XXIV INTRODUCTION
Je veux, trébuchant au grenier, Rendre visite au prisonnier
De la mansarde.
Et pénétrer jusqu'à ces toits Où, par des soupiraux étroits,
Dieu seul regarde,
Et là repaître mes regards De ces milliers d'êtres hagards
Au masque étrange, Enfants flétris, vieillards honteux.
Fourmillement d'êtres hideux
Nés de la fange.
Sans quoi, les yeux clos ou distraits, Peut-être je vous oublierais
Dans ma démence.
Sueurs des pénibles travaux, Combats obscurs des temps nouveaux,
Misère immense.-
Puis, après avoir protesté contre les timidités et les dégoûts des délicats et des égoïstes : Poète, s'écriait-il,
Poète, va sans nul souci
Des railleurs, qui voudraient ici
Clore ta bouche.
Qu'importe si, parfois brutal, Ton chant plein d'un souffle vital
Les effarouche'^
Parle ! tu ne peux pas mentir.
Si tu sais aimer et sentir
Comme la foule !
La poésie au jet puissant Jaillit du pavé frémissant
Que ton pied foule
Fais palpiter dans tes chansons Tant d'âmes à tous les buissons
Endolories :
Ton cœur est le creuset sacré; Oii tout métal est épuré
De ses scories.