‹ Mélanges Émile Le SenneChapitre 165 sur 186 · Journal de Paris, 5 nivôse an VIII, D · texte numérisé non relu

Journal de Paris, 5 nivôse an VIII, D

La première fête autorisée, celle du 25 messidor an VIIT (14 juillet r800), eut lieu au Champ-de-Mars; le premier Consul y passa en revue toutes les troupes de la garnison et une partie de la garde nationale. Ce fut la dernière réjouissance célébrée au Champ-de-Mars, qui ne retrouva sa faveur que quelques années plus tard, sous l’Empire, pour servir de cadre aux cérémonies militaires, revues, distributions de drapeaux et d’aigles. En effet, la fête du 1° vendémiaire an IX (22 septembre 1800) se déroula sur la place des Victoires et aux Invalides.

Nous allons voir maintenant les Champs-Élysées jouer un rôle nouveau dans ces manifestations officielles, et étudier successivement les deux premières fêtes nationales dont ils furent le théâtre, aux mois de juillet et septembre 1801. |

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Les Champs-Élysées avaient été déjà utilisés, mais de façon restreinte, lors des fêtes du 18 juillet 1790 (Fête de la Fédération) et du 18 septembre 1791 (Acceptation de la Constitution). Pendant le jour, le peuple se divertit au Champ-de-Mars; à la tombée de la nuit, il se répandit dans l’allée centrale des Champs-Élysées copieusement illuminée!.

Cette promenade, qui devait devenir si célèbre par la suite, était alors loin de réunir tous les suffrages. Thiery, dans son Guide, la qualifie de « lieu délicieux », tandis que Mercier est d’une sévérité excessive pour les Champs-Élysées : « Ils sont trop alignés, pas assez diversifiés et trop corrects pour une promenade; d’ailleurs la proximité de la grande route de Versailles y répand une poussière insoutenable, Comme on n’y voit aucun bassin, et que l’eau y manque totalement, tout y a l'empreinte de la plus grande sécheresse. » |

Cousin d’Avallon nous en a laissé aussi un tableau chargé et peu séduisant : « Lorsqu'on à vu les Tuileries, les Champs-Élysées ne méritent pas de fixer l'attention. Ils sont indignes du nom qu'ils portent : pas une goutte d’eau pour rafraîchir la vue, et la rivière est à deux pas! pas de verdure! une terre sèche et aride qui ne

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