‹ Mélanges et lettre avec une introductionChapitre 18 sur 81 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

A M. A. DK BROGLIE.

' Paris» 27 novembre 1847

... M. Bresson n*est déjà plus le sujet de nos entretiens. Les morts meurent comme les vi*

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ts : Eiiamperiêre ruinœ. . . Les vivants n'ont pas de ^^mps à perdre ; la vie est courte et \\ faut bien êtr^^ ambassadeurs ou ministres. Laissons donc les morts ensevelir leurs morts. Moi qui suis P^i^^xni les morts, vu que je p'ai pas d'avanceà attendre, je suis encore sous le coup de mort-- Qui nous Taurait annoncée quand s dînions avec lui chez M. Guizot, le 13 du s d*aQÛt, nous eût trouvés parfaitement incirédules. Le pauvre homme avait pourtant Tair dou.x et triste, mais on a parfois l'air doux et ^^iste sans que ce soit ni un signe ni un pressentiiixxent de fin prochaine. Je ne sais pourquoi ces couj>s qui défient toutes probabilités rendent pks défiants sur la destinée ceux qui en sont )es téoi oins. Ils devraient faire moins craindre les appx*>4)ches des dangers, car il est manifeste qu'on pcLsse toujours par des chemins qui ne sont point MAr^cjués sur les cartes. N'avons-nous pas remarqué cju'on prédit et qu'on prévoit les événements fâcheux comme pour les conjurer? Cette superstitiojd est instinctive. Ne repose-t-elle pas sur Vidé^ que les chances de l'homme sont au-de s- $txs ^Q ses prévisions, comme la loterie? Gela ne ^\g;(\\fie point que ces chances soient livrées au Y^Qi^^Lrd, car les numéros de la loterie sortent ^vant des lois, mais suivant des lois que n'at-

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teint jamais la théorie des probabilités de M. de Laplace. La bizarrerie de tout cela, c*est que le sort de chacun étant parfaitement indéterminable à tout calcul, le sort du grand nombre peut être déterminé d'après les règles d'une arithmétique à peu près infaillible. C'est une addition d'unités qui ne restent pas une seconde à la même place, mais l'opération sur le total n'est point troublée par cette mobilité. Voilà ce qu'on nomme un lieu commun sous forme scientifique.

Qu'est-ce donc cette chute que tu as faite dans des eaux inconnues en allant à Veies ? Que voit-on autour de Veies quand on est mouillé? Pas grand'chose, n'est-il pas vrai? Cela n'est pas nécessaire. Les grands noms éclairent les lieux comme le soleil. Waterloo n'est pas beaucoup plus frappant que les plaines de Bourgogne comme paysage, mais quand le vent passe en été sur 1)bs blés, on croit entendre la terrible histoire racontée par des témoins invisibles. J'ai peine à croire que la nature, malgré sa stupidité apparente, ne se souvienne pas de ce qu'elle a vu ou entendu.

Nous pourrions entendre d'ici le bruit du canon que les enragés de radicaux tirent dans toutes les Alpes sur de pauvres gens qui leur

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sont supérieurs devant Dieu, bien qu'ils aiment

1 es jésuites. On croit que Lucerne est déjà enlevé

t probablement enlevé d'assaut. Un peu plus tôt,

peu plus tard, le dénoûment est inévitable. Te

jdviens-tu de ces nids de religieuses placés dans

I ^^ rocbers de Fribourg comme des ruches d'a-

t^^îlles sauvages? Il paraît qu'on met à la porte

to'^OLtes ces malheureuses filles qui ne devaient ja-

iKn^^^SLiis mettre le pied dehors^ suivant la règle delà

o^:> iKZBQmunauté! Les voilà courant'par les montagnes

aiJL ^rand air. Si quelqu'une se sent la vocation de

C ^n^^fclierine de Bora, elle pourra épouser quel-

q:"UL^^ SBpteur protestant. Il n'en reste pas moins

<I^^B^^^ les bandes de M. R... sont d'indignes sau-

M. A. DR BROOLIB.

Paris, 26 JaiiTier 1848.

^ i. . L'Italie ne s'arrange pas pour exciter l'in-

des gens sensés. Avec un peu de raison et

^^ I^atience, elle eût été en peu d'années bien

^^^^^jrrie, bien couchée, bien éclairée, libre dans

*^^^^ ses mouvements, bien gouvernée et sûre de

^^^ affaire pour longtemps ; mais il faut danser

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