Mi:i-A.\(VES EN PHOSE
n'existe pas ; c'est ([ue l'oisiveté est un titre de noblesse, le travail une tâche d'esclave : « travailler est une honte ». dit un de leurs î)rovei"bes, et ils meurent de cette saj^esse-là !
Sur ces hauts plateaux, aux pentes de ces montagnes où s'étalent, connue des taches brunes, les tentes de leurs misérables douars, sur ces routes qu'ils n'ont pas laites et où cheminent leurs caravanes, dans leurs villages aux maisons closes, dans leurs oasis de palmiers où l'indolence est contagieuse, le long de ces murs de terre blanchis à la chaux, où ils s'accroupissent des heures entières dans l'ombre étroite, drajiés dans leurs burnous, ad'aissés sur eux-mêmes, en quelque endroit qu'on les aperçoive, on sent qu'un immense sommeil les liaralyse. à deux pas souvent des travailleurs d'Europe, éveillés et debout.
Ah ! le rayonnant pays, mes amis ! Quelle pure et transparente lumière ! Avec quelle finesse s'y dessinent les contours sur le bleu intense du ciel ! Quelles formes 1 Quelles couleurs! Quelle harmonie délicieuse ! Mais tout sommeille chez l'Arabe. Les sources de l'activité humaine sont taries en lui, comme ces cours d'eau que le sable a bus et dont le lit n'est plus qu'une jiiste brûlante.
Ils ont pourtant de beaux souvenirs, quelquesuns terribles pour nous ! S'ils consentent à servir dans nos rangs, ils redeviennent de fougueux soldats, ces hommes au teint basané, à la haute stature, à l'œil ardent, tous d'une si noble prestance, tous pareils à des chefs, à des princes, à des prophètes, et. dans leur vieillesse, à des patriarches détachés de la Bible ! Mais, à part les tribus agricoles de la Kabylie. ils sont figés et immobi-