‹ Mélanges égyptologiques (volume 2)Chapitre 8 sur 64 · ACI^OT · texte numérisé non relu

ACI^OT

flj il -^ ', UA2AI«OT, copte U2AT.

ori^ aOa* ^® "^™ ®®* emprunté à la fiction qui Dite le défunt au soleil.

Y I U U p... Ce mot est quelquefois déterminé par la pyramide raire. Les papyrus Rhind lui donnent pour équivalent 21) , c'est-à-dire la grande salle. C'est la salle principale, celle où déposée la momie ; elle se trouvait ordinairement à l'endroit le profond de l'hypogée.

La demeure d'Àmenhotep du Kamou. Ce temple d'un Àménon'est pas connu.

> ÂQ majordome de la demeure de la divine adora- » trice d' Ammon-Ra , roi des dieux ,

• Et au contrôleur Neferkara em pa-amen , lieute- » nant du roi ;

» En disant: il a été violé ; des vols ont été commis. » Vérifié ce jour-là , il fut trouvé intact par les véri- » ficateurs.

o 2. Le monument funéraire du roi , fils du Soleil , » En-Aa, qui est au nord de l'Aménophium de la ter- » rasse * ; dont le monument est démoli par dessus ; » dans lequel sa stèle est placée devant le monument, et > la statue du roi devant la stèle, ayant son lévrier' entre 1» ses jambes^ nommé Bahhuka.

i X^J^L^ > OYBT. Il existe un verbe J •^^^ dont le décret de Canope nous a fait connaître la traduction grecque, Oacvuv, paraUre, rendre ou devenir visible, etc. J'en conclus que ÏOubou était un péristyle, une terrasse, une galerie ouverte, ou une avantcour. Les textes nous enseignent que la plupart des temples de l*Égypte avaient de ces oubou, et fournissent des renseignements sur Voubou d'Ammon , le grand oubou d'Ammon, l'oubou d'Amenbotep, ïoubou d'Huthor, etc. On y faisait des cérémonies religieuses, et des assemblées s'y tenaient. Voubou d'Amenbotep dont il est quesUon dans notre papyrus , était un lieu très-vénéré. Il est cité par l'un des papyrus de Bologne dans une énumération de choses saintes auxquelles un scribe adresse des prières comme à des divinités. Nous ne connaissons pas mieux aujourd'hui l'Aménophium de rOuda que l'Aménophium du Kamou (vignoble).

« ,^ ^j^ >^ , TACUOY. M. Birch avait d'abord proposé de

traduire ce groupe par chat mâle (tom cat). Mais il signale lui-même ce Dom.d'animal comme déterminé par la figure d'un chien sur l'un des papyrus du Musée Britannique {Zeitschr. 1867, p. 19). Le même

• Vérifié ce jour-là, il fut trouvé intact.

» 3. Le monument funéraire du roi Noubkheper-Ra, » fils du Soleil, En-touf; trouvé en état d'avoir été percé » par la main des voleurs , qui avaient fait deux coudées » et demie de trou dans son pourtour*, et une coudée

• dans la grande salle funéraire à l'extérieur du tombeau » du supérieur présentateur d'offrandes Auri , de la de-

• meure d'Ammon, qui est en ruine*. Il était intact ;

• les voleurs n'avaient pas pu ' y pénétrer.

• Le monument funéraire du roi Sekhem-Ra - em-

déterminalif se trouve dans le Recueil de Sharpe (pi. 87). L'animal est une espèce de lévrier ; le papyrus Sallier II le présente comme type de la course rapide (pi. 3, l). Les Égyptiens en importaient de l'Arabie {Dilmichen, Flotte, pi. 2, où l'on voit encore les oreilles et le long museau du Tasmou). Il y avait un Tasmou mythologique (Todt. , ch. 17, 65 î ibid., ch. 24, 2). Une curieuse énumération d'animaux parmi lesquels se trouve le Tasm^fu, est rapportée par Brugsch (Rec, pi. 71, 4).

1 <5^|,0, xpoT ; il ne m'est pas arrivé de rencontrer ce groupe dans un autre texte; il est déterminé par un cercle. Avec le déterminatif ordinaire £^i il faudrait le traduire par extrémité, bout , fin.

9 Awvw ^ ^^^p-^^^«gj. Je ne connais d'exemple saillant

du dernier mot que dans le Pap. Rhind , pi. 13, 2, où se trouve l'ex-

pression remarquable ^^^t^^^ ^^^^ y ^, ruine delà vie, que, d'après M. Brugscb, le démotique rend par mobi ,peccatum. C'est parce que le tombeau d'Auri était ruiné, en mauvais état , que les voleurs avaient pénétré dans sa grande salle pour de là diriger leurs efforts contre celui du roi Entouf. 3 Littéralement : n'avaient pas su ; c'est la formule ordinaire.

» apca-ma^ fils du Soleil , Enlouf-aa; il fut trouvé en

» état d^avoir été percé par la main des voleurs à l'endroit

» où est placée la stèle* de son monument. Vérifié en ce

» jour, il fut trouvé intact ; les voleurs n'avaient pas pu

» y pénétrer.

Page 3.

» Le monument funéraire du roi Sekhem-Ra-shet-to, » fils du Soleil, Sebak-em-sauf ; il fut trouvé que les vo- » leurs l'avaient violé par un travail de taille de pierres » dans la salle des perfections * de son monument, de- > puis la grande salle extérieure * du tombeau de Ne- » bammon , intendant des greniers du roi Menkheper-Ra » ( Thotmès III). Trouvé le lieu de sépulture du roi prij» vé du Seigneur royal , ainsi que le lieu de sépulture de » la grande royale épouse, Noubshas , sa royale épouse ; » les voleurs avaient fait main-basse sur eux ; le gouver- » neur et les magistrats-contrôleurs instruisirent * sur

i Littéral, sa stèle,

'uuuCl' c'est encore un nom de la salle principale d'un hypogée.

4 'rfe ^<^ 1 1 rn» constater judiciairement , légalement ; c'est le lait des magistrats , tandis que ' g ^ est le fait des vérificateurs

MÉLANGES ÉGTPTOLOGIQUES.

lui. Trouvé le fait de main-basse sur eux * qu'avaient fait les voleurs à l'égard du roi et de sa royale épouse.

6. • Le monument funéraire du roi Skenen-Ra , fils du Soleil Ta-aa.

» Vérifié en ce jour par les vérificateurs, il fut trouvé intact.

7. » Le monument funéraire du roi Skenen-Ra, fils du Soleil, Ta-aa-aa, étant le roi Ta-aa deuxième ; vérifié en ce jour par les vérificateurs, il fut trouvé intact.

8. • Le monument funéraire du roi Out-kheper-Ra , fils du Soleil , Kamés ; vérifié ce jour-là ; lui intact.

9. • Le monument funéraire du roi Ahmés-si-peiri. Vérifié et trouvé intact.

10. » Le monument funéraire du roi Noubkher-Ra, fils du Soleil, Mentouhotep , qui est dans le Sar * ; lui , intact.

» Total des monuments des rois ancêtres, vérifiés en

ce jour par les vérificateurs :

• Trouvés intacts : monuments 9

» Trouvé violé: id. 1

» Total 10

fait d'allongement de main contre eux. L'idiotisme français rend faitement l'idiotisme égyptien dans cette phrase.

8 ^^ fvxn' ^® ™°^ désigne évidemment un quartier spécial de nécropole de Thèbes ; malheureusement nous n'avons aucun yen de le chercher sur les lieux. Il faudrait pour cela retrouver la obede Mentouhotep II.

< CEI V CES

Sor-Ka , iils du Soleil , Amenhotep.

Fils du Soleil Eu-aa.

'C^^^DIvCEl

Noubkheper-Ra, fils du Soleil, Entouf.

* CîEEEMD vCE

Sekhem-Ra-em-apu-ma, fils du Soleil, Entoi Sekhem-Ra-Shet-to , fils du Sole

CEIMSDI

Sebakemsauf.

« CES V (is:i

Skeneu-Ra, fils du Soleil , Ta-aa.

'CïE]1v ŒSS;

SkeueD-Ra, fils du Soleil , Ta-aa-aa (qui est

" COS V (^MJt

Ut-Kbeper-Ra, fils du Soleil , Kamès.

1 Le signe du Soleil manque à ce cartouche. Ce doit êti Cependant le cas n'est pas unique.

les tombes citées par notre papyrus ; mais , lors même que Dous serions renseignés sur ce point , nous ne pourrions rien en conclure pour le classement des rois dans les dynasties.

LaXI« dynastie y est représentée par les Entef, et la XVIII® par Aménophis I ; dans Fintervalle ont régné les pharaons des XII®, XIIP et XIV® dynasties. C'est dans le même espace de temps qu'il faut placer Pinvasion , la domination et l'expulsion des Pasteurs. Les deux Ta-aa durent prendre une part active à (a guerre nationale qui délivra l'Egypte de ses oppresseurs. C'est ce que j'ai essayé de démontrer dans mon Mémoire sur les Pasteurs en Egypte \ Ces deux princes ne sont mentionnés que par le Papyrus Abbott. Un troisième Ta-aa (Ta-aa-ken) complète cette famille , qui se rattache de très-près à Ahmès I dans l'ordre chronologique. Ahmès , fils de Peiri , et Kamès paraissent avoir appartenu à la famille d' Ahmès P.

La traduction qu'on vient de lire n'offre aucune difficulté sérieuse. Je me suis expliqué dans les notes sur le sens spécial de quelques mots importants du texte. Ces notes suffiront aux égyptologues qui voudront suivre ma version sur le texte; il n'existe dans toute cette partie du document aucune phrase compliquée.

Nous devons arrêter notre attention sur le compterendu delà visite du tombeau d' Aménophis I. Nous y lisons

1 Publié dans les Mémoires de l'ÀcadMie Royale d'Amsterdam , 1868, in 40.

< Voir les remarques de M. Bircb sur l'accessiou d'Ahmès l (M^. $ur le Pap. Abbott.)

Le rapport du commandant, seigneur de la ville , < inexact ; on ne trouva dans le tombeau d'Aménopl aucun indice de violation ni de spoliation. Les vérij teurs ("^ I c=î-=U-ZI^i ) constatèrent qu'il était inl

Il est du reste peu vraisemblable que les hauts f tionnaires , que nous voyons agir comme dénonciat des méfaits commis dans la nécropole, fissent en perse rinspection des monuments ; ils se contentaient doute de recevoir et de transmettre à l'autorité judic les rapports et les plaintes concernant le quartier fi raire. Tel était , sous les Lagides , le rôle de l'archi] lacite du Peri-Thèbes. C'est ce qu'on voit dans le sa Mémoire de Letronne, intitulé: Une plainte enviok de sépulture ; lecholchyte Osoroéris, chargé de l'entn de plusieurs hypogées, demande à l'archiphylacit faire citer à son tribunal trois individus qu'il accuse voir spolié l'un de ces lieux funéraires; le général en des Madjaious^ qui était l'archiphylacite de l'époque raonique , ne présidait pas de tribunal ; il ne lui app^ nait pas non plus d'autoriser les citations en justice double rôle revenait au Poliarque-gouverneur ; sa f tioD principale était de surveiller le quartier des ton et de provoquer la répression judiciaire des méfaits s'y commettaient.

On sait que les Madjaious (^i^^fl^^ étaient, aux temps de laXll® dynastie, une peuplade lesarmes égyptiennes eurent à combattre; plus tard, i la retrouvons enrégimentée au service de l'Egypte Égyptiens se l'étaient incorporée , comme plus tar

hypogée voisin , tombé en ruine, et probablement moins bien gardé que les autres.

Une autre tentative avait été dirigée contre le tombeau d'Entonf-aa ; les voleurs avaient procédé de la même manière , c'est-à-dire en essayant d'en percer les parois de pierre ; mais ils ne réussirent pas à achever leur travail ; le texte semble faire entendre que la stèle de pierre du roi se rencontra précisément à l'endroit où ils pratiquaient une ouverture. Cet obstacle , sur lequel ils ne comptaient pas, fit sans doute avorter leur entreprise.

Le texte donne des détails curieux sur la tombe d'Enaa : devant le sarcophage de pierre était placée la stèle du roi y et devant la stèle, sa statue , qui le représentait ayant son chien Bahhuka entre les jambes. A moins que la découverte de monuments nouveaux ne vienne nous apporter d'autre» matériaux d'étude , nous ne saurons peut-être jamais rien du pharaon En-aa, si ce n'est l'affection qu'il avait pour son chien favori. Les Égyptiens aimaient à s'entourer d'animaux domestiques on apprivoisés. Comme nous ils leur donnaient des noms '.

Deux des hypogées des prêtresses d'Ammon et la totalité des sépultures particulières avaient été violés et dépouillés; les momies, arrachées de leurs coffres , avaient été jetées sur le sol, et tous les objets précieux en avaient été enlevés.

On voit que l'enquête était motivée par des faits graves ; \ le métier de spoliateur de tombeaux devait tenter beaucoup de gens en Egypte. Aux époques de troubles politi-

i J'ai recueiUi les noms de plusieurs chiens et de plusieurs cbe-

TIQX.

et de compétitions dynastiques , la surveiliaoce du lier fuDéraire se trouvait nécessairement fort mal ;ée ; les déprédations devaient être fréquentes ; elles ommencé dès les temps antiques ; sous les Lagides , croire Strabon , des quarante-sept hypogées royaux ionnés par les écritures sacrées, il ne restait que dixla plupart ruinés \

par^raphe suivant va nous montrer comment il fut dé ensuite des constatations opérées par laCommisfenquète.

PageS.lig. 5 à 10.

Paragraphe III. — Rapport et arrestations.

Le commandant supérieur des Madjaious , grand îur du Kher très-auguste,

si que les supérieurs des Madjaious , et les Madious ,

vérificateurs du Kher , scribe du Gouverneur, ;cribe de l'Intendant du Trésor , étaient ensemble ,

nt rapport de ces tombes* au Poliarque-gouverneur lemab ,

contrôleur royal Nassuamen , scribe de S.M. , majordome de la demeure de la divine adoratrice immon-Ra , roi des dieux ;

}gr, I. 46.

téral. : d'ellef.

• à l'officier royal Neferkara em-pa-amen , lieutenant

de S. M., » (qui étaient) grands Magistrats.

• Le commandant de l'occident , supérieur des Mad- > jaious, grand seigneur du Kher, plaça les noms des » voleurs par écrit devant le Gouverneur.

€ Les magistrats-contrôleurs s'en emparèrent ; ils les

• mirent en détention, les firent juger et dirent ce qu'il

• en était. •

Dans ce paragraphe , nous avons d'abord à noter le double titre sous lequel est désigné le général en chef des Madjaious. D'une part , il est nommé: Commandant supérietêr des Madjaious, grand seigneur du Kher trèsauguste (suivent les qualifications accessoires du Kher que nous avons rencontrées dans \q préambule ' ).

Ensuite il est désigné sous le titre de Commandant de

V occident f ^ "^ F C i ^ ' supérieur des Madjaious , grand chef du Kher.

Pour l'intelligence de toutes les parties du texte de notre papyrus, il est très-essentiel de se rappeler que ces divers titres désignent toujours le même personnage.

Dans le paragraphe étudié , il agit comme chef de la police ; c^est lui qui remet aux magistrats compétents la liste écrite des individus soupçonnés d'avoir commis les vols.

Les fonctionnaires qui font le rapport sur les tombes

i Ci-devant, page 55.

76 MÉLANGES ÉGTPTOLOGIQUES.

;oDt au surplus les mêmes que ceux dont le départ avait )iè signalé dans le préambule du papyrus. Seulement il l'est pas fait mention ici des deux hiérogrammates du ;emple d'Âmmon , ni des officiers dont le nom et la {ualification ont disparu dans la déchirure de la prémère page. Ceux-ci étaient sans doute des assesseurs jui n'avaient pas voix délibérative. Une seconde différence consiste en ce qu'au lieu du supérieur des Madjaious , Mentoukhopeshef , le texte parle au pluriel des mpérieurs des Madjaious. Ce pluriel m'a tout l'air de n'être qu'une inadvertance du scribe.

Ceux qui reçoivent le rapport sont encore les quatre grands personnages que nous avons vus jusqu'à présent remplir le rôle le plus important dans la procédure , c'estk-dire :

Le Poliarque-gouverneur,

Le Contrôleur royal , secrétaire du roi ,

Le Majordome de la demeure de la divine adoratrice d'Ammon ,

Et le Contrôleur royal, lieutenant du roi.

Le texte confond ensuite ces quatre personnages sous la qualification commune de oepor aaot , Seigneurs grands , que je traduis par grands Magistrats, par le motif qu'elle caractérise spécialement les membres des tribunaux.

C'est au Poliarque-gouverneur que le général en chef des Madjaious remet la liste des voleurs. Cette liste n'a pas été reproduite dans notre document ; mais nous pouvons juger de ce qu'elle était par comparaison avec les trois listes de ce genre qui sont écrites au dos du papy-

rus, SOUS la date de l'an XIX ; celles-ci se réfèrent évidemment à de nouvelles spoliations des hypogées.

Sur cette dénonciation des coupables , les deux magistrats contrôleurs ('P'W,.^^^__/]'^i) s'enjparérent

des individus signalés ; il y eut arrestation T^ , copte AUA2I'; emprisonnement, ^^) X^(-iL-/i ' ^^P^^ xoer, clatidere; et mise en jugement, y^'^Xlin' mais le jugement ne fut probablement pas prononcé le même jour. Il n'est pas question en effetdu verdict, qui

devrait être annoncé parle mot /t^^^tjt] J^^ trouvé que. On conçoit que le temps ait manqué pour instruire ' et juger le procès dans la même journée.

Nous n'avons encore rien rencontré d'embarrassant dans la traduction du texte , sauf l'incertitude que pouvait occasionner la diversité des titres désignant un même fonctionnaire ; mais nous sommes facilement venus à bout de cette petite difficulté.

Passons maintenant au paragraphe suivant:

Page IV, lig. 11 à 18.

Paragraphe 4. — Arrestation et confrontation d'un ouvrier.

€ L'an 16, d'Athyr le 19® jour. Ce fut le jour où » partirent pour vérifier les lieux grands* des fils

i Voyez : Yoyage d'un Égyptien , p. 182 , 183.

« JJ^n i amli J^rf^' euphémisme désignant les

tombeaux.

78 MÉLANGES ÉGTPtOLOGIQUËS.

1 royaux» des épouses royales, et des mères royales

• qui soDt dans le lieu du bonheur \

• le poliarque-gouverneur Shaemab ,

• et le contrôleur royal Nassuamen , scribe de S. M.,

» après que leur eut parlé un ouvrier en métaux *, Pe-

> khar, fils de Kbarui, et dont la mère était Miousberau^

• de Toccident de la ville, homme d'entre les domesti- » ques ' du temple d'Ousor-ma-Ra Meriamen (Ramsès » III), qui est sous la direction du premier prophète » d'Àmmon-Ra, roi des dieux ; homme qui fut trouvé sur

> les lieux* et dont on se saisit ' ; qui avait été, à trois 9 hommes du temple \ auprès des lieux funéraires' et » que le poliarque-gouverneur Nebma-Ra-Nakht avait

• fait juger en l'an XIV;

> En disant : J'étais dans le Kher de la reine Isis *

lion

J] Cl 6 <=> III* ^^^^^ euphémisme de même significa-

s (x^ d^ t ce groupe sera expliqué plus loin. ' I .^^ c^ i ^ ! ' ^^^^ observation.

♦ Littéral. 4j^,tô

5 r J , copte AUA2I , comme ci-devant , p. 77.

6 Cette expression sera discutée dans le commentaire du dernier paragraphe.

7 Ici, seulement J] ^ n j » abréviation de l'expression citée , note 2 , page 77.

8 La reine Isis , épouse de Ramsès III , est connue par les monuments.

• épouses royales et les royaux ancêtres, pères et

* mères excellents de S. M.

• Ils furent trouvés intacts.

> Les grands magistrats envoyèrent les vérificateurs ,

• les surveillants, les ouvriers du Kher, les supérieurs

* des Madjaious , les Madjaious , les domestiques du > Kher de l'occident de la ville, comme grands messa- » gers , jusqu'à là ville. »

Si notre traduction n'a pas été entravée par des difficoltés dans les premiers paragraphes de notre papyrus , il en est autrement à l'égard de celui-ci : la longueur des phrases , l'incertitude des rapports pronominaux , et la présence de quelques mots nouveaux rendent la tâche très-ardue.

L'étude de l'arrangement des phrases exigé une grande attention.

Je vais commenter l'ensemble du texte de ce paragraphe, pour en faire ressortir la marche.

'^^ ^^^^ ^^"^^ Shaemab ( Poliarque-gouver-

neur) et le 1 "^ Q^^ ^^^ Nassuamen (Contrôleur

royal) , que nous avons vus jusqu'à présent remplir le rôle le plus important dans la procédure , reçoivent la déclaration d'un ouvrier, qui s'accuse lui-même d'avoir pénétré dans le quartier des tombeaux des princes de la famille royale et d'y avoir commis des vols. Â la suite de cette déclaration , ces deux fonctionnaires entreprennent euxmêmes la visite de l'hypogée en question. Le texte ne mentionne pas les personnes dont ils

rent accompagner ; mais nous en trouvons Tindicaàla fin du paragraphe, et nous y voyons figurer, ne lors des premières inspections , les vérificateurs |>V^,>^^ j^ j ) , les commandants de la milice et iiice elle-même.

n fait important à noter tout d'abord, c'est que les

magistrats sont désignés dans la suite du texte

des titres très-abrégés , comme nous l'avons déjà

[)our le général en chef des Madjaious. Le pre-

est simplement appelé ^^ ^ , Gouverneur , et le

ième ^^y.,.^-^:^ vi. Contrôleur. Sous cesdénomiins abrégées : le Contrôleur, le Gouverneur, nous saudésormais reconnaître les hauts fonctionnaires nom- Shaemab et Nassuamen. C'est là une remarque imante pour l'intelligence de notre texte.

groupe qui désigne Vouvrier révélateur est /r^ ^ ;

st composé du signe déterminatif des métaux 1

e celui de la force. Ce déterminatif désigne nonement les métaux, mais encore les instruments qui en 3nt fabriqués ^ Il n'y a au surplus aucun doute sur îns du groupe en question. L'ouvrier ainsi désigné est

^ap. d'Orbiney, pi. 12, lig. 5: On fit partirais soldats armés

eurs ^ I o^ 9 po^^ couper le cèdre. Le signe métal présente lues variantes de forme. Le groupe du métal semble avoir

correspondant hiéroglyphique D » > mais l'hiéroglyphe qui Tie le glaive est |.

bien certainement un ouvrier en métaux , un faher , un milh. Le travail d'un individu de cette profession , à la

bouche de sa fournaise ( lIs-Fh'lA' ^^P^^ e2pco, fomax), est mentionné au Papyrus Sallier II *.

Il s'agit bien d'un seul ouvrier nommé Pekhar , fils de Khari,dont la mère était Miousherau *. Dans les textes corsifs, les rapports de filiation sont à peine indiqués ; souvent un simple trait oblique suffit. Ici l'hiéroglyphe fils est reconnaissable avant le nom du père ; pour l'indication de la mère, il faut suppléer le groupe mère de- ?ant le possessif »< — . Tout cela est absolument certain.

Le nom de ^^ T^^ i ] ^ , Pekhar , signifie le

Syrieriy et Khari , Syrien, Les noms de cette forme abondent sur les monuments et dans les papyrus à partir.de la XIX dynastie; ils témoignent de la fréquence des rapports qui existèrent entre l'Asie-Antéricure et l'Egypte dès les débuts du Nouvel-Empire ; les mots et les choses de l'Asie devinrent alors fort à la mode sur les rives du Nil. Mais il faut se garder de croire que ces noms désignent toujours des étrangers , surtout lorsqu'ils apparliennent à de hauts fonctionnaires. Ce cas est certainement le plus rare. Les Égyptiens ont recruté des ouvriers habiles partout où ils en ont rencontré , mais ils n'ont dû que rarement confier à des étrangers les fonctions importantes de leur magistrature et de leuradminislra-

1 PL 4,lig. 7.

s Ce Domde femme sïgniûe petite chatte.

tiOD. Les déterminatifs sont des artifices d'écriture qui s'appliquent aussi souvent à la prononciation qu'an sens des mots. Personne ne songera à dénationaliser les Langlais et les Lallemand , si nombreux en France ; cependant, avec le mécanisme de l'écriture égyptienne , leur nom admettrait régulièrement le déterminatif des noms étrangers*. Lorsqu'il n'existe pas d'autres indices, il ne faut attacher aucune valeur démonstrative à la présence de ce déterminatif.

L'ouvrier Pekhar était, dit le texte, un

du temple de Ramsès IIL C'est le cas de revenir sur ce que j'ai déjà maintes fois expliqué à propos de l'emploi abusif des signes du pluriel *. Nous allons rencontrer dans notre papyrus un des rares exemples qui montrent le mot ^§^ privé de ce signe de plurarité; ce cas est tellement rare qu'il m'a fait hésiter un instant sur le sens de la phrase où il se rencontre. S'il était besoin d'un exemple pour justifier l'emploi au singulier du groupe marqué du pluriel , le passage étudié pourrait en servir. On voit, en effet, par la suite du texte, qu'il s'agit bien d'un individu unique, dont il est constamment parlé au singulier.

L'ouvrier faisait partie des M^^ i ^ î » cutot, du temple de Ramsès-Mériamen. Cette corporation

i Les déterminatifs peuvent même n'avoir rapport qu'à la dernière syllabe du nom.

> Voir notamment mon Mémoire sur le Calendrier SalHer^ p. 17.

élail celle des ouvriers ou domestiques employés dans l'intérieur des temples. Ceux du temple de Ramsès-Mériamen sont cités par un autre papyrus qui parte de la paye ou des gratifications à eux distribuées '. Le papyrus decomptespubliépar M. Lieblein * mentionne plusieurs fois les Semtot du Kher , et parle des distributions en nature qui leur étaient faites ; on trouve des mentions analogues dans les papyrus de Leide. J'ai déjà

émis l'opinion que le nom de ['^^ est composé de trois éléments signifiant agir avec la main. Cette expression correspond à notre mol manouvrier^ ou en grec xccpfii»a$, x'^P^^'^^^* Jamais cette corporation, qui habitait en famille dans l'intérieur des temples ou des quartiers funéraires , n'a constitué une milice chargée d'une surveillance quelconque ; au contraire , à raison de son caractère de domesticité , elle était elle-même surveillée avec beaucoup de soin ; elle comprenait des ouvriers de diverses professions ; notre ouvrier en métaux en est QD exemple.

Nous ne savons pas au juste de quel Ramesséum il est ici parlé; c'est dans tous les cas l'un des temples bâtis par Ramsès III ; il y a quelque probabilité qu'il s'agit de celui de Medinet-Abou. Ce qu'il y a d'important à ce sujet dans le texte , c'est la circonstance que ce temple était

« Pap. ÀfuulaHIII , pi. 6 , lig. 11-12.

s Deux pap, hiérat. du Musée de Turin. Christiania , 1868. Dans nu NoUce sur le premier de ces documents , j'ai fait ressortir le candère particoHer de la corporation des Semiot.

utorité du premier prophète d'Ammon. Les jette haute charge, qui finirent par usurper yal , ne cessent pas de croître en importance et sous la XX® dynastie qu'ils supplantèrent. Ramsès IX, le premier prophète d'Ammon imenhotep (Atnénophis) ; il faisait , de droit, jrs de justice; nous le verrons, en effet , j , mais seulement après le Poliarque-goumi les magistrats qui jugèrent les ouvriers, ^ieblein cite aussi le premier prophète d'Am- Bxerçant la magistrature en même temps que

ir exposé le nom, la filiation et l'emploi de texte dit que c'était un homme qui avait été

qui avait été saisi , empoigné ( 0^£^w

^ ) ; il y a lieu de penser qu'il était

à l'enquête du 1 8 Athyr, et que , signalé comcause de ses antécédents , il avait été arrêté, î motif que nous lisons ensuite l'explication 3 l'ouvrier s'était trouvé, lui troisième, au- X funéraires , ( t que le poliarque-inspecleur nakht l'avait fait juger' en Tan XIV.

phrase qui commence notre paragraphe et

oc, laud. , p. 16 et 20.

V y^ ptl) ^^ 1 1 r^. C'est la même forme

)de de Joppé dans le voyage du Mohar. Voyage d*un J6.

dont Dous avons amené la traduction jusqu'à ce point, se continue maintenant par le discours de l'ouvrier au Poliarque et au Contrôleur. Ce discours était annoncé par les mots : Après que leur eut dit , dont la suite directe est

<=> ,^^ , en disant. Les trois longues lignes qui remplissent l'intervalle sont occupées , comme nous l'avons vu , par le nom et la filiation de l'ouvrier , par la désignation de son emploi , la mention de son arrestation et la relation des Taits^qui le signalaient à l'attention des ma- ' gistrats.

Il était nécessaire de bien se rendre compte de cet arrangement du texte pour ne pas se méprendre dans son interprétation.

Arrivés à ce point , nous trouvons le discours de l'ouvrier parfaitement à sa place : J'étais dans le Kher de la reine Isis ; j'en ai emporté quelques objets. J'en ai subi procès.

Tout cela est clair ; nous n'avons à nous expliquer que sur le groupe rendu par procès; comme nous le rencontrerons bientôt dans une phrase où il remplit un rôle très-significatif, nous le laisserons de côté pour le moment.

Sur cette déclaration , les deux magistrats instruisent * judiciairement ; ils font conduire devant eux le prévenu sur les lieux du délit. C'est une mesure d'instruction encore en usage de nos jours. Le texte nous révèle ici un détail infiniment curieux des usages de la procédure égyptienne. Voici le texte du passage :

i était couvert en homme empêché

totalement ; il lui fut donné son œil

squ'il atteignit eux (les lieux funéraires).

La profusion de voyelles que le scribe a ajoutées aux

nés ^et & n'est pas une circonstance rare dans e écriture qui oscille constamment entre l'insuffisance la surabondance graphique ; & , qu^on lit dans la ime phrase an lieu de ^ , est un cas d'insuffisance i n'est pas très-fréquent. ,^7^^, au lieu de s^^a^ , encore moins commun. Malgré ces singularités, il n'y nul doute sur le sens de la phrase. L'ouvrier avait I enveloppé de manière qu'il ne pût rien apercevoir ndant son transport au milieu des Khers. Il fallait 'arrivé là, il montrât spontanément la connaissance s lieux qu'il avait acquise antérieurement , selon sa claration.

Le verbe r^rTrâ^^ n» ici déterminé par le sie àes vêtements y est souvent suivi du signe de coiffure^ est évidemment, au moins dans notre cas, un capu-

Ici raxemple du mot px , homme , écrit sans les signes du iriel. (Voyez ci-devant, p. 84.)

> S. BiKCU, Adversaria hieroglyphica , Zeitsch, Berlin , 1866 , p. 87. i^oyez Todt , ch. 35 , 1. Lrpsius ; Alt. texte, etc., cb. 13 , 31 ; Todt., , 149 . 1.

chon qui enveloppait entièrement la tête ; on le prévenu pour lui rendre Vœil , lorsqu'il Parvenu sur les lieux , l'ouvrier reçut de lui-même au Kher qu'il avouait avoir s] devait être celui de la reine Isis ; cependan au tombeau de cette reine que l'ouvrier coi gistrats, mais à un autre tombeau qui av pour la famille de Ramsès II , et qui n'avaii pour sa destination funéraire ; on n'y avait |

servait de „ ? , \ c'est-à-di

de stationnement momentané. Il ne renf( temps ordinaire , et , pour ce motif , o le clore.

L'ouvrier indiqua aussi un autre endro

(fe foMm^ (^^1 ^ ^^|)" du

man , fils de Hui. J'ai pensé un instant texte était que le Kher resté ouvert serva cet ouvrier; mais la suite montre trèsc s'agit de deux endroits distincts , lesquel assez rapprochés l'un de l'autre , puisqi indique tous les deux à la fois en disant : où j'étais.

i Ce mot signifie tas , monceau , totalité , et se di Déments de diverse nature emmagasinés. Un papyra

des Y I , I , des temples. Mais je connais (

Y employé pour 1 j^ ; de là , le sens sta

propose accessoirement par hypotbèse.

s Signes du pluriel à noter.

EGYPTOL

i que les juxtapos es se ma , ce quai 3 sa pop elle soûl )Crit du [uitlerTl

iqué sur Lrats le f

inde (^

s et des a chaîne allée des

goe les

ride An ffectée ai mencé 1;

bien él( m est COI ïïi de rep ogée inc

n'y a d ovales in

^.^ p. 33 el liée des 1 I, et U car

et les tombes mentionnées à propos de la mise en accusation (te l'ouvrier en métaux.

Le but de cette investigation faite par les magistrats en

présence du délinquant était de le faire être "^fe ] ] r

cuor»Ti 3cep43LOT , jugé (T un jugement complet. Ici , il ne s'agitpasd'un jugement à la forme ordinaire devant un tribunal, mais d'une con/ironmrion avec tous les endroits où des spoliations pouvaient avoir été commises. Conduit dans chaque tombeau , l'ouvrier y était interrogé par les deux magistrats , qui prenaient note de ses actes et de ses réponses; le résultat de cette confrontation est encore exprimé par le groupe ordinaire du verdict (/i/^^^c=î^):

// ne fut pas trouvé qu'il connût aucun lieu y excepté les deux endroits quHl avait indiqués.

Il prononça alors le serment ordinaire : Par la vie du Seigneur Vie-Santé- Force , en se frappant le nez et les oreilles et se plaçant sur le sommet du bâton. Il s'agit du bâton , insigne habituel des OérouSy que le magistrat tenait étendu pendant la formalité. Le prévenu montrait , par cette attitude et par ces gestes , sa soumission envers le magistrat et la connaissance qu'il avait des châtiments par lui encourus * , si sa culpabilité venait à être démon-

1 Encore une surabondance de voyeUes et de déterminalifs au mol xepAOT.

* M. Devéria a bien vu que ce serinent faisait allusion au supplice de l'ablation dunez et des oreilles , mais il traduit la pbrasetout autre-

En définitive , on ne découvrit aucune trace de violation ni de spoliation à la charge de l'ouvrier Pekhar , qui demeura toutefois détenu pour être jugé sur les paroles qu'il avait prononcé^.

Je crois avoir bien saisi l'enchaînement des faits de ce paragraphe intéressant à tant de titres. Il ne me reste à parler que de la phrase finale :

» Les grands magistrats firent aller (A— ii^^ ^^ ): » Les vérificateurs ( '^^^czSÊa U-fl^ • ) » t Les surveillants (^f^^flâj)\ » Les ouvriers du Kher (^,W[fl î ^j), » Les supérieurs des Madjaious , » Les Madjaious ,

)> Et les domestiques (P^^^^) du Kher de » l'occident de la ville , comme grands messagers , jusn qu'à la ville. )>

^^ signifie /a«r« le tour, circuler, hanter, fréquenter; dans ce cas, il se lie directement à son régime» ou prend les particules @ i , sur, / — , dans. Avec la particule <=>, à, il admet le sens aller, se diriger vers*. Aux Papyrus Rhind , on le trouve employé dans le sens ouvrir, pénétrer.

Ainsi donc» indépendamment des vérificateurs qu'ils

1 Officiers subalternes chargés de la surveillance des ouvriers et des écoliers. J*ai traduit ce mot par sergents. ( Voyage d'im Égyptien , p. 47 et 62.)

< Voyez , par exemple , Todt. , ch. 63 3. Je vais vers les parages de VAdlu,

Étudions maiotenaot les suites de TafTaire dans les formfàlités subséquentes rapportées par notre texte.

Page V, Ug. 12 à 18.

I 5. — Accusations portées par le Commandant -seignew de la ville.

• L'an XVI , d'Athyr le 49® jour. Ce jour-là , au tempj t du soir, prè^ du temple de Ptah , seigneur de la Thé » baîde, vinrent :

» Le Contrôleur royal Nassuamen , scribe de Sî t Majesté,

9 Et le Commandant , seigneur de la ville ;

» Ils rencontrèrent le chef ouvrier' Ousorkhopesh , l • scribe Âmennekhtou , et l'ouvrier ' Amenhotepou , di t Kher.

> Le Commandant de la ville parla aux gens du Khe » en présence du Contrôleur royal , en disant :

» Si la déclaration que vous avez faite aujourd'hi 9 n'est pas une déclaration authentique, vous pâtirez d > ce que vous avez fait.

• Ainsi leur dit-il.

» Il fit un Vie du Seigneur royal ! en présence d 9 Contrôleur royal , en disant : le scribe Horasherau

MÉLANGES ÉGYPTOLOGlQtJES.

aru , du Kher de l'intérieur du Khena , et besa, du Kher, m'ont rapporté cinq décla- )aroles dignes de mort à votre charge. Donc, oyer à ce propos par devant S. M. , mon n qu'il dépêche des gens de S. M. pour intre vous tous, -il. •

brièveté , ce paragraphe est extrêmement il présente aussi quelques difficultés philo- 'espère avoir résolues d'une manière satis-

nnages que nous connaissons déjà pour avoir Qs les premiers épisodes de l'affaire, rendu temple de Ptah , seigneur de Thèbes , \ appartenant à la population des Khers. Le s personnages est le contrôleur royal Nas- >e du roi , qui assiste à toutes les formalités , , ainsi que nous l'avons déjà dit , comme irticulier du pharaon. Cependant nous ne idre aucune initiative; son rôle parait être )bservation des formes légales et de constaent par sa présence la réalité de l'exécutioD

I est ici nommé, une première fois, Ift^ ^ . , te Commandant seigneur de n dernier lieu, seulement 1^^

umw - n ol

aragrapbe du papyrus, il est désigné simplement sous 'commandant, dux.

le Commandant de la ville; il convient de noter cette nouvelle preuve de l'abréviation des titres. C'est ce même personnage qui fit la dénonciation de la violation du tombeau d'Aménophis I , dénonciation dont l'examen de ce tombeau montra la fausseté.

Dans notre paragraphe , le Commandant^ seigneur de la ville, continue son rôle d'accusateur ; il prend à partie les gens du Kher dans la personne des trois individus rencontrés près du temple de Ptah , et il les menace des rigueurs de la loi pour le cas où le rapport favorable intervenu sur l'inspection serait entaché de fausseté.

Il parait que toute la population de la Nécropole pouvait être recherchée à propos des abus commis dans les hypogées , soit pour le fait de participation directe aux actes coupables , soit pour défaut de surveillance. Rien , CD effet , ne porte à penser que les trois individus auxquels s'adresse le Seigneur de la ville se fussent trouvés sous le coup d'une accusation particulière ; ni les uns ni les autres ne furent d'ailleurs mis en jugement dans l'affaire ; ils ne pouvaient donc être responsables qu'à raison de la responsabilité générale portant sur la corporation

1ère.

La première phrase du discours du Seigneur de la ville est intéressante à étudier ; en voici la transcription :

Si la déclaration que vous avez faite aujourd'hui

non (est) déclaration authentique , votre

pas un scribe de nom authentique; tu es sans école; tu partes la palette de travers *. Frappés de terreur à la vue des exploits de Ramsès II , les Khétas se disaient l'uû à l'autre : Ce n^est pas un homme réel (otoyma) celui qui est au milieu de nous \ La variante hiéroglyphique publiée par M. Brugsch* supprime le groupe ototma, et dit seulement : Ce n'est pas un homme, etc.

Ce groupe s'entend non-seulement de ce qui est réel, manifestes certain, mais encore de ce qui est régulier, légal, authentique; c'est ce que nous montrerons par la suite. Dès à présent nous voyons clairement qu'une déclaration qui n'est pas ototma est une déclaration qui n'est pas certaine , assurée , authentique , qui laisse place au doute.

S'il arrive qu£ la déclaration ne soit pas authentique , vous souffrirez de ce que vous avez fait , dit le Seigneur de la ville , sous la forme concise et énergique : Votre souffrir le faire de vous. Cette construction n'est pas rare dans les textes. Ici, dans son extrême concision , elle rappelle un peu la réponse de David au prophète Nathan : Que fils de la mort V homme qui a fait cela !

Nous avons peu de chose à dire du verbe û^m^^ûû x'^^H^ , xzAî, dont les variantes simples (| |-g ^^, ^ra^'^' se rencontrent dans plusieurs textes * ;

I Voyage d'wn Égyptien , p. 47.

t Pap. SalUer III, pL 4, lig. 9.

s Recueil, pi. 29, 9.

* Grbene, Fouilles h Thèbes, X , 5 ; Brugsch, Monwn,, III, 16; Todtb., ch. 130, 11 ; ch. 149, 9, etc.

c'est un équivalent de T'^t^ et de ^^^, mal, souffrance, douleur.

Le Commandant y seigneur de la ville, se montre agressif et emporté; nous constaterons bientôt son inclination pour les serments et même pour les jurons. Après avoir menacé les gens du Kher , il prononce le serment habituel : par la vie du roi , à l'appui de son allégation que deux scribes des Khers lui ont fait cinq réponses de paroles grandes de mort à la charge des gens du Kher.

L^'un de ces scribes était attaché au service du

J.n«^30f^n ±1iS.n. c'est-à-dire du Kher de l'intérieur du Khena. Ce Khena, qui contient un hypogée, est ce que le Papyrus Judiciaire de Turin nomme Pa-Khent. A mon avis, il faut y voir l'ensemble des édifices et des terrains dépendant de la résidence privée du pharaon , résidence qui comportait un grand nombre de services ; elle aurai:, pu' comprendre un harem , mais rien n'est moins bien démontré.

Ce que le texte nomme des réponses ( v^ J x^ i , copte orco^yB), ce sont évidemment àQ% rapports, des révélations, des dénonciations. \ ^' , groupe qui signifie littéralement paroles , s'emploie comme l'hébreu "\m, sermo, res, factum, negotium; le sens de l'ex. pression aaot m utt * nous est bien connu. Nous distinguons donc avec certitude, dans la phraséologie égyp-

1 Voyez ci-devant, p. 11.

tienoe , quMl s'agit de cinq dénonciations de faits dignes de mort.

Ces faits dignes de mort n'avaient pas été reconnus dans les enquêtes ; et c'est précisément pour ce motif que le Seigneur de la ville attaque comme nul le résultat de ces enquêtes. Ne pouvant s'appuyer sur des constatations officielles, ce fonctionnaire déclare qu'il va avoir recours à un second moyen que lui offre la législation existante, c'est-à-dire à un appel direct au pharaon.

Le phrase hiératique qui exprime cette résolution de l'accusateur est des plus claires; aucun mot n'y prête à discussion.

Le recours au pharaon a pour objet de faire envoyer des hommes du roi , c'est-à-dire de faire désigner par le roi des magistrats spéciaux pour juger l'affaire. En pareil cas, ces magistrats étaient institués.à la forme rapportée au préambule du Papyrus Judiciaire de Turin ' ;

leur mission était de <=> __1^ ^ ""^^ , ipi 2aotot, tous les hommes du Kher. La même phrase se trouve dans le paragraphe suivant, et fournit la variante

ra

Ce groupe 2aotot est celui que nous avons réservé dans la phrase du paragraphe 4 : • J'étais dans le

■ Kher de la reine Isis; j'en ai emporté quelques objets;

■ j^en ai subi procès. »

On s'aperçoit aisément que , dans l'un et l'autre cas , le groupe 2aoyot exprime ce qui est fait con-

i Voyez ci-deyant , p. 8.

•^^Pi

tre toute personne accusée de crime ou de délit. Il ne s'agit évidemment pas de la mort , puisque l'ouvrier Pekhar déclare en personne avoir subi la chose; il ne peut être question non plus de l'application d'une peine quelconque, parce que les châtiments judiciaires sont habituellement désignés par le groupe cba ; ni d'un examen, P(| , ni du jugement, ^ '^]]^- *-'J<lée la plus simple, et que je considère comme parfaitement certaine , c'est que le groupe en question désigne le procès , les poursuites judiciaires à intervenir sur une action intentée.

Cette explication parait évidente ; en effet , d'une part, l'ouvrier, en avouant son crime, se retranche derrière la chose déjà jugée : J^ai subi mon procès pour cela * , ditil. Dans l'autre cas, le Seigneur de la ville dit aux gens du Kher : On m^a révélé à votre charge des faits dignes de mort ; je vais en faire rapport au roi afin qu'il nomme des magistrats pour faire votre procès.

La suite du papyrus est d'ailleurs une démonstration complète de cette interprétation ; on voit en effet que des magistrats furent chargés de juger l'affaire. Le verdict fut un acquittement; le roi n'avait donc pas envoyé des officiers chargés d'appliquer un châtiment, mais des magistrats ayant mission de juger les inculpés selon les formes légales. C'est ainsi qu'en serrant de près les textes, nous découvrirons partout le respect des lois^ nulle part l'omnipotence substituée à la justice.

i 11 y a littéralement : J'ai fait procès de cela. Cet emploi du verbe faire peut se justifier par de nombreux points de comparaison.

Od De se mépreodra pas sur l'importaDce des reoseigDemeDts que dous fouroit cette aoalyse rigoureuse du texte ; dous y revieudroos eocore. Avaot d'aborder le sixième paragraphe , dous u'avoDS plus qu'à DOter od

passaot la forme elliptique Û^"^''^» qui termioe le cioqoième et qui se lit sans hésitation dit-il. J'ai signalé maintes fois l'élision fréquente du verbe JT^ , dire, dans la phraséologie égyptienne *. Nous en rencontrerons de nouveaux exemples dans la suite de notre papyrus.

Page 5, ligne 19 , à page 6 , ligne 24.

Paragraphe VL — Rapport écrit du Commandant de Voccident de la ville.

« Copie de l'écrit que plaça le Commandant de l'occi- 9 dent delà ville > général des Madjaious, grand sei- » gneur du Kher, » par devant le Gouverueur,

t Sur les paroles qu'avait dites le CommaudaDt, seit gDeur de la ville, aux hommes du Rher ,

» Ed préseDce du CoDtrôleur-royal et du scribe Pet nedjem, de l'iDteDdant du trésor.

t Le Commandant, grand seigneur de l'occident de la t ville, dit:

» Il est arrivé que, se trouvant le contrôleur royal

4 Voyage d*un Égyptien, p. 83.

MÉLANG

Nassuâmen^ scribe di de la ville, étant avec I gens du Kher, aupr de Thèbes. i Et le CommandaDt à savoir: Pourquoi porte de ma maison?

les rapports au souve droit où vous demeur vez intact (le tombea fils du Soleil , Sebake épouse 1 Par l'unique

> Et il fit dix jurons roi des dieux , le c été placées dans son s » Alors l'ouvrier Oi torité du chef ouvrier 1 Tous les rois , ains royales mères et les le Kher très-auguste , leurs lieux bons et < protégés et soignés ju fait excellent du roi ^ examinateur à tous.

> Le Seigneur de la y • Tu parles à merv(

le mot-à-mot du texte, s La dernière syUabe de ce

de petite coDsistânce, celle qu'à dite te CommaDdant de la ville.

> Le Commandant de la ville lui dit les paroles une seconde fois, à savoir:

> Le scribe Horasherau , fils d'Âmennekbou , du

Kher de l'intérienr du Khena , est venu

à Tendroit où j'étais , et m^'a dit trois dénonciations de faits graves, graves; les ont écrites , mon scribe ainsi que le scribe des deux quartiers de la ville *.

» Aussi , le scribe Pebesa du Kher m'a dit deux autres choses, total cinq ; ils les ont écrites pareillement ; et, relativement à elles , on ne s'est pas tu; aussi elles sont notoires ', et ce sont des crimes dignes du glaive , de faire placer sur le lit de torture , et de faire subir toute espèce de châtiment pour elles. Or , j'enverrai à cause d'elles , devant le roi mon maître , afin qu'il mande des hommes du roi pour faire votre procès.

>> Ainsi leur dit-il * :

» Le Seigneur de la ville fit dix Vie du Seigneur royal f en disant: J'agirai ainsi.

» J'entendis les paroles que disait le Commandant, seigneur de la ville, aux hommes du Kher très-auguste des millions d'années du roi, à l'occident de Thèbes. » J'en fais rapport devant mon maître ; car ce serait un crime pour un homme tel que moi d'entendre des paroles et de les celer.

oie*' M^ or

t Forme eUiptique : (|^

duKherde déférer au roi les faitsàlui dénoncés par deux scribes de la Nécropole. Les gens du Kher formaient une corporation , et , à ce titre, il existait entre eux une espèce de lien et de solidarité , comme c'est le cas dans tous les corps constitués , encore de nos jours.

Notre papyrus nous permet de distinguer des indices de cette solidarité : intervenues sur la plainte d'un fonctionnaire étranger à la corporation , les poursuites pouvaient être exercées dans un esprit moins bienveillant. Aussi , la menace du Seigneur de la ville arrivant à la connaissance du Commandant de l'occident , grand seigneur du Kher, sur des révélations que lui firent les gens da Kher, ce fonctionnaire se bâta de se mettre en règle. Il porta, dans un rapport écrit, les circonstances de l'accnsation par devant le Poliarque-gouverneur, en l'invitant, Don plus à faire faire le procès des iticulpés , mais à ordonner la comparution des deux scribes dont les déclarations avaient donné lieu à l'intervention du Seigneur de la ville.

Ce rapport , qui nous fait connaître des détails assez intéressants, remplit tout le paragraphe VI. Il vise des faits et des discours ; le point principal de difficulté dans l'interprétation consiste à déterminer exactement à quels personnages actes et paroles doivent être attribués.

Le sens du premier mot v ^^ , ua»ti , copie ,

reproduction , a été reconnu en premier lieu par M. Goodwin '. La détermination précise de la valeur de ce groupe

^ Voyage dwt Égyptien , Glossaire, n? 497.

EGYPTOLOGIQUES.

é pour Tinterprétation d'un iporlants ; elle a été la clef de u traité de Ramsès II avec les ai pu rendre sa véritable phy-

^^ ^^ <=>^^ l^ rouleau

ressé au ^^ | ^ , c'est-à-

r, \e Seigneur de r occident delà ms , grand seigneur du Kher.

; nous ont permis de reconpersonnagessous leurs titres Le Seigneur de l'occident est îs Madjaious , c'est-à-dire de jdesKhers. Nous savons que ut lieu ensuite d'un premier lire.

le texte , a pour objet les faits est-à-dire les discours tenus r de la ville, aux gens du Kher, royal et du scribe Pinetjem ,

ïme paragraphe , nous voyons . ville interpella trois hommes onlrôleur royal Nassuamen , e Pinetjem n'y est pas menjr d'autres points encore , le

rapport du chef supérieur de la police beaucoup plus circonstancié que le récit succinct du paragraphe V. Notons en passant que le scribe de Tlntendant du Trésor mentionné dans le préambule du papyrus porte le nom de Païanefer et non celui de Pinetjem , que nous rencontrons ici. Celte circonstance nous apprend que l'Intendant du Trésor avait plus d'un scribe à son service.

Les mentions qui précèdent forment le litre du rapport, qui débuteensuile par la formule : Dit le Commandant , grand seigneur de l'occident de la ville , après laquelle commence l'exposé des faits. C'est comme s'il y avait : Rapport d'un tel à un tel sur tel fait ; un tel dit. . . .

Et en effet l'exposé suit immédiatement ; il débute par l'expression bien connue , <^ ^ dont la signification est quod , il est que , il est arrivé que , a été bien constatée par M. Goodwin ; c'est le premier mot du récit circonstancié de la rencontre du Contrôleur royal, scribe de S. M., et du Seigneur de la ville , rencontre à l'occasion de laquelle eurent lieu les interpellations adressées par ce dernier officier , prés du temple de Plah, à trois individus de la population des Khers. Toute cette partie du texte, chaque chose étant bien mise à sa place , est d'interprétation facile ; nous n'avons à y remarquer que

l'expression H^^f^ f TT^'â' ^'^''^ ZA ei TTTT , il fut se tenant à discourir ^ dans laquelle le dernier verbe, qui est très-rare dans les

textes , remplit le rôle de fréquentatif de *^^ , xr , parler. Ici , il n'est plus question delà présence du scribe

L'action sur laquelle les gens du Kher sont ainsi interpelles est exprimée par le verbe

m ueAuoT , dont j'ai , le premier, constaté la valeur joie ,

réjouissance , en montrant qu'il servait de phonétique à V hiéroglyphe de la femme jouant du tympanum \

La rencontre avait eu lieu le 19 Athyr , c'est-à-dire le soir même du jour où tous les gens du Kher furent envoyés à la ville par les magistrats , ainsi que nous l'avons vu dans la phrase finale du paragraphe IV. La présence des trois individus du Kher dans la ville s'explique donc tout naturellement.

Nous avons déjà eu l'occasion de faire l'observation que le Commandant , seigneur de la ville , accusateur de profession , avait des allures un peu vives ; convaincu , par ses renseignements particuliers , que les gens du Kher avaient manqué à leurs devoirs et laissé spolier les tombes, il poursuivait avec énergie la punition de cette faute. Le rapport négatif intervenu sur la visite officielle des hypogées le laissait désarmé; mais il songeait à intenter d'autres poursuites , et son irritabilité s'en était probablement encore accrue.

C'est dans cette disposition d'esprit qu'il avait rencontré^ dans le quartier de sa demeure, les trois individus du Kher, qui peut-être se réjouissaient des résultats de l'enquête et narguaient plus ou moins ouvertement le

i Voir Études kgtptibnnbs: 5i4r /'explication de deux groupes » Cbalon-8-.S. , 1855. L'biéroglypbe de la femme jouant du tympanum est cité par Chérémon comme signifiant joie.

e rancuoeux fonctioDnaire les aborde avec uoi , leur dit-il , vous gaussez-vous de moi ma demeure ? Allez vous égayer chez vous I n est du ton le plus familier , mais elle est n situation. C'est du reste la traduction Kte , sans que le sens d'aucun mot soit en quelque manière que ce soit\ ton familier et railleur se continue dans la urs , dont toutes les parties s'enchaînent , une fois qu'on en a ainsi précisé l'inteo-

postrophe , le Seigneur de la ville avait inle une espèce de menace, la mention de sa imandant faisant des rapports au roi. C'ére de rehausser sa propre importance et de Is à ses paroles. Tout n'était pas irrévocair l'enquête; sur la plainte du fonctionnaire roi pouvait instituer une commission judistruire sur les révélations graves que ce )rétendait lui avoir été faites. La phrase ite est peut-être la plus difficile à.com- ^mier abord dans l'ensemble du mannsla reproduction :

AT»TM l)U»T.TTq OY2CA

invilative l]^ f'^^ , voyez Voyage d'im Égyp-

Digitizëd by

VOLS DANS LES HTP06ÉES. il3

suivent les cartouches de Sébakemsauf et de la reine Noubshas.

Pour arriver à en découvrir le sens , il faut se rappeler d'abord que la tombe de Sébakemsauf avait été trouvée violée et complètement spoliée ; les momies du roi et de la reine en avaient été enlevées par les voleurs ;

c^'est à cette circonstance que se réfère le

ra.

On remarquera ensuite que ce t2ai (violation) est précédé de l'expresssion j)U»T*TTq ot2ca, qui' désigne le résultat favorable de la vérification des lombes intactes. Les deux expressions oryA, intact, en bon état , et xeAi , violé , enfreint , sont en opposition direcle. Si xe^i coincide bien avec l'état de spoliation de l'hypogée dévalisé , il en est forcément tout autrement de la phrase trouvé intact , en bon état , que précède la mention de vérification , c*\n»T»TTq. Quelque effort d'imagination que l'on fasse , le texte ne dit pas autre chose que ceci : L'ayant vérifié , vous trouvez lui intact , le viol de Sébakemsauf , car il n'y a dans tout le passage d'autre tombe mentionnée que celle de Sébakemsauf ; il n'y est question, non plus, d'aucun autre objet sur lequel aurait pu porter une vérification quelconque. Il nous faut conséquemment trouver le moyen de réunir les deux expressions contradictoires , sans nous écarter du sujet unique auquel elles se rapportent évidemment.

Nous allons d'abord trouver un indice révélateur dans Tarrangement des mots: ay»tm i)U*T»TTq otxa,

il4 MÉLANGI

pour rioterprétatioD des existe des pronoms persoi etc., très-souvent emplo; exemples :

// hue moi , 9 (^ û

Il prot Les mêmes formes prc quemmeut employées au L'expression at.tm nant le pronom sujet i que xrq est régime ; la pi Vous trouvez lui en bon éi La même observation miers groupes cAn-Tr, sujet, et dans lesquels qu'après fyu , doivent sig passage entier est donc c fiant lui , vous trouvez l kemsauf , etc.

i Pap. Rhind. , pi. 37 , lig. Il s Ditemiehen , RecueU , 80 , s Voyage d*un Égyptien , GIc ^ Je traduis ici viol et non v\ du pronom dans mon root à m

Mais le rôle des gens du Kher , à qui ces paroles sont adressées par leur accusateur, n'était nullement de vérifier les tombes confiées à leur surveillance et d'en constater le bon état. Tout au contraire , c'est contre eux que se faisaient les enquêtes ; c'est sur eux que portaient les conséquences des déprédations que leur négligence avait laissé commettre dans les hypogées. Leur intérêt était donc de cacher et de dissimuler les abus dont la responsabilité portait sur eux , et de se prévaloir de tous les échappatoires possibles.

Les enquêtes faites le 19 et le 20 Athyr étaient restées sans résultat à l'appui des dénonciations portées par le Commandant, seigneur de la ville. Nul dommage n'avait été reconnu dans le tombeau d'Aménophis I , qu'il avait spécialement signalé. On n'avait constaté non plus aucun fait de désordre pouvant donner crédit à la délation des cinq crimes mortels , dont il est question aux paragraphes IV et V. Évidemment, les spoliations constatées dans la tombe du roi Sébakemsauf , dans les hypogées des prêtresses d'Ammon et des particuliers , formaient un chapitre distinct , celui des crimes signalés par le Chef supérieur de la police de la Nécropole , ainsi que nous l'avoLS vu dans le préambule.

^ L'instruction sur ces méfaits , intervenue ensuite de la plainte du Commandant supérieur des Khers, ne satisfaisait nullement le Commandant, seigneur de la ville, dans ses griefs particuliers. En sa qualité de rapporteur du pharaon, il veut faire du zèle et trouver en faute la police spéciale du Kher. Mais ces prétentions sont vues

is œil par la corporation de la Nécropole ; aussi t du Chef suprême de celte corporation est-il d'une certaine malveillance à l'égard du trop zélé lire urbain.

1 avons bien saisi la disposition d'esprit des perm jeu dans l'affaire, il ne nous reste plus aucun ire pour comprendre la phrase qui nous a emil nous suffit d'y reconnaître une ironie , ce qui let de la prendre dans son sens littéral etgramms modifier ni forcer la valeur d'aucun groupe irer la construction, sons donc tout simplement :

érifiant votis-mêmesy vous le trouvez intact le violé du roi Sébakemsauf et de sa royale épouse ? / C'est-à-dire : Vous , les intéressés à la chose, Bz tout en bon état; vous déclareriez mêmeinibeau le plus complètement dévalisé ; l'idiolien Vous trouvez intact le viol , dans lequel se pposés les deux termes employés par les vérians leurs verdicts , se comprend trop aisément soit nécessaire d'insister ; il donne à la fortournure encore plus énergique et plus ironi- L traduction française : Vous trouvez intact violé I •

ostrophe railleuse et menaçante constitue tout i discours du Seigneur de la ville. Sa colère 3re plus que des formules d'imprécation , des jurons, dont nous ne retrouverions que trop 3S dans les langues modernes.

Unique Souverain grand I s'écrie-t-il ; puis il en appelle dix fois à la Tens d'Ammon-Ra , roi des dieux.

^ n^ "^ , fMc, signifie lourde pesant, poids, pesanteur'. Je ne pense pas que ces valeurs aient besoin de nouvelles preuves. L'irascible fonctionnaire jure donc dix fois par h pesanteur d'Amnwn; cette expression n'a rien de plus extraordinaire que celles qui choquent si souvent nos oreilles, et dans lesquelles le mot dieu est associé aux idées les plus disparates. Le texte ajoute au surplus un détail qui peut nous faire comprendre le choix de cette imprécation ; nous y lisons en effet que , le

même jour, des statties ( /^U . .) d'Ammon-Ra avaient été placées ( Tf ^ ) dans son sanctuaire

Le transport de ces lourdes pièces avait pu frapper I l'imagination de notre fonctionnaire , dont le défaut sall-

t lant était de se posséder mal. L'auteur du rapport , qui

I n'avait nulle sympathie pour lui , ne manque pas de se faire

historiographe fidèle lorsqu*il s'agit de relever les écarts grossiers et compromettants échappés à son compétiteur en influence.

Il pourrait se faire cependant que le mot tmc fût dans certains cas susceptible d'une signification différente, que rien ne nous a fait soupçonner jusqu'à présent. Dans

* Yoyage d'un égyptien » GIoss. , »•• 779, 780. s Les textes publiés par M. Duemicben donnent beaucoup de détails en ce qui concerne cette saUe des temples.

\ MÉLANGES ÉGYl

e hypothèse, l'imprécation se e; mais une modificatioD dai i nécessaire, n'apporterait i ve dans notre version du tex -es gens du Kher ne se mépr s hostiles manifestées par l( menaçantes interpellations r système, que tout est en b tombeaux. L'un des ouvriei parole; son discours mérite

Tous les rois, dit-il, ains es , les royales mères , les r ent dans leurs tombes, ains nhumés, sont intacts; ils ^ Jamais, et c'est le fait exi eur enfant, leur gardic ous. •

)n voit qu'Ousorkhopesh n' rmatif: tout est en bon étal imise. Le Seigneur de la voir que même le tombeau s

trouvé intact, si les gens d de le vérifier ; nous ne nou s l'appréciation que nous av( interlocuteurs.

)usorkhopesh se montre de [ 3S tombes royales sont ainsi l'est pas un mérite dont les re; il convient d'en rappor

iance et aux soios incessaots du pharaon , qui est le gardien naturel des sépultures de ses ancêtres. Déclarer que les tombeaux sont violés et spoliés, c'est accuser le roi de manquer à son devoir. On prévoit dès à présent que le Seigneur de la ville n'aura pas de succès dans ses poursuites.

Dans cette partie du texte nous retrouvons les deux

groupes ® ûû^et ^Z^ûû^» qui expriment

l'action du pharaon, absolument de la même manière que dans le préambule du Papyrus Judiciaire de Turin*. Ces deux groupes entraînent une idéedeprotection, de soin, que nous avons déjà fait ressortir, et qui montre le caractère doux et paternel dont les pharaons aimaient à entourer leur pouvoir.

Si les gens du Kher se tiennent sur la défensive et persistent à opposer des dénégations formelles aux accusations portées contre eux, le Seigneur de la ville « lui aussi , persiste dans ses inculpations et dans ses menaces.

La première phrase de sa réplique caractérise nettement le ton ironique qu'il affecte vis-à-vis des gens du Kher: Tu parles à merveille , dit-il à Ousorkhopesh :

•Je ipi"K U BOYOTAOY*T Me JCTOY^K.

Tu fais à merveille tes paroles.

J'ai montré ailleurs que -<&- *^ équivaut tout

1 Voir ci-devant , p. 10 et 37.

120 MÉLANGES É6YPT0L0GIQUES.

simplement à *^ *. La phrase est précédée d'un article pluriel, comme s'il y avait: Celles que tu fais sont à merveille , les paroles de toi. C'est une construction idiomatique très -facile à comprendre , mais que le français ne saurait rendre mot à mot.

Pour l'intelligence de la phrase, il suffit de connaître la signification du groupe bototaot. J'ai depuis long^ temps démontré que ce mot signifie prodige, merveille, miracle, chose extraordinaire*. Cette définition a été acceptée généralement; cependant elle avait trouvé un contradicteur qui depuis s'est rangé à mes vues. Je ne crois pas qu'il y ait aujourd'hui dissidence sur ce point , la signification par moi signalée s'adaptant avec la plus grande facilité aux passages nombreux dans lesquels on rencontre ce mot '.

L'expression u botataot forme un adverbe dont le sens est merveilleusement , étonnamment, à merveille.

Tu parles d'or, dit le Seigneur de la ville, mats ce n'est point parole de petite réalité celle qu'a dite le Seigneur de la ville. Il aurait pu dire celle que f ai dite ^ mais il préfère rappeler son titre , qui , lui donnant le droit d'accès auprès du pharaon , devait particulièrement impressionner ses interlocuteurs.

* Voyage d*un Égyptien , Gloss. , N* ^Zi.-^Calendrier des jours fastes , etc., page 80 , note l .

8 Inscription des Mines d*or , p. 23 ; Mélanges Égypt. II, p. 267. s Aux papyrus Rbind (pi. 25 , 3 ), il est remplacé en démotique par , , grand, considérable , dans la qualification d'un particulier.

En recourant à ce que nous avons expliqué précédemment, nous n'avons pas à nous arrêter sur l'expression

pe a?aît été oublié par le scribe, qui l'a ensuite ajouté en interligne. La signification en est manifeste ; la suite insiste d'ailleurs sur cette particularité de la consistance des accusations portées contre les gens du Rher.

Arrivé à ce point, le Seigneur de la ville réitère son

accusation : *^ ****" <=> ^^ ï ^an • ^'

i^-^^lrii

// dit un deuxième discours.

Cette forme remarquable a été signalée par M. Goodwin ' et par moi-même * ; elle ne réclame plus d'explication nouvelle.

Nous allons suivre mot à mot le discours dans lequel le Seigneur de la ville renouvelle ses accusations ; nous ne nous arrêterons que sur les passages dont il est nécessaire de justifier la traduction.

» Le scribe Horasherau , fils d'Àmennakhtou , du ■ Kher de Tintérieur du Khéna, est venu de

> (Uicune) au lieu où j'étais. Il m'a rapporté

I trois déclarations de paroles grandes , grandes ; les • ont écrites mon scribe ainsi que le scribe des deux

> quartiers de la ville. Et aussi m'a rapporté le scribe I Pebésa, du Kher, deux autres paroles, ensemble

* Zeitscbrift de Berlin , 1867, p. 47.

« Les Pasteurs en Egypte, p. 38, note 2.

Qt également. Et relativement à tu ; elles ont pris authenti-

eux dernières phrases

1^ «%.^ " « -vi

.OT l)por l>pitor

à elles silence ; avec elles

I indique V appartenance , la

J'en signalerai seulement deux ;ignificatifs :

ent chargés d'examiner la boume de Baïta rendirent compte s études en ces termes :

no Awwv —H— ,,c^ r-TT-i

mx DE '^ une fille

^makhou.

'objet du Papyrus Anastasi IX

pour le battage des grains ; le

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us avons ici un exceUent exemple de

A%is$i il y a le compte des bœufs que ils ont parlé à loi

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