Xo'ir Inlroduclion, page xxviii
."5. Voir Inlrodiiclion. page xxxi.
SIK LA TOLKRANCK uSi»
j'i'coiite cos iiitcllij't'uccs à |>('in<' (''closes: je làclu' de sur[)rendre tous les «'vcils ilc la raison ; je tlcniandt^ à renseigneinciil iii-iinairc et à ses niaîtivs l«'s secrets (le la première iiisti'uclioii ; après avoir vu ce qu'on récolte, je vais voir ce qu'on sèni<'. et par quels soins hemviix on travaille à la luture moisson. Vous le A(»ye/. mes cliers collègues, je suis (les vôtres (le[)uis longtenqis ; je vous suis lîdèle encore aux jours de la vieillesse, que j'ai atteints et (k'passés ; mes (cuvres. mes pensi'es. mes pn^férences vont à vous ; de tous ceux qui vous ont parlt"' jusqu'ici à cette tribune libre, je suis certainement l'aine jmr les années, et j>eut-ètre. suicertains points, jjar l'expérience acquise. J'ai vu quatre révolutions, trois rois, un empereur, deux républiques. — et beaucoup de programmes.
Vous jugerez donc que les excuses ne me manqueraient ])as pour m'entretenir avec vous. Mais si tant de motifs, dont j'ai l'air de me prévaloir, vous paraissent légitimes, je vais bien vous surprendre en vous disant qu'il en est un dernier qui m'a incité plus que tous les autres, et qui est l'explication même de cette lettre.
Vous saurez donc, si vous ne le saviez pas. ([uc j'appartiens ]>ar mes origines et ma naissance à ce culte Israélite, autour du(|uel il se lait aujourd'hui tant de bruit, et (pi'ou est tout coid'us — j'emploie le mot le plus doux — d avoii' à détendre contre l'intolérance d'un autre temps. Mon père était un médecin israélite de Pai'is. médecin des ])auvres. et mon grand-père paternel, un bien modeste citoyen
•2/\0 MKLANGES EiN PROSE.
israôlitc de Versailles*. Je possède encore son eertiticat de civisme, daté de 1792 ; et son nom — le mien — ligure parmi ceux des habitants de cette ville qui firent avec empressement des dons à la patrie. Ainsi je descends de ces malheureux que l'on dépouillait, que l'on pourchassait, que l'on brûlait vils au moyen âge. en France ou hors de France, et qui. de nos jours encore, dans plus d'un pays, un siècle après la proclamation de l'égalité de tous les hommes devant la loi, sont restés l'objet de mesures iniques ou d'une inqualifiable réprobation.
Dieu merci, la France n'a pas bift'é de son code, ni même éliminé de ses mœurs, ces droits imprescriptibles, consacrés par elle dans une heure de sublime inspiration, annoncés d'une voix retentissante dont le monde entiei- a tressailli. Mais si la raison, la justice, la liberté, dans leurs rapj)orts avec les choses de la conscience, sont garanties par les lois de notre cher pays contre les l'etoui-s du fanatisme; si même l'inlluence contagieuse de la France au dehors, son prestige, sa meilleure renommée viennent de là, il faut néanmoins veiller toujours sur une si précieuse conquête. Tous les ennemis de la liberté de conscience n'ont pas désarmé ; cl. si j'ai choisi |>our notre entretien un sujet pareil, étant ce que je suis, c'est que ces inimitiés se sont réveillées, dans des circonstances particulièrement tragiques, et que ce réveil des passions religieuses est redevenu un danger.
Une des voix les plus autorisées de ce temps' x'ous a parlé ici nième « de ces principes vitaux.