LA MÉDAILLE DES ÉCRIVAINS
l'angoisse, M. Maurice Barrès expliqua de nouveau sa fondation. M. Georges Lecomte, président, lui répondit et tous deux trouvèrent dans leurs cœurs de pères les paroles simples et justes qui conve- naïent à la gravité du moment. Depuis cette réunion inoubliable, la frappe et la distribution des médailles se sont poursuivies avec régularité. Lorsque le Comité acquiert la certitude qu'un écrivain français a été tué au champ d'honneur, on fait graver au revers d’un exemplaire d'argent les nom et prénoms du défunt, la date de sa mort et le titre de son principal ouvrage. L'enquête nécessaire pour l'établissement exact de ces inscriptions est faite par les membres du Comité dont l'inlassable dévouement à cette tâche délicate atteste un zèle patriotique et confraternel des plus touchants.
Enfin, la médaille terminée est remise au plus proche parent du titulaire par une délégation de la Société des gens de Lettres dans la salle du conseil de la Société; au cours de cette cérémonie le souvenir des chers disparus est évoqué par un orateur tel que M. l'abbé Wetterlé, ou le général Malleterre, ou M. Pierre Decourcelle, le nouveau président.
La Médaille des écrivains a été accueillie favorablement. L'auteur le constate avec d'autant plus de satisfaction que jusqu'ici la numismatique de la guerre demeure plus médiocre; et que la plupart des pièces récentes ont été produites hâtivement dans un but commercial ou dans un but charitable. L'institution de la Croix de guerre apportait une occasion unique de créer une œuvre d'art; mais l'État ne l'a pas voulu : ce glorieux insigne a fait l’objet d’une fourniture industrielle, comme si la France ne possédait plus un seul artiste graveur ou orfèvre.
Telle qu'elle est, la médaille offerte par M. Maurice Barrès n'a du moins rien de germanique”.
Une fois de plus l'initiative privée aura réussi là où l’État additionne les insuccès.