INTRODUCTION. XXI
»|u'il raille la naïvetédes humbles, il ne méprise pas leur misère. En somme, le sentiment qu'il devait inspirer aux lecteurs était double, et l'auteur, qui met son sceptique bien au-dessous du poète enthousiaste et relifçieux, le préfère d'autre part aux philosophes raisonneurs et systématiques. Aussi bien ceux-là ne représentent-ils pas toute la philosophie. La vraie philosophie, c'est à un disciple de Gonfucius que Manuel con- Hait, dans une scène qui représentait un congrès de philosophes, le soin de l'exposer.
Le mandarin vient d'analyser et de repousser le matérialisme étroit et grossier des gens d'affaires aussi bien que le naturalisme hédoniste, le positivisme tranchant et dédaigneux, ou l'idéalisme transcendental des philosophes de profession. lien arrive enfin a ceux qui voient dans la philosophie une « science pratique, une loi morale conforme à la faiblesse de notre nature ». Ceux-là sont des cœurs simples. Philosophie pour eux « signifie espérance et consolation ».
" Cette philosophie double leur joie, elle diminue leurs peines. C'est qu'ils sont philosophes pour eux-mêmes et le petit nombre d'amis qui les entoure, et non pour l'humanité tout entière Et si chacun était philosophe en particulier, il ne serait pas nécessaire qu'un homme fût philosophe pour raille autres, comme on le voit trop souvent. Ceux dont je parle sont les plus dignes de louanges; ils sont aussi les plus heureux. Ceux-là seuls aperçoivent vérilablement le Créateur derrière et au-dessus de la créature; ils conversent avec la Providence; ils comprennent ses œuvres; Fo-hi est \isible pour eux. Ils prient le matin, ils prient le soir, et ils admirent, et ils remercient, le matin et le soir. Ceux-là sont les vrais philosophes, m
On le voit, cette « philosophie » tout individuelle, intérieure et simple, est moins une doctrine qu'un