‹ Mélanges égyptologiquesChapitre 19 sur 66 · III · texte numérisé non relu

III

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examinerez les existants bois de

Vous

© Jx I revêtement.

La construction de cette phrase est très-curieuse ; le dernier mol signifie couvrir, revêtir.

S. tutu, reueou , disposer, organiser,

régler. Un texte inédit donne l’exemple suivant: ^7°^

, je mets chacun à son rang ,

à la place qui lui convient.

T. La proue, , copte eu; la poupe

, copte nàîoT . Ces deux noms sont restés

les mêmes.

i Cette traduction est susceptible de quelques améliorations : j'avais mal lu le nom géographique qui nous occupe ici.

NOTE SUR LE TRANSPORT D’UN COLOSSE

Les anciens Égyptiens ont taillé, transporté au loin et dressé sur leurs bases des monolithes de dimensions colossales. On s’est toujours demandé de quels procédés ils avaient pu faire usage pour accomplir des efforts qui nous sembleraient exiger aujourd’hui toutes les ressources de la mécanique. De notre temps rabattage, l’embarquement et la mise en place de l’obélisque de la place de la Concorde ont pu être considérés comme un travail remarquable, ayant fait honneur à l’habile ingénieur qui l’a mené à bonne fin. Mais cet obélisque est de médiocres dimensions comparativement à quelquesuns de ceux que mentionnent les textes originaux. Celui dont parle le papyrus Anastasi I aurait eu 100 coudées, c’est-à-dire 45 mètres , non compris son pyramidion ; d’autres monuments de ce genre sont cités comme ayant eu 108 coudées , c’est-à-dire une longueur plus que double de l’aiguille de Louqsor devenue parisienne. Mais, sans parler de ces colosses que le temps a fait disparaître, on peut encore voir à Rome l’obélisque de St-Jean de

lO't MELANGES ÉGYPTOLOGlQUliS.

Latran , qui est de Tliothmès III, et dont la hauteur dépasse de moitié celle de celui de Paris'.

Ammien-Marcellin nous a transmis quelques détails sur la difficile et merveilleuse opération du dressement de ce prince actuel des obélisques à la spina du grand cirque de Home ; on avait élevé une charpente de hautes poutres, pareille à une forêt; les solives et les cordages étaient en si grand nombre que leur épaisseur cachait le ciel; parle moyen de cette machine compliquée, les efforts de plusieurs milliers d’hommes réussirent à élever l’obélisque et à le placer dans la cavité qu’on lui avait ménagée sur le piédestal \

Les Égyptiens paraissent avoir employé des moyens plus simples pour le transport des lourdes masses de pierre et l’érection des obélisques ; nul peuple n’éleva autant de colosses ; les aiguilles hardies abondaient sur les rives du Nil. Séti 1 , nous dit un texte , avait rempli d’obélisques la ville d’ Héliopolis.

On ne connaît pas de grands obélisques antérieurs a la XIIe dynastie, mais l’usage s’en est continué presque sans interruption jusqu’aux basses époques.

Deux scènes monumentales nous montrent des rois consacrant des obélisques. En présence du dieu qui lui promet ses faveurs, le monarque dresse sur leurs bases

t Conf. Voyage d'un Égyptien , p. 49.

2 Lorsque cet obélisque fut rétabli sur la place de Saint-Jean de Latran par ordre du pape Sixte V, il était rompu en trois morceaux : le dressement des trois fragments ne présentait plus autant de difficultés.

NOTE SUR LE TRANSPORT D'UN COLOSSE. 105

deux obélisques attachés avec des cordes ou avec des chaînes

Il ne faudrait pas toutefois prendre à la lettre cette représentation symbolique ; ce- n’est dans la réalité qu’une image graphique , un hiéroglyphe de l’expression

Pf M’ ^ever ^eux obélisques- Le procédé qui

consisterait à relever l’aiguille par son extrémité supérieure , sans la maintenir de chaque côté pendant le dressement, est évidemment inapplicable; mais, si le procédé n’est pas détaillé par l’image, nous y trouvons du moins très-certainement l’indication de la marche de l’opération : elle consistait d’abord à élever le pied de l’obélisque sur le dé qui devait lui servir de base , puis à le faire lentement basculer sur l’un des angles de sa tranche inférieure jusqu’à ce qu’il tombât de lui-même et sans secousse sur sa base.

D’après ce qu’on peut comprendre dans les détails que nous donne le papyrus Anastasi P, on faisait usage de sable pour ces sortes d’opérations. C’est le procédé qui rendit célèbre Chersiphrnn , l’architecte du temple de Diane à Ëphèse. Il élevait, sur un appareil rempli de sacs de sable, d’énormes corniches à une hauteur supérieure à celle des colonnes qui devaient les recevoir. On vidait ensuite les sacs de sable par le bas, et les corniches descendaient à leur place \

' Lepsius : Denkm. III, 148: Ramsès II dresse deux obélisques à Kamak. Ibid. IV , 48 : un Ptolémée dresse deux obélisques h Edfou.

2 Voyage d’un Égyptien , p. 48 à 51.

3 Pline : Hist. nat. , 36, 14.

Lorsqu’il s’agissait seulement de traîner des matériaux ou des monuments considérables, les Égyptiens multipliaient les bras, comme le font encore aujourd’hui les Chinois; nous en pouvons juger par diverses scènes représentant l’opération. Ils se servaient aussi de bœufs attelés pour la traction des traîneaux chargés de grosses pierres.

La présente dissertation est consacrée à l’élucidation d’une de ces scènes, qui date de l’ancien empire, et dont la légende présente un intérêt particulier. Elle est sculptée sur l’une des parois d’un tombeau creusé dans le rocher, à Berscheh , bourgade de PHeptanomide , au sud d’Antinoé. M. Lepsius l'a publiée dans son splendide ouvrage ’.

Kaï, le personnage qui s’est préparé cette sépulture , appartenait à une de ces familles considérables qui formaient sous la XIIe dynastie une espèce d’oligarchie, se partageant le gouvernement des nomes. Nehera, fils de Numhotep, le plus célèbre représentant à nous connu de cette oligarchie, nous a laissé sa biographie dans les hypogées de Béni- Hassan.

Kaï était de race royale , car son père Tholhhotep avait eu pour mère une fille du pharaon Osortasen I ; cette généalogie illustre explique l’élévation de Kaï aux grandes charges de l’État. Il régnait à cette époque dans les hautes régions de la société égyptienne un esprit de caste et des tendances aristocratiques qu’on ne trouve point aussi nettement manifestées en d’autres temps:

i Denkin. 11 , 134.

NOTE SL1 R LE TRANSPORT D’UN COLOSSE. 107

être fils ou fille de Ha, c’était un honneur qu’on aimait alors à faire ressortir , surtout à propos des alliances matrimoniales. Notre Thothhotep est si fier de sa royale descendance qu’il oublie complètement de parler du personnage qui fut son père.

De même que son père Thothhotep , Kaï avait exercé un grand nombre de fonctions dont les noms nous sont connus par des monuments multipliés , mais dont la nature nous échappe à peu près complètement jusqu’à présent.

Voici les plus remarquables :

1. kharheb supérieur, ou prêtre principal , lecteur dans les panégyries ;

2. chef des prophètes , c’est-à-dire chef du sacerdoce d’un temple ;

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