‹ Mélanges égyptologiques (volume 3)Chapitre 12 sur 27 · MM M · texte numérisé non relu

MM M

iimaï. Dans ce mot qui a sou-

?acu , nitre ou sel ammoniac. Cette

dent lus iiOOO tcbs de nitre cités par le papyrus Harris. Ce sel se trouvait sous les sables ou dans des fosses humides, ainsi qu'on le voit au papyrus Anastasi 111, qui mentionne , en même temps que Y étang de sel, la fosse

orrzz , mu TH . contenant du nitre'.

Les indications médicales relatives au nitre ne sont pas nombreuses dans notre papyrus. Il apparaît pour la première fois dans une" formule pour les maladies des seins. C'est l'espèce iiesmen ii'eper t'esef , nitre fait de lui-même , nitre naturel, qui est ici indiquée.. La médecine antique faisait usage du sel ordinaire pour le même cas. Une autre fois il est parlé du hesmen uau , nitre purifié. Toutes les indications du papyrus relatives au nitre ont pour objet des topiques.

i0° "^J<^||| » sen-neteh, parfum divin, encens.

Cette substance figure dans une vingtaine de formules ; elle était prise à l'intérieur ou appliquée à l'extérieur. Son emploi pour les douleurs d'oreilles est signalé par Dioscoride comme par notre papyrus. 11 en est de même de ses mélanges avec le nitre, le miel , etc.

110 et . ««¥ et choir des

animaux. Mêlé au vin, le sang de divers animaux était considéré comme un contre-poison Ce même mélange est indiqué au papyrus médical contre le nsaï , maladie

" Pap Anast III , pl. î , 1 9 2 Diosr. Liv. II , ch. 79

dont je ne puis distinguer la nature. Quant aux médicaments tirés de la chair, des os et du poil des animaux p il faut lire le vingt-huitième livre de l'histoire naturelle de Pline pour se faire une idée du nombre infini de substances médicamenteuses que les anciens trouvaient dans le règne animal. Parmi celles que relate notre papyrus , je citerai seulemcnt~\ \ JTJ fJ7 , ad en iian, la corne de cerf et

j^ ^T i^v? ,,AN EN AA ~ HAN * Ie membre (Téne,

dont l'emploi est également indiqué par les vieux auteurs.

Notre papyrus fait entrer, dans la composition de trois liniracnts, l'urine de v^-J^ 4 *— 1 rj* • 11 s'agit» je crois ,

d'un animal mâle , mais ce n'est pas l'âne , qui , dans l'un des cas , se trouve nommé immédiatement après. L'urine humaine et celle de divers animaux étaient également utilisées dans la thérapeutique de Galien et de Dioscoride.

13° ^-o. m j AXAK SAPTL ' CClt0 es P^ ce

pierre entre dans cinq formules ; elle fait songer au lapis memphites, qu'au dire de Dioscoride les anciens appliquaient sur les parties à brûler ou à couper , afin de les rendre insensibles à la douleur.

I V IHillll ? • menu , substance minérale . solublc

ou fusible que je ne puis déterminer. On l'employait en applications extérieures , mélangée avec d'autres substances

minérales, notamment la pierre saptu; aussi avec l'encens et le miel. Les magiciens se servaient du menh pour faire des figures talismaniques , à ce que nous apprend le papyrus Lee 1 .

15" Ha de » minerai de cuivre. C'est probable-

ment le lapis pyrites deGalien et de Dioscoride. Le papyrus médical mentionne une seule fois cette substance dans un mélange de vin et de sel. On l'employait en clystères pour rétablir la limpidité des urines.

copeaux et la sciure de cèdre sont mentionnés par Pline, Hist. nat. , Liv. xxiv, ch. 5. Ce détail confirme les conclusions de ma note sur le nom égyptien du cèdre \

En observant que notre papyrus ne cite pas moins de deux cents substances différentes employées comme médicaments, on se rendra compte de l'intérêt que présenterait une étude complète de ce document. C'est un travail considérable qui tentera , je l'espère , quelque égyptologue , lorsqu'un bon fac-similé aura été publié. En terminant cet article , je noterai quelques expressions dont l'étude superficielle que je viens de faire m'a révélé le sens :

, sVï, aliment, mets. A la p. 13, lig. 2 :

prescription de différentes substances à faire cuire pour en faire un s'aï , que la personne mangera avec du hak

• Voyez ci-devant, p. 10.

a Rev arch. II e série, IV, p. 47.

doux. Aussi, dans une proscription de diète : Ne lui donner à manger aucun aliment (s'aï).

^J^jJ^O^^i» akap i renverser, bouleverser, mettre

setis dessus dessous , copte ovcosn '. C'est le mot qui indique la subversion du goût d'un malade (p. 13, 1. 3).

IZÎlPgi» TENS ( on lrouvc aussi tensmen , mais je

crois qu'on doit prononcer seulement tens), refuser , résister , faire obstacle. Voir la phrase que j'ai traduite: Sun ventre refuse de s'exonérer \ On trouve aussi revers, p. 2, I. 6: tens em mest'er, refus d'oreille, paresse d'oreille , dureté d'ouïe.

» NUT » mott, piler , moudre, broyer; fréquemment employé dans le papyrus , notamment dans la locution nut em h'et va , piler en une seule chose.

piË^^J^|JP ^ , seh'enk em UBES , tordre, passer

au linge. Le copte a encore ^erijce, saccus.

' u0 "> moesrw, infuser, par exemple

des végétaux dans un liquide.

Les expressions ou, ou bien, au contraire, seront traitées spécialement.

Une dernière observation à faire au point de vue philo-

î J'ai d. ; jà indiqué ce sens, Pan. mag. Ilarris p 41, mais le cas était inoins concluant, a Voir ci-devant p. 60

logique , c'est que les maladies soot ccosées attaquées , détruites , repoussées par les remèdes , comme des ennemis. Les expressions guérir, soulager, sont de rare occurrence , et

Ton trouve le plus souvent TEK '-p-^^^^"

smaum, détruire, frapper, anéantir, P J^Ajj^ SBHAR, dissiiwr , etc.

KXPLICATION DT GROllh

Le groupe S IH&.'Î' tennu, cl ses composés

en tennu , er tennu , sont de fréquente occurrence dans les textes égyptiens, et n'ont point encore été expliqués. Comme on les a trouvés liés aux expressions qui désignent les divisions du temps, les choses longues, hautes, croissantes , ou rassemblées en grand nombre , on avait été conduit à admettre , selon les cas , les valeurs durée étendue, hauteur, longueur*, nombre, et Ton en retrouvait en effet le type radical dans le copte tujmb, tcomoy, valde , multum. Mais ces valeurs le plus souvent se prêtaient mal à l'explication du contexte ; elles ne fournissaient du reste aucune lumière pour les autres cas de l'emploi du groupe , et il était vrai de dire que le mot tennu constituait un obstacle sérieux pour l'interprétation des textes. Aussi

i Pap. mag. Ilarris , p. 44.

2Df TUm <;k, Mcim. sur i lusi r. d'Ahm&t, p. 48.

c'est avec une véritable satisfaction que , grâce à Pautorisation de Fauteur, je donne ici l'explication si féconde en résultats que M. Goodwin a bien voulu me communiquer. La discussion qui va suivre, à l'exception de l'addition d'un petit nombre d'exemples , appartient tout entière à ce savant égyptologue.

*~*ll) S |^'^ , | TENND » estune expression pronominale et adverbiale d'interrogation et d'admiration ; elle exprime aussi la distribution. Le type le plus rapproché se trouve dans le latin quolus. Elle répond , selon les circonstances , à qualis , quantus , quis , quotquot, quisque , ubi, unde, etc. Ces deux derniers sens sont restés dans le copte Tiow.

Examinons successivement ces trois ordres d'acceptions : interrogative , exclamative ou admirative , et distributive.

1° Quis , ubi, unde.

L'exemple plus saillant se trouve dans l'inscription d'ibsamboul \

Deux espions sont amenés à Ramsès, qui les interroge en ces termes: ntoten ah', vous qui? qui êtes vous? Ils répondent : Nous sommes au Khita ; il nous a envoyé voir ce que fait Sa Majesté. Le roi ajoute :

est-il , l'abject Khita? j'ai entendu dire qu'il étaitàKhirabu.

» Ce mot prend souvent le signe du pluriel ; l'oiseau servant d'appeau , qui en est le détermi natif, manque quelquefois. » Denkm. III, 187 , 17.

A cette nouvelle question les espions répondent que le Khita et ses confédérés sont massés et prêts à combattre derrière la ville de Katesh.

T.**. . c. » . «is^-ftS)— — *Si% i '

rta enek amu enek TENNU . Où fa-t-on donné à manger f demandent les dieux au défunt. Il répond : Le défunt a mangé sous le sycomore d'Hatftor.

Une autre conversation est rapportée au chapitre 58 , 1. 1 :

^LtV}^ ' H EPKR " ENEK tennu. Qui es-tu ?

Réponse : Je suis Vun de vous.

J^j jZ j, ma enti hna-ek. Qui est celui qui est

avec toi f Réponse : C'est Merli. Un duplicata de ce texte se trouve au chapitre 122, I. \ , avec cette seule différence que la deuxième interrogation est exprimée par

Todtb., ch. Ci, I. 24 fow^f^^*^})^

au-ek tek tennu, qui donc es-tuf Réponse : [nok] neb ii'au kkb-tu , je suis le seigneur du corps silmcieux. 2° Qualis, quanlus.

Todtb., ch. 72, 1. 7: Le domaine du défunt dans Tlladès a des moissons :

'*~ /UXN< 0 > -^-|*^ -J, Jt. . M EN ' BElf TENNU SES , UOH

JL$ <<> m

notum est quanta' sunt (segeten).

* M. Goodwin lit an , la négation exprimée par les deux mains Rendues, ici transcrite me». Il est dillicile de décider entre ces deux valeurs, celle de brn est également possible.

Todtb. , ch. 1 40 , sixième porte: Il y a sur elle un serpent, MfiN RKH' tennu, non notum est quantus est.

Denkm. III, 129: Le roi fit un grand carnage parmi

les ennemis, men reh' tennu non notum est quot

f fueiunt interfecli\.

Au papyrus Anastasi IV , un scribe donne à un de ses subordonnés le conseil d'être sobre :

EK

tennu er uh-tu iiak. Combien il faut éviter la liqueur hak !

Todtb. , ch. 78, 42: su h'ou enef tennu enef hi sen em un-sen hna-ef. Lui , combien il est bienfaisant plus que ceux qui sont avec lui! Comparez ch. 78, 44.

Todtb., ch. 454, 2, tennu er ma-ti-ef, quantus super similes ejus!

Enfin, dans l'inscription de Nehra-se-Numhotep 1 : ^ S j^JI~fJ^fl~S3\3j t tennu en ef h'ent

mer-tu-ef. Combien il. est grand au milieu de ses amis*!

Cette formule admirative est commune dans les textes. On la rencontre dans Burton , Excerpta hierog. , pl. 34 ,

troisième rangée , col. 34 , avec JïL remplaçant

, ce qui démontre que la lecture fent, conservée par quelques égyptologues pour ce dernier groupe

et pour sa variante • , doit être définitivement abandonnée.

< Denkm. II . Bl. 124, lig. 10.

s Peut-être : À* milieu de ses ouvriers ou de ses employés.

3° (Juisque, quoi, etc.

Je citerai d'abord un exemple où le parallélisme de la phrase rend ce sens tellement évident , qu'on s'étonne de ne pas l'avoir aperçu au premier abord. Je veux parler de l'hymne au Soleil publié dans le recueil d'inscriptions de M. Sharpc, partie II, pl. 92, lig. i: Gloire à toi,

H'RPRR RA iNEB MESRS SU TEÎfNt TOUI

qui t'engendres chaque jour et t'enfantes chaque matin 7

En décrivant les habitudes quotidiennes du berger Bata , le papyrus d'Orbiney dit qu'il rentrait à sa demeure 1

ER TENNU RUHA

cliaque soir, chargé d'herbes des champs.

Plusieurs documents faisant partie des papyrus hiératiques de Londres et de Leide , sont des rapports dans lesquels certains scribes rendent compte de l'exécution des missions qui leur ont été confiées. Quand il s'agit de la surveillance de travaux d'agriculture ou de construction , ils n'omettent jamais de mentionner les distributions d'aliments et de boissons aux travadleurs , et de fourrage pour le bétail. Les textes expliquent que ces distributions

étaient laites ^ :— FV*-V-r-r*r ' • 111 tennupeabot,

« L'égyptien a : qui s'enfante.

s Pap. d'Orb. . pl. I , I. 5.

3 Pap. Sali. 1, p. 4. I. 10: IMp. I..M<k« 1,341 . VI. H Voyez ci-devaiu, page m . |. 13.

pour chaque mois

TENNU SESU

x, chaque dix jours. Sfisuest le copte cor, jour du mois; dix sesu ou dix jours formaient la semaine égyptienne ou décade. Tennu sesu correspond à quotidie.

Cette constatation nous permettra de rectifier le sens attribué jusqu'ici à un passage important des inscriptions de Karnak , connues sous le nom d' Annales de Thothmès III. Il y est dit que les villes apportaient leurs tributs

JjfcÇ*-^J- l^l] J | r ^*' MA NBTÀ-SEN EN TENNU

ter , ce qui signifie , non pas d'après leur taxe sur le produit annuel , mais simplement selon leur convention pour chaque année. Le copte mtgij poune, quotannis, nous

a conservé exactement la formule égyptienne. •

neta , veut dire pacte, traité , convention. Le traité de paix entre Ramsès 11 et Khitasar, chef des Khitas , est nommé dans le texte qui nous est resté de ce curieux document : pe neta - u nefer en hatap en sensen , le bon traité de paix et de fraternité * ; les parties contractantes s'y engagent à agir conformément au traité juste qui subsistait entre elles au temps de Saparar et de Mautnar, prédécesseurs de Khitasar \ Dans d'autres passages de ce même document, le mot neta signifie évidemment stipuler, convenir'.

< Pap. Sali. I , p. 4 , I. 11.

a Denkm. III , 146 , 7.

• Ibid. . lig. 14.

* U est à désirer que le traité des Khitas soit traduit avec soin. Malgré les lacunes du texte , on peut en restituer des portions importantes. La version de M. Rrugsch Geog. Ausland , p. 26) est insuffisante.

Ces valeurs de tennu et de neta étant bien établies , nous serons forcés de modifier notablement le sens de ce passage de la stèle de la bibliothèque impériale :

MA NETA-EF TENNU TER

Le sens est évidemment : Le roi était alors en Naharaïn , selon sa convention chaque année. Il n'y était pas allé pour imposer ou exiger un nouveau tribut , mais il exécutait une clause d'un traité antérieur , lui donnant le droit de percevoir en personne ou par ses officiers le tribut convenu.

Tennu remplit aussi le rôle de verbe et de substantif dans quelques cas assez rares , pour lesquels je ne trouve ni dans mes notes, ni dans celles de M. Goodwin, des éclaircissements suffisants. Mais les résultats obtenus n'en sont pas moins considérables, en ce qu'il sera peut-être nécessaire d'en faire application à la plupart des textes déjà traduits. Grâce à eux , nous enrichissons le vocabulaire de quelques nouvelles formes interrogatives et exclamatives. Voici celles qui sont reconnues jusqu'à présent :

, a;9 , ai,o, guis, quid ; ma au', quomodo ,

quantus. Cette expression se trouve, comme on devait s'y attendre, en parallélisme avec tennu.

km nima , comme au papyrus d'Orbiney , pl. 4, I. 10:

» Stok . Bib. iinp.. I. 4.

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