‹ Mélanges égyptologiques (volume 3)Chapitre 6 sur 27 · LES PASTEIHS. — LA FESTE · texte numérisé non relu

LES PASTEIHS. — LA FESTE

race vaincue et qu'ils en avaient emprunté quelques usages, ainsi que la langue et récriture.

On sait que nous ne possédons des histoires de Manélhon que des extraits dont le plus ancien se trouve dans la réponse à Appien de l'historien juif Jost'phe. Ces extraits n'ont pas été faits pour illustrer la science, ni pour célébrer la valeur historique de l'annaliste égyptien. Chacun des abréviateurs a assoupli son interprétation au besoin de sa thèse favorite. Je regarde d'ailleurs comme un fait certain qu'aucun d'eux n'a pu étudier le texte original , faute de connaître la langue égyptienne; l'incorrection de la version grecque peut seule rendre compte de certaines erreurs qu'un scribe égyptien n'a pas pu commettre.

Les extraits donnent aux Pasteurs le nom d'Hyksos , signifiant , d'après l'opinion prêtée à Manélhon , Rois- Pasteurs. Cette définition s'accorde en effet avec la valeur

mot copte ^coc, pasteur, dont le correspondant antique n'est pas encore connu. Toutefois, d'après l'abrévialeur , Manélhon ne serait pas bien certain de son explication , puisque, immédiatement après, il en rapporte une autre d'après laquelle la syllabe iiyk représenterait l'idée captif. C'est encore une traduction exacte, mais d'un tout autre

groupe, > HAK, et cette confusion peut se

produire uniquement pour l'oreille , jamais à la lecture. Pour admettre l'authenticité originelle de cette double et

bien connue du groupe

, iiik , roi , et avec le

LK> PASTKIHS. — LA l'KSTE.

contradictoire explication , il faut nécessaireinent supposer que Manéthon ignorait sa langue nationale

Je considère Tune et l'autre des versions comme inexactes. Mais si Ton veut y attacher quelque valeur, il est nécessaire d'observer que la première syllabe signifiant roi ou captif , il ne reste que la dernière, sôs, pour exprimer le nom de la nation. De sorte que l'appellation Hyksos, dont on se sert habituellement, est forcément fautive, en tant qu'on prétend la faire regarder comme exprimant le nom égyptien des Pasteurs.

Cette observation a porté quelques savants à identifier

les sôs avec les TQ\3?J|1 7^ , s'as-u, peuplade

asiatique fréquemment mentionnée par les monuments et les manuscrits. Mais cette explication , fabriquée à la manière de celles qu'on prête à Manéthon, c'est-à-dire uniquement d'après une synonymie accidentelle, ne se concilie en aucune manière avec ce que nous savons de ces tribus de Bédouins nomades et chasseurs que les textes nomment Shasu.

Nous trouvons , sans hésitation possible , le nom hiéroglyphique des Pasteurs dans l'inscription d'Ahmès, fils d'Anna*. M. de Rougé a bien fait ressortir l'importance historique de ce précieux document, qui s'exprime ainsi :

« On prit la ville d'Avaris [jJ^J^Q ; J >' *îs prison-

< On peut faire des observations analogues sur les explications données par Plutarque et par d'autres auteurs, à propos de divers mots égyptiens, celui de Maneros, par exemple. Les égyptologues s'expliqueront très- facilement les motifs de ces confusions.

s Denkm. III , 12 , d. De Rougr. Mém. sur l'fiiscr. d Ahrnès, p. 171.

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