‹ Mélanges en proseChapitre 82 sur 106 · C. — CONCLUSION DU RAPPORT · texte numérisé non relu

C. — CONCLUSION DU RAPPORT

Nous l'avons dit maintes l'ois à ces courageuses et intéressantes habituées de nos concours, et nous le répétons ici : nous cherchons, avant tout, à découvrir les qualités personnelles, la justesse de l'esprit, le sentiment littéraire, le sens de l'histoire, la chaleur d'âme et la conviction dans les choses de la morale. Nous demandons moins la connaissance des faits, où les preuves sont faites par les examens et les concours antérieurs, que l'intelligence professionnelle, l'art de choisir, la bonne mise en œuvre, le don précieux de communication. C'est déjà répondre à ceux qui nous accusent de ti'op exiger des femmes. Mais oublie-t-on qu'il s'agit de professeurs. non d'élèves? Il faut décider si, pour former la raison des élèves, nous devons avoir des maîtresses raisonnables, et si cette raison peut gâter ce qu'il y a, dans les jeunes filles, de vivacité naturelle, d'imagination riante, de grâce et d'agrément. Les plus obstinés adversaires de l'enseignement secondaire des

l'enseignement SKCONDAIKK DES JEUNES FILLES. l(>7

jeunes filles n'oseraient le soutenir. Du reste, nous avons, pour la première l'ois cette année, livré à la publicité »|uelques-unes des conipositious écrites de nos aspirantes, et ce n est pas une des moindres réponses que nous puissions faire pour éclairer l'opinion, la rassurer, l'attacher ii nos concours. On y verra que si les connaissances les plus solides et l'art de les bien présenter sont déjà des mérites acquis à l'agrégation, nos soins e< nos elï'orts se portent surtout, avec le développement général de l'esprit, sur l'éducation de l'âme, inséparable de la sûreté du goût, de la fermeté des convictions; de la simplicité du langage.de la discrétion et de la mesure. Xous attendons avec une confiance tranquille les résultats d'un enseignement ainsi conçu et dirigé, qui, loin de dénaturer le caractère propre de la jeune fille et de la femme, fortifiera en elles les qualités natives, tout en les mettant ;\ même de prendre une part plus large et plus intelligente aux justes préoccupations comme aux impérieux devoirs de la vie moderne. Le foyer domestique lui-même y est intéressé.

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