L'École spéciale militaire, par Titeux
amis du voisinage », dit-il à sa tante de Rouen, qui s’est, sans doute, chargée de compléter l'indemnité d'entrée en campagne.
Dans la suite, il reviendra toujours dans notre quartier; mais il élira domicile dans une pension de la rue d’Aguesseau, près de la mairie du premier arrondissement.
Les notes relatives à mon grand-père ont trait à ses campagnes de 1809 à 1815. Jadis, je les jugeais intéressantes! J'y trouvais des airs de bravoure, des traits rares, des incidents imprévus, des vues affreuses suivies d’aperçus gais.
Je me représentais l’arrivée du jeune officier au quartier du maréchal Lannes, le 30 avril 1809. Sa réception à son régiment, sa première blessure à Wagram, puis son départ pour l'armée d'Espagne où il combat, a des bonnes fortunes, des longs repos, deux autres blessures, et une citation pour sa belle conduite, lors de la reprise de Ziga, en 1815. Je le suivais dans les années sombres, parsemées néanmoins de quelques belles journées. Parmi elles : « Le « 7 mai, pendant le siège de Glogau par l'Armée prussienne. Ce € jour-là, à 2 heures après midi', les capitaines Taravent et La « Vallée Poussin sortirent avec 800 hommes. Ils mirent en déroute « 1500 prussiens, 300 uhlans, et leur prirent 5 pièces de canons. « Ils permirent ainsi à nos travailleurs de détruire les ouvrages « d'approche de l'ennemi. Il fallait de pareils officiers pour réussir «un pareil coup de main.
« Cette journée avait tellement signalé notre supériorité, que les « habitants de la ville, quoique compatriotes de ceux que nous « avions battus, ont laissé échapper des témoignages d’admiration. »
Les temps deviennent plus durs! Après Leipzig, mon grandpère fait partie de l’armée qui, sous Gouvion Saint-Cyr et Lobau, est assiégée dans Dresde, et doit capituler en novembre. Il refuse de signer le revers, et est sévèrement gardé... pas assez cependant, car il s’évade six mois après, grâce à la complicité d'un vieux professeur de dessin, Saxon, qui déteste les Prussiens et admire le Poussin.
L'officier rentre en France. S. M. Louis XVIIT règne, et son ministre de la Guerre est le général Dupont, celui de la capitulation de Baylen! Aussi mon grand-père réclame-t-1l vainement, durant
1. Rapport du général Durieu, commandant les troupes de la garnison de Glogau, en Silésie, au major général Berthier, Moniteur de l'Empire, 1813. Glogau fut débloqué par le général Sebastiani, le 29 mai suivant.
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