‹ Mélanges en proseChapitre 27 sur 106 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

cahiers à l'usage des écoles, pour obstruer l'intelligence et stériliser l'enseignement. — Exiger que les élèves apprennent surtout à transcrire les noms des objets, animaux, plantes, outils, meubles usuels, à aller du connu à l'inconnu ; qu'ils ne perdent pas le temps à lire ce qui est étrange, inexplicable ou superflu .

Enseignement par les ijcux. — I. L'enseignement par les yeux est tout à fait arriéré en France. Il l'est dans les lycées et collèges plus que dans les écoles primaires, parce qu'il est plus facile évidemment de couvrir les murs d'une salle d'école que ceux de vingt classes, d'autant de couloirs, de préaux, li'études, etc. La question est complexe : elle se rattache à la qualité des murs et des enduits, à la facilité ou à la diffifulté de l'exécution, aux dépenses, au choix des objets peints ou appendus, à leur conservation et à la propreté des murs, etc. Mais il serait temps de tirer parti, pour l'enseignement, de ces A'asles surfaces, mal recrépies ou badigeonnées, qui sont les murs d'attente d'un musée de nouvelle espèce. Quand on habite une grande ville, oii les étalages des libraires, les vitrines des photographes et des imarjiers de toute sorte, parlent aux yeux de tant de façons, on se doute à peine de l'ignorance profonde où sont les écoliers (le la province, pour qui les représentations des choses n'existent pas plus que les choses elles-mêmes.

II. C'est déjà un grand progrès dans l'enseignement de i'histoire et de la géographie, que la multiplicité des caries murales, des sphères, et l'introduction de quelques caries on relief. Mais, d'une part, les lycées et les collèges offrent encore partout, dans les classes, dans les préaux, daus les vestibules, dans les galeries el les études, d'immenses surfaces nues, qui pourraient être si avantageusement couvertes de cartes, de plans, de tableaux utiles, de représentations figurées, de listes chronologiques, de nomenclatures chimiques, de notions générales d'histoire et de géographie, de noms propres, de renseignements de toute sorte: d'autre part, ou n'a pas encore introduit dans l'enseignement les vues photographiques et stéréoscopiques, les gravures, dessins, plans portatifs, etc., en un mot les procédés modernes d'instruction par les yeux, pour la représentation des sites, des types, des monuments, des objets d'art, etc. La géographie pittoresque existe à peine. On )ia

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ni rollcclions pholograpliiqnes, ni appareils, ni alhiiins. même comme occupation i-écréativo îles jeunes enfants. Il y a là toute une réforme à opérer. L'initiative n'existe nulle part. La dépense serait minime, comparée aux avantages.

/■Jnseif/nement secondaire di's j<-uiies filles. — Il y a nécessité de créer ou d'encourager renseijjnement secondaire des jeunes filles. Le couvent a tué, en jjrovince. et même à Paris, les pensionnats laïques. Ils disparaissent ou végètent presque partout. A Paris, ou a encore la ressource précieuse des fours pour les jeunes personnes, qui se sont multipliés, mais où l'enseignement, sans programme officiel, sans contrôle suffisant, sans inspection sérieuse, est superficiel le plu.souvent, et pour la montre. En province, cette ressource n'existe même pas. Et voici, comme conséquence, ce qu'on peut affirmer absolument : les couvents font difficulté de recevoir les jeunes filles <lont les frères vont dans les lycées. Dans quelques villes que nous pourrions nommer, on fait même aux familles une condition : le couvent ne s'ouvrira pour la jeune fille que si le frère est lui-même dans. une maison religieuse. Que feront les mères qui ne peuvent payer une institutrice à domicile :" Il faut opter. Avec l'influence de la femme au foyer domestique, cette situation est digne d'attention : elle s'aggrave tous les jours dans le Nord, en Bretagne, dans la vallée du Rhône, dans tout le Midi. Le clergé veut l'unité d'éducation dans la famille : et, par les filles, qui n'ont pas le choix de l'établissement, il lient les garçons, ou espère les tenir.

La Famille universitaire. — Elle n'existe pas pour les maîtres, sans cesse déplacés et dépaysés'; elle existe encore moins pour les élèves après leur sortie des lycées et collèges. Ne pourrait-on emprunter quelque chose aux école.municipales de Paris, qui prolongent, par l'association, la solidarité et la mutualité des services rendus, la confraternité scolaire l Ne pourrait-on encourager les associations d'anciens élèves d'un même établissement, comme on eu trouve aussi dans les lycées de Paris ? Les proviseurs ne pourraient-ils pas suivre un peu plus leurs élèves au dehors, prendre intérêt à leur carrière, provoquer leur visite, leur

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