‹ Mélanges en proseChapitre 5 sur 106 · INTRODUCTION. VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VII

qui oiireril certaiiienienl le plus d'itifluence sur les i^oùts el la vocation de l'écolier.

Né en 1801, Jules Lovy avait d'abord songé » la <arrière du droit. Mais son esprit, a la fois mordant et jovial, l'avait entraîné irrésistiblement vers le journalisme — le petit journalisme, comme on disait alors — celui qui procédait non par grands articles dogmali- »|ues, niais par pointes et par saillies. Jules Lovy tournait agréablement le couplet, nous l'avons vu, el le jeu de mois jaillissait aisément de sa plume. J)ès la fondation de l'ancien Figaro, en 1826, il avait été attaché a la rédaction de ce journal; il y faisait campagne en tirailleur, aux côtés de quelques jeunes gens qui s'appelaient Jules Janin, Nestor Jioqueplan, Alphonse Karr, Léon Gozian. Sans avoir fourni une carrière aussi éclatante que ces brillants chroniqueurs, Jules Lovy, qui devait mourir, en 1863, rédacteur en chef du Ménestrel, demeura toute sa vie une des personnalités notables de ce journalisme «boulevardier », <iui donna si longtemps le ton au « tout Paris des premières ». Quoi qu'il en soit, le spirituel écrivain était, en 1833, l'homme de lettres de la famille.

L'inspiration d'Eugène Manuel devait toujours rester bien différente de celle de son oncle. Mais, à voir la reconnaissance qu'il ne cessa de lui témoigner, on ne peut douter que Jules Lovy n'ait été celui dont les conseils l'ont d'abord guidé, et que cet homme excellent n'ait salué avec une vive joie le premier éveil chez le jeune homme du goût littéraire et de l'instinct poétique.

C'est aussi l'oncle Jules sans doute qui inspira a Eugène Manuel celte passion de la lecture qui subsista chez lui jusqu'à la fin de sa vie. Dès douze ans, dit-il <lans une note manuscrite, il lisait, comme il lut de-

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