‹ Mélanges en proseChapitre 14 sur 106 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

inale, [)lus libre d'ordonner sa lâche h sa guise, dnl-il consacrer à ses projets littéraires le temps que ne lui prenaient pas ses travaux professionnels. Bien des idées de pièces et de romans s'ébauchèrent alors dans son esprit. Il nous eut sans doute conté ses essais et ses espérances et il est difficile de le suppléer ici avec quelque certitude. Il semble pourlantque ce soit à cette époque de sa vie qu'il faille rapporter l'ébauche d'une sorte de grand drame philosophique en prose, Le Docteur Dubius. Le nom même du héros dit assez son caractère : il est le symbole du scepticisme, d'un scepticisme universel, résolu d'avance à la dérision a l'égard de tous les svstèmes, à l'indifférence en face des spectacles les plus émouvants et les plus sublimes, Dubius n'est pourtant pas incapable de bonté et quoi-

et j'uA-ais comme un remords d« les ILA'rer à la flamme, pauvn-s vers de l'entant, que je sacrilie à ma vanité de jeune homme!

'( Quels en étaient les sujets .frétaient, chose, bizarre, des vers philosophiques sur Dieu, sur l'âme, sur la nature, en style ridicule. C étaient encore dos souvenirs, des scènes de famille, des vers pour des fêtes, une promenade à Charenton, une distribution de prix, un morceau sur la guerre, des imitations burlesques du style alors à la mode, des scènes de drame à la façon de Victor Hugo, des apostrophes à des poignards, ou à du poison, des chansons d'une malice grossière, des imprécations contre l'avare, le libertin, l'envieux, tout un code de morale emphatique qui reflète mes impressions d'enfant, mes lectures. — Oh! que j'étais vertueux alors!

(( Quelques-unes de ces pièces sont annotées, critiquées, louées par mes amis d'alors. Grenier, Thiénot; ils y mettent des bien. des asae: bien, des mal. Oh! les doux et indulgents critiques! et comme je redoutais leurs traits d'encre, et comme j'aimais leurs observations élogieuses ! Heureux temps I

Bien. — Grands dieux • que de sanglots vont payer cette guerre !

et d'antres encore, de l'école de Dellile, de ces vers français, pareils à des vers latins que l'on fabrique et que l'on tâche de rendre relentissanis. . .

Page 1