II
devant Garibaldi et même devant M. de Cavour. On crie : a Le lion est dans la rue ! » et tout le monde rentre chez soi en fermant la porte. A d'autres époques, des lions toutaussi féroces que celui qui se promène seraient sortis de leurs antres en rugissant, et la bête du Gévaudan serait allée se cacher. A cela il n'y a de remède qu'une volonté savante et puissante et permanente dans quelqu'un de civilisé. C'est pour le moment le grain de sel sur la queue de l'oiseau.
Je me suis jeté récemment sur les
Mémoires de la princesse Dachskoff, cette grande dame qui a fait en Russie la révolution de 17G2, dans laquelle cet idiot de Pierre III a été étranglé. Sur le récit de Rulhières, je me figurais toujours que cette grande dame était charmante : un certain mélange de fleurs et de poignards de Damas, mais point ; c'était une crosse personne, laide, bizarre, habituellement vêtue d'une grande redingote d'homme et coiffée d'un bonnet de coton ; on a bien de la peine à savoir quelque chose de quelqu'un.
Dites-moi donc quand vous revenez. Le malheur est que vous avez une belle et bonne bibliothèque dans ce Chérigny, et que vous êtes très-capable de lire les écrits des autres temps qui vous dorlotent les soirs , quand vous ren-
trez. C'est aussi en quoi vous différez des hommes de votre temps^ qui n'aiment et ne comprennent que les contemporains. Encore ne les comprennent-ils guère.
Adieu, mille et mille amitiés.
AU MKMB.
Paris, 22 mai isôi.
M. de Persigny se moque des règles du droit, et je compte qu'il lui en arrivera malheur aussi. Il plaît à M. le ministre de suppléer par circulaire à l'insuffisance des lois sur la presse et il décide souverainement qu'on peut saisir par voie administrative toutes les pensées d'un exilé avant leur publication. Ce goût de faire des lois à soi tout seul, quand on est ministre de Tintérieur, ne peut venir que dans ce temps-ci, même à un esprit aussi hardi que M. le comte de Persigny. M. de Donald, M. Duplessis, M. Ferrand en auraient frémi dans leurs plus beaux jours. La vérité est que M. le ministre a fait là une grande insolence et, si on ne brave pas immé* diatement cette loi de nouvelle espèce et si on ne
le mène pas devant les tribunaux, on aura grand tort; pour de telles choses, il y a encore des juges, même à Paris.
.... Ah ! que vous avez donc raison d'admirer le de oratore! cela a la solidité et aussi la belle couleur du marbre du Parthénon. \jn homme de talent en tirerait une rhétorique admirable et je suis étonné que les gens de Port- Royal ne s'en soient point avisés. Que les personnages du drame sont charmants, doux, graves, éclairés, parlant des orages du Forum comme de vieux matelots des tempêtes du cap Horn. Les moindres détails de la vie y sont aimables et y ont leur grandeur. On y voit jusqu'au profil de quelques grandes dames romaines. Avez-vous remarqué, qu'au fond, les anciens avaient un goût et un besoin du beau qui ne pourraient plus aller à notre tribune moderne? Au milieu des plus violentes délibérations, on dirait que le plaisir d'entendre bien parler l'emportait sur le reste. Tout le monde s'oubliait un moment pour se perdre dans la région idéale des grands sentiments et des nobles pensées. Nous sommes trop pressés. Pitt et Canning, et Fox, étaient trop pressés pour perdre ainsi le temps. La logique étroite et rigoureuse des modernes ne laisse plus de place à ces belles diva-
gâtions de l'esprit. Nos discours ressemblent à des balles de fusil qui font leur chemin suivant une courbe déterminée ; ceux des anciens ressemblaient à de grands orages où Ton voit de beaux horizons parmi les éclairs ; ils avaient moins de précision, mais Thomme était plus tout entier dans leur langage. Nous nommons lieux communs cette parure de l'éloquence des anciens, parce que nous n'avons plus le souffle nécessaire pour faire jouer cette puissante machine. . . .
AU MEME
PariSt n juin isôi.
Mon cher ami, je vous ai écrit vers le 22 du mois dernier ; depuis lors, il s'est passé bien des choses. Voilà M. de Cavour mort. Il n'y a pas beaucoup de chênes de cette taille-là dans le temps présent, et c'est triste d'en voir tomber un, quelles que soient les opinions qu'on a sur les affaires d'Italie. Qu'il est difficile de faire la philosophie de l'histoire et de savoir pourquoi Dieu perd ou laisse celui-là ou celui-ci! On s'imagine toujours involontairement que celui
qui a de grandes affaires à terminer en ce monde est défendu pour longtemps contre la mort ; mais cela n a pas empêché Gustave-Adolphe ni Henri IV d'être emportés par des coups do mrcroc, du moins en apparence ; ainsi Tltalie est sous la main du hasard bien autrement que jamais. Je me figure que personne n'y peso une once en comparaison de M. de Cavour, qui avait autorité pour faire^ prendre patience à tout le monde. Il avait tant fait par ruse et par force, qu'on pouvait compter sur ses promesses et laisser le Pape six mois^de plus ou de moins dans li» Vatican. Des gens assez bien informés d'ordinaire disent que TEmpereur a proposé la recoiinaissance du royaume uni d'Italie, sous la condition que l'on garantirait au Pape : V les ÈUiis actuellement sous sa puissance ou sa faiblesse, comme vous voudrez ; 2** un revenu égal a ce que lui rapportaient les autres États qu'il a perdus. L'occupation française serait d'ailleurs maintenue à Rome. Je vous dis l'état des girouettes, mais le vent peut changer, comme vous savez.
Il ne fait pas bon écrire de notre temps sur des matières politiques, même de pure théorie. Vous savez que le duc de Broglie a depuis longtemps l'habitude, quand il a terminé ruelquo
travail qu'il ne veut pas publier, de le faire pourtant lithographier à un certain nombre d'exemplaires qui vont à Broglie, pour y être proprement rangés dans les archives, sans qu'il en soit donné une page à qui que ce soit. C'est ainsi qu'il a fait déjà pour deux ou trois ouvrages de philosophie ou d'économie politique. Il ne recherche certainement pas la publicité, comme vous voyez ; or, depuis trois mois, il faisait lithographier dans le même dessein un livre de six cents pages intitulé : Vues sur le gouvernement de la France^ et âme qui vive n'en avait entendu parler, et il n'avait pas plus songé à le répandre qu'il n'avait fait des autres. L'autre jour, le volume étant terminé et prêt à être relié, M. le préfet de police Ta fait saisir sans cérémonie et a emporté tous les exemplaires dans son hôtel de la rue de Jérusalem, sans dire pourquoi au lithographe et sans écrire un mot de politesse àlauteur. Il faut remarquer que si la loi permet de faire quelque avanie de ce genre aux brochuresy dans des cas extrêmes, il n'y a pas un mot dans toute notre législation qui autorise ce procédé de Turc à More pour un livre de six cents pages, et même la circulaire de M. de Persigny, toute circulaire de M. de Persigny qu'elle est, a limité aux exilés cette belle
saisie administrative dont il est l'inventeur, au mépris des lois. Vous comprenez que le duc de Broglie ne se laissera pas manger ainsi la laine sur le dos et que son sang de jurisconsulte lui est monté au visage. Il va assigner sans délai les gens qui veulent lire les livres que lui n'a jamais voulu publier, et il désire voir si les tribunaux autoriseront l'administration à venir prendre et garder les manuscrits des sujets de l'Empereur, sans donner la plus petite explication et sans faire la moindre excuse. Il est vrai que, sous Jacques II, les choses se passaient ainsi en Angleterre, et que Sidney a eu du désagrément pour avoir laissé dans son tiroir un petit écrit qui n'annonçait pas une grande admiration pour le gouvernement de l'Angleterre, en 1683. Nous saurons, à l'issue du procès, si nous vivons sous un régime analogue. Encore Jacques II avait-il cette abominable législation pour lui, tandis que M. le préfet de police n'a ici pour toute règle que son caprice.
Madame Piscatorya-t-elle repris sa plume fine et brillante ? Qu'avez-vous dit de Tarticle de M. Michelet dans la Revue des Deux-Mondes? Il a inventé d'écrire l'histoire avec des documents
nouveaux qui me paraissent tirés dos archives de son imagination. C'est là qu'il a vu la preuve que Fénelon était une sorte de misérable, et il ne dit rien de plusieurs laïques de nos jours !
AU MI£ME
Paris, ?4 juin 1861.
Nous attendons toujours la solution de Taffaire d'Italie, c'est-à-dire la reconnaissance de la France, qui n'est pas une solution. On croit généralement que dans cette reconnaissance l'Empereur persévérera à couvrir de son bouclier ce qui reste d'États au Pape. En attendant, on s'amuse à nous donner des portraits en pied de M. Ricasoli et des descriptions de son château. On nous dit qu'il déteste la liberté de la presse, qu'il n'a pas beaucoup de tendresse pour le régime parlementaire, qu'il exècre la populace et qu'il ne peut pas souffrir le Pape. Il y a là-dedans bien peu d'éléments propres à faire un ministre libéral, mais on ajoute qu'il est entêté comme une mule, et c'est une jolie qualité pour gouverner une révolution. Ce qu'un homme pense
dans des temps pareils m'importe guère, pourvu qu'il fasse marcher droit tout son monde. M. Perler poussait les gens avec la force d'une baliste, et cela valait mieux que s'il avait eu tout le libéralisme inerte et mélancolique de M. Barrot. Le pauvre M. de Cavour va bientôt être oublié comme l'a été Mirabeau. D'autres hommes vont venir, et d'autres intérêts et d'autres événements,
•et il dormira tout seul sous la garde de l'histoire dans la triste maison de campagne où il a voulu être enseveli. J'ai vu hier un de ses cousins qui croit qu'il est mort d'une fièvre pernicieuse méconnue par ses médecins. Il était allé visiter dans les derniers temps des rizières qui lui appartenaient, et, dès son retour, il se sentit mal à l'aise. M. Rayer ne l'aurait vraisemblablement pas laissé mourir. Ainsi, quelque vapeur qui sort d'une rizière, un certain jour, peut changer la face et l'avenir de l'Italie. Les hommes ont bien raison de s'étonner toujours de ces coups du hasard. Ils se demandent assez naturellement
• s'il y a là une profonde incurie pour les choses humaines ou une profonde sagesse qui nous dépasse. Le problème vaut la peine qu'on s'y arrête souvent, tout lieu commun qu'il est à la première vue.
Je ne crois pas que M. Billault s'occupe de ces
vaines questions. Il a trop de solidité d'esprit pour cela, mais il est très-insolent et très-inique quand il se permet de citer et de citer mal devant le Corps législatif un livre qu'il ne devrait pas connaître. Le président de Harlay n'était pas un homme délicat assurément, mais il eût rougi de citer un livre dont il s'agit de savoir, en justice, si on a le droit de le lire ou non. Il paraît qu'on n'y regarde pas de si près aujourd'hui. Et ce ministre sans conscience et sans portefeuille foule lestement sous ses larges pieds toutes les règles du droit comme tous les scrupules de la morale. Le passage qu'il a cité n'est nullement dans le livre du duc de Broglie. Il y serait qu'il n'avait nul droit de le citer. Le procès contre le préfet de police sera porté à l'audience de mercredi prochain. Vous avez aisément compris que, pour lui faciliter sa défense, on a changé la saisie administrative en saisie judiciaire , et qu'en réponse au procès intenté par le duc de Broglie, on lui a intenté à lui-même une action pour excitation à la haine et au mépris du gouvernemeîit.
On n'a point de nouvelles de cette dernière instruction, depuis l'entretien du juge d'instruction avec le duc de Broglie, dans son cabinet, au Palais de Justice. Là, le duc de Broglie lui a dé-
claré que, sur son livre, il n'avait rien à répondre, vu qu il n'était pas publié et qu'il n'était pas de coutume, dans le droit, de répondre de sa pensée. Il lui a fait entendre aussi que, s*il répondait à ses questions sur d'autres points, c était pour ne pas se montrer trop pointilleux, mais qu'il ferait ses réserves sur le tribunal auquel il ressortissait; qu'un sénatus-consulte de 1858 lui donnait pour juges les membres de la haute cour (c'est-à-dire cinq juges et quatre présidents de la cour de cassation, y compris le premier président) ; voilà à quoi sert d'être grand cordon de la Légion d'honneur. Les juristes, et ils sont peu nombreux, disent qu'il ne faut jamais réclamer un tribunal d'exception. Je serais peut-être de leur avis s'il y avait un jury quelque part pour juger cette cause; mais entre trois juges obscurs de la police correctionnelle qui n'ont point de point d'honneur, et neuf membres de la cour de cassation qui répondent devant le monde de co qu'ils décident, il n*ya pointa hésiter. Quand on est attaqué par les lois de l'empire, on serait bien dupe de ne pas se retrancher, s'il y a lieu, dans d'autres lois de l'empire.
Les gens qui se croient bien instruits pensent que toute cette o flaire du duc de Broglie va finir par un arrêt de non-lieu et la restitution des
exemplaires. Je crois le contraire ; les amourspropres sont excités, et on ira jusqu'au bout.
AU MÊME
Paris, 1" juillet 186I.
Mon cher ami, j'espère que vous vous déciderez pour les eaux d'Évian, et que, de mon côté, je pourrai aller à Coppet. Je voudrais bien vous faire les honneurs de ces eaux bleues du lac et de ces montagnes bleues aussi et un peu froides, mais charmantes. C'est là qu'il faut relire les quatre volumes de la Nouvelle^Héioise, que la génération présente ne veut plus regarder. Quand on a l'imagination mieux faite que ne l'a cette petite race perverse et étriquée de nos jours, on ne peut pas se défendre de voir la maison de M. de Wolmar au fond de l'horizon. J'ai une rage intérieure contre les esprits bien faits qui n'ont que iQ^goût du réel. Quand on en est là, on n'est bon à rien, pas plus dans une ferme que dans un palais. Pour tenir une ferme propre et bien ordonnée, je dis hardiment qu'il faut avoir ce sentiment de l'ordre qui ne sert à rien,
mais qui fait songer à un ordre plus parfait que nous ne voyons pas. Xénophon, dans ses Economiques, a décrit d'une façon charmante ce sentiment de Tidéal qui brille dans une cuisine bien tenue ou dans un cellier bien rangé. Un rayon du platonisme semble y éclairer tous ces humbles réduits de Vagriculture. Quand les hommes sont devenus insensibles à ces plaisirs romanesques qui sont à la portée de tous, il faut bien qu'ils s'arrangent pour devenir tiches, parce que la richesse donne des plaisirs de convention à la portée des imaginations les plus basses. Celui qui ne peut pas peupler une cellule du luxe de ses rêves, habitera bien inutilement un palais. Il y sera aussi bête que les splendeurs de son tapissier qui Tentourent. Je m'étonne que le poëte (petit poëte) qui a écrit en Angleterre les Plaisirs de rimaginatioyiy n'ait pas vu cela. Il aurait pu faire un livre utile et réconcilier presque tout le monde avec la médiocrité de sa situation, en leur montrant le côté poétique de tout, je veux dire le point par où l'ordre particulier se rattache à l'ordre universel ; celui qui s'accoutumerait à vivre dans cette contemplation qui n'est pas difficile, serait assez heureux et fort sage et trèsaimable, et n'aurait pas besoin de grand'chose. C'est dans ce sens que M. Ampère le géomètre
disait : Je crois que le monde extcrieur a vie créé tout simpicruent pour nous être une occasion de penser, c'est-à-dire encore de rêver et de façonner en esprit ce qu'on a autour de soi à l'image du vrai beau qu'on ne peut atteindre. Que, si j'étais prêtre, je prêcherais sur ce texte, et les paysans seraient très-heureux en regardant le soleil entrer dans leur petite chambre par les carreaux brillants de la fenêtre.
J'ose espérer que M. Billault, ou M. Baroche, ou M. le préfet de police, feront faire des écrits comme ceux que j'imagine par leurs amis de la police de sûreté quand ils seront de loisir. Croyez-vous que M. Billault pense souvent à l'économie idéale dont la vie qu'il mène n'est que l'ombre? S'il surprend ma lettre, ce qui est possible, puisqu'il lit habituellement les lettres qu'il a décachetées, il croira que tout ce que je vous dis n'est que de l'argot pour couvrir une conspiration. Le voilà pourtant obligé, lui et ses amis, après avoir dénoncé le duc de Broglie à la tribune comme un homme pire qu'un socialiste, prêchant le droit au travail, le voilà obligé de rendre les exemplaires de l'ouvrage à leur auteur criminel ; mais rendre est bientôt dit. Ils les ont prêtés à tout le monde avec une délicatesse infinie. Il y en a en Angleterre et peut-être en Amé-
rique. Ils avaiefit une telle peur de la publicité de cet horrible écrit, qu'ils l'ont montré à toute la terre ; mais à cette heure qu'il faut restituer, ils ne savent que faire. Je crois que nous verrons le spectacle d'un gouvernement faisant recopier un livre qu'il avait confisqué, en corrigeant les épreuves et le rendant avec bien des excuses à son légitime propriétaire. Il paraît qu'ils ont des amis qui ne rendent pas les livres.
Je crois que M. de Broglie remettra cette queue d'affaire à son avocat et s'en ira en Suisse ; mais le public saura en audience publique ce qui s'est passé. De mercredi en huit, l'affaire, bien que terminée par l'arrêt de renvoi, sera appelée pour la forme.
Adieu, mon cher ami.
A M. POIRSON
20 août 1S6I.
Mon cher ami, je voudrais bien savoir de vos nouvelles. Je me plais à penser qu'il vous vient à Versailles de la pièce d'eau des Suisses une jolie brise qui rafraîchit tout. J'ai emporté dans
les yeux, en vous quittant l'autre jour, ce charmant paysage dont vous êtes entouré, et je trouve que les grands bois qui nous environnent ici sont moins riants et moins variés.
Avez-vous pris quelques heures sur vos travaux pour lire le dix^neuvième volume de M. Thiers? Les élèves de l'École normale de 1815, qui ont été volontaires royaux, seront bien étonnés de voir l'empereur Napoléon aux Cent jours représenté comme un libéral sincère et un philanthrope ami de la paix. Ce volume continue donc de mériter le prix donné par l'empereur Napoléon III, et M. Sainte-Beuve en a fait un éloge très-vif dans le Moniteur. Il y a sans doute, comme dans tout 'ce qu'écrit M. Thiers, des parties très-bien traitées, par exemple la défection du Maréchal Ney, et l'on ne peut pas mieux faire la part de toutes les causes qui l'ont insensiblement poussé à l'énormité qui lui a coûté la vie. Il excelle aussi dans le tableau des passions contraires qui ont amené la première chute de la maison de Bourbon. Mais j'avoue que je suis surpris de voir que cet excellent Empereur, converti aux idées libérales, ne se demande pas, en partant de l'île d'Elbe , s'il est loisible à un honnête homme de replonger trente millions de ses sujets dans une guerre d'extermination con-