‹ Mélanges égyptologiques (volume 3)Chapitre 4 sur 27 · LE NOM HIÉROGLYPHIQUE DES PASTEURS. — LA PESTE AUX TEMPS PHARAONIQUES · texte numérisé non relu

LE NOM HIÉROGLYPHIQUE DES PASTEURS. — LA PESTE AUX TEMPS PHARAONIQUES

Depuis les fouilles fructueuses de M. Mariette à Tanis, l'attention des savants a été appelée d'une manière particulière sur l'époque , importante pour l'histoire , pendant laquelle l'Egypte fut soumise à la domination organisée d'une race étrangère venue d'Asie. Ajoutant des preuves monumentales au témoignage d'un papyrus désormais célèbre', les sphinx et les statues, mis au jour par ces fouilles, nous ont montré dans Apapi, l'un des souverains de cette race , non pas un barbare ignorant et destructeur, mais un roi assez éclairé pour imiter les anciens pharaons dans leurs titres et leurs protocoles et pour édifier, à leur exemple, un temple somptueux au dieu de sa nation *.

Il a paru difficile de concilier ces faits avec les imputations de barbarie dont Manéthon a chargé la mémoire des conquérants de sa patrie, t Ils étaient , dit cet historien , « des hommes de race ignoble, venus à Pimproviste des

1 Pap. Sallicr I , pl. 1 à 3.

a Voyez .Mariette, Lettre à M. de Rougé, Rev. arch. , nouvelle série, II, 97, et de Rougé, Observations, etc., ibid., 248.

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« régions orientales ; ils envahirent l'Égypte et s'en em-

• parèrent presque sans combat , brûlèrent les villes ,

• renversèrent les temples et se conduisirent en ennemis » cruels. *

La contradiction , selon moi , est purement apparente. En effet, les documents qui jusqu'à présent nous ont parlé des Pasteurs, se réfèrent uniquement à Apapi, leur avantdernier roi , dont le classement chronologique , comme contemporain du prédécesseur d'Ahmès , est aujourd'hui mis au-dessus de toute discussion. Ces documents, dèslors , ne peuvent rien prouver contre la réalité des désastres dont l'Egypte fut frappée quelques siècles auparavant , à l'époque de la conquête. Sous ce rapport le témoignage de Manéthon reste inattaqué. Du reste tonte invasion entraîne des maux inévitables , même de nos jours , malgré les progrès de la civilisation et l'observation des principes d'humanité introduits par le Christianisme. Les hordes qui ravagèrent l'Ëgypte il y a quarante siècles n'obéissaient certainement pas à des principes plus élevés que celles qui semèrent la dévastation à la suite de Gengis - Khan ou d'Attila. Du reste les violences rappelées par l'historien national fournissent seules l'explication d'un fait considérable : la rareté des monuments antérieurs à l'expulsion des Pasteurs.

Malgré la double conquête des Perses, malgré celles des Macédoniens, des Romains, des Arabes, etc. , le sol de l'Ëgypte nous a conservé un nombre immense de monuments postérieurs à cette même époque , et nous avons pu , sans beaucoup de peine , reconstituer d'une manière satisfaisante la longue chaîne de rois qui relie le vainqueur

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