‹ Mélanges Émile Le SenneChapitre 156 sur 186 · MÉMOIRE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE

Les bois des Champs-Élizées et ceux qui en dépendent, désignés dans l'affiche publique qui en a été faitte, sont à vendre par l’ordre du Roy et ceux de M. le marquis de Marigny, qui doit en faire l’adjudication.

Il a été indiqué dans la même affiche des soumissions à faire pour devenir l’adiudicateur de ces bois.

Par les informations prises chez M. de Marigny et chez M. Souflot, ces bois seront et doivent être adjugés à celui qui faira les meilleures offres et les meilleures conditions, et il ne doit point y avoir d’anchères à extinction de fœux, etc.

Par là, cette vente devient une affaire de faveur, et M. le marquis de Marigny est à portée de faire adjuger ces bois à qui bon luy semblera, non seulement à celuy qui en offriroit le plus, mais encore à celuy dont il seroit le plus sûr et qui, présentant même des offres plus considérables, seroit présumé accomplir plus exactement ses engagements. Car en pareille occasion, il est de la prudence et d'un usage constant, de préférer toujours la personne et la sûreté de la chose, à l'offre la plus forte et la plus inconsidérée.

Dans ces circonstances où la balance peut être emportée pour dix mille livres de plus ou de moins, sans blesser la délicatesse la plus exacte, le sieur Miger, marchand de bois, demande la prefférence dans l’adjudication qui sera faitte des bois des Champs-Élizées, vers le 20 ou le 30 du présent mois de février 1758 (sic).

Si M. de Marigny veut bien lui être favorable, il en résultera deux avantages : ces bois seront bien vendus et bien payés; et de plus, ce marchand de bois prètera à M. Demontenault les fonds nécessaires pour finir son 4° volume des Fables de La Fontaine, entreprise pour laquelle M. de Marigny s’est particulièrement intéressé, qu'il avait promis de rendre plus légère en faisant prendre au Roy un certain nombre d'exemplaires, ce qui n’a pas eu lieu.

Comme cette affaire regarde, en quelque manière, M. Demontenault, qui ÿ trouve une ressource nécessaire à l'épuisement de fonds où l’ont mis les avances considérables qu’il a faites jusqu’à ce jour, il offre, si besoin est, d’être caution dud. S' Miger et d’hipotequer à cet effet, s’il le faut, les deux à trois cent mille livres de fonds qu’il a déjà employés et qu’il peut produire en effets résultant de son entreprise des Fables de La Fontaiue.

Il ne s’agit donc ici que d’une préférence pure et simple, ou d’une grâce si l’on aime mieux, qui, en concourant au but d’une vente telle qu’on a pu se la proposer des bois des Champs-Élizées, puisse en même temps procurer les facilités néces-

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