‹ Mélanges égyptologiques (volume 3)Chapitre 22 sur 27 · ENCOURAGEMENTS A L'ÉTUDE · texte numérisé non relu

ENCOURAGEMENTS A L'ÉTUDE

Les hommes compétents qui voudront bien prêter quelque attention aux dissertations précédentes , seront peut-être moins surpris des fruits variés qu'on peut retirer de l'étude des hiéroglyphes , que du nombre et de l'importance des lacunes qu'il nous reste à combler pour être complètement maîtres de la langue.

En considérant qu'on a pu se méprendre sur des formes négatives , que plusieurs expressions interrogatives et des particules essentielles dans la construction des phrases ont été méconnues , on pourrait se sentir disposé à faire de sérieuses réserves contre toutes les traductions essayées jusqu'à ce jour. Une telle conclusion ne serait cependant pas juste.

Malgré ses obscurités et ses bizarreries , la langue des hiéroglyphes possède des avantages qui lui sont propres : il est toujours possible, le plus souvent même facile, de distinguer l'intention générale d'un texte égyptien, et l'on n'est jamais exposé à de grandes erreurs comme dans l'investigation dos langues perdues, à écritures alphabétiques ,

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telles que le phénicien et les dialectes araméens '. Depuis plusieurs années, lasciencedu déchiffrement des hiéroglyphes possède des moyens analytiques suffisants pour affirmer ses résultats généraux.

A la vérité , des détails souvent très-importants nous échappent encore, mais les égyptologues connaissent bien cet écueil et se gardent généralement d'outrepasser les bornes de la prudence dans leurs déductions ; ils ne se montrent pas prodigues de solutions dérivées de l'analyse des textes, et leurs plus grandes conquêtes n'ont pas a redouter d'être démenties par les progrès continuels de la méthode de déchiffrement.

Le classement des cartouches royaux et des noms géographiques , qu'on rencontre en si grand nombre, soit isolés dans les inscriptions, soit réunis dans des listes, a donné lieu à d'excellents travaux sur l'histoire et sur la géographie. Mais il faut reconnaître aussi que ces travaux sont loin d'être irréprochables au point de vue de l'interprétation des textes ; les déductions philologiques que leurs auteurs y ont introduites , en assez petit nombre , sont rarement acceptables. On en jugera par un exemple. Dans le traité conclu par Ramsès II avec les Khi tas, document d'un immense intérêt, se rencontre une quinzaine de fois

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* L'inscription phénicienne de Marseille, contenant un décret portant fixation des taxes pour les sacriiices, a été publiée , avec transcription en hébreu, parmi traducteur qui en a fait un traité d'alliance entre Marseille et Oarthage. Quatre courtes lignes , trouvées sur un vase du Sérapeuin , ont également donné lieu à plusieurs versions contradictoires.

•i Pap. mag. Harris. Gloss. n" 14. 8

1 1 \ KXCOrU.UÎKMENTS A LKTl'DK.

terme habituel île la langue judiciaire et des stipulations contradictoires ou synallagmatiques. Or, la traduction que M. Brugsch a donnée dans sa géographie, rend constamment ce mot par jurer, faire serment. On conçoit que cette traduction soit à refaire. M. Brugsch n'a pas été heureux non plus dans les emprunts qu'il a faits au voyage en Syrie . raconté par le papyrus Ànastasi I. Ce manuscrit, si important pour la géographie , exigera une étude bien plus approfondie que celle que le savant allemand y a donnée.

Lorsqu'on méconnaît le sens d'un texte, on est exposé à en faire découler des conséquences erronées. Une citation fera bien comprendre la gravité de cet écueil.

M. Brugsch a relevé avec soin les passages des inscriptions qui ont trait aux limites de la puissance égyptienne à diverses époques , et a montré que la limite sud était généralement rapportée à la montagne Ap-to ( la corne du monde), et la limite nord aux quatre supports du ciel. Une inscription du règne d'Aménophis III lui fournit la phrase suivante :

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