‹ Mélanges en proseChapitre 81 sur 106 · I-'kNSEIGNEMENT SKCONDAIHK I>KS JKUNKS l'ILI.KS. Itr · texte numérisé non relu

I-'kNSEIGNEMENT SKCONDAIHK I>KS JKUNKS l'ILI.KS. Itr

en sommes fort aise, à la condition qne l'aspirante entende par elle-iiième l'idée île cette doctrine, dont on a tant disserté, el que, {)()nr l'approuver ou la rejeter, elle consulte son sentiment intérieui'. Une tl'elles nous en a bien parlé. Il s'agissait encore d'un mot célèbre de Pascal : « Le moi est haïssable. >- Klle a osé prendre parti; il lui a paru, el elle nous a dit que le respect de soi, (jue le jirincipe de la dignité personnelle sont incompatibles avec le sentiment de Pascal; el elle a montre dans l'idée de la Grâce, « qui aime à se répandre dans des vases vides ». le principe de cette haine de soi, contraire au progrès moral, et que le janséniste austère s'exerce à nourrir, avec l'inconscience de son orgueil.

De même, si l'on nous parle du sto'icisme ', que ce ne soit pas uniquement pour rapporter et paraphraser la formule connue d'Epictète : « Abstiens-toi ».; mais, puisqu'il s'agissait d'un état d'àme de notre temps, pour entrer en communication sympathique avec certaines âmes contemporaines, âmes de po^ tes surtout, qui, dans la ruine de leurs croyances, s'efforcent de ressusciter la fierté stoïque et se préservent par là des pires déiaillances. On pouvait citer des noms, des œuvres; nous montrer, dans l'abaissement des caractères, dans i'atïaiblissement du sentiment religieux, cette réaction inévitable, que le paganisme aussi a connue, et qui, soulevant quelques âmes nobles et tristes, les conduit, faute de mieux, vers ces sommets âpres et déserts de la grandeur morale sans Dieu, où se réfugiait 1« stoïcisme

1. Allusion à l'un des sujets proposés : « Pensez-vous qu'il y ail encore aujourd'hui des stoïciens, non de profesion, mais de cœur et d'esprit ? En ce cas, (îominenl vous représentez-vous leur état d'àme ? »

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aux heures sombres de la décadence romaine. Les mêmes causes produisent ainsi les mêmes effets : notre siècle a pu le voir, non sans intérêt. Et si l'aspirante ajoute que ces âmes graves, rétives au surnaturel, étroites dans leur fierté hautaine, toutes préparées déjà à être stoïciennes, le deviennent tout à fait quand le malheur les a trempées, alors nous croyons reconnaître dans ce futur professeur ce que nous lui demandons par dessus tout, le sens péné tranl des choses morales — ou, tout au moins, la promesse qu'il ne se paiera pas de mots.

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