Voir pièce justificative n
3. Voir Le boulevard Malesherbes et le quartier de l'Europe, p. 13.
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de Turin‘. Ce décret réglait définitivement la question de la circulation entre la partie élevée du quartier et la rue Saint-Lazare par l'ouverture de la rue de Rome dont il faisait pour ainsi dire une tangente à la place de l'Europe, et rendait également l’ancienne rue de Naples inutile; quant aux rues de Hambourg et d° Bruxelles, la Ville, en les déclassant, mettait ainsi un ‘<rme aux espérances des riverains, qui comptaient voir un jour établir des ponts pour le passage de ces rues, comme on le demandait pour la rue de Stockholm. La rue de Bruxelles avait été ouverte, entre temps, en 1864, sous le nom de rue de Florence, entre les rues de Saint- Pétersbourg et de Turin, et un propriétaire, espérant toujours qu on reviendrait sur cette question du déclassement des deux voies, avait construit une façade sur le prolongement de la rue, mais la Ville fut impitoyable et vendit le sol de la voie en ne laissant au propriétaire que la largeur réservée à des jours de souffrance. Ce propriélaire voulait, disait-on dans le quartier; qu’on pût aller, comme l'avait fait le gouvernement italien, de Turin à Rome par Florence, malgré l’abîme qui séparait ces deux villes. L'abîme était représenté, dans la circonstance, par la tranchée du chemin de fer.
Un autre tronçon de la rue de Bruxelles se retrouvait plus loin, entre les rues de Constantinople et du Rocher. M. Dejamme a fait l'historique de ce tronçon qui n’a que 60 mètres de long et a pris le nom de rue Larribe?.
Pendant le cours de l'été de 1864, la rue de Rome était ouverte entre la rue Saint-Lazare et le boulevard des Batignolles, entraînant la démolition de l'hôtel de M. Riant qui fut reconstruit plus près de la rue du Rocher; le jardin de l’Europe était définitivement supprimé et un passage pour piétons seulement était établi entre les rues de Vienne et de Londres pendant la durée des travaux, la circulation des voitures ayant été maintenue entre les rues de Saint- Pétersbourg, de Berlin et de Londres. Des réclamations s’élevèrent de toutes parts par suite de la suppression provisoire de la circulation des voitures sur la place de l'Europe; le 29 août, un procèsverbal de constat était dressé contre la Compagnie de chemin de fer pour barrage non autorisé. On décida alors la construction d’un pont provisoire pour voitures légères rétablissant la communication entre les rues de Vienne et de Londres. La construction de cette passe-
1. Voir Ville de Paris, Recueil des Lettres patentes, etc., P- 315. 2. Le boutevard Malesherbes et le quartier de l'Europe, p. 20.
relle a été autorisée par un arrêté préfectoral du 27 mars 1865; elle était livrée à la circulation dans les premiers jours de mai, et le 13 de ce mois, un avis de la Compagnie en informait le service municipal !. À la fin de l’année 1865, il fallut interrompre de nouveau la circulation pendant une quinzaine de jours, le temps d'achever la démolition de l’ancien souterrain de Versailles et de prolonger la passerelle provisoire sur son emplacement. Cette passerelle fut définitivement fermée le jour de l'ouverture à la circulation du pont métallique?.
Ce pont métallique, que je n’ai pas besoin de décrire puisque tout le monde peut le voir aujourd’hui, a nécessité l'emploi de 10325 mètres cubes de maçonnerie, et de 3 470 000 tonnes de fer; la surface du tablier est de 8/4oo mètres carrés : il a coûté 2 millions 450000 francs*. Il a été livré à la circulation le 15 août 1866 entre les rues de Vienne, de Madrid et de Constantinople d’une part, et la rue de Berlin d'autre part; la branche de la rue de Saint-Pétersbourg n'a pu être achevée qu'en novembre, et celle de la rue de Londres en janvier 1867.
Qu'appelait-on exactement la Petite Pologne? Balzac, dans son roman de /a Cousine Bette, la circonscrit entre la rue du Rocher, la rue de la Pépinière et la rue de Miromesnmil. « Il existe là, dit-il, comme une succursale du faubourg Saint-Marceau. Pour peindre ce quartier, il Suffira de dire que les propriétaires de certaines maisons habitées par des industriels sans industries, par de dangereux ferrailleurs, par des indigents livrés à des métiers périlleux, n osent pas y réclamer leurs loyers, et ne trouvent pas d’huissiers qui veuillent expulser les locataires insolvables. En ce moment, la spéculation, qui tend à changer la face de ce coin de Paris, et à bâtir l'espace en friche qui sépare la rue d'Amsterdam de la rue du Faubourg-du -Roule, en modifiera sans doute la population; car la truelle est, à Paris, plus civilisatrice qu'on ne le pense ! En bâtissant de belles et d’élégantes maisons à concierges, les bordant de trottoirs et y pratiquant des boutiques, la spéculation écarte, par le prix du loyer, les gens sans aveu, les ménages sans mobilier et les mauvais locataires. Ainsi les quartiers se débarrassent de ces populations sinistres et de ces bouges où la police ne met le pied que quand la justice l’'ordonne. » | |