XXXIV INTRODUCTION
En 1879, à Saint-Étienne, inspection de la classe de Burdeau. Après l'excellence de la leçon (sur Vintérêt personnel), l'inspecteur note « la tenue parfaite, la parole très distinguée » du jeune professeur et le signale pour un poste supérieur.
A Versailles, en 1880, Girardin, l'aimable auteur de VOncle Placide et de tant de livres qui charmèrent des générations de collégiens: « Très aimé, dit l'inspecteur général, et très intelligent ; travaille beaucoup — pour les libraires. »
A Bordeaux, en 1882, Emile Faguet, remarqué l'année précédente a Glermont comme un professeur d'esprit très ouvert, mais parlant trop bas — el(faut-il l'avouer *?) « ne corrigeant pas de copies »! — « Une lète à la J.-J. Weiss, grasse, rasée, expressive, des moustaches en brosse. Bon. Celui-là a bien, très bien compris le programme : à la bonne heure 1 Gela vit, a de l'accent. Bon pour Paris. »
A Nîmes, en 1888, Trolliet : qui ne le verra revivre à travers les lignes de cette note? « Figure fine, espril délicat, voix faible. Plus de fantaisie que de méthode ; mais du goût et du charme. »
Les indications de ce genre, exactes et souvent divinatrices, abondent dans ces courts portraits. Mais plus intéressantes encore sont les notes générales que Manuel rédigea sur les sujets les plus variés pendant ses premières inspections. C'est de celles-là surtout qu'il se serait servi dans la partie de ses Souvenirs dont il eût voulu faire comme une sorte d'histoire de la réforme de 1880. Ici encore, qu'il nous soit permis de lui laisser la parole à lui-même et de mettre sous les yeux du lecteur un petit nombre de ces pages qui, aux alentours de cette date, ont été rédigées sans doute au jour le jour et suivant les réflexions que