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DuRUv : .\oles' el Souvenirs. X, m

INTRODICIION. XI. I

Il lut donc associe a toutes les mesures constitutives A de l'enseignement des jeunes lilles, et ce fut lui notaminenl (jui rédigea, en 1883, le rapport dont les conclusions furetït sanctionnées par les décrets et arrêtés relatifs à l'agrégation, au certificat daplitude et au concours de l'école de Sèvres.

Puis il fut chargé de présider au recrutement des professeurs de cet enseignement désormais organisé. Lorsque s'ouvrit le premier concours d'agrégation (1883), on en donna, il est vrai, la présidence à Ernest Legouvé, qu'on avait précédemment nommé directeur de l'école de Sevrés. Legouve avait alors soixante-seize ans. Mais son nom même était lié en quelque sorte à riiisloire île l'éducation des femmes ; le public connaissait d'ailleurs cet aimable écrivain, appréciait les fins ouvrages dans lesquels il venait tie se révéler éducateur et moraliste élégant, le savait enfin étranger à l'Université et par conséquent a tout préjugé professionnel : placer l'enseignement nouveau sous son patronage, c'était, dans une certaine mesure, en indiquer l'esprit, si opposé à tout pédanlisme, et calmer les appréliensionsdes timorés qui n'étaient pas desennemis irréductibles. Maislesépreuves du certificat furent présidées par Manuel. Puis, des l'année suivante, il remplaça Legouvé au jury d'agrégation. Il en garda la présidence jusqu'en 1892, et c'est alors qu'il rédigea sur ce concours ces rapports annuels, véritables modèles, où le souci des directions générales se conciliait si naturellement avec la précision des appréciations particulières.

A ce qu'ils nous apprennent sur l'histoiie de l'enseignement des jeunes filles, il n'y a pas lieu de croire que les Souvenirs eussent beaucoup ajouté. En revanche, il nous eussent dévoilé l'autre face de la vie de ce

XLIl INTRODUCTION.

haut fonctionnaire. Nous l'eussions vu chez lui, dans cet hôtel étroit mais exquis, artistique et familier, de la rue Raynouard, où tant d'universitaires, hommes et femmes, sont allés, à certains jours de doute ou de découragement, chercher une direction, un conseil, un appui.

Pour y paraître accueillant et affable, le maître de la maison n'avait point deff"ort à faire : là, sa vraie nature, aff'ectueuse et sensible, son cœur si prompt à la compassion, si profondément humain, se révélaient sans peine. Comme il était exigeant pour le bien public, sa mélancolie habituelle le faisait, dans le service, paraître morose ; il suffisait d'un quart d'heure de conversation avec lui pour voir transparaître sur son visage, toujours un peu triste, les vrais sentiments de ce cœur généreux, qui n'eut de haine que pour la haine et pour l'égoïsme. C'est pourquoi il aimait à se voir entouré ; il trouvait un vrai plaisir aux visites qu'on lui rendait, il était sincèrement louché de l'espèce de respect aff'ectueux dont il était partout l'objet de la part de tous ceux, inférieurs ou égaux^ dont il était connu. 1

i. Plusieurs projets d'ouvrages se rapportent ou semblent se rapporter à cette période de la vie de Manuel. Il dirigeait alors une collection d'ouvrages publiés par la librairie Hachette et spécialement destinés à l'enseignement secondaire des jeunes filles et s'était chargé lui-même du Traité de versification française qui devait en faire partie. Il avait jeté sur le papier, à ce sujet, un assez grand nombre de notes, réuni bien des citations. Mais il n'a eu le temps de rédiger d'une manière continue aucune partie de Touvrage. D'autres notes sont relatives à deux petites comédies en vers, l'une : « Ta mère ! ", eût mis en scène un jeune ménage aspirant à se libérer de la tyrannie affectueuse et redoutable de la mère de Monsieur; — l'autre, ■< Place aux jeunes ! », eût été une sorte de satire des artistes et des écrivains trop pressés darriver, et qui, à défaut de génie el de bon sens, cherchent à s'imposer par les paradoxes

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