A M S EN
stepd , deux mots n-ra , qui appar-
» Pap Anast. IV. pl. 8, 1. 4.
\01 NOTKS ANALVTIOIKS.
ntok. J'en citerai un exemple puisé au papyrus
d'Orbiney, dans l'interpellation de l'épouse coupable au taureau dont son mari a pris la forme :
\^^"\Vj^<Mf © EM ntok(n) nima "
tkka , Toi . qm ps-tu donc ? Le pronom ntok est devenu y\ , stokn , c'est-à-dire qu'il a pris la finale et le
déterminatif du verbe ' TOKX * W 0 ^' fréquenter.
Mais le verbe tok.n se rencontre lui-même privé de Vn finale \ qui peut-être n'y était pas prononcée. Ceci nous
explique la forme ' ians ,a( l ue,,e ^ pronom de
la seconde personne est abusivement enrichi du déterminatif de mouvement appartenant au verbe tok ou tokn.
Enlin, dans ce même mot ntok, le k final parait quelquefois surabondant ; alors ^jj^ représente la particule
de flexion NT. Mais ce cas est extrêmement rare. Je
n'en ai encore noté qu'un exemple *.
Un abus bien plus fréquent dans les papyrus , c'est l'emploi du pronom composé de h première personne
• Pap <l Orbiney, pl. 15 . L 9
a Side il Entew . au muser «lu Louvre I 3 3 Pap. Anasl V . pl. D I. 6
* Ibid. pl. 10. I. 7.
^JS^' pour figurer la seconde personne Les exemples en sont tellement multipliés qu'il n'est pas nécessaire de les citer. Quand ^J^^ représente la deuxième
personne, la partie ^ u groupe remplit le rôle de
déterminatif , tandis que cette même partie, dans la première personne , est le pronom lui-même , l'alhxe copte e , précédé de se paragogique.
Une singularité de nature à nous faire concevoir une juste idée de la souplesse du système hiéroglyphique et de la liberté d'allures des scribes, apparaît au papyrus d'Orhiney, dans l'emploi du signe de la femme pour exprimer la seconde personne aussi bien que la première. Le même fait se remarque dans quelques-uns des papyrus hiératiques de Leide. Il est bien possible que le signe de l'homme se rencontre de même dans ce double emploi , mais je ne l'ai pas encore reconnu comme seconde personne. D'après une excellente observation de M. Goodwin . ces deux hiéroglyphes, l'homme et la femme, sont fréquemment introduits dans les groupes comme simples signes de genre.
On conçoit aisément la difficulté que l'emploi abusif de certaines lettres peut jeter dans la tâche du déchiffrement. Mais cette difficulté n'est pas plus insurmontable que les autres, et il suffira de la signaler pour que les observations se multiplient sur ce nouveau champ d'investigations, où nous trouverons sans doute la clef de plusieurs points demeurés énigmatiques jusqu'à présent.
On devra s«' demander <*n outre si. indépendamment de
lu*
ces cas d'orthographe exceptionnellement capricieose , il ne se rencontre pas dans les textes des mots comprenant habituellement des éléments surabondants , selon la conjecture que j'ai rencontrée dans les observations de M. Birch.
L'emploi arbitraire de * , t, est bien connu; soit comme marque du féminin à la fin ou dans le milieu des mots , soit comme remplissage , ce signe ne se prononçait probablement jamais ; on sait aussi que la nasale n ou nu , quelquefois écrite nnu, était d'emploi facultatif dans certains groupes ; il suit de là que le pronom pluriel de la troisième personne, sous ses deux formes stu, snu, a bien pu avoir le son su , comme l'a supposé M. Birch.
A l'appui de ces vues , j'examinerai trois groupes dans lesquels rfî , nu, me paraît surabondant.
Le premier est le nom bien connu des campagnes florissantes que les mânes avaient à cultiver dans leur vie d'outre- tombe. Voici les principales variantes du nom que leur donnent les textes :
^2JTQ\ ar, ou al:
La dernière de ces formes est la plus commune , c'est
* Sharpe, Egypl Insc. , pl 62.
* Ibid. , pl. 107 , I. 84.
* Brugsch . Céog. Notice de Kokomé
celle que donne le Todtenbuch, rituel des basses époques ; mais elle était connue au temps des Ramsès , ainsi qu'on le voit dans un papyrus de cette date Or, il est difficile de supposer que, pendant une longue série de siècles, le même mot ait été prononcé indifféremment aalu ou aanlu. Il est bien plus naturel d'admettre que n ou nu n'a jamais été phonétique dans ce mot, et qu'on a toujours dit aalu. Nous trouvons ainsi tout naturellement la forme véritable du mot d'où les Latins ont pu tirer leur Ely-sium , ainsi qu'on en a déjà émis l'hypothèse.
Un autre mot, mais dont l'orthographe est constante,
boa, extra, foras, si nous faisons disparaître la nasale- Le sens de ce groupe est évident ; il abonde dans les textes.
Ne sors dehors sur aucun chemin. Un peu plus loin , le même calendrier dit encore :
AMMN-EK PER Eli BU(n)l EU PA-K 1
Ne sors pas hors de ta maison.
Au papyrus d'Orbiney , Bata met sa femme en garde contre les entreprises de la mer: em iri per er bu(n)l\ Ne sors pas dehors.
« Pap. hiérat. Leide 1.345. pl. 132, p. III , I. 2
s Pap. Sali. IV. pl. il, I. 5
» ftid. . pl. 12 . I. 7
* Pap. d'Orb. , pl. 10. I 1
, bunur ou h r m l , nous livre le copte
Je citerai l'une des recommandations du calendrier Sallier à propos d'un jour funeste :
La même locution se rencontre aussi dans certaines formules magiques par lesquelles la maladie était sommée d'avoir à sortir du corps des malades 1 . Remarquons à ce propos que l'ordre de départ :
"MA^Jy^TX" MAI FR Bl,(N)R ' csl
identique au copte auot 6boa.
En appliquant au groupe ^ V— TANllK » ^ con "
séquences des observations qui précèdent , nous le lirons tor ou tur, et nous y reconnaîtrons le copte xpo, fortis. Le sens en est encore bien précisé par le papyrus d'Orbiney ; c'est le mot dont se sert l'épouse d'Anepu pour caractériser la force de son beau -frère chargé de cinq
mesures de grains : : ^ <St/*^5yM !
^"^1 fil V^i^Vl ' » J'w remarqué tes forces
chaque jour.
On n'a pas encore rencontré de variantes montrant , comme pour aalu , l'emploi facultatif de rr? dans les groupes bu(n)l et to(n)r; il est très-vraisemblable néanmoins que ces signes étaient surabondants , à moins cependant qu'ils n'aient été employés pour exprimer le son pluriel u, on. Cette dernière hypothèse serait la plus simple,
« Pap Moral. Leitle 1 343. pl. 5,1. 10, comp 1.345. revers. G . 2 pl 135.
* Pap. d'Orb . pl 3, I G
NOTES ANALYTIQUES. i<)7
mais celle des lettres surabondantes explique seule les autres bizarreries orthographiques que j'ai passées en revue
et auxquelles on peut ajouter les deux formes J ^ ,
bekber , J J ^ » BENBEN ; ces deux groupes servent à
nommer la pointe pyramidale des obélisques , et se prononçaient peut-être simplement bab ou beb.