‹ Mélanges en proseChapitre 67 sur 106 · M. Gidel · texte numérisé non relu

M. Gidel

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lycées et des collèges qui ne dift'èrent pas sensiblement de tous les antres. Le baccalauréat y fleurit ainsi (|u'nii(' planlc indigène; et ses Cruits, comme les oranges de Blida, y sont tro[) souvent cueillis avant la maturité. Je ne vous parlerai pas davantage de ces deux cent mille Français et de ces colons de (oute provenance qui ont transporté sur cette terre leur liévreuse activité, avec les paquebots et les locomotives.

Mais voici également ce que j'ai vu : il y a là, pour le [)laisir des yeux et la joie des peintres, mais aussi poui" l'inquiétude perplexe îles politiques et la méditation attristée des philosophes, une race d'hommes admirable, plus de trois millions d'Arabes (appelons-les de ce nom générique), qui, après l'ardeur de la lutte et le ressentiment de la défaite, semblent vaincus moins encore par la supériorité irrésistible de nos armes que pur une léthargie étrange, par une sorte d'engourdissement physique et moral, fait de paresse et d'ignorance, qui permet à peine, jusqu'ici, de les comprendre parmi les forces vives de notre colonie. Ils font partie d'un merveilleux décor, ils sont les innombrables figurants de la pièce, mais ils n'y ont plus aucun rôle : ils ne parlent ni n'agissent. Les vieillards ont gardé leurs préjugés fanatiques; les hommes mûrs repoussent nos idées, nos mœurs, nos arts et notre industrie ; les enfants vont à peine dans quelques écoles clairsemées, le plus souvent désertes. On cherche encore, après quarante ans, par où pénétrera chez oux le sentiment de la vie moderne avec les charges et les devoirs quelle impose.

C'est que, pour ce peuple presque tout entier, jeunes élèves, l'idée du progrès par la volonté

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