elle de son corps véritable. Il ne pouvait en être autrement , puisqu'on savait que les momies , d'abord regardées comme indispensables à la résurrection , ne quittaient pas le monument funèbre. De là vint une nouvelle manière de voir qui fit rester le corps dans la tombe, tandis que l'âme, plus dégagée de la terre et divinisée, s'élevait au ciel pendant le jour avec le Soleil, pour rentrer avec loi dans l'Hadès. Il faut remarquer cependant que les âmes n'étaient pas immatérielles , puisqu'elles bâtissaieni (ch.

LE PER M HROD. 241

124, 1 )» et que, d'après le tombeau de Séti P^ elles vivaient de pains et de végétaux ( Sharpe et BoDomi , pi. 44, A). Là s'arrêtent, au moins dans le Livre des Morts , les théories égyptiennes sur la destinée des élus. Si je n'ai pas complètement réussi à les mettre dans un jonr vrai et à dégager le sens réel de l'expression qui les résume , j'espère en avoir rassemblé et résumé les élémeDts principaux et avoir facilité la tâche des savants qui voudront me suivre sur ce terrain difiBcile.

E. Lefébube.

Paris, le iO Mars 1873.

TRADUCTION TÏDOTELLE DU PAPYRUS ÉAGIQUK HÂRVIS

En 1860, f ai publié à ChaloD-sur-Saône le fac-siioile et la traductioD d'uD papyrus hiératique proYeuaut de la collection de M. Harris, d'Alexandrie'.'

A celte date , sauf le petit nombre de testes hiëi^bgtypbiques publiés par M. Prisse dans ses Mom^U égyptiens pour faire suite au grand ouvrage dé €&àmpollionS aucun ouvrage d'hiéroglyphes h'aVart Ôtfe flib en France à la disposition des adeptes de la méthode; il n'existait aucune publication de manuscrits hiératiques. Étudier Pégyptologie , c'était alors , mème^i Paris, utoe entreprise hérissée de difficultés. En province/ eétfe étude était avec quelque raison considétêe ctilnin^ impossible.

l^ai pu surmonter ces difficultés , vaincre cette impossibilité, et depuis lors tous mes efforts ont tendu à

1 Ce ptpyrus kài ai^urd'bui partie des GOllecUoas du Nuaée Britannique.

2 Ce grand ouvrage ne contient qu'un nombre restreint de textes généralement mal copiés.

épargner aux nouveaux adeptes le pénible travail qui a été mon lot obligé et les longues heures de découragement qui ont failli m'arrèter sur le chemin de la science. Le Papyrus magique Harris a puissamment contribué à changer les conditions de l'étude. Aussi cet ouvrage fut-il acoji}^|,^T(^4^v^|r par .J^a .|()i$j^ip|6s. ^b^ Chai]Oipo|Uon. Malgré les grands progrès réalisés par la méthode pendant les treize années qui se sont écoulées depuis son apparition , il est encore aoiooriTlnïtïrune grande utilité.

C'est ce livre qui a fait connaître l'usage fréquent qoele^ anciens Égyptiens faisant (^a formulas mystiques pour écarter les dangers, prévenir et guérir les maladies, consacrer les talisi^^^ns^i etc. Comme ces sortes de fQrDQjulQs sqç t. empruntées à la doctrine sacrée ^ on y renç^ntre^ ^jpurs des alluS;iQps ^px points principaux des cr^uces et aux événements de l'histoire mythologique^ pan^ le Pajrj/rm J^agique, en particulier, se troa?|^p(. récusées les idées fondamentales delà religiqn égyptj^i^pe.; on,y rencontre aussi quelques faits jusqu'aJ[ors iaçojpnus ^e la grande guerre du dqalisme.

M^ première traduction, ,« q\)i date pour ainsi dire de me^ débuts daus l'égyptologie , est fort eo retard sur les progrès de la science. Les rectifications partielles que j'ai jp^ijibliëes sont éparses et d'ailleurs insuffisantes. U me semble nécessaire de la refondre entièrement, d'autant plus qu'il y est encore fait de fréquents emprunts.

J'ai du reste peu de chose à ajouter sur le sujet des textei) magiques. Pour le texte et pour see développements je renvoie à mon premier ouvrage, me bornant ici à un petit nombre d'observations et de justifications

244 MÉLANOeS ÉGYPTOLOGiQUES.

philologiques. Le préseoi méflEioire doit être conaîdéré comme une simple addition à ce premier ouYrag^.

Traduction du Papyrus magique Hari^is.

PLf» Ug. làljg. 6.

Hymne au dieu Shou.

Salut à toi , l'engendré de Phra ,

Fils aine issu de ses membres ,

Élu par lui dès avant sa naissance I

Le valeureux I II est le maître des existences ;

Renversant les impies au jour de chaque jour.

La barque fait voile', le cœur joyeux" ;

L'arche est dans l'allégresse.

Ils' voient Shou , fils de Phra» triomphant ';

11 a donné de sa pique contre Tenneini de Ra '.

Il navigue vers le haut du ciel chaque maim.

Tarné repose sur sa tête ;

Elle donne sa flamme contre son ennemi ,

Afin de le réduire au non-être.

i II 8*agit de la barque qui transporte le soleil autour de l'Océan céleste. Tant que cette navigation s'effectuera régulièrement, notre univers subsistera. C'est pour ce motif qu'il y est fait de si fréquentes allusions dans les bymnes et les prières.

s Dans cette phrase le t^n:;! est paragogique.

9 Ce pronom représente l'équipage éMn de la barque solaire.

* Étant justifié, c'est-à-dire ayant triomphé de ses adversaires.

^ Pans le texte le point rouge séparatif est mai placé. ^*^

SabfiUtnt de Ra\ à la grande puissance magique * , Comme l'enfant sur le siège de son père '• Sa personnalité repose dans la personnalité de Ra. Il est TaJimentation abondante^ qui est en lui {en Ra). Il lui a fait un titre héréditaire '.

Dans les écrits du seigneur d^Hermopolis, L'écrit du roi Phra-Harmakhou , Dans le pylône de la double demeure d'Héliopolis , consigné , ciselé , gravé par écrit , Sous les pieds de Phra-Harmakhou *

s Le nom de la déesse Oer-hahaou a cette signification.

3 Venfant sur le Hége de son père , c'est Honis réintégré dans la possession de la royauté d'Osiris ; c'est la perpétuité du droit triomphant de la ytolence. Cette image est des plus fréquentes.

comme son père Ra , le créateur immédiat des substances qui servent à l'alimentation des êtres. La végétation ne fonctionne que par la lumière et la chaleur» et les animaux ne vivent que par la végétation.

5 "jr^^ ! I I se traduirait littéralement : Vécrit, le titre de

ce qu'il y a dans la maison. Cette expression désigne dans les textes la propriété, le patrimoine et le titre , qui les constitue ; c'est à la fois fa propriété et le droit. Phra a établi et consigné ce droit de son fils Shou dans les livres sacrée attribués à Tboth , et la pièce qui va suivre est le texte même de cette attribution à Shou de la personnalité de Pbra. Un texte attribué à une telle origine divine était bien choisi au point de vue du pouvoir magique.

6 La plupart des livres sacrés passaient pour avoir été trouvés sur les bases des statues des dieux des plus anciens temples ou dans les fondations ou dans l'épaisseur des murs de ces édifices. Des traditions analogues existent en Chine ; on dit, par exemple , que la première

246 MÉLANGES éûTPTOLOGIQOES.

Il le fera passer de géDérition en génétàtioo^ poor les siècles et l'éternité:

PI. 1, lig. 8, à pi. 2, lig. 3.

Hynme mnf09é par Phfa^Hmmakhmi pour le dieu^Shon.

Salât à toi , fils qui e^ (celui) de Ra ^ Engendré par Touw lui-même , , ,

Formé de lui-même ; . ,

N'ayant pas de mère*.

Véritable seigneur de la double vérité', Dominateur qui est le dominateur puissant des (tieùx, Qm coûduit rOBllde son t>ére Ra \ ' * -^ ' ' On lui présentelesoblationsi, â âeéitoàfh^V'à tûi-inèibe \

copie da Lun-yu ou l'ancien Lun-yu a été trouvée dam un sur d« la maison et Gonfacius (Paatbier i Mûnain iwr VÀfUiquHé «fttiioiif , p. 66h

iUUénl'.&ufitihèonfiU.

s Le texie «iprime ici l'Idée de l'éternelle géuéiiâtfon de ûïm par lui-môme ; Sboa^, gti est le Soleil , m dit ils de Ba et engeaë/é par Tonm. Maie Ra etT4Miffi iie9(Nitails9i*qiedë8 homs du «dMl. Censé- ^oemaent, Sboo, forme âivine «onsidérée comme dfeo'Uttk^,

est formé de lui-même et n'a pas de mère: ra '^^V^vl

égyptienne sur la nature de Dieu.

3 C'est le Utre du dieu qui récompense les bons et punit le méchants.

* C'est-à-dire : qui préside h la course du soteil, ' '

X**^i-^-=i I I I * signifie que c*b«1 a Sliou que

s'adresse le culte des mortels.

Digitizecl by

TRADUCTION DU PAPYHUS HAQIQIJE HARRIS. 347

G'estJui qui cal«iç la Graode-{)é€i$s6 daû$ sa fureur \

Qui soulève le ciel et le mamtiient de ses propres maios'.

Tous les dieux sont devant lui dans ud respect religieux.

Le roi de la haute et de la basse %ypte Ra-diou^si , ?.-s..f. *.

C'est le dieu cjui flit la première fois.

Tu remplaces au matio son Œil sacré dans Od> afin d'abattre rennemi devant ton père \

Tu fais voguer la barque divine en paix; ses nautOQDiers sont dans la joie ';

Tous les dieux sont en acclamations, en invocations l^sgu'ils entendent ton nom*

f G'«6t-à-dire: Qui calme la tempête et fait eeeeer lee flétPux, < i La cetaaiUn du> cbaos éale da sOQlèveiueDt du dM , qui est attribué à Shou par le Rituel comme par le Papyrus Magique. Ce dieu soutient le ciel de ses mains et oenserve Nbre Tespaee dans lequel s'effeetueot les BMHivenieDts 4t notre uniTets. Le mythe d'AUas a puisé sou origine dans l'antique do^rine égyptiennei

dtSbou a été i'pn 4f».ffiJa4es43rBaalifis<4trinea;. il était cotiséqumn^nf regardé comme^run 4e$ divine foadKtwrs de la monarchie égfptlennir. Son cartouche, tel que le donne notre papyrus

GSDI-

Ra^hou-si, littér. Rashoi^file^ pour Shau^filf de

Ba , nous fournit un excellent exemple dii déplacement des signes da^ les noms royaux.

* L'absence d'une particule ablative en français est extrêmement gênante pour les traductions. Le texte exprime ici l'idée : pour abattre f ennemi, afin qu'il n*attaque pas tan père, to heep the foe down frtm thy fatiiêr.

s Voir les notes 1 et 3 ci -devant, p. 244. .

248 MÉLANGES ÉGTPTOLOGIQUES.

Ta es plus mystèriemc , plus grand que les dieax , Eo ce nom , qui esl le tieu , de Sbou fils de Ra.

Adjuration au crocodile.

Arrête! crocodile Hakou, âls de Set! Je suisÂohour, seigneur du glaive ' !

Pt. 2, 2, à pi. 3, 5; Litanies de Shou\

Tu es plus mystérieux , plus grand que les dieux ^ En ce nom , qui est le tien , de Shou fils de Ra.

Tu es plus grand , plus ancien que les dieux , En ce nom , qui est le tien, de déesse Aa-oer (^trèsgrande)'.

i Les eonjaratlons autorisées par l'Église procèdent de la mtoe manière V invôcsttion de dieu, mention de sa pui^rsance et de ses perfections, commémoration des circonstances dans lesquelles^ eétfe puissance a élé manifestée, puis adjuration an démon, à la grêle, aux orages , etc. Le symbole des apôtfes élâlt quelquefois récité datis ces conjurations, I

s Je crois que c'est par erreur que le scribe a compris dans rbyoïne précédent le premier verset de cette Utanie. Je le répète ici à sa place légitime.

3 On volt que le dieu Sbou est le môme personnage que la déesse Ào-Otr ; les noms des dieux . le sexe qui leur est attribué , lesrs titres variés ne sont que des formules qui se confèndent daas fimiié et l'impersonnalité du dieu unique.

TRADUCTIOï^ Dr PAPTRDS MAGIQUE HARRIS. 249

Tu es plus dievè que ler ciel pat ta double plume , Eu ce Àotn, qtii est le tien, de dieu qui élève la double plume '.

Tu viens ici sur tou pavois , En ce nom , gui est le tien , de dieu élevé sur ton pavois.

Tu conduis le ciel supérieur avec ton sceptre *, En ce nom, qui est, Iq lien ^ ^e Anbopr {conducteur du ciel).

Tu dissipes la tempête , tu éclaires la nuée obscure, En ce nom, qui est le tien, 4^.. 4'^^ %^\ dissipe la

tempête.

Tu repousses le crocodile qui sort de l'abime , En ce nom^ qui est le tien , de dieu qui repousse les crocodiles.

Tu te munis de ta pique pour percer la tête de rimpie ,

En ce nom , qui est te tien , de dieu muni de ses cornes.

Tu Frappes qui s'approche ,

En ce nom , qui est le tien , de dieu frappant des cornes. 1

i Les Goiffares des disax ont un sens symbolique. CeUe du dieu Shou ou Anhour est s'^montéejde deux longue^ plumo^ accolas , [Ht

* j^^^. ^■»'^/\maoii<; ce mot a eu plusieurs acceptions; divers textes montrent qu'on a appelé ainsi une arme à mancbe de Jbois, un épieu.

250 MÉLANGES ÉGYP10L0GIQ0BS.

Pins antiques tes aetis qae (oevides) imn , Ed ce Dom , q«i est le tien , d& dieu qui est dans! Teoi (ThÎDÎs).

Le soleil a eommeiioé à toneomamioemmitv Eq ce Dom , qui est te tiéti y de Sfaou filsde Ba/ *

Tu saisis ta pique et abats les impies ,

Eq ce nom , qui est le tien , d'Horus-Teàia.

Tu as détruit ^iniquité de To-kbenti \

En ce nom, qui est le tien , de double siège de Ra.

Tu massacres les Men et les Sati ,

£n^ ni(H|a, qpi est la tien, de jeuoe.^në. ,^, ^

Ton nom est plus puissant que les dieux', m» » H En ce nom, qui est le i\éxi\ de dieto'qtil 6std4bs la bari. "- ■

La jeunesse qui vient de tes narines e^t dans le circuit de la Tbébaïde , .Ea ce nom » qui est i# .tien , de jaqne «ioé*. .

Tu tranches les têtes des impies , ^ ' ^ ^^ o". En ce nom, qui est te tien , de seigneur deë îiiimalations.

« Le» vtxit^ dlSdroii publiés nt M. l^vfnepârMld'uii Ue« i

£f ta

# (pL $X , 9), Dans noire texte il s'agit probablement do mâoK

lieu. <ni1 est en n^[iporta?ecl6niyâied'HMrti8.

251 TRADUGlSOei ou PAPTBUS IIA«IQU£ HARRIS.

Tu animes ta barfoe d^op feat favoPAblet* ! Ed ce Bom ^ qiû est le tien » cto dé^se M^i^- i

0 (toi)« cet être qui a formé sod corps !

0 seigneur unique sorti de Tabinie oéleate !

0 matière ' qui se crée leUo-iDfta^ t

0 dieu qui fait cette matière qui est en lui-même !

0 dieu qui.a foripé son père et fécondé sa mère!

ÏM.3Vllg. 5à'|}g."10V ■'- ' id/tira^îon atia? dieux d'HermopoHs,

Salut à voàs, A ttinq^ dteui ' grands qnit^ôtes sortis d'Hermopol^l .■ . j .,. ^;^ ., ,, . , . , ,j.,.,. ,,, , Qïii .n'éte& poiywt a# ciel , .j, ,, , , .,

Qui n'êtes point sur la terre , Et que nulle clarté n'éclaire , Venesiàmof! ' '■''" l ^ ' ' '

« Ici ledief&'Bfaou-id6tettODré'iâëQiÙl4 àvéèlde déMiet''U¥<Jbction qui lui est attribuée par le verset est amenée par l'homonymie entre

^I^, ma . U vent, et ^^^T^. ma.,nom de la^éesse

Vérité.

> jf y , 20Y, hou, se dit principalement des substances

alimentaires. Le texte identifie Sbon avec la matière première apparaissant à la surface des eaux primordiales ; mais il explique que le ékm a ùtéé celle uAtidre «re«r laquelle II se opplonâ. S'U y a une génération divine , c'est que le dieu a lui-même créé son père et fécondé sa mère, tes Égyptiens se plaiisalent'à èonsidérer 'ftieu dans ses manifesuttons , daoB aee^formei s#«0Qéa4res ; 'Ils s'an^ient rarement à le contempler dans on mi^estueux isolement au-dessus de l'humanité et en dehors de notre univers.

Examinez poor moi le fleuve ; Scellez ce qu'il coDtient ; Ce qnî est plongé , ne le laissez pas passer ; Scellez les bouches! scellez les bouches! Murez les bouches ! murez tes bouches ! Comme est scellé Tarcane pour les siècles ; Comme s^éclaire la terre à l'orient ; Comme est scellé le (il du glaive d'Anata et d'Astarté, Les deux grandes déesses qui conçoivent et n^engeodrent pas.

Elles sont scellées par les Horus ; Elles ont été créées par Set.

Par ce qui est au ciel , Mettez en œuvre votre action salutaire I

PI. 3,lig. 10, à pi. 4, lig. 9.

Adoration d'Amnon-H(Mrmakhou,

Adoration d'Ammon-Harmakhou , qui s'est créé Ivi-

même , Qui a préparé le monde à son commenC/Oment , Composée par les Sesennou du Pauti-ape pour adorer

la majesté de ce dieu Ammon-Pauti-ape brillant sur

Tabime céleste de la déesse Noo.

Ces paroles se disent sur Teau et sur la terre ; Salut à toi l'unique,

i Ce sont les cynocéphales sacrés d'HermopoUs. Paat-ape est un titre d'Ammon signifiant dieu double de la prefnière foie.

Qui s'est formé

Long el large sâDs limites '.

DoiQiDâteur accompli , qui s'est enfanté lui-même , Grandes uraeus enflammées ' ; Puissance magique aux oeuvres mystérieuses; Âme mystérieuse qui a créé sa dignité redoutable; Roi de la haute et de la basse Egypte Ammon-Ra , v.-s.-f. , qui existe par lui-même.

Khou-ti {double horizon), Horus de l'orient ' ; Brillant, illuminant» éclatant. Lumière plus bienfaisante que les dieux , Toi qui es caché dans l'ancien Âmmon.

Dans tes phases tu te développes * en disque solaire. Dieu TotnenS qui es plus ancien que les dieux. ,. Vieillard rajeuni, conducteur des siècles! Âmmon! qui subsiste en toutes choses*!

C'est par son œuvre qu^'a commence le monde.

Viens à mol , ô seigneur roysil Ôes dieux !' Détrais pour moi tout niai.

Tout danger provenant du fleuve.

< C*est-à-dire : infini.

2 L| serpent urœus est un symbole de lâ redoutable puissance de Dieu ; c'est pourquoi il se dresse au kôni des rois.

' Ces deux qu^liflcations forment le npm de Hartnakhou, Hofw de$ deux horizons ; Harmachis des Grecs.

* L'égyptien , pius souple que le français , a pu dire : Tu te (fisqtdfies en disque solaire,

s Totnen est un surnom de Ptah.

6 Cette déflnitîon constitue un véritable panthéisme.

254 MÉLANGES ÉGYPTOLOOIQUES.

Retod^Mes {kOUf moi comme It^ eaiffoms^rle bbêttifi; Gamibe des t^Èovk depDtet^{inès de$ enisines^''^

C'est ce que disent les Sesenooii du Pauli-apè. et les Oerou, en adorant le dieu qui est avec eux et dont les os sont d'argent, les chairs d/or et le dessus de sa tète en lapis vrai.

PL 4Jig'. 9, ipCe, \]g,^':'

Les Sesepnou disent :

0 Âmmon qui se cache dans la prunelle de son œj|,' ! Amçq^i brille.dîin^, son oeil sacré t, . ^ ^ ,, Merveille , aux formes saintes et inconnues ! , , | , . La lueui;,c^e, sftç formes le ypilç de^^ps.cilaft^s,. , ^^ , , Mystère des mystèr.e^i dppf | ofit ,ne peijiit coppallife 1^

mystère.

Hommage à toi au seifl de Non f . »

Véritablement tu as enfanté les dieux. ' ^

Les souffles de ja déesse Ma sont dans^ tôn^anctuaffe

mystérieux.

Ravie est la mère la déesse Merôu *, ' ' .

(Lorsque) tu émets les rayons de la lumière ; ' '

• , i C'est-à-dire comme les objets les plus inoffensïfs qui sa rencontreilt sur lé chemin, t C'est-à-dire dans l'astre solaire, .

3 d^ nom deMérôuf ^^^Kl ) <ïonné au principe féminin de Ui divinité, «e retrouve au RUoefet. au Calendrier S^Uier. A

Denderah il est écrit

TRADUCTION DU PAPTBUS .SIAGIQUÇ BARRIS. 255

TQ.#ftYeio^p^la9 aoade^ de ^.o)a,rt(èr juaw'à. ce.4im tQ joigne ' œtte moq^tgae qm est daos h xi^m d'Aker*.

Diea aqx faces adorables , les animanx ' (eux-mêmes) l*adorent ; *

Les entrailles de l'animal sauvage * sont émues

Aux passages de ta bari dans la montagne cachée ^

Les esprits de Torient te félicitent ;

Ils révèrent les clartés de ton disque /

Les esprits dtr Khen t'aidresseni de»«cclamàtions

(Lorsque) ta lumière luit à leurs faces.

* ■ ■ .(i . . ' .-^ Tu viens au sommet d'un autre ciel où n'est pas ton ennemi ; . . . • , . , . ,. .

Il n'y a que le feu de ta chaleur (dirigé} 'cbnlrèf le monstre Ha-her\ .

Les monstres rouges * observent l*eau de ta baH. Tu disposes do monstre Ebotit-Ounti \ . . •

< Lepointroageesl mal plateé,dMi3 letexl^.. .. ' , ..;;(.;:. s L'occident, l'enfer.

' Tn==r lïïjT j^'Vi^» tikwAa. Le dfferminalif est un chien. ' ♦ C'est-à-dire : Lorsiiue tu te couches h V occident.

^ Ce nom signifie serpent h la tête par derrière. C'est une des nombreuses personnifications de l'esprit du ma). '' Pendant sa guerre contre Horus, Set s'était changé en hippopo-

tame rouge, [HO^^. C'est à cette transformation du génie de la

destruction que notre texte fait allusion.

8 Ce nom doit, p^ut-étre être déco^oinsé eômmf je Vai fait dans ma première version. Quoi qu'il en soît, il s'agit toujours d'une des nombreuses transformations du dieu de la destraction dans sa lutte contre le bon principe.

356 NÉUNOËS ÉGITPTOLOGIQUES.

Noubi lance ses flèches contre l^i;

Il saisit le ciel et la terre dans sa tempête,

Sa force magique prëvapt pour détruire son ennemi.

Sa pique est l'instrMineQt du supplice pour le. monstre Oubn-ro\

Aker ' le prend et le surveille ;

Il le saisit et le fait rentrer dans sa prison.

11 lui dévore l,es deux yeux , et c'est son grand triomphe sur lui.

Une dévorante flamn|e de feu le consume ,

Elle commence à sa tète et finit à ses pieds ;

Tous ses membires sont^grillés pax son feu. Tu fais avancer tes nautooniers avec un vent favorable; ■ ■ ■ . . -^ ' . , ■

Les flots sont calmés sovs toi , Ta bari est dans Tallégresse ; ' ' '

Libre* est ta voie, ' i. ■ /

Depuis qiie>ta as étottfé^^t auteur du «lâl \

i Ce nom signiQe : lumineux aeboùcKe.

s Ce DDmdii^ln serencantréf {AMeuN fols au ftliod (tbtfé». , i08. 8 ; 111 , 4; 149, 17. Mariette : Abydo9\\ VU). Mfléilgneian^xâfiktw des vengeaDces du dieu solaire.

s Littéralement , large.

wm2«4 * Jo ^iià». U Ipf me Oa Valide .OWnowr tr^f est tris-finguiièie, «et bynme nUtte là MrtigtaUéft qaoUdf^iBié du soleil sur l'Océan oélesle, navlgattoti à la^Éefle «st attachée la conservation de notre univers ; le génie du mal , le dieu He la destruction, empruntaiil la flgore de divers monstres, tèïid cbnUnuellement des p^es au dieu , aao dé mettre iobstaélê à sbti beuvte conservatrice et d'entraîner la destruction dit inondé. Hàfs^le dieu triomphe continuellement de son éternel adversaire.

Vc^oez , astres Sekou t

Voguez , astres lampes , qui voyagez avec le vent !

Toi , tQ es la conche du ciel , embrassant ta mère \

En arrivant à Phorizon de Toccidenl.

La terre étend ses bras pour te recevoir ,

(Toi, r) adoration de tous les êtres !

Viens à moi, 6 seigneur des dieux !

Ëcarte de moi les lions venant de la terre,

Les crocodiles venant do fleuve ,

La bouche de tous reptiles mordants sortis de leur trou.

Aéjma^iim aux crocodiles:

Arrière ! crocodile Makou , fils de Set ! Ne vogue pas avec ta queue! N'agis pas de tés bras !

N'ouvre pas ta gueule !

Que l'eau devienne une flaume de feu devant toi ! L'arme des soixante-dix-sept dieux est à ton œil ; Tu es lié au grand aviron de Ra ; Tu 6$ lié à rifi^tant aux quatre crochets de métal *, à Pavant de la barque de Ra. '

« Chaque soir, le SoIeU se perdait dans le sein de sa mère la déesse Ncm, qui est le ciel ou l'abîme céleste ; il la fécondait, et obaque Q^Uikétaili eaijwté par elle pour recommencer sa naTigation diurne. Le lieu ob s'pffectaalt cette fécondation est appelé le meskhen ou le me^OL du ciel.

s Bans les tableaux du mytbe d'Horus à Edfou, le mauvais principe, figuré sous la forme d'un hippopotame ou d'an crocodile , est lié par les pieds au moyen d'une chaîne.

258 MÉLâNGBS ÉGYPTOLOGIQUfiS.

Arrôte-toi , crocodile Makou , fils de Set ! Protège-moi > Ammoo , mari de sa mère !

Ces paroles se disent sur une image d'Ammon à quatre tètes de bélier sur un seul cou, peinte sur argile, ayant un crocodile sous les pieds et des Sesennou placés fi sa droite et à sa gauche lui faisant adoration \

Suite de chapitres pour charmer Veau.

De pi. 6. lig. 10, à pi. 9, lig. 42.

PI. 6, lig. iO.

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