‹ Mélanges égyptologiques (volume 3)Chapitre 10 sur 27 · LES PASTEURS. — LA PESTE. 39 MEN H'IM BMSU AAB-U · texte numérisé non relu

LES PASTEURS. — LA PESTE. 39 MEN H'IM BMSU AAB-U

non détruit lui la maladie.

Ces formules dans lesquelles aat est accompagné du mot tkr, de famée, annuel, nous obligent à penser à quelque fléau périodique et de nature particulièrement redoutable, puisque les Égyptiens cherchaient à en conjurer les atteintes par des moyens magiques, comme ils le fai. saient pour les crocodiles , les animaux féroces et les reptiles venimeux \ Rapprochons-les maintenant du passage suivant du calendrier Sallier :

« L'air dans le ciel , en ce jour

s'ebniï nsu aat-u ter-u Mêlé à lui les Aat annuels.

L'a AT était donc une maladie contagieuse ou épidémique, dont les germes étaient transportés par l'air respirable. Or, si l'on remarque que la mention du calendrier se rapporte au 19 de Tobi, c'est-à-dire au premier mois qui suit la retraite des eaux de l'inondation, on est naturellement conduit à identifier I'aat avec la peste qui se déclare en Egypte précisément à cette époque.

Je sais bien qu'on est convenu d'attribuer au climat de l'ancienne Egypte une salubrité constante et d'assigner à la peste, pour cause principale et assez moderne, lacess.i-

« Pl. 13, I. 1, 2. Dans hirru, je vois la débilité de la vieillesse, ?gaao , et dans aab-u , iabi , morbus.

» Voir mon ouvrage sur le Pap. mag. Harris.

a Pap. Sallier IV. pl. 1.',, 1. l.

40 LES PASTKHIS. — LA l'KSTK.

tion de l'usage d'embaumer les morts lors de l'introduction du christianisme; niais il faudra probablement revenir de cette opinion £omme de tant d'autres que les textes originaux nous ont permis de soumettre à une critique sérieuse. Au témoignage , d'Hérodote , qui parle du climat sain dû à la régularité des saisons en Egypte \ il suffit d'opposer la peste qui ravagea ce pays peu d'années après le voyage de cet historien , et qui se répandit ensuite sur l'Asie et sur l'Europe \ On n'admettra pas facilement que cette effroyable calamité fût la première manifestation d'un fléau nouveau pour l'Egypte. Même avant que ce pays fût policé, le Nil le couvrait chaque année, comme aujourd'hui , de son limon fertilisant dont le soleil a toujours su tirer des émanations insalubres. Que sous l'administration des pharaons , grâce au système parfait des irrigations , le fléau ail été moins fréquent, c'est possible, mais il n'en était pas moins connu et redouté des Égyptiens.

L'Écriture mentionne souvent la peste sous le nom de -QT Avec le glaive et la famine, elle formait la terrible triade des fléaux mortels dont sont menacés les Israélites infidèles et les ennemis du peuple de Dieu. Celle qui punit le crime de David enleva 70,000 Israélites en trois jours \ En parlant à Pharaon de la peste dont Dieu frapperait les Hébreux s'ils ne sacrifiaient pas au désert 4 , Moïse mentionnait certainement un fléau bien connu des Égyp-

\ lu 11 77.

i TmemiDE. De Bt-llo l'elop. Il 47.

a Samuel H . ch 24, v. 13 el suivant* * Exode cliai». b v. A.

LUS l'ASTELHS. — LA PESTE.

tiens et bien choisi pour faire sur leur esprit une vive impression.

Que le nom égyptien de la peste, de même .que son nom hébreu, s'appliquassent à divers fléaux destructeurs, c'est ce dont il n'est pas permis de douter. Dans les hiéroglyphes notamment , aat - u désigne les exécuteurs des châtiments célestes qui marchent à la suite des dieux , tranchant les tètes, brisant les nuques \ Mais cette extension tropique du sens du nom de la peste n'affaiblit en rien la terrible énergie de cette expression. Or, nous avons constaté que les Égyptiens , pour caractériser leurs ennemis , leur appliquaient des épithétes qui les représentaient étendus sans force et sans vie à leurs pieds. N'est-it pas trèsremarquable qu'à l'égard des Pasteurs ils aient fait usage au contraire d'un mot qui , loin de rappeler une idée de mépris et de triomphe , n'éveille qu'un sentiment d'extrême terreur et de haine?

Si mes déductions philologiques sont admises , nous aurons acquis un curieux et significatif commentaire du rapport de Manéthon concernant la cruauté des Pasteurs et les désastres dont ils ont frappé l'tègypte. En même temps nous aurons obtenu un résultat historique dans la constatation de la grande antiquité de la peste , contrairement à l'opinion la plus généralement admise jusqu'à ce jour.

« Todtb. , chap. 90, 1.

LES HÉBREUX EN Éf.YPTE.

Si les monuments de la domination des Pasteurs sont peu nombreux , bien plus rares encore sont ceux du séjour des Hébreux en Egypte. On n'en a jusqu'à présent signalé aucun qui n'ait été écarté par la critique.

A la vérité il ne faut pas s'attendre à trouver dans les inscriptions monumentales , bulletins officiels des gloires et des splendeurs pharaoniques , la mention des échecs subis par les armes ou par la politique de l'Egypte ; mais nous ne possédons pas seulement' des monuments de cet ordre ; une multitude d'écrits sur papyrus sont parvenus jusqu'à nous : correspondance officielle et privée , missions militaires, surveillance de travaux, comptes, inspections, procédure , légendes , etc. , les sujets les plus variés et les plus familiers se rencontrent dans ces documents.

Nous y trouvons d'utiles détails sur l'organisation et les mœurs des temps pharaoniques , sur la hiérarchie des fonctionnaires , les grades dans l'armée , les mercenaires incorporés dans les troupes ou assujettis à d'autres services , etc. , et c'est à ce titre que nous y voyons apparaître les Maschawascha , les Kahaka, les Schardana , auxiliaires

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