III
tel me dit que pendant que M. de Rémusat était chez vous on ne se taisait ni jour ni nuit dans la maison. Je vois d'ici ces grandes illuminations où la lumière est si vive et Tair un peu froid. Ici nous n'avons pas de vos grands feux d'artifice, mais on cause seulement quatre ou cinq heures par jour pendant qu il pleut, car il pleut toujours et tout le jour.
Il ne pleuvra certainement plus quand vous viendrez ici. Le temps se mettra en habits de fête, mais est-il bien vrai que vous y viendrez? Je voudrais pouvoir arranger mon séjour ici pour ce moment, sans quoi je me jetterai à l'eau, où que je sois, si j'apprends de loin que M. et madame Piscatory sont à Broglie. Comme j'ai quelque dessein d'aller sur les bords du lac de Genève ce sera une affaire aisée que de se noyer. Il ne nous vient aucun bruit de Paris, ni livres, ni nouvelles. Cette affaire des Turcs et des Russes prend le caractère d'une maladie chronique. Il paraît bien d'ailleurs que les Turcs seuls ont envie de tirer des coups de fusil. Comme ils n'ont ni rentes sur UËtat, ni actions sur les chemins de fer, ils ont gardé des passions guerrières que l'Europe civilisée ne connaît plus beaucoup. L'Europe est bien vêtue, bien nourrie, bien couchée, elle va à la
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messe et à la Bourse le matin et fait le soir sa partie de dominos. On n*aime pas à risquer tous ces biens sur les champs de bataille, mais il viendra pourtant un moment où il sera difficile de laisser l'empereur de Russie donn'^r des bals dans le sérail de Constantinopleà ses officiers de cosaques et établir des colonies militaires à Smyrne, à Rhodes, à Chypre. Chacun voudra avoir un morceau de ce beau tapis d'Orient. Ce sera un grand jour de baisse pour les fonds publics. Ce jour est loin encore vraisemblablement. En attendant, je lis des mémoires sur Paul I'' d'une madame Oberkirch, une grande dame alsacienne de la fin du dernier siècle. Elle a fait le voyage de Paris avec le comte et la comtesse du Nord en 1782. C'est une revue superficielle, mais intéressante aujourd'hui, de toute cette socié^ de la fin de l'ancien monde. Elle juge à tort et à travers, avec tous les préjugés de sa classe, et de sa classe en province ; elle a tout le degré de sagacité et de liberté d'esprit qu'on pourrait attendre d'un des quatre grands chevaux d'Alsace à cette époque, s'il y avait des chevaux d'Alsace comme de Lorraine, mais tous ses défauts même sont la couleur du temps. Je vois M. de Viel- Castel lire ici ces mémoires ; peut-être que vous les connaissez déjà. C'est une lecture que
je VOUS recommande si vous ne l'avez déjà faite. Le mieux serait de prendre année par année madame de Sévigné et M. Walckenaër et d'achever sans interruption cette longue lecture. C'est un conseil de M. Sainte-Beuve dans le temps qu'il n'écrivait pas dans le Moniteur. C'est là qu'on voit les temps anciens par leur beau côté. C'est une image charmante et très-fausse de la société du dix-septième siècle. Une petite société choisie s'est peinte en beau dans la plus brillante imagination qui fut jamais ; mais les Mille et une Nuits sont agréables à lire. Je suis de mon temps et j'aime mieux Chérigny que les Rochers. Albert m'a dit que madame Foy était bien mieux et qu'elle arrivait chez vous comme il partait. Dites-moi aussi que madame Galos est mieux.
J'ai fait mille questions sur M. Piscatory à quelqu'un qui l'a vu quelques jours, ce quelqu'un m'a répondu : a II va à merveille, il est fort aimable ; mais je ne peux pas vous cacher qu'il no m'a pas fait la moindre question sur vous. » Mille tendres respects.
A LA MÊME
Paris, W octobre 1853.
M. de Viel-Castel vous avait bien dit, madame, quand il vous racontait que j'étais dans un misérable étiat. Me voilà un peu remis sur mes pieds et de retour à la vie. S'il pleut dans votre Touraine comme en Normandie, j'ai grand'peur que l'agriculture de M. Piscatory ne soit pas très-florissante. On dit que les jardiniers sont de mauvaise humeur par tous les temps, parce que si un coin du jardin veut de l'eau, un autre a besoin de soleil. Je compte qu'il n'en va pas de môme pour les laboureurs, puisqu'on ne parle que de l'amabilité de Chérig^y. On n'est pas à Broglie non plus abandonné de Dieu et des hommes. En attendant votre visite, pour laquelle je compte retourner dans ce pays de brouillards, on a vu arriver M. de Barante. Il se repose un peu après la guerre qu'il a menée contre la Convention nationale, puis il retournera en Auvergne pour faire l'histoire du Directoire. Ce ne sont pas des pastorales^ à beaucoup près, que ces histoires-là. Il me semble qu'il faudrait laisser re-
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poser l'eau avant de recommencer sans cesse ces terribles récits. Nous ne sommes certainement point dans un état d'esprit propre à juger avec équité la fin du dix-septième siècle. M. de Viel- Gastel a raison de travailler à une histoire de la Restauration; c'est un sujet tout neuf en comparaison de la première Révolution française. M. Guizot,qui a fait un petit séjour à Broglie,nous a lu des| chapitres de son m* volume de la Révolution d'Angleterre. Ces fragments me semblent supérieurs même aux deux premiers volumes, pour le talent d'écrire et la vigueur du dessin de toutes ces figures anglaises plus prononcées, il en faut convenir, que les traits de M. Portails ou de M. Baroche, ou de M. Billault, sans même oublier des cavaliers comme M. de La Rochejaquelein. Vous aurez deux volumes au mois de janvier. M. Thiers va terminer ses annales du premier Empire. Je ne vois pas que nous différions beaucoup du siècle d'Auguste. Paris devient comme Rome une ville de marbre, et tous les hommes de talent ont des loisirs infinis qui leur permettent, comme à Cicéron, de philosopher sur le passé, sans plus avoir droit de toucher au présent, ou de s'occuper de l'avenir. En arrivant à Paris, dimanche vers cinq heures, j'ai vu plus de belles voitures sortir des Champs-
Élysées qu'il n'y en avait certainement sur les avenues du Champ de Mars, quand Livie s'y promenait avec sa petite famille, et des voitures beaucoup mieux faites, tout autrement douces et légères. Il est très-certain aussi qu'il ne s'est jamais fait à la Bourse de Rome la moitié des affaires qui se traitent ici. Tout se fait sur une beaucoup plus grande échelle à présent, de même que Cayenne est un beaucoup plus vaste territoire que ces petites îles de la Méditerranée où le Prince envoyait réfléchir les personnes qui ne partageaient pas ses principes en matière de gouvernement. J'ajoute que les talents véritables sont à cette heure notés avec des égards qu'ils n'avaient jamais rencontrés dans l'empire romain. Pour parler de choses encore plus graves, la piété commençait à fléchir dans ces tempslà. Auguste, il est vrai, portait toujours sur lui une peau de veau marin pour se garantir de la foudre, mais c'était là une superstition grossière. A présent tous les hommes un peu à la mode sont d'une orthodoxie sévère et ne parlent qu'avec un juste mépris des athées, des protestants, des fouriéristes et des philosophes.
Je ne comprends pas comment, avec la délicatesse de votre goût, vous n'avez pas aimé ces belles pages sur la vie militaire de M. de Mon-
lalembert. C'est là qu'on trouve les pures doctrinés religieuses dans leur éclat. On y voit un paroissien et des pistolets d'arçon tout armés pour ceux qui diraient le contraire. Il y a là une vivacité militaire qui doit plaire particulièrement à M. Piscatory. 11 est sensible que le cheval de Job, qui hennit au bruit des trompettes, n'est qu'une sorte de chien couchant en regard de celte fureur des batailles. Les descriptions ont aussi tout le charme et la variété du désert avec ses immenses plaines de sables qui s'allongent sous les pas du voyageur. Quand j'ai lu ces pages, toutes ces flammes, ce soleil, cette poudre de guerre me donnent une soif dévorante. Le sublime trop longtemps soutenu fatigue assez les organisations frêles.
Il n'y a encore personne ici et j'habite une maison toute vide. Je croyais que mademoiselle de Pomaret reviendrait ces jours-ci, mais je reçois une lettre d'elle qui ne parle que du Mont-Blanc, des feuilles d'automne et du curé de Nyon. Je crois qu'elle ne laissera pas tout cela pour notre triste vue.
Adieu, madame, mille tendres respects.
A M. PISCATORY
Paris, 9 mars 1854.
Vous avez bien raison, mon cher ami, d'aller faire une petite course en Italie et de montrer Rome à mademoiselle Rachel. A l'exception des hommes qui ont l'honneur de participer au gouvernement, on ne peut plus guère vivre aujourd'hui que par curiosité et à la façon des bohémiens qui chantent voir, c'est avoir... Il faut pourtant bien se distraire un peu, voir le Pape et ses cardinaux, qu'ils dansent ou non des fandangos, visiter les ruines du mont Palatin, le temple de Janus à deux faces et la cloaca massima. On rêve un peu à son village en regardant tous ces beaux monuments.
La Gazette est devenue terriblement intéressante depuis que le monde est entré dans un état de crise. Le diable doit joliment se frotter les mains de tout ce qu'il aura à faire d'ici à quelques années. On ne lui a que bien rarement taillé une si vaste besogne. Qui aurait cru' que le zèle du comte de Montalembert pour les lieux saints mettrait toute l'Europe en armes et la
moitié de la chrétienté en problème ? Qui eût dit que M. de La Valette, quand il cherchait un peu d'avancement dans sa carrière , allait ébranler le Caucase, TOlympe et tous les rochers de l'Albanie d'abord, sanâ compter les tremblements de terre qui pourront éclater dans deslieux plus rapprochés de nous? Toujours est-il que voilà l'univers qui se meten danse.Maisvuque M.Baroche, M. Troplong, M. Billault, veillent sur cet univers, je vis en pleine assurance. Ici, on n'entend aucun bruit de guerre. L'Écriture remarque que pendant qu'on élevait le temple de Salomon, on n'entendait aucun bruit de marteaux ni de poulies ; que les ouvriers ne tenaient aucun mauvais propos et qu'ils étaient muets comme des poissons. Nous faisons la guerre comme Salomon faisait son temple. Les journaux ne parlent seulement pas du mouvement d'un peloton ; personne n'a l'air pressé, tout le monde s'amuse. L'art de la guerre a dû se simplifier beaucoup depuis les jours du premier Empereur. Celui-là, à l'époque de ses campagnes, passait sa vie comme dans une fournaise. Il lisait, écrivait, courait, parlait, piquait les cartes d'épingles do toutes les couleurs. Rien à présent de ce fracas. Remarquez que la nature procède aussi en silence. Elle vous fait pousser un chêne à vue d'œil, et vous pré-
pare un tremblement de terre sans paraître y toucher.
Je voudrais être sûr que la pauvre Grèce sor tira en bon état de cette bagarre. La lettre du gouverneur des îles Ionienne^ n*annonce pas de meilleures dispositions pour ces pauvres gens que n*en montrait lord Palmerston h M. Coletti au temps de leurs querelles. Si ce pauvre général Coletti regarde aujourd'hui sur toutes les montagnes de son pays, il doit avoir le cœur terriblement serré et regretter de n'être pas ici-bas. Le roi Othon aurait tout l'esprit et toute la résolution de César qu'il devrait 'se trouver encore dans une cruelle perplexité. Mais il est bien probable que le tumulte sera si grand dans ce monde d'ici à quelques années, que bien des situations qui paraissent inextricables se dénoueront naturellement. Les grandes guerres ne finissent pas comme un enchaînement de propositions logiques et, au bout d'un peu de temps, chacun a changé de but, de rôle et d'attitude ; mais il n'en est pas moins dur de n'avoir à compter que sur le hasard. La passion de l'homme est de savoir à peu près ce que sera son lendemain. L'excellent M. Eynard écrit lettres sur lettres où il expose ce que peut et doit faire le gouvernement français et le gouvernement an-
glais pour celte pauvre race grecque. Il ne paraît pas savoir qu'il est bien difficile aujourd'hui à un journal d'éclairer le gouvernement sur ses devoirs'. Si j'écrivais une lettre au bon Dieu sur ce qu*il doit faire et éviter dans son administration de l'univers, il me trouverait certainement fort ridicule, et n'était qu'il est souverainement bon, il pourrait me suspendre avec ou sans insertion au Moniteur. Quoi qu'il en soit, l'ardeur de M. Eynard pour les petits-fils de Platon, de Périclès et de Philopœmen, vaut mieux, peutêtre, que les peines que se donnent M. Véron et ses pareils pour les petits-fils de M. Véron ou autres, chacun selon son espèce. Il est vrai cependant de dire que les Grecs méritent moins d'intérêt en ce sens qu'ils ne sont pas toujours d'une probité parfaite dans les questions d'argent. C'est l'inconvénient des gouvernements libres de laisser les gens satisfaire une avidité cynique sans que personne ose dire un mot.
Adieu, mon cher ami, voilà un bien long bavardage ; je n'en finirais pas, s'il ne me fallait écrire à M. Eynard que sa lettre ne peut pas être insérée dans le Journal des Débats comme il le souhaitait.
Mille et mille sentiments dévoués. Quel jour venez-vous ?
A MADAME LA BARONNE A. DE 8TAEL
Paris, !•' avril 1854.
Il est agréable pourtant de dater une lettre de ce premier d'avril. Il y a comme des rayons de soleil sur le papier; mais cela est bon pour Paris et j*ose croire qu'il fait froid et triste à Genève. Les belles dames qui y séjournent maintenant le méritent un peu. Il nous semble, à nous, qu'il y a quelque générosité à leur écrire; après tout, il ne faut pas être trop exigeant. Il faut trouver simple que les gens s'ennuient et s'en aillent de temps en temps. Le reste serait romanesque. Pascal, avec son air grognon et son langage pénétrant, disait à ceux qui lui reprochaient sa froideur : Vous n'êtes pas ma fin^ et je ne suis pets voire fin. C'est ce que M. Cousin exprimait sur un ton moins solennel quand il disait : Voyons-nous^ cher ami^voyonS'7ious;pas trop souvent ^ mais voyons* nous quelquefois.
Je ferais mieux de vous donner des nouvelles de Paul (qui engraisse tous lesjours) quedecommencerune dissertation qui vous amuserait médiocrement. Vous avez raison de dire de toute
cette métaphysique que le moindre grain de mil ferait bien mieux votre affaire. Il n'y a pas bien longtemps que je me suis aperçu que ce petit courant d'idées en l'air, auquel je me laisse aller dans mes lettres, ne divertit qu'un petit nombre de personnes. Madame*** me disait l'autre jour que j'écrivais des lettres sèches, et cela parce que je suis le mouvement de mes idées du moment, au lieu de parler des personnes et des événements. Je me guérirai de ce vice. Je deviendrai plus substantiel. M. Kaulin aimait ce genre de correspondance au plus haut des airs et mademoiselle de Pomaret l'aime aussi. Albert, au contraire, l'a en déplaisance. Il cherche des nouvelles dans une lettre, et il a probablement raison.
Je vois que vous êtes tracassée par le démon des visites et des invitations. Ce démon est un des personnages les plus tenaces de la famille du malin esprit. C'est lui qui fait trotter par les rues la moitié des passants ; c'est lui qui suscite les froideurs, les reproches, les négligences amèrement reprochées, les saluts froids, les jugements sévères sur les gens inexacts. Il n'est pas sûr que M. L. Necker n'ait pas été un vrai sage alors qu'il a fui loin de ce petit diable au fond de l'île de Skye. Je suis porté à penser que
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je ferai un jour quelque escapade de ce genre. En avançant dans la vie, on trouve que c'est encore la complète solitude qui trompe le moins et qui froisse le moins. Mais voilà encore une quasi dissertationsur laquelle je m'égare à propos de visites.
M. d'Haussonville est dans le feu de sa publication sur la Lorraine. Son livre est presque tout imprimé. Vous y trouverez certainement de l'intérêt et même de l'amusement. C'est une histoire peu connue, bien que le nom de Lorraine soit partout dans notre propre histoire. Mais on passe légèrement sur les noms secondaires, sans penser que, sous ces noms, il y a eu des vivants, très-vivants et très-dignes d'intérêt. On s'accoutume, dans des lectures superficielles, à regarder les personnages publics plutôt comme des pièces d'une grande machine, que comme des êtres dont on peut dire :
Ils boivent comme nous, et nous mangeons comme eux.
Ah ! cent fois davantage !
Je me laisse entraîner par la citation qui ne signifie rien.
Madame d'Harcourt tient toujours ses petits jeudis qui deviennent pour nous une coterie agréable. Madame d'Haussonville la mère a pris
cela do bonne grâce et a pour ce jour-là chez elle de braves personnes qui aiment le whist et le billard. Elle m'a signifié en riant que j'eusse à n'y point paraître.
C'est aujourd'hui qu'on lit au Corps législatif le rapport sur M. de Montalembert. Il sera sans doute favorable à l'accusé, mais on ne doute point qu'il ne soit renvoyé devant les tribunaux. Tout cela finira vraisemblablement par la prison, car les avocats prétendent que le délit de publication se prouve assez aisément contre quiconque parle à l'oreille de son plus proche voisin.
Lisez-vous M. Guizot? On n'a guère le temps de lire dans une ville où l'on a cinquante mille amis. Que dites-vous des cinquante mille Russes qui viennent de passer le Danube ? Nous allons voir de terribles affaires dans le courant de cette année. Les hirondelles et la guerre arrivent en même temps.
A M. d'hAUSSONVILLB.
Trouvillç, 30 juillet 1854.
Nous menons ici la vie peu variée des bains
de mer. Albert a eu la bonté de me proposer de demeurer dans sa maison. J'ai peur de contribuer à le tenir bien à l'étroit dans sa petite demeure. Il faudrait avoir un peu ses coudées franches au bord de la mer, et il n'est pas agréable d'être encaqués comme des harengs en présence de l'infini. On est ici logé à terre comme à bord des vaisseaux et il faut que l'espace soit une chose très-chère. C'est cependant ce qu'il y a de plus étendu dans l'univers, apparemment!... Nous sommes allés dîner chez M. Cordier, ancien membre de l'Assemblée nationale, avec beaucoup déjeunes gens que nous ne connaissions guère, ni Albert ni moi. On dirait qu'on fait un voyage dans la lune, tant les habitudes d'esprit, la nature des préoccupations et le tour de la conversation sont différents, pour ne pas dire opposés. Nous n'avons point de tremblements déterre, mais de beaux orages qui semblent vouloir emporter les maisons par les airs. Le monde habitable à la mine d*être dans une grande crise. On était ainsi au seizième siècle ; on n'a point péri au seizième siècle malgré la peste et la guerre et les révolutionsd'idées, tout au contraire. On a changé en mieux. C'est sans doute ce que nous devons faire aussi et cela sera facile. Si la société a envie de changer de