LES PASTEURS. — LA PKSTK
« niers un homme et trois femmes, total quatre tètes. « Sa Majesté me les donna comme esclaves. On assiéra « Sliaruhana en Tan V. Sa Majesté s'en empara. J'y pris
« d'or de la vaillance; de même on me donna des pri- « sonniers pour esclaves. Lorsque le roi eut massacré les * Pasteurs , il se rendit à Khentannefer pour châtier les « Annu de Nubie... , etc. »
Ce passage se réfère , ainsi que l'exprime le texte dans les lignes précédentes , au règne d'Ahmès , et il constate de la manière la plus indubitable que ce pharaon s'empara d'Avaris, dernier boulevard des Pasteurs , et, immédiate-' ment après , de Sliaruhana , ville située à peu de distance d'Avaris et d'Héroopolis , sur la limite méridionale de la Palestine. Les Pasteurs définitivement expulsés, Ahmès put tourner ses armes au Midi , jusqu'aux limites de l'Ethiopie.
Ces déductions , fondées sur la saine interprétation d'un texte hiéroglyphique bien précis, sont de tout point inattaquables , ainsi que l'a bien établi M. de Rongé. Elles gênent peut-être quelques savants de la vieille école, qui se plaisent à disserter longuement sur les chiffres et sur les noms des listes manélhoniennes ; mais ils devront en prendre leur parti et s'attendre à voir de nouvelles constatations resserrer de plus en plus la marge d'erreurs dans laquelle les systèmes se meuvent malheureusement trop à l'aise.
« t.ola vciil <lir<; | i il t'i.i un ennemi.
a Le groupe se lit MF.NA-i- de men- i ou de sate . ce qui parait sigltifler Menn-u d'Arir.
« deux femmes et une main '. On me donna le collier
C'est lo groupe.
LKS PASTEUUS. — LA l'ESTK.
dans le texte rapporté, nomme les Pasteurs. Il rappelle bien le copte tioouo , pascere , et justifie les Grecs dans leur version irotuiMc. On trouve en effet la forme
natif est le signe du berger. J'ai cité ailleurs l'orthographe
piochant Elle démontre que le mol s'appliquait aussi aux travaux des champs, ce qui du reste est formellement exprimé dans un papyrus 3 .
Quel que soit le peuple que les textes ont plus tard désigné sous cette dénomination, il demeure acquis qu'elle a été le nom ethnique des Pasteurs pendant le temps de leur domination sur l'Egypte.
Mais le papyrus Sallier, qui nous parle non moins clairement des Pasteurs d'Avaris, les désigne sous un nom
aisément reconnu l'une de ces épithètes flétrissantes dont les Égyptiens se montraient si prodigues à l'égard de leurs ennemis , et parmi lesquelles se rencontrent le plus fréquemment :
, MEN-Ti-i! , déterminée par l'homme
tout différent , celui d'
, h'eh , tombé , abattu, renversé,
h' es, qu'on a rendu jusqu'ici
* Champollion , Alun. pl. 994.
* Pap. Mag. Harris , p. 48.
3 Pap. Sallier II, pL 4 , 1, 8.