‹ Mélanges égyptologiques (volume 3)Chapitre 25 sur 27 · ENCOURAGEMENTS A 1/ ETUDE · texte numérisé non relu

ENCOURAGEMENTS A 1/ ETUDE

• élevé. Oui , lorsque tu seras avancé en âge , tu trouveras « que c'est profitable. Un scribe habile en toute espèce de t travaux deviendra puissant ; ne t'en détache donc jamais'. « Ne fais pas de jours de débauche , ou tu seras frappé. « Les oreilles du jeune homme sont sur son dos : il écoute « quand on le frappe. Que ton cœur soit attentif aux « paroles, tu trouveras cela préférable. On instruit bien « un animal à faire des tours ; on dompte le cheval ; on t fait nicher l'oiseau ; on dresse l'aile de Pépervier. ( Telle t est) la force de la démonstration. Ne néglige pas les

• livres; ne t'en dégoûte pas', i

Le thème du scribe est que l'éducation possède une force irrésistible, même à l'égard des animaux, que les Égyptiens savaient dresser à divers jeux ; le bâton , en dernière analyse, devait avoir raison des intelligences rebelles.

Cette ardeur des Égyptiens pour les travaux de l'intelligence est un fait remarquable de l'histoire de la civilisation à l'époque pharaonique. On en distingue l'influence dans les doctrines élevées de certains hiérogrammates qui personnifiaient dans Thoth le dieu unique, incréé, éternel, caché au vulgaire derrière la multiplicité des symboles. Hardis et fervents adorateurs du dieu de l'intelligence , ils n'hésitent pas à lui attribuer la création de l'univers et de la lumière , au sein du chaos , avant que le soleil existât. C'est ainsi que s'explique un papyrus copié par M. Dcvéria au musée de Turin. Thoth y est représenté comme « le

• dieu qui a fait cesser la lutte dans le ciel d'occident et

• détruit la violence dans le ciel d'orient ; il a fait ce que

• Celle phrase est incertaine.

a Pap. Anasl. v, pl. h. i 1 a pl 9, l. l Dupl Anast III , pl 8, I. 10.

ËNc:0UHA(iKMKNT8 A L'ÉTUDE. H9

* contient le monde et Ta illuminé, alors que tout était « ténèbres et qu'il n'y avait pas de soleil. »

A Thoth s'adressent les hymnes et les actions de grâces des lettrés , qui lui rapportent tous leurs succès :

• Viens , Thoth ! s'écrie l'un d'eux ' , Ibis sacré , qui te

• plais dans Hermopolis la grande, écrivain des livres des « dieux, grand dieu de la ville d'Oun ; viens, sois mon « directeur. Rends -moi habile en tes travaux, car tes « travaux valent mieux que tous les autres. Celui qui s'y t adonne est trouvé apte pour occuper un rang élevé. Plu- « sieurs ont agi , et c'est toi qui as agi pour eux ; ils sont ■ parmi les favoris du monarque * ; ils sont puissants et « riches par toi \ Car c'est toi qui es le directeur ; c'est toi € qui es le directeur de tout lils d'une mère *. Viens donc à « moi ; sois mon directeur. Je suis un esclave de ta de- « meure. Accorde-moi de parler, avec ta valeur, à la terre « entière. Oui, la multitude des hommes dira: sa gran- « deur , c'est ce qu'a fait Thoth. Oui , ils amèneront leurs « enfants pour leur inspirer de l'ardeur. Tes travaux sont

* les meilleurs de tous les travaux ; force et joie à qui

• s'y livre î »

Il nous reste des écrits contemporains de ces zélés

i Pap. Anast. v , pl. 9, 1. a à pl. 10 , L 2.

« Les Trente. C'était assurément un poste très- honorable et trèsenvié.

s Par ton faire.

* La traduction de cette phrase est duc à M. Goodwln, qui a fait à ce propos une observation bien curieuse. Dans le tableau du pèsement de l'âme, en avant de Thoth qui écrit la sentence favorable, se voient deux

figures assises , l'une masculine , avec la légende Ujl ^ , s'aï , l'autre

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