‹ Mélanges en proseChapitre 33 sur 106 · INTRODUCTION. XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XLV

SoHcrnirs. IV;iulres joies encore lui venaient, d'autres sujets de lierlé : l'interdiction en Alsace-Lorraine de ses Poésies du foyer et de V école; plus tard la deux centième représentation des Ouvriers. Des témoignages précieux lui arrivaient encore du ministère de l'Instruction publique: avant sa retraite, la croix de commandeur ; après sa retraite, la désignation particulièrement flatteuse dont il fut lohjet, quand on l'appela de nouveau en i900 a présider le concours de l'agrégation des jeunes filles, comme si l'Instruction publicpie ne pouvait se résoudre à laisser définitivement sans emploi sa compétence, son zèle et la finesse <ie son jugement.

Mais plus que sur ces satisfactions de l'amour-propre, Eugène Manuel, s'il eût raconté le cours de ses dernières années, eût insisté sur les tristesses civiques qui en furent la préoccupation constante. Le gouvernement libéral de Louis-Philippe et les leçons de l'École Normale, les ardeurs généreuses de 1848, la douceur des mœurs et l'esprit de tolérance de la génération du second Empire l'avaient habitué, comme tous ses contemporains, à considérer les conquêtes essentielles de la Révolution comme quelque chose de définitivement acquis et sur quoi lajdiscussion même ne se pourrait jamais rouvrir. Juif de naissance, mais dégagé des rites traditionnels, c'esten libéral, en citoyen français sûr delà validité, fier de la force d'expansion des principes de la Révolution, qu'il s'était associé en 1860 à la fondation de celte Alliance israélile universelle, toute française par son origine comme par la générosité des principes qui l'inspiraient. Ce n'est pas assez dire du réveil de l'intolérance religieuse qu'il le surprit, qu'il l'attrista: ce retour imprévu, menaçant, de sentiments qu'on croyait abolis depuis plusieurs siècles dans la cons-

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