I. Voir la note de la piif^c Jol
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Sa brigade avait contenu, toute la journée, l'attaque des colonnes alleniandes. qui préparaient un niouvciiioiit tournant.
Mal guéri de sa blessure, nous le retrouvons cependant à Saint-Quentin ; et voici dans quels termes, qii'il nous est doux de l'aire lire ici, comme un patrioti([Me souvenir, le général en chef appréciait sa conduite, dans son rapport ofliciel : « Les hauteurs avancées de Cîauchy lurent assaillies six (ois par des troupes fraîches (pii se j'enouvelaient sans cesse. Six fois nos soldats, animés par le courage et l'intrépidité du colonel Pittié, repoussèrent ces assauts. Dans c<'s attaques, on dut souvent marcher à la baïonnette, et c'est ainsi que nos soldats approchèrent plusieurs fois jusqu'à vingt pas de l'ennemi. »
Le bruit de sa mort, qui avait couru, n'avait rien d'invraiseu)blable, tant il avait payé de sa pei"sonne. Qu'on en juge par le fait suivant, recueilli de la bouche de témoins oculaires.
îln moment, les troupes de sa brigade semblaient faiblir; un bataillon de mobiles surtout, qui s'avançait sous une grcle de balles, hésite et s'arrête. Le colonel Pittié accourt :
« Pourquoi ne marchez-vous pas?
— Mais, mon colonel, répondent les olïiciers^ nous allons tous être tués jusqu'au dernier.
— Allons doue ! »
Et Pittié, mettant son cheval au galop, se dirige du côté de l'ennemi, le sabre au poing, et fait ainsi plus de cinquante mètres, sous le feu de la mitraille. Après quoi, il fait volte-face, revient pas à pas vers ses mobiles, et leur dit :
« Eli ! bien, suis-je mort? »
:>U MKI. ANGES KN PUOSE.
IjC bataillon n'Iu'sila plus et marcha en avant.
Puis vint la i^uerrc civile, avec le second siège de Paris. Ce fut son régiment qui occupa le premier les hauteurs de Montmarti-e. Il reçut la croix de commandeur.
En i8"4> il commandait le Gr de ligne, à Toulon. Veuf depuis plusieurs années, il s'y remaria dans une des plus honorables familles de la ville ; c'est là que nous eûmes, un jour, le plaisir si vif de le retrouver; c'est là que vint le chercher le choix bien inspiré de M. Grévy, récemment élu Président de la République, pour le double poste de chef de sa maison militaire et de secrétaire général de la Présidence.
Ce que fut Pittié dans ces fonctions si nouvelles pour lui, il est à peine besoin de le rappeler. Larmée savait ce qu'il était, la bravoure et la loyauté même. Elle applaudit quand il devint général de brigade, puis général de division. Lu liaute société officielle qui gravite autour du chef de l'Etat, le monde politique et diplomatique, les solliciteurs de tout ordre et de tout rang, et, d'autre part, ceux qui, dans les lettres, les sciences ou les arts, sont l'objet de l'attention et de la déférence des pouvoirs publics, tous surent bientôt quel tact, quelle courtoisie, quelles délicatesses d'esprit et de cœur, quel dévouement sincère, ou, quand il ne pouvait faire mieux, quelle bienveillante attention, enfin quelle bonne grâce de tous les instants il mettait au plus dillicile et au plus complexe des devoirs.
Ceux qui l'ont vu de près, durant ces huit années, pourraient seuls dire combien ses qualités personnelles ont heureusement secondé, en maintes circonstances, les intentions et les vues du Président :
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quels îidverstiircs il a. su décider parfois à IVancliir les portes de TliUysce; quelles sympathies il a suscitées ou entretenues ; avec quel soin et quelle srtreté il u veill('- au prestige de l'autorité, grâce au maintien de traditions et d'usages qui engageaient la dignité de la France avec celle d<^ son chel", sans que jamais il lui soit arrivé de dépasser la juste mesure. Il avait au plus haut degré ce sens particulier des convenances officielles et cette tenue parfaite de forme et de langage, dont il donna la preuve, à deux reprises, dans ses ambassades extraordinaires à Saint-Pétersbourg et à Madrid, au couronnement d'un tzai' et aux obsèques d'un roi.
Mais on s'oublie à parler d'un ami, et il est temps de dire aussi quelques mots du poète. Il y a bien longtemps que nous avions reçu de lui ses vers de «lébut : il était alors capitaine. Mais c'est en 1862 (pi'il publia son premier recueil de poésies: Le Roman de la Vingtième Année, plusieurs fois réimprimé, et tout empreint d'une grâce et d'une émotion juné viles, dont la sincérité fait le plus grand charme. Que Pittié fût poète, et vrai poète, ce n'est pas là ce qui pouvait surprendre : il sulïisait de voir l'homme et le soldat pour deviner que ce héros devait être une àme tendre, un esprit d'élite, une imagination vive. Mais ce qui devait frapper, c'était l'élégance et la distinction natives de cette langue poétique, sans aucun parti pris d'école, et qui ne s'inspirait que de la saine raison, de la vérité, du sentiment et du goût. Son second volume, A travers la Vie, parut plus de vingt ans après, en i885. Avait-il un vague pressentiment que ce serait le dernier, quand il disait, dans une sorte de \n'éface,que «nul ne veut disparaître sans avoir fait son