‹ Mélanges en proseChapitre 77 sur 106 · I.KS MAITHES RKPKXITKUUS. l · texte numérisé non relu

I.KS MAITHES RKPKXITKUUS. l

("est une jcimc annôc ((iii roiul de «j^rands soi'vic'cs. <'t en peut rendre de [)lus grands eneore. Ils sont une des pièces essentielles de noti'e oi'fçanisation nniversitaire ; après avoir été longteni[>s les victimes de souvenirs, d'exemples qui pesaient sur eux, ils ont fait depuis plusieurs années leurs pi-euves de patience, de respect d'cMix-mCMUes et de dévouement ; et. s'il est imprudent d'entretenir toutes leurs (\spérances, il n'est permis de négliger aucune de leurs plaintes.

Les demandes des maîtres soulevaient des difficultés d'ordi-e très difTércnt. les unes budgétaires, e'est-à-dire présentement insolubles. Si on leur accordait, en elïet, en élargissant les cadres et en augmentant le personnel, toutes les heures supplémentaires cpi'ils réclament, on aggraverait singulièrement les charges du budget, et chacune de ces heures représenterait une dépense de45o.ooo francs, soit plus de i.3oo ooo francs pour trois heures. Le Parlement seul aurait qualité pour les votei*. et vous savez d'avance quelle serait sa réponse.

D'autres demandes étaient d'ordre purement administratif, et en quelque sorte domestique : à celles-là on a fait droit dans une large mesure. Les maîtres comprendront pourtant combien il est diificile de concilier des intérêts divers et parfois opposés; de sauvegarder, à la fois, les intérêts de la discipline et du bon ordre, les droits de l'autorité qui ne sauraient être compromis sans péril, les nécessités multiples d'un service délicat et incessant, et les c<mvenances du travail personnel ou \r légitime désir d'un repos nécessaire.

Enfin, d'autres réclamations se rattachaient à l'ensemble des garanties auxquelles a droit toute

l ^'^ MKLANGES EN PKOSE.

une caléj^orio de fonctionnaires insuflisanmient pi'otéjçés contre nu mode de recrutement défectiu'ux. qui tenait à une situation mal définie.

Sans doute, le statut du i6 octobre 1^47 l*'^ considérait déjà comme des mendji-es de renseignement i)uljiic et les plaçait, en principe, sous l'antorilé et la tut(dle du Ministre. Mais, dans la pratique, ce statut, il laut bien le dire, était oublié, et l'article 1" du décret (jui vous est soumis est. à cet égard, non seulement une restitution, mais luie véritable conquête.

Les conséquences de cette première dis))osition s(mt faciles à déduire : elles i>énètrent toutes les parties du décret. Depuis nombre d'années, les maîtres répétiteurs de tout ordre étaient attachés à un lycée en vertu surtout d'une convention amiable entre eux et le chef de l'établissement. Et comnu'ut ])ouvait-il en être autrement? Leur entrée en fonction, leur sortie, uniquement fondées sur des convenances récipioques et une entente verbale, nées souvent, de part et d'autre, de nécessités pressantes, ressemblaient beaucoup plus à une convention <le patron à connnis. pour ne pas dire plus, qu'à la prise de jiossession l'égulicre dun emploi public. Un va-et-vient perpétuel pronitiiait tl'un bout de la France à l'autre de jeunes maîtres de condition ptécaii-e. d'origine modeste. d'es[)i'it parfois aventureux, pressés de trouver les moyens de vivre pour n'être plus à charge à leur famille, imparfaitemenl garantis peut-être contre les prétentions de certains chefs, plus mal garantis encore contre leur propi-e iiu'xpérii'uce. leur connaissance iiuparfaite des choses, les entraîiu'ments de leur âge et toutes les inccrlitdcs d'une cari'ière à son tlébut. Les cori-es-

Page 1