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tre TEurope, pour ce seul motif qu'il s'ennuie tout seul, qu'on ne lui paye pas exactement ses revenus, et qu'il risque d'être conduit dans une île de rOcéan, au lieu de rester dans une île de la Méditerranée. En partant en guerre, il ne donne pas d'autres motifs à sa vieille mère qui trouve sa résolution sublime, et M. Thiers trouve à son tour que la mère et le fils sont admirables en cette occasion. Les historiens anciens, pour ne point parler des personnes présentes, ont un autre sentiment de la moralité des actions, et ce n'est pas parce que Henri IV s'ennuie des prédicants de son armée qu'il est loué des grandes résolutions qu'il prend dans une grande crise de son existence.
N'avez-vous pas pitié de ces pauvres Américains du Nord qui sont battus pour la bonne cause? Je comprends que l'Angleterre en soit bien aise, car l'union américaine est le seul ennemi qu'elle redoute. C'est pour cela même qu'il nous importe à nous que le principe de la Confédération soit victorieux. Si l'Europe avait encore une politique, la France aurait déjà une flotte et peut-être une armée de débarquement en vue des États-Unis, pour protéger ceux qui veulent le maintien de l'Union ; mais nous avons bien des affaires à la Chine, à la Cochinchine et au Japon, où nous n'avons que faire.
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A M. d'haussonville.
Pans, 25 octobre 1861.
Comment rivcz-vous trouvé Florence? Je ne parle point de la Florence révolutionnaire, mais de Florence au vieux Palais, au palais Pitti, à Santa-Maria-Novella, etc. ; j'y suis entré autrefois par un clair de lune qui donnait aux objets un aspect extraordinaire. Tous les gens qui passaient dans cette demi-obscurité me semblaient le Dante ou la jeune Béatrix. Les événements nouveaux ont dû lui ôter, pour l'imagination, son aspect du moyen âge. On doit penser aujourd'hui bien plus à M. de Cavour ou à M. Ricasoli qu'à Farinata Dei Uberti. Les souvenirs se chassent les uns les autres. Un voyageur qui arrivait en 95 à Paris ne devait plus penser à Louis XIV ni au prince de Condé ni à madame de Longueville. Quand on est à Rome du côté de la fontaine Égérie, du diable si on pense à la Rome ecclésiastique. L'homme, et, je penseaussi la femme, ne peuvent s'occuper que d'une chose à la fois. Il faut être érudit de métier pour jeter sur tous les temps un coup d'œil impartial. C'est cette
disposition atout oublier qui fait que bien peu de personnes regardent les princes qui ont pris parti pour les États-Unis. Ceux qui, par hasard, y font attention, trouvent qu'ils ont grand tort. On fait remarquer qu'à la guerre on peut être battu, ce qui est fâcheux, — on objecte que c'est une guerre civile. — On dit que les Américains du Nord ne sont pas la perfection des manières du beau monde. Toutes les raisons me paraissent de ce poids ; aussi, je tiens les mécontents pour des nigauds, et si j'étais, ce que je ne suis pa^, M. le comte de Chambord, j'irais aussi avec mes cousins tirer le canon contre les fauteurs et les soutiens de l'esclavage, de quelque couleur qu'il soit. Je ne sais pas ce que pense le roi de Prusse de cette affaire. On dit qu'il n'a pas été beaucoup plus gracieux que le Maréchal Blûcher ne l'/Stait en 1815; mais nous autres, pauvres gens, nous devrions bien ne point parlpr de ce qui se passe dans les cours, où nous n'avons pas nos entrées, si je ne me trompe.
Avez-vous déjà lu l'écrit de M. Guizot sur l'Italie? Il y a si peu de monde ici, que je ne saurais dire l'effet qu'il produit. Il me paraît que c'est un coup de canon tiré trop haut. Le péché originel, les générations spontanées et la création peuvent conduire à Rome comme tout chemin.
mais c'est le plus long probablement, et dans ces temps pressés, il faudrait trouver le plus court. Quoi qu'il en soit, je soutiens sur tous ceux qui m'en disent du mal, que cetécrit est excellent. On est déjà trop mangé par ses ennemis pour se manger entre soi, bien qu'en général les amis se mangent au dessert, comme un mets plus délicat.
A MADAME LA MAKQtlSE d'haRCOURT.
Paris, 14 décembre 1861.
Avez-vous commencé à lire la Rome de M. Ampère? On se croit dans les bois d'Évandre et l'on entend, comme Énée, quand il s'est réveillé chez ce prédécesseur du Pape :
... Matutini volucrum sub culmine cantus.
Tout le chapitre, j'allais dire le chant, de la Rome sauvage avant qu'elle fût habitée par Cincinnatus, est charmant. Je me suis intéressé pour la première fois aux Pélasges en lisant ce livre. C'est une drôle de race que ce peuple qui n'est connu que pour avoir passé partout sans se fixer
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nulle part, et qui, tout en voyageant, faisait des forteresses qui défient le temps depuis quatre mille ans. Ils sont l'image du sermon que je faisais Tautre jour à Marie sur la nécessité de s'établir partout comme si on devait y passer sa vie. Elle ne veut pas arranger le jardin sous prétexte qu'elle ne restera là que quatre mois. Les Pélasges, pour quatre mois, bâtissaient un mur d'enceinte de quarante pieds de haut et de dix pieds d'épaisseur. Je placerai cela un jour dans un prône, quand j'aurai fait mon séminaire. On y verra que le chrétien est un voyageur sans doute, mais un voyageur qui, comme les Pélasges, doit laisser sur sa route des ouvrages éternels... Si je m'embrouille dans mes subtilités, cela ne m'empêchera pas de jouir de la gloire que les jeunes demoiselles accordent généralement au Père ***.
Il n'y a rien de nouveau ici en politique, momentanément du moins. On ne pense plus du tout, depuis quinze jours, aux affaires d'Italie. Tous les yeux sont tournés vers l'Occident pour savoir si les Anglais se battront avec les Américains. En attendant, je voudrais bien voir le pied du Nord sur la gorge du Sud. Sî Washington pouvait se réveiller dans son tombeau en Virginie, il leur en dirait de belles, et aussi Franklin.
Après tout, je ne suis pas bien sûr que les morts ne se mêlent pas des affaires des vivants. Il n'est pas bien sûr que, dans les grandes crises, les ombres des pères ne marchent pas devant les enfants. Je crois qu'il l'ont fait en Grèce. Si M. le comte de Paris ou M. le duc de Chartres y regardent bien, peut-être qu'ils verront la grande figure de Washington charger avec eux dans la mêlée. Si la Pologne se délivre après la mort de M. Zamoyski, ne pensez-vous pas qu'il lui sera permis de se réveiller pour passer dans les rangs comme un souffle de guerre et exciter tous les siens ? On parle tant de miracles ; ceux-ci sont dans toutes les analogies de la raison et de l'instinct. C'est peut-être comme cela que les bonnes causes triomphent un beau matin sans qu'on sache pourquoi. Un jour, après dix ans, après quinze ans, un peuple sort de son apathie et met ses maîtres sous ses pieds ; c'est peut-être que les morts qui ont été libres viennent parler tout bas à leurs enfants qui ne le sont plus.
Me voilà bien loin des petites nouvelles de Paris. Ne vous moquez pas de moi.
\ M. I) HAUSSONVILLR.
Paris, 4 mars 1862.
Mon cher ami, vous donnez de votre magnifique retraite à Palerme une aquarelle qui a plus de netteté et de couleur que tous les petits pendentifs vifs et brouillés de madame de ***. J'aime singulièrement votre petite ville de Mont- Reale qui va et vient, qui se rapproche et s'éloigne dans une poussière dorée suivant les caprices de l'air. Enfin, vous voilà à Rome... Avez-vous entendu de Rome les cris du Sénat au discours du prince Napoléon? Le discours de M. Billault n'annonce pas une politique bien décisive, mais il garantit au Pape le séjour de Rome aussi longtemps que M. de Goyon y restera et n'en sera pas renvoyé par l'ardeur italienne. Cela ressemble fort à la durée qui est promise à ce même Pape par les Écritures. Nous attendons la décision du Corps législatif pour jeudi ; on peut parier raisonnablement pour ou contre le rejet de la pension chinoise. Je ne sais d'où a soufflé ce vent sur le Corps législatif; je suis pourtant de ceux qui pensent qu'il votera conformément aux avis
paternels de la missive impériale, mais de meilleurs esprits que moi pensent le contraire. M. Renan a mis pour quelques jours le feu dans les esprits de la jeunesse des écoles.
J'aimerais mieux voir les chèvres de Théocrite dont vous me parlez, que toutes ces petites mêlées qui s'apaiseront />w/v^w exigui jactti.
cxxxvin.
h, M. PISCATORY.
Paris 25 mars 1862,
Le Corps législatif a été bien heureux ces jours-ci. Les paroles de l'Empereur, cette certitude de vivre encore au moins un an, ces craintes dissipées de la colère du lion, tout cela a donné à ces tribuns une joie qui va à l'attendrissement. M. de Morny a été pour eux d'une sévérité paternelle qui ne leur a pas déplu. Si M. Royer- Collard, dans toute sa gloire, s'était avisé de tenir un pareil langage aux mauvais sujets que vous étiez dans les anciennes Chambres, on l'aurait probablement fait descendre de son estrade plus vite que le pas ; mais nous avons ici plus que M. Royer-Collard. Il y a une lettre de Tibère
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au Sénat romain, qui est sur cette note de M. de Morny. Je n'y vois qu'une chose, c'est que M. de Momy a quelque chose de Tacite, dans ses harangues. Il y a pourtant, dit-on, des députés chagrins qui regardent au fond de l'année prochaine, croyant y voir des signes de tempêtes. Ils disent qu'il sort des bruits sourds de la grande mer du suffrage universel ; ils disent qu'ils pourraient bien mal passer leur temps aux prochaines élections et faire place à des couleurs plus voyantes.
Le flux les apporta, le reflux les remporte.
Il est bien vrai que dépendre du suffrage universel, c'est se tenir sur le dos d'une baleine ; cela va bien tant qu'elle ne prend pas la fantaisie de plonger. Enfin, cette baleine est sacrée. Les tribunaux châtient ceux qui en parlent légèrement, et je tiens le dogme de la souveraineté populaire comme aussi certain que plusieurs autres.
Je ne sais rien sur cette pauvre Grèce. Il est étrange de voir à quel point elle est oubliée en France. Le marquis de Posa, dans un drame de Schiller, dit : N'oubliez jamais les rêves de votre jeunesse. Ce n'est pas à nous, sans doute, qu'il a
dit cela, ou nous avons bien peu écouté le pauvre marquis. Il y a terriblement longtemps que nous n'avons écouté les orateurs et les philosophes et nous nous soucions joliment de Platon, de Démosthènes ou de ce grand Klephte de Coletti. J'ai peur que ces pauvres diables de Grecs ne soient en train de se détraquer, eux qui avaient montré tant de constance et de sagesse et de mesure, mais je ne peux me fciire raconter clairement par personne comment est née cette querelle avec une partie de l'armée. Je ne crois pas que M. About, en pieux élève de l'école d'Athènes, fasse quelque brochure éloquente pour ranimer notre intérêt. Comme le temps court pourtant! Vous rappelez-vous les jours de Navarin, et la vivacité des impressions quand M. de Rigny entrait dans un salon à son retour de Grèce. Les belles dames n'avaient des yeux que pour les mauvais sujets qui avaient fait le coup de fusil avec Fabvier, dans les montagnes de l'Eubée. Ce n'est pas à beaucoup près comme cela qu'on prend aujourd'hui même les affaires d'Italie. Il y avait pour lors du soleil sur la terre; il y a du brouillard pour le moment. L'histoire est faite ainsi de jours de soleil et de jours de pluie, et l'on croit toujours que le temps va durer. Un matin le thermomètre et le baro-
mètre montent ou descendent, on ne sait pas pourquoi. Un jour viendra où les hommes ne seront plus émus à la voix de M. Billault, ni attendris aux paroles de M. de Morny ; on ne comprendra plus où ils prenaient le ton d'autorité qui subjugue; on se regardera les uns les autres, comme après une grande sottise ; M. Billault et M. de Morny sentiront eux-mêmes ce froid qui précède les crises et ils baisseront les yeux. Qu'est-il arrivé, dira-t-on ? Rien, que le temps qui ne perd pas une minute, qui travaille sans ^ bruit et partout. Il en a fait bien d'autres dans sa vie que d'humilier M. Baroche et M. le maré^ chai Magnan.
Oui, cet article de M. Saint- René Taillandier est intéressant ; c'est encore un temps où l'on avait le diable au corps ; il a passé, il est revenu et il est de nouveau parti. Le défaut de M. Saint- René Taillandier est pourtant d'exagérer ce qu'il raconte. Il a fait un Moulton hors de toute vraie proportion. J'ai lu beaucoup de ses correspondances et il avait plus d'emphase que d'esprit. En fait de dignité, il laisse Voltaire traiter singulièrement Rousseau, qui est son ami. Ces lettres de Voltaire sont curieuses. On y sent la poudre à canon partout. Il est de mode, dans le monde où je vis,de trouver les lettres de Voltaire vides
et monotones; on est difficile aujourd*hui. Je ne sais pas comment font les gens d'esprit qui s'Urrangent pour comprendre l'antiquité qui a bien ses difficultés et qui ne peuvent plus comprendre le démon du xviii* siècle. Il était chargé d'une fière besogne, qui était de remettre le sens commun sur ses pieds. Il Ta fait. Ce n'est pas que ce sens commun, quand il va tout seul, ne soit un petit grossier, j'en conviens , mais pourtant c'est le sens commun et il est de très-grande maison, et on ne fait pas grand'chose de solide sans ce puissant charpentier.
Adieu, mon cher ami, quand vous verrez une hirondelle, écrivez-le-moi : on dit qu'on en a vu à Lyon, mais revenez-nous.
AU MEME
Versailles, 6 août 1862.
Oui, mon cher ami, je crois bien que Pitt était un homme froid, mais la singularité, c'est que la foudre sortait de ces glaciers. J'ai relu autrefois ses discours avec le même entraînement qu'on met aujourd'hui à lire ceux de notre con-
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temporain Billault, mais il avait de plus que M. Billault, ou M. Baroche, le bonheur de parler devant un pays plus libre encore que le nôtre et devant un auditoire tout plein des souvenirs de Tantiquité et de la grande littérature moderne. On entend avec ses paroles comme un écho des républiques grecqueet romaine. Il a Tair d'avoir de grands ancêtres intellectuels. Avec M. Granier de Cassagnac , la chaîne des temps est plus courte, et son auditoire n'ayant de souvenirs et de culture que ceux que peut donner la fréquentation du Vaudeville, beaucoup de grands effets lui sont interdits ; aussi je trouve qu'il n'y a pas de comparaison entre le Parlement anglais aux pieds de Fox, de Sheridan, de Burke, de Pitt, et le nôtre, bien qu'on y voie siéger ensemble les Tayant , les Grippesols, les Sergeants de Well, les Koup-Jaroy. Excusez-moi, si je me trompe do noms; je sais bien mieux, je l'avoue, le Parlement d'Angleterre que le nôtre. Je me hâte de dire à M. le procureur général, s'il lit ceci, que tous les députés ne sont pas de la force de ceux que je viens de nommer.
N'est-ce pas que cette Fiancée du ministre est un joli livre? Il y a de l'émotion vraie et eommunicative par endroits, et bien des observations fines et bien des tableaux de l'école
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llamande délicats. On voit mieux TAmérique là dedans que dans beaucoup de dissertations savantes. Il germe chez ces peuples républic€dns des vertus très-aimables et aussi des talents qui ont leur originalité, surtout par un certain tour moral. C'est dommage qu'ils aient Tart de s'entre-tuer jusqu'au dernier. Les bourgeois de Paris doivent trouver cette lutte bien extraordinaire. Depuis la Vendée et les quatorze armées de la République, ils n'ont jamais entendu parler de rien de semblable. On ne peut pas leur persuader que les fils et les filles de ceux qui se font tuer ainsi pour leurs opinions valent mieux que les enfants des gens tranquilles, qui portent le joug comme on porte un bonnet de nuit, et qui aiment mieux répondre à la sonnette d'un commissaire de police qu'à l'appel des trompes d'Uri et d'Underwrald. Je ne dis pas du tout. Monsieur le procureur général, qu'il y ait lieu de se révolter chez nous. Notez cela sur votre livre ; mais je trouve que la grande imagination, la sympathie des grands peuples pour les grandes démarches de la liberté est fort tombée chez nous. Tout le monde a mis du coton dans ses oreilles pour ne pas écouter ces bruits qui faisaient tressaillir M. de LaFayette au milieu d'une très-belle cour, mais très-belle, Monsieur le pro-
cureur général. Vous avez donné au bélier la docilité du mouton, comme dit le Prophète. Vous êtes trop bon pour nous et vous nous élevez dans des boîtes de coton ; excepté pourtant à Cayenne et en Algérie; mais vous en envoyez bien peu , sur près de quarante niillions d'hommes.
AU MÊMK.
Paris, 26 août 186S.
Je suis sûr que, malgré votre tempérament militaire et votre indifférence en matière d'auberges, vous vous retrouvez avec plaisir dans va4re demeure, parmi vos arbres, vos meubles et vos habitudes. Puisque nous sommes dans un renouvellement de zèle pour les croyances surnaturelles, je pourrais bien m'aviser de croire aux pénates. Je me persuaderais volontiers ce que croyaient des gens qui avaient autant d'esprit et de hardiesse d'esprit que nous. Je croirais volontiers qu'il est des génies invisibles de chaque demeure, qui regardent le maître du logis et qui lui sourient quand il rentre chez lui. Ils ont gardé le souvenir de tous ceux qui onl habité
ces chambres ; ils vous diraient, s'ils voulaient parler, mille détails oubliés; il n^ a pas un vieux domestique dont ils ne se souviennent. Ils savent de la cave au grenier, à quelle heure un rayon de soleil entre dans tel lieu obscur. Je crois qu'ils lisent vos livres, quand vous n'y êtes pas. N'avezvous pas remarqué que lorsqu'on entre dans un appartement longtemps inhabité, quelqu'un a l'air de s'en aller furtivement à votre approche ? L'homme a du plaisir à retrouver ces esprits bienveillants et silencieux. Je ne sais pas s'il y a des pénates de ce genre aux Tuileries.
Dans cette auberge qui ne s'ouvre, Que pour des passants couronnés.
Il faut qu'ils aient le cœur un peu large, s'ils s'attachent. Voilà une petite parcelle de théologie que je propose à M. Renan. Elle est incomparablement plus raisonnable que toute la sienne et plus d'accord avec le tour de l'imagination humaine. Mais, si M*** a des pénates, ils doivent être assez tristes dans le fouillis cie ses papiers. Ces petits dieux aiment l'arrangement, qui est la marquede l'activité, et je tiens que c'estdans des lieux bien ordonnés qu'ils résident plus volontiers. Les araignées les remplacent ailleurs, peut-être.
J'ai revu M. d'Haussonville, à son retour de