‹ Mélanges égyptologiquesChapitre 15 sur 66 · I GD · texte numérisé non relu

I GD

* Voir la note 4 , page précédente.

AAAAAA AAAAAA • AAAAAA

, vérifier, reconnaître, apprécier, juger. Excellent exemple. Voir ci-devant, p. 17, 19, 32, 33.

0^ 7 POTOOT. Ce texte justifie complètement les

M E L A NGES EG Y PT0L0G K* l' E S .

De même, les marchandises de la barque de pêcheurs , que son capitaine seul en ait soin

J’enverrai pour le chargement deux hommes. Ayons des ballots et le compte de [ce qu’il faut i faire mettre en ballots. Si leurs mariniers venaient à mourir, avise... ; qu’ils' ne restent pas à [ne rien faire] r 1 1 faudra

Page II.

s’occuper ] des*bal lots du dieu pour celte année.

De même, le scribe Thothemheb m’a mandé, à savoir:

Fais tenir prêt le chef d’atelier N... pour tout ce que tu lui as mandé de faire. A l’arrivée de la barque chargée [tu feras exécuter mes] ordres. [ Tu les transmettras] à l’homme qui conduira la barque du pêcheur Salati.

Tu le feras partir avec le serviteur Hui. Ce qui

sera nécessaire dans le bateau (?) neuf, que ce soit prêt ! (?). Eux partis et faisant route , tu feras amener des bois de cèdre [fournis] par le scri-be Thothemheb; qu’ils soient de qualité excellente.

Tandis que tu seras à présider à l’exécution de mes ordres [d’une manière] régulière, tu viendras à Memphis ; je ferai [en sorte] d’y être jusqu’au 8 de paophi.

N’envoie pas à Ramessopolis. Si nous vivons , fais prendre le marinier Pashétou et le marinier Tanour, et qu’ils soient chargés de ballots à votre satisfaction , pour le lieu où ils doivent se rendre; qu’ils prennent... ;

vues que j’ai exposées sur le rôle de ces fonctionnaires dans mon étude sur le papyrus Abbott (ci-devant, i. I , 170).

1 Le pronom ils représente ici les capitaines de barques.

LETTRE D’AFFAIRES

ne leur fais pas donner les ballots du scribe Pesar pour cette année; qu’ils agissent! qu’une barque soit nolisée par eux Car nous leur avons dit : Vous appareillerez cette année; qu’il leur soit donné des ballots.

Vois ! je leur ai fait prendre des hommes pour manœuvriers , et je les remplirai , à plein , à plein.

Autre affaire.

Louable ton service! véritablement excellent ton service 1 ! Tu as fait partir le transport le Taureau 3, qui porte les laines , avec le voilier 4 Séti, et il a été à vide jusqu’à fléliopolis; et les six hommes qui étaient avec lui étaient de véritables mariniers Comme lu es un homme, à cette heure, [tel] qu’il faudrait' que tu meures pour fait de relâchement, tu as agi de telle sorte qu’il n’y a plus de feuilles de butome 6. N’existant pas de marchandises prêtes \ on

. Ce verbe est en rapport avec le mot barque

dans les inscriptions du monument de Bakcnkhons. Devéria : Mon. biog. , 5 ; il signifie mettre une barque h l'eau , la noliser, appareiller. 2 Ces membres de phrase paraissent être des expressions ironiques.

1 homme de la voile, comme l’anglais

sailor, de sail, voile. Conf. Todtb. 99, 23.

5 ^ paraît avoir conservé quelques-unes des valeurs

du copte at , utilis, bonus , decere , mensura , et correspondre aussi à , opportet.

T IM k^==^TM'IC|,0'rUnT,m"' feuilles ou herbes de toufi. C’était un fourrage Irès-estimé chez les Égyptiens. Comparez le copte 3COOTt| , butome, jonc fleuri des marais , très-recberché du bétail et servant à tresser des paniers.

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n’a pas chargé la barque. Mais qu’on ne la fasse pas partir à vide' ; au contraire, qu’on la charge de pains et de miches (kyllestis ) de l’Atour-aa pour les envoyer selon leur usage régulièrement.

Pour l’aiïaire de son matelot, je l’amène pour le faire punir pour avoir dit : Le scribe Thothemheb m’a dit :

Qu’il y ait un chargement de la barque : Il me dit : on lui obéit dans la demeure; je vais la charger de feuilles.

Et Thothemheb m’avait dit : il n’est pas utile (?) que tu mettes dans les barques de pêcheurs du poisson; fais qu’elles chargent du bétail \

La barque qui part pour Osormara Ma-ville, s’il y a des laines , qu’on ne la charge pas des marchandises et du butome qui sont à ta disposition \ Que soient installés les bateaux de Oh ! qu’ils sont grands ; grée (?)

les barques de transport des pêcheurs; tu t’en accommoderas 6.

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(c) /'WW'

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, nom de la branche principale du Nil dans

la basse Égypte ou d’une localité située sur ses bords, dont les

pains

rxo

, voyez ma note sur quelques données des

papyrus Rollin, Zeitschrift de Berlin, 1869, p. 87), étaient sans doute renommés.

3 Le matelot avait feint d’avoir reçu de Thothemheb des instructions différentes de celles du scribe Ramessou. Il voulait charger à son gré et selon la convenance de son navire.

4 La ville de Ramsès, désignée par le prénom au lieu du nom royal.

s Littéralement : devant toi.

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LETTRE D’AFFAIRES

Je n’ajouterai rien

Page IV (revers de la paye 3 )

à ce qui est 1 ; tu ne seras pas inculpé pour ce que tu auras fait.

Allons! l’ensemble des commissions que je t’ai dites, exécute-les d’une manière parfaite; c’est aller au-devant des témoignages d’approbation ‘ , et , si tu veux faire mieux \ demeure ferme dans tout ce qui t’est mandé.

Fais donc partir la grande barque qui est vide ;

que ses matelots soient dedans en état parfait4; chargela de paille du grand vallon. C’est [tout] ce que tu feras si tu ne trouves pas une autre barque pour la charger entièrement de butome.

Autre affaire.

Pour envoyer faire rapport de tout ce que tu as fait , ainsi que de tout ce qui est à toi et de ton compte au jour de l’ordre qui va par la main du serviteur Oaa.

Et tu feras une lettre par sa main au moment où tu le feras partir. Sache cela !

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— LL AAAAAA

AAAAAA A/ *\A'A AAAAAA

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Ma tra-

duction de cette phrase est très-conjecturale. Les deux derniers mots m’en sont inconnus.

, littér. : et ajoutant bien.

J ~ j, extraordinairement, exceptionnellement.

Du 27 de Thoth.

Les deux scribes en correspondance sont attachés à la même administration et s’adressent réciproquement des instructions et des ordres écrits. On voit, par la circonstance du rendez-vous donné à Memphis , qu’ils avaient des entrevues pour leur service.

La date de la lettre est du 27 du premier mois de l’année égyptienne (Thoth); mais l’année n’est pas indiquée. Nous trouvons un renseignement curieux dans les qualifications données à Ramsès II , le seul pharaon qui soit nommé dans tout le document. Le texte le nomme tantôt le dieu , tantôt le dieu qui est dans le K lier , c’est-à-dire dans l’hypogée. Notre date doit conséquemment tomber très près de celle de la mort de Ramsès II, dont les propriétés n’avaient point encore à ce moment passé aux mains de son successeur. Les laines royales étaient restées sur le bord du Nil.

Notre papyrus apporte donc un témoignage de plus à l’appui des présomptions de troubles survenus en Égypte après la mort de ce puissant monarque, troubles que Méneptah-Raïenra put d’abord dominer, mais qui se développèrent même sous son règne et sous celui de ses successeurs, à tel point qu’à un instant l’Égypte vaincue fut occupée par un peuple asiatique '. J’ai déjà fait ressortir le ton d’inquiétude et de préoccupation grave qui règne souvent dans la correspondance des scribes de cette époque : Nous allons bien aujourd’hui , disent les uns, mais qu’arrivera-t-il demain ? Dans la traduction

i Voir à ce sujet : Études sur l’Antiquité , etc. , p. 192 et suivantes.

LETTRE D’AFFAIRES

précédente on remarquera aussi cette expression singulière : si nous vivons On voit qu’on n’ose pas

compter sur le lendemain. Cette prévision de mort est même étendue à de simples mariniers.

Nos deux scribes exerçaient leurs fonctions dans la basse Égypte; leur correspondance cite Memphis , Héliopolis et Ramsès , la ville préférée de Ramsès Il , ce qui vient encore à l’appui de mes vues en ce qui touche l’époque de la lettre.

Le scribe Ramessou demande compte cà son col lèguo Thothemheb des missions qu’il lui a confiées, et lui fait un rapport sur celles dont lui-même avait été chargé par Thothemheb. Leur affaire principale à l’un et h l’antre consiste à diriger l’envoi des marchandises de toute espèce, ainsi que des grains , du bétail et du poisson. En ce qui touche les marchandises , le texte explique qu’elles sont mises en ballots, par des

vérificateurs, qui les notent sur dos

états écrits

, dont on se sert ensuite pour

en faire la vérification,

Les choses ne se

passent pas autrement aujourd’hui.

La Hotte commerciale du Nil se composait de barques de différentes formes. Notre texte cite les suivantes :

, meneshou , navires de forte dimension pouvant être appliqués à la navigation maritime ; xs*;, sans phonétique , correspondant probablement

, uaa, barque en général ;

U i "cf> sots; , kar , barque de pêche' ;

AAAAAA ,

^ ^ /1, khen, transport pour le bétail ; Mow, probablement le même que °

Me? , barque de voyageurs ;

f (2 haou> barques pour le transport des

marchandises.

Ce ne sont pas les seuls groupes qui nomment des barques en égyptien , mais les autres ne sont pas cités dans notre papyrus.

Quoique disposées pour leur destination spéciale, ces barques étaient, en cas d’urgence, affectées à des services différents , ainsi qu’on le voit dans le paragraphe qui prescrit d’employer au transport du bétail des barques de pêche , et d’autres espèces de barques de pêcheurs pour charger des marchandises et des fourrages. Les installations n’étaient pas propices pour de pareilles transformations ; aussi l’agent qui a l’ordre de s’en arranger reçoit-il l’assurance qu’il ne s’expose pas à des reproches pour mal-façon.

Les scribes Ramessou et Thothemheb exerçaient évidemment une autorité sur les patrons de barques ; ils surveillent et complètent au besoin leur équipage, déterminent leur chargement et tracent leur route. Ils agissent , en un mot , comme directeurs de la navigation.

On voit quelle abondance de renseignements utiles il

1 Ce mot se rencontre avec la même valeur au papyrus tiiérat. Leide I, 346 , 8, 5,

2 Voyez pap. Anastasi IV, 6 , dernière ligne.

LETTRE D’AFFAIRES

est possible de retirer de ces restes mutilés d’une correspondance familière. C’est en analysant avec le même soin tous les documents du même ordre que nous parviendrons à connaître les détails de la vie publique et privée des anciens Égyptiens aussi exactement que nous connaissons celle des Grecs et des Romains. On a vu , du reste, que, sous le rapport de l’intérêt philologique, ces sortes d’analyses étaient fécondes ; la valeur de cerlains mots s’y révèle très-nettement; on s’y habitue aux règles du style familier, dont la connaissance est plus utile encore que celle des formules emphatiques des compositions religieuses ou des louanges des pharaons. Nous trouvons dans la lettre que nous venons de lire un nouvel exemple des tendances ironiques et de l’esprit vif des scribes de l’époque pharaonique '.

i Dans le passage: Louable ton service I etc.

VÉRIFICATION D'UN CELLIER

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