I. Frédéric Morel, Vie de Plutarnue
Il existe à la Bibliothèque nationale I un manuscrit qui contient une traduction du discours de Cicéron pour Mi Ion , et une autre de la harangue pour le rappel de Marcel /us. Sur le recto de la garde du manuscrit , on lit ces mots : Traductions faites par te roi/ Charles I V, c/ue lui/ bailloit à faire son précepteur si renommé, Jacques Amijot, évesquc d'Auxerre et grand aumosnier de France. Un fait singulier, c'est que ces morceaux se retrouvent textuellement dans un ouvrage publié à Paris, en 1609, sous ce titre : Six oraisons de Cicéron, par François Joulet , sieur de Chastillon. Appartiennent-ils , en effet, à ce traducteur obscur, ou bien faut-il les faire remonter à Charles IX, c'est-à-dire, selon ce que consacre la constante tradition des éducations princières, à celui qui les lui aurait suggérées et comme dictées, à son précepteur Amyot, et offriraient-ils ainsi le curieux spectacle du facile et naïf interprète de Plutarque aux prises avec la savante élégance et l'éloquence magnifique de l'orateur romain? M. de Blignières, après avoir savamment exposé, judicieusement discuté toutes les raisons qu'on peut faire valoir en faveur de chacune des deux opinions , s'abstient de prononcer, et renvoie la décision à ses lecteurs. C'est à eux de juger si les fragments qu'il leur cite des traductions en litige, les rapprochant de deux versions des mêmes passages à peu près contemporaines, appartenant, l'une à la première moitié du xvie siècle* et l'autre à la seconde 3, ont , quant à l'aisance du tour, à l'agrément de l'expression , un caractère de supériorité qui permette de les parer du nom d' Amyot. M. de Blignières , cela est assez visible , malgré sa discrète réserve, semble pencher vers ce sentiment.
Deux autres pièces que M. de Blignières a extraites de recueils aujourd'hui bien rares et bien oubliés , et qu'il a reproduites , en y joignant son commentaire, nous montrent le précepteur et l'aumonier de Charles IX tantôt composant