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parc; la rue d'Angoulême à l'angle duquel se profile l'hôtel Marescalchi, loué par le Royauine d'Italie pour son ministre auprès de l'Empereur. C'est l'hôtel de Massa actuel, qui a le même aspect et dans son bâtiment principal et dans ses communs.
Dans cet hôtel descendit en 1810, aux frais du gouvernement, l'illustre Canova lorsqu'il vint pour la seconde fois, à Paris, faire la statue de l’'Impératrice.
Je ne dirai rien des rues du Colysée et de Ponthieu, alors déjà existantes et n'ayant pas changé de nom. La première évoque un établissement de plaisir créé à grands frais sous Louis XV en 1771. et qui n'eut qu une durée bien éphémère puisqu'il fut supprimé en 1770 et démoli en 1784. Il était situé là où est la rue et c’est une bonne idée d’avoir conservé son souvenir. La rue de Ponthieu nous mène en droite ligne à l'allée des Veuves qui débouche à la rue Matignon où je trouve l'hôtel de Fersen, actuellement sur le point d'être démoli, célèbre par le passage qu'y a fait la Reine en 1791, la nuit de la fuite de Varennes. |
À deux pas de là, nous prendrons le faubourg Saint-Honoré et nous mentionnerons les noms des hôtels de l'aristocratie qui abondent dans toute cette partie de notre VIT[, surtout entre la rue du Colysée et la rue de la Concorde (rue Royale actuelle).
Ce sont d’abord, en partant de la rue du Colysée vers cette rue : ies hôtels Rœderer et Praslin, puis les hôtels d’Argenson (ce dernier au coin de l’avenue Marigny qui n’a pas non plus changé de nom) et celui du maréchal duc de Conégliano; enfin, en suivant toujours le faubourg, la place Beauvau dépassée, le ci-devant hôtel Joachim devenu l’Élysée-Napoléon, aujourd'hui à la Couronne depuis le traité de Bayonne du 15 juillet 1808.
En 1815, c'est de l'Élysée, qu'il habita quelques jours après son retour de Mont-Saint-Jean, que ! Empereur partit pour Malmaison, puis pour Rochefort et l'exil éternel.
Le grand-duc de Berg et de Clèves, Joachim Murat, ÿ avait, sur le compte de Barthélemy Vignon l'architecte, remis le 29 décembre 1807, et qui a été publié’, dépensé à cette date, tant dans ses intérieurs qu'en objets d'art et en bâtisses, 996 178 fr. 29 cent. et Vignon, à 5 p. 100, avait touché 49 808 fr. 90 cent. d'honoraires; Mais Vignon n'avait pas été seul en titre et en 1806 et 1807, Ber-
1. Correspondunce de Joachim Mural, publiée par Le Brethon, VI, 225.
Er) PAUL MARMOTTAN.
thault, architecte du gouvernement, avait restauré cet hôtel cidevant d'Évreux'.
Son parc très grand va jusqu'aux Champs-Élysées et ouvre l’enfilade d'hôtels magnifiques qui, sans interruption, bordent ces mêmes Champs-Élysées et ont leur entrée faubourg Saint-Honoré. Ce sont, toujours du même côté, et par ordre complet en 1814, les hôtels Sébastiani, Beurnonville, du Portugal, Borghèse, Montchenu, Saligny (ci-devant hôtel Marbeuf, puis du roi d’Espagne), de Saint- Sauveur, et enfin l'hôtel de Prusse.
Dans la rue des Champs-Élysées (Boissy-d’Anglas actuelle, au n° 6) se remarque l'hôtel du duc d’Abrantès dont on doit regretter la disparition en ces dernières années. Il était entièrement en pierres de taille et offrait le type de l'architecture Empire la plus pure, spécimen devenu très rare aujourd’hui d’un édifice devant sa beauté aux seules lignes, puisque son extrême simplicité ne comportait pas, sauf les armoiries dans le fronton, d’enjolivements sculptés. Le profane, l’homme sans goût ne comprennent pas ce genre d'esthétique, mais nous n'avons cure de leur opinion.
Si je remonte maintenant le faubourg Saint- Honoré depuis la rue Richepanse, dans la direction de l’église Saint-Philippe du Roule, je note les particularités suivantes à ma droite : la vue du Temple de la Gloire en construction, puis en nous retournant vers l'ancien emplacement de la Madeleine, une première maison d'un modèle adopté par l'administration sur la future place” appelée depuis le décret impérial du 10 septembre 1808*, à l'encadrer. Ce qui sera le Temple de la Gloire est entouré pour l'instant d’une forêt de mâts très élevés constituant un échafaudage gigantesque. Quant à la place et à la rue donnant sur la façade méridionale qui, d'après le décret de 1808, doit avoir la largeur de la rue de la Concorde (rue Royale) — c'est la rue Tronchet qui vient d’être pavée et pourvue de trottoirs et en bordure de laquelle s'élèvent les premières constructions.
1. Le Cicerone ou l’Indicaleur de Paris, T° partie, par N. A. G. D. B. Paris, in-16, 1812.
2. Probablement celle qui fait le coin de la place en bordure de l’ancienne rue Basse-du- Rempart et en face le magasin des Trois-Quartiers. 11 est fâcheux que l’idée de Napoléon n'ait pas été réalisée entièrement
3. Voir son libellé dans Taxil : Recueil des Conventions relatives aux servitudes de la Ville. Ce décret est fondamental pour le dessin de tout le quartier, puisqu'il prévoit les mesures et les tracés, y compris la grande voie devant aller en ligne droite sur la plaine Monceau, qui est devenue le boulevard Malesherbes sous Napoléon ILL.
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Mais revenons vers la rue de la Concorde.
L'œil du passant distingue déjà la belle ordonnance de la majestueuse colonnade, et outre le grand escalier, les contreforts avançants qui le flanquent. Ceux-ci restés sans leur complément de sculpture aujourd'hui, et ceci depuis la Restauration, devaient, comme leur structure l'indique, servir de soubassements pour supporter des groupes antiques de grand style, à la manière romaine. Tel était du moins l'avis de Napoléon qui les indiqua lui-même dans une lettre au ministre de l'Intérieur, et qu’on retrouvera dans la Correspondance. L'empereur n’eût eu que l'embarras du choix, le Louvre venant de recevoir, provenant de la villa Borghèse, de nombreux spécimens de l’art antique.
Je note encore, tout près de l’emplacement de l’ancienne église de la Madeleine, le marché d’Aguesseau, rue de la Madeleine, et de l’autre côté de ladite rue, le passage et la cour du Retiro qui touche à la rue de Surène. Je croise la rue d’Anjou-Saint-Honoré où se profilent les hôtels Contades et d'Espagnac, depuis celui de la princesse de Suède, Désirée Clary, hôtel très curieux dans son décor, que le Premier Consul acheta à Moreau, dit-on, qui passa ensuite à Bernadotte. La princesse de Suède y séjourna tout l'Empire et une partie de la Restauration. Le percement du boulevard Malesherbes le fera disparaître, au grand regret des amateurs de style et du souvenir; puis voici la rue d’Aguesseau et plus loin, à ma droite dans le faubourg, l'hôtel Duras, enfin la rue du même nom.
Atteignant la place Beauvau, j'aperçois dans la rue des Saussayes les hôtels Saint-Florentin et de Ségur, puis, poursuivant Jusqu'à la rue Villel’Évêque, je rencontre l’hôtel Suchet, et dans la rue d'Anjou, l'hôtel du ministre Talleyrand, là où se trouve sa riche
bibliothèque *.
Me bornant à une rapide promenade dans les limites du VIII° actuel, je ne vois plus à citer rue de l’Arcade qu'un hôtel Soubise, et l'hôtel de Jaucourt en face la caserne de la Pépinière.
Toutes ces anciennes maisons, ou presque toutes, ont disparu avec les percements du Paris moderne.